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« La gauche allemande déposera un recours contre Lisbonne | Accueil | Suivisme, malgouvernance et traités européens »

18 mars 2008

Commentaires

Julien

Il faut replacer la construction européenne en perspective : la CECA fondée en 1951 avait vocation de mettre en oeuvre une véritable coopération économique entre les belligérants de la seconde guerre mondiale ; mais son objectif politique était bien la "réconciliation" et le rapprochement des pays d'Europe de l'Ouest. Elle fait d'ailleurs suite à un courant de pensée historique trouvant ses racines dans le siècle des Lumières, et notamment Kant appelant de ses voeux une "fédération d'États libres". A l'issue de la guerre, l'approche la plus pragmatique et la plus constructif pour initier cette coopération, appelant à la paix, est naturellement passée par la mise en commun de ressources économiques, vecteur de la reconstruction.

Historiquement, la construction européenne est donc basée sur l'économie, comme moyen.

Vous pourrez me dire qu'aujourd'hui, l'Union est principalement économique. Vous aurez majoritairement raison, notamment concernant l'impact qu'elle a sur la vie quotidienne des citoyens. Je le déplore d'ailleurs. Mais lisez les textes : les objectifs sont politiques.

Gus

dg: Je ne décrivais pas ce qui, selon moi, devait être, mais simplement ce qui me semble être. Après tout, même si l'on sait où l'on veut aller, pour savoir comment y aller, encore faut-il savoir où l'on se trouve.

Sur ce point, j'ai déjà exprimé mon opinion par le passé : l'Union n'a rien à voir avec ce que les gentils idéalistes de gauche nomment l'europe dans leurs rêves. En un sens, c'est une bonne nouvelle : tout est à faire, donc, rien n'est à préserver, et tout peut être construit à côté.

On pourrait même le construire dans le cadre de l'Union Med. si on le souhaitait : après tout, on a déjà vu la plupart des peuples de la méditerranée vivre en bonne intelligence pendant des siècles, mais on a pas encore vu les peuples d'europe vivre en bonne intelligence pendant des siècles.

dg

Julien, Gus,

Je visualise mieux les raisons pour lesquelles je ne peux suivre vos raisonnements ou adhésions optimistes, s'ils le sont . Lorsque comme vous, je lis ou entend ce qui appartient au registre symbolique des déclarations ou commentaires liés aux perspectives politiques, je tombe d'accord avec vous. Effectivement, la partie III du TCE comporte des avancées quant à une convergence minimale à atteindre sur le plan social.
Même si je visualise aussi que l'interprétation reste possible (les termes sont souvent larges)comparativement aux articles écrits(c'est bien le propre du droit ?) et ceux que l'on trouve dans chaque constitution nationale.(j'avais fait une compaison sur plusieurs pays européens en 2005)

Mais si je regarde la politique appliquée au quotidien, sur la base des traités existants et non pas le dernier rejeté, retranscrite dans la politique nationale sur la base idéologique du libre marché, alors je vois une dichotomie. Je visualise par exemple, une variété de corps sociaux qui n'ont pas tous les mêmes potentiels économiques ni idéologiques. Suivant que l'on appartienne à l'un ou l'autre, le positionnement et les espérances divergent. Et suivant les représentativités, les politiques tirent d'un côté ou de l'autre.
Sur le plan du réel, lorsque par exemple vous êtes un petit entrepreneur, l'accés à la création est largement dépendante du soutien bancaire. Cela ne pose nullement les mêmes difficultés à une grosse société , un grand groupe, qui peut voir même certains de ses intérêts, pas toujours sociaux,(je pense au salariat) préservés, voir calculés communément entre banques et gouvernements.
Ce qui amène l'angleterre à nationaliser une banque en faillite à cause de subprimes(dernièrement lu).
Bref, ce que je vois , pas seulement à travers cet exemple, mais aussi à travers la tendance à vouloir désolidariser les risques sociaux, contractualiser toutes les relations(on l'a même pensé pour l'école ,voyez jusqu'où l'on va) c'est que la tendance est plutôt à réduire chacun au seul pouvoir d'agir en fonction de la nécessité et possibilité économique. Le champ partagé de service d'intérêt général se réduit. J'en
appelle pour preuve l'exemple des télécommunications, ou en contrat individuel, les clauses abusives sont légions et les moyens d'agir réduits, alors qu'auparavant le service dans ce domaine reposait aussi sur la légitimité d'intérêt général.
C'est ce qui me fait dire qu'en terme d'économie , l'Europe actuelle n'est pas ma tasse de thé, et la politique qui l'accompagne dit certaines choses, et les faits , d'autres choses.
Est ce que vous comprennez ?
Je ne crois pas que l'Europe appartienne au plus grand nombre en terme symbolique. Elle est une vitrine qui couvre une politique économique contraire à mes convictions, exemplarisée par des faits que je peux entendre ou lire chaque jour.

