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09 juin 2008

Commentaires

Rubin

Merci pour ce billet. Je pense que vous soulevez la plus grave contradiction dans le discours de Nicolas Sarkozy !

Hélas, c'est une réalité que personne (ou presque) en France n'est prêt à regarder en face ; ni les adversaires de l'immigration, ni même ses défenseurs, souvent victimes d'une ignorance crasse en économie.

Gus

Vos remerciements me vont droit au coeur.

Il est vrai que les plus virulents défenseurs de l'immigration sont rarement capables d'employer des arguments autres que moraux pour défendre leurs thèses, ce qui est hélas contre-productif à notre époque : j'espère qu'en ayant énoncé une position qui, bien qu'originale, n'a rien de réellement marginale notamment au sein de la communauté des véritables économistes, il finira par se trouver des partisans d'un monde sans frontières capables de tenir des discours convainquants à leurs adversaires de débat.

Peut-être serait-ce plus facile en évitant de se voiler la face quand au succès stupéfiant de l'élargissement à l'est : le consensus qui a permis qu'il soit si rapide intégrait parmi de nombreuses opinions très honorables des opinions peu avouables, comme celle selon laquelle on veut bien des pauvres, mais à condition qu'ils soient blancs, voire, blondes, et si possible laïcs ou chrétiens refoulés, à la limite protestants, mais en aucun cas musulmans.

Rubin

Et encore, les Français n'ont pas voulu du la constitution européenne...

Votre billet me rappelle un article tout récent de l'excellent Tyler Cowen, dans le NY Times : http://blog.sfadj.com/2008/06/chacun-son-plombier.html

Gus

Sur ce dernier point, comme le remarque très justemment Jean Quatremer, la diversité des politiques migratoires de l'Union associée à l'existence de Schengen profitait directement aux européens, en facilitant le projet migratoire des étrangers les plus organisés : ceux capables de comparer les perspectives de régularisation selon le pays d'arrivée et de construire leur projet entrepreneurial en fonction.

Faciliter les positions communes à niveau européen sur ces sujets entre politiciens idiots, c'est jouer contre son camp.

Français de Souche

Plutôt mourir de faim que de devoir continuer à subir la barbare émigration africaine-arabe-musulmane !!!

Gus

Rassurez-vous : grâce aux accords de Schengen, vous pouvez être à peu près certain que la "barbare émigration" selon vos termes ira là où l'activité économique sera, (modulo interventionnisme étatique, et c'est un facteur important...).

En conclusion, si ce que vous souhaitez est de ne plus voir l'étranger, défendez l'Union et surtout la liberté de circulation, et veillez à l'appauvrissement de votre pays : ainsi, vous aurez la garantie de ne pas être dérangé ni par les étrangers, ni même par vos enfants qui, ventre vide aidant, seront allé chercher meilleure fortune ailleurs, loin de chez vous.

Mais pour assurer le succès du plan, il vous faudra aussi lutter contre ce détestable interventionnisme d'état à cause duquel des étrangers sont incités à venir travailler à torcher le cul des vieux pour des fractions de SMIC ou moins. Autrement dit : défendre le libéralisme et la mondialisation, grâce à laquelle les étrangers de partout se concentrent là où ils se supportent entre eux, c'est à dire, dans les petites zones de grande prospérité économique.

alquezar

Bonjour,

Une petite précision qui a cependant son importance: la Cour européenne des droits de l'homme est une institution du Conseil de l'europe et non pas de l'Union européenne.

Et quant à la Cour de justice des communautés européennes ( qui n'a donc rien à voir avec la Cour européenne des droits de l'homme), je ne vois pas dans quel arrêt ou en vertu de quelle jurisprudence elle a considéré "le moins-disant social comme la cause essentielle de la compétitivité des entreprises de l'ex-bloc de l'Est".

Gus

Je cite : "imposer aux prestataires de services établis dans un autre Etat membre, où les taux de salaire minimal sont inférieurs, une charge économique supplémentaire qui est susceptible de prohiber, de gêner ou de rendre moins attrayante l’exécution de leurs prestations dans l’Etat membre d’accueil […] est susceptible de constituer une restriction au sens de l’article 49 CE" (arrêt Rüffert).

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