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24 septembre 2008

Commentaires

edgar

Vilain libéral. Pour une fois que l'Europe fait du protectionnisme...

Gus

Pour une fois ?

Il me semble que l'Europe impose aussi 14% de droits de douane sur de nombreux produits audiovisuels.

Il faut noter qu'une partie de ceux qui soutenaient le projet européen entre 1985 et 1995 pensaient qu'on pourrait faire de l'Europe une économie close, autosuffisante, recourant aux brevets pour limiter la concurrence et ne concevant l'ouverture de ses frontières commerciales qu'en contrepartie d'ouvertures équivalentes dans les pays exportateurs : et si possible dans le cadre d'accords léonins que seuls les avocats occidentaux avaient compétence pour interpréter

En gros, prétendre faire du libre-échange pour faire croire aux pays pauvres qu'ils avaient une chance de s'en sortir tout en garantissant de bons revenus aux capitaux investis en europe par des stratégies protectionnistes innovantes (brevets, "santé publique", chicaneries à l'OMC, propositions innacceptables incluant l'interdiction de création de services publics de santé et de distribution d'eau dans les pays les plus pauvres, et, bien entendu, Politique Agricole Commune). Bref : prolonger la politique coloniale par d'autres moyens, financiers et juridiques, dans la droite ligne de la politique américaine post-nixonienne d'inspiration démocrate.

C'est cette très lente ouverture réciproque des frontières qui justifiaient l'OMC.

C'est cette stratégie qui motivait la nécessité d'extension du champs de brevetable.

C'est cette stratégie qui a eu pour conséquence un discours sécuritaire sur la consommation qui a eu pour conséquence innattendue de créer la peur des OGMs, des pesticides (étrangers : le fait que les sols français soient tous pollués jusqu'à la gueule d'hydrocarbures, métaux lourds et amiante n'a jamais gêné le consommateur "bobio" français).

Mais bon : cette stratégie impliquait aussi d'ouvrir grand les portes aux capitaux étrangers et de favoriser la concurrence entre travailleurs sur le marché du travail pour maintenir une bonne rentabilité de l'investissement en Europe, et surtout, contingenter l'inflation malgré le recours de plus en plus massifs à l'endettement privé et public.

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