Gus

Le choix qu'a fait l'Union d'être une construction essentiellement juridique (des traités) implique que sa construction revient, pour l'essentiel, à formaliser les relations entre individus en relations d'individus à l'institution.

Il aurait été possible d'éviter cela en intégrant au dessus des actuels traités européens un texte fondateur énonçant des droits fondamentaux pour les individus plutôt que de se contenter de droits fondamentaux pour les capitaux et les fonctionnaires de la Commission comme c'est le cas aujourd'hui.

Quand j'ai entendu parler de la conférence de Laeken, je m'imaginais naïvement qu'il s'agirait de cela : fonder le cadre des libertés individuelles européennes au dessus du cadre existant des libertés du capital érigées en valeurs supra-constitutionnelles, et donc, opposables aux libertés individuelles et droits fondamentaux.

Gus

Sinon, vous soulevez une question effectivement fondamentale en observant l'ambition revendiquée de la commission de ne mener que des politiques dites parétiennes, c'est à dire, choisies pour leur caractéristique selon laquelle elles assuraient une redistribution d'une richesse maximale dans laquelle on ne pouvait espérer enrichir quiconque sans léser quelqu'un (plus d'infos sur la notion d'optimum de Pareto sur wikipedia)

A l'origine, ce choix était motivé par le caractère profondément déflationniste de l'intégration des marchés telle que celle que proposait la construction du marché commun (fort bien illustrée à mon avis par la "peur du plombier polonais"). On pouvait alors se douter que les citoyens européens goûteraient fort peu à la déflation provoquée par l'intégation des marchés si celle-ci ne s'accompagnait pas de sérieux bénéfices particulièrement appréciables, lesquels ne pouvaient que découler de et ne pouvaient d'ailleurs découler que de politiques visant la paréto-optimalité. (les spécialistes noteront qu'en passant on marchait allègrement sur le théorème de Lipsey-Lancaster, mais passons..)

L'idée (que je ne partage pas.. mais ce serait long...) était alors qu'on pouvait parfaitement se passer de validation démocratique des politiques de la Commission, puisque celles-ci étaient choisies pour leur paréto-optimalité et donc, ne pouvaient qu'être celles qu'auraient choisies des citoyens parfaitement informés.

dg

"qu'on pouvait parfaitement se passer de validation démocratique des politiques de la Commission, puisque celles-ci étaient choisies pour leur paréto-optimalité et donc, ne pouvaient qu'être celles qu'auraient choisies des citoyens parfaitement informés."

Je ne sais pas si noir sur blanc les décideurs
de la commission sont aussi cyniques, mais je crois que vous résumez une raison du désamour européen pour nombre de citoyens , au moins ceux qui pensent que le suffrage politique a une valeur, voire qui n'adhérent pas forcément à toutes les théses économiques actuelles.(raisons de classes sociales trés certainement)

Vous serez étonné peut être de savoir qu'en 1930 un certain de Peyerimhoff réclamait "une entente européenne capable de concurrencer avantageusement la production américaine" voire exlure l'urss, par le biais de la création de "cartels internationaux susceptibles de créer d'immenses marchés où leur production massive trouverait un débouché sûr et régulier".
Au final, et initialement, l'Europe est avant tout un marché pour le grand capital.
Je ne sais pas si considérer la continuité de la politique productiviste est une fin en soi pour les perspectives d'avenir des êtres humains, surtout la continuité politique de "serrage de ceinture des salaires", chère au grand patronat aujourd'hui, comme avant guerre et période fasciste.(menace de délocalisations en roumanie je crois en ce moment....)
Le grand capital a toujours détesté le socialisme , s'est toujours senti peu concerné par le devenir du plus grand nombre et a toujours su trouver les institutions pour maintenir sa position avantageuse.

Gus

Je ne me souviens pas avoir jamais entendu quiconque demander à ce que la gouvernance des entreprises, constituant essentiel s'il s'en fût de l'économie, fasse l'objet de validations démocratiques.

L'essentiel des politiques européennes sont économiques, et donc, concernent essentiellement les entreprises et les consommateurs.

Effectivement, notamment depuis 1983, la France, comme tant d'autres pays, a voulu intégrer l'ensemble de son action publique dans l'économie : c'est ce qui donne l'impression que le contrôle démocratique, qui concerne l'action publique, pourrait concerner les politiques de l'Union, qui sont essentiellement économiques : mais cela revient, peu ou prou, à demander un contrôle démocratique de l'action des entreprises. Ce n'est pas inimaginable, mais c'est pour le moins révolutionnaire ! Car cela revient notamment à mettre en cause le caractère socialement utile de l'ambition de l'individu à s'élever dans la société.

dg

C'est fort dommage à mon avis, que nous ne l'entendions pas. Le verrouillage idéologique et culturel me semble fortement ancré, même dans nos propres conceptions intellectuelles.

En Argentine par exemple , en ce qui concerne le service de distribution d'eau et d'assainissement, historiquement les coopératives locales ont été plus efficientes que les concessions de services publics aux entreprises privées sur modèle français ou sur modèle anglais.("Les services d'eau et d'assainissement en Argentine à l'heure néolibérale" "La mondialisation des "modèles" à l'épreuve des terrtoires" de bernard de Gouvello, ed L'Harmattan)

La liberté d'entreprendre serait elle supérieure aux libertés fondamentales ?
C'est ma question.

si l'on se réfère à cet article"La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits."

Si l'on remettait l'idéologie des règles du droit des affaires en question, je pense que l'on pourrait imaginer d'autres modèles qu'à l'heure actuelle.
Mais ce n'est que mon humble conviction.

Gus

Disons qu'il faudrait peut-être alors dans un premier temps mettre nos votes en accord avec nos convictions et notamment, cesser de voter pour cette fraction majoritaire des socialistes français, au premier desquels Lamy, Strauss-Kahn et Delors, qui érigent la liberté d'entreprendre en pilier du progrès humain.

Car, et ne l'oublions jamais, cette société dans laquelle l'eau, les services bancaires et les services publics ne sont sensés exister que sur le pilier de la liberté d'entreprendre et le marché, ce sont bien plus des socio-démocrates que des conservateurs qui la bâtissent.

dg

Oui je le sais et dans de plus nombreux domaines que vous les recensez.

dg

que vous ne les recensez.

dg

"« je savais les mérites mais aussi les limites de la méthode des pères fondateurs, une sorte de doux despotisme éclairé. Une méthode saint-simonienne qui consacre la compétence et l’indépendance d’esprit comme principe de légitimité, sans toujours s’assurer à l’avance du consentement des peuples (…) Il fallait court-circuiter les résistances à l’intégration, sectorielles et parfois nationales, en organisant l’imbrication des intérêts économiques, et en créant une dynamique d’engrenage » (p.406). "Memoires" J. Delors.

Julien

Le problème de vos raisonnements, c'est que vous ne proposez rien de concrets. Le capitalisme, c'est comme la démocratie : le pire système à l'exception de tous les autres. Et lorsqu'on étudie l'introduction d'un système alternatif, il faut aller jusqu'au bout et voir l'ensemble des conséquences qu'elle implique.

Par ailleurs, j'ai regardé l'article "La réorganisation des services d’eau et d’assainissement en Argentine à l’heure néolibérale". Difficile d'en tirer les conclusions telles que vous semblez le faire, dg, surtout que le modèle des coopératives est mouvant ; comme tel, difficile d'en établir des généralités. Je vous cite la conclusion de l'article :

"Bien qu’influencée par des modèles de référence exogènes, la réorganisation des services d’eau et d’assainissement des villes argentines se caractérise par la production d’une grande variété de dispositifs institutionnels et de solutions organisationnelles. Cette diversité témoigne de la forte dynamique de « re-territorialisation » qui s’opère dans un secteur qui a été longtemps marqué par une action fédérale très centralisée et en apparence uniforme. Toutefois, au travers de la notion d’« apprentissage productif », il a été souligné que les nouveaux dispositifs institutionnels sont en proie à des évolutions encore importantes. Aussi convient-il de se demander si ces dispositifs préfigurent déjà véritablement les modèles de gestion des services d’eau et d’assainissement qui se stabiliseront à terme en Argentine"

Peu de jugement de valeurs en terme d'efficience...

Le capitalisme doit être modéré et maîtrisé pour servir à l'Homme. Mais si on souhaite le remettre en cause, il faut aller jusqu'au bout de la proposition et offrir une alternative. C'est à travers une comparaison raisonnée que plusieurs systèmes qu'on peut faire un choix. Sinon, c'est trop facile : les bulletins dans les chaussettes (avérées) ne discréditent pas à eux-seuls la démocratie.

Gus

La capitalisme en effet, julien, a ceci de commun avec la démocratie qu'il ne produit ses bénéfices que lorsqu'il est effectivement appliqué partout.

Nos sociétés européennes, administrées peu ou prou à cinquante pour cent, sont profondément inégalitaires, au sens où d'heureux notaires, pharmaciens et enseignants, protégés par la loi, y bénéficient de la concurrence entre les plombiers.

Il semble que nul ne souhaite réellement voir le capitalisme et la libre-entreprse régenter son secteur d'activité (ou les services publics offerts à ses enfants avec les impôts qui minent la productivité et les revenus de leurs concitoyens soumis à compétition mondiale), mais plus nombreux sont ceux à souhaiter que leurs voisins soient soumis au plus sauvage capitalisme.

L'Europe a-t-elle pour vocation de fixer la frontière entre capital et économie administrée de la même manière qu'elle fixe la frontière entre ce dont le pôlitique rend compte démocratiquement et ce dont il se refuse à rendre compte ? Si oui, je ne vois plus très bien en quoi l'Europe se distingue de l'ex-URSS ou de la Chine moderne.

Quand aux alternatives, je ne vois pas de raisons d'en débattre, surtout lorsque toute l'élite politique et économique d'un pays a pris parti tant pour la construction européenne que le capitalisme sauvage pour les pauvres et l'épargne pour les riches, et enfin, pour le refus de faire valider l'ensemble démocratiquement : le capitalisme affirme être le seul mode de société viable. S'il a raison, il vivra, sinon, ce modèle échouera : donc, tout débat est inutile. Vous l'aurez cependant compris : je pense qu'une société qui réserve les fruits du progrès à une minorité de ses citoyens ne survivra pas dans la compétition internationale qu'elle a d'ailleurs créée.

dg

Julien,

J'éprouve certainement le même désagrément à lire votre contribution que vous à lire la mienne car si je parle sans avoir la solution à vous proposer parallèlement à mes critiques et pour laquelle vous n'auriez que l'effort du oui ou du non à fournir , car c'est bien cela que vous me demandez, une solution que je trouverais seule et pour laquelle nul effort commun entre vous et moi
ne serait préalable , vous même restez vain sur ce plan . C'est ça votre manière de mettre en question ? Demander la solution toute faite que l'institution actuelle vous propose et qui a l'air de vous convenir ?
D'autre part, je n'ai pas lu un article de B de gouvello, j'ai le livre là, dans la mémoire de mes lectures et à portée de main.
Et si je parle d'efficience, vous pouvez constater aussi que c'est le terme "historiquement" que j'emploie, car ce pays a une héritage culturel dans ce domaine , et qu'effectivement, les acteurs sur le territoire sont nombreux, mais les coopératives en trés bonne place de par des choix politiques et aussi juridiques (historiques aussi), ce qui n'est pas le modèle européen, je crois bien , non ? D'ou l'importance de souligner des modèles alternatifs, comme "fortement" souligné par vous et pour répondra à la question de Gus, plus haut.

Sur ce bonne journée.

Julien

Je ne défend pas un capitalisme débridé. La régulation doit par nature permettre de compenser les effets excessifs du système, ou des éléments qu'il est incapable de prendre en compte.

Ce que je promeus par contre, c'est une analyse raisonnée le concernant. Et la seule manière de le faire, c'est d'être factuel. Lorsqu'on affirme qu'il réserve les fruits du progrès à une minorité de ses citoyens, il faut pouvoir le justifier. Si on regarde par exemple les statistiques de l'Observatoire des inégalités, qu'on ne peut pas taxer de partisianisme pro-capitalisme, on observe par exemple une diminution du nombre de travailleurs très pauvre dans le monde

http://www.inegalites.fr/spip.php?article859

Mais on y trouve aussi des statistiques sur l'existence de 16% de pauvres dans l'Union Européenne (12% pour la France, 20% pour le Portugal).

http://www.inegalites.fr/spip.php?article388&id_mot=114

Ce qui prouve bien que toutes les situations ne se valent pas, et que le modèle de développement joue un rôle fondamental. Est-ce une raison pour jeter le bébé avec l'eau du bain ?

Le fait de refuser de débattre du principe du capitalisme en lui-même me semble quelque peu spécieux. En effet :

+ soit on considère qu'il est spécifiquement nuisible, ou du moins qu'il est possible de faire mieux avec un autre système. Ce débat n'est pas possible sans proposition alternative.

+ soit on considère qu'il est très bien comme cela (hum). On arrête d'en discuter.

+ soit on considère qu'il est perfectible, et il semble alors légitime de chercher quels sont ces pistes d'amélioration.

Je vais vous dire un secret (mode ironie) : je ne suis pas satisfait de la manière dont l'Europe fonctionne aujourd'hui, ni dans le fait qu'elle ne soit absolument pas politique (cf l'évocation d'une refondation que j'avais énoncée rapidement dans un commentaire précédent), ni dans la manière dont elle communique sur ces actions, qui sont bien souvent présentées comme uniquement "ultra libérales". L'Union et les politiques sont incapables de montrer ce que l'Europe apporte.

Pour conclure, l'économie de marché ne doit pas être un dogme, mais un moyen pour parvenir à une amélioration des conditions de vie des Hommes. L'Union est présentée comme se rattachant plus au premier qu'à la seconde, souvent de manière justifiée. Mais c'est justement pour cette raison que les citoyens doivent continuer à se saisir de la question européenne et la faire évoluer.

Julien

dg, je sens poindre de l'agacement dans votre commentaire, et si je l'ai provoqué par mes propos je vous prie de m'en excuser.

Nous atteignons à mon avis les limites d'un tel débat : une fois au coeur des argumentations on en revient à une question fondamentale, celle de la remise en question du système dans son ensemble ou son amélioration de l'intérieur. Et on traite de convictions qu'un échange de commentaires ne permet pas de valoriser.

Gus

En l'occurrence, Julien, de mon point de vue du moins, il y a bien plus à reprocher à ce que l'Union telle qu'elle est actuellement veut imposer aux citoyens non-européens (par le biais de l'OMC, notamment), que de la triste pitance économique qu'elle inflige aux citoyens européens.

Mais comment faire de l'Union une entité politique quand au coeur de la construction européenne est érigé en axe d'intervention majeur la "protection" de certaines corporations d'un côté et l'abandon aux flux du capitalisme libéral de certaines autres, c'est à dire, un conflit d'intérêt majeur entre citoyens ? Surtout lorsque l'élite européenne s'exonère pour l'essentiel des désastres qu'elle créé de toutes pièces (se souvenir du pitoyable épisode de la règlementation des tarifs de téléphonie mobile internationale).

Maintenant, je vais aussi vous dire un petit secret : une fraction, certes minoritaire, mais tout à fait significative de l'économie européenne fonctionne de manière tout à fait mondialisée, et même, supporte le handicap de prélèvements obligatoires et coûts bureaucratiques (directs et indirects) inégalés au monde. Alors, certes, l'europe peut fonctionner comme une économie de marché tout en s'accomodant d'un certain quota de boulets à trainer : mais ni comme une démocratie, ni comme une société libre. Ce qui revient à conclure que les oiseaux en cage jouissent toujours d'un bien plus grand confort matériel que les oiseaux libres. Et donc, qu'on ne peut espérer construire une europe à la fois prospère et libre.

Les conservateurs préfèreront une europe llibre, les socio-démocrates une europe où le bonheur sera d'avoir tout en craignant de perdre.

dg

Julien,

Je trouve justifée vos critiques.
Vous avez raison d'exiger un argumentaire valable.

Sur la régulation : deux courants en opposition chez les économistes.
Concernant l'équilibre économique, il y a ceux qui défendent l'intervention de la force étatique, publique, et ceux qui défendent l'autorégulation du marché.
www.facdroit-grenoble.com/grdpe/_files/divers/je01_12_06_calandri.pdf
Encore une opposition idéologique.


Sur la pauvreté, les organisations internationales du moment n'utilisent pas les mêmes indicateurs .
http://content.undp.org/go/newsroom/HDR-07092005.fr;jsessionid=axbWzt8vXD9?categoryID=412129&lang=fr
http://etudesrurales.revues.org/document68.html
Le ressenti de la pauvreté n'est pas seulement affaire d'indicateurs, mais aussi expérience locale(humaine si je puis dire). D'où une forme d' inaction face aux questions politiques , institutionnelles et sentiments d'injustices par ceux touchés,
qui font le lit des volontés , sans préjuger desquelles, qui s'en servent .

Je ne vous poserai qu'une question pour ne pas exposer simplistement mes vues.
Comment concevez vous améliorer à votre niveau d'homme un système de l'intérieur, ou bien le mettre en question de l'extérieur ?(place d'où je parle finalement)
Par la force de quel pouvoir pour agir sur quels faits ?

J'avais fait un plus long commentaire, mais j'ai changé d'avis, trouvant plus intéressant d'avoir avant une réponse, même résumée, à vos propres suggestions.

dg

Pour ajouter un peu de grain à moudre,
partant du postulat que l'Europe "communique " mal "sur ses actions" dont il ne ressortirait que l'esprit "ultra libéral". Contrairement à vous je trouve qu'elle communique trés bien sur ses objectifs , je ne suis donc pas désinformée des conceptions de ses "défenseurs" en poste et ceux qui rédigent les traités qui fondent leurs pouvoirs.

- en premier lieu je pense qu'il est nécessaire de visiter les réflexions critiques sur l'idéologie véhiculée dans les termes même de la commission, et sur son rôle à défendre une économie de marché concurrentielle.
-Sur la base du recul que procure certaines lectures critiques , tenter de construire des alternatives intellectuelles autres.

Je ne peux évidemment pas avoir de prétention autre que de mettre en lumière, par le biais de la réflexion de ceux qui en ont la capacité intellectuelle,mes propos simplistes et mon analyse peu "factuelle". Cependant, la simplicité d'analyse de la quidam que je suis, n'invalide pas un contenu récolté car présenté de manière trop réductrice. Ce n'est pas parce que quelqu'un dit "aïe" et qu'il n'en justifie pas la raison, que la raison ne serait qu'illusion. Ce n'est pas parce que les personnes galèrant pour vivre n'ont pas la capacité de le formuler dans des formes raisonnées , convenues, et éclairées que les raisons qui les mènent à leur situation ne seraient pas critiquables voire modifiables.


Pour revenir à un sujet précédement traité par Gus, qui concerne directement l'économie de marché et ma critique sommaire de l'intérêt de certains tenants du grand capital à soutenir l'autorégulation du marché ,soit une certaine élite, un petit recul critique sur les aides d'Etat pour entrevoir les concepts idéologiques de la commission.

Quelques morceaux choisis avec le lien pour une lecture plus complète:


" Pour la Commission, l.anomalie commence quand l.État entreprend de sauver des entreprises
« en dépit de leurs moindres rentabilité et capacité à faire face aux défis concurrentiels »15.
Tel est bien « l.effet pervers ou aléa moral »16 qui doit être imputé aux aides dès lors qu.elles
incitent les entreprises à prendre des risques sans se soucier d.avoir à en assumer les
conséquences.
« La discipline du marché prévoit la possibilité que les établissements
structurellement non rentables soient sanctionnés, et le cas échéant expulsés du marché dans
le cadre d.une liquidation »21.
« Lorsqu.un financement est fourni ou garanti par
l.État à une entreprise en difficulté (.), il doit être considéré comme probable que les
transferts financiers contiennent des éléments d.aides d.État »24.
La Commission évoque ainsi une « présomption de l.existence d.une aide » en assortissant
cette caractérisation d.un commencement de qualification : « La présomption de l.existence
d.une aide est renforcée lorsqu.il existe une surcapacité structurelle à l.échelle de la
Communauté (.) dans un marché sur lequel le bénéficiaire de l.aide poursuit des activités ou
que le secteur dans son ensemble est en difficulté »25. L.aide d.État est pernicieuse car elle
méconnaît délibérément cette « vérité du marché » dont l.index est le degré de sur- (ou sous-)
capacité, c.est-à-dire l.aptitude d.un secteur comme biotope à produire un volume d.activité
global susceptible de faire vivre « normalement » et « par elles-mêmes » les entreprises qui y
sont en concurrence. Dans cette logique, c.est le marché lui-même qui synthétise les données
de la survie individuelle et collective, puis les transmet par des signaux de quantité et de prix.
Complet, cohérent, autorégulé, autosuffisant : le marché n.a besoin de rien et surtout pas des
interventions nécessairement intempestives de l.État qui ne sauraient avoir d.autre effet que
d.en dérégler le jeu « normal ».
« Normal » : c.est peut-être le terme qui revient le plus souvent et de la manière la plus
insistante dans toute cette littérature produite par la Commission. Or, dans tous ces textes,
sans ambiguïté, le « normal », c.est le privé et le marché. Si le marché et tous ses corrélats .
agents (entreprises, actionnaires, investisseurs) et processus (compétition, restructuration,
disparition) . sont le « normal », a contrario qui est « anormal » ? L.État bien sûr.
Cette idée de l.autosuffisance individuelle, idée du sujet sommé de répondre intégralement de
ses actes, est décidément la boussole morale de la Commission."

http://frederic.lordon.perso.cegetel.net/Textes/Textes_recherche/Textes_Sujet/Critique_Int.pdf


Plus tard, je ferai le lien entre d'autres de mes propos simplistes et d'autres critiques fondées de l'application des normes du marché ultra libéral en contre une idéologie de politique redistributive plus politique et forcémenent plus sociale, au niveau national et européen .
Comme il est dit plus haut dernièrement, la volonté politique de nos concitoyens à exiger une politique sociale semble exclure ce que devraient savoir les "consommateurs",
c'est à dire ce que côute le prix réel des biens et services dans un marché concurrentiel .

dg

Enfin une communication plus récente : il est remarquable de voir comment s'opère la "dessaisie" des services publics au profit des services commerciaux entrant dans le cadre des règles de la concurrence.

Si l'on observe l'évolution de la gestion au niveau national des services publics, comme par exemple celui du service public d'éducation , on peut observer dans les 20 années passées, dans le cadre de la décentralisation,que l'Etat s'est désengagé au fur à mesure de certains de ses personnels, comme de la gestion des batiments suivant les niveaux de scolarisation en fonction des responsabilités territoriales,et que les programmes et gestion des temps de scolarisation voient emmerger les acteurs externes associatifs(de droit privé comme pour les services sociaux et de santé)ou privés tout court pour leur prise en charge.
Et je n'entre pas encore dans le détail de l'analyse du sens des vélléïtés libérales à supprimer les examens nationaux.

Sur les services sociaux :
- " il s'agit de services à la personne, conçus pour répondre aux besoins vitaux de l'homme, en particulier à ceux des usagers en situation vulnérable; ils offrent une protection contre les risques généraux et spécifiques de la vie et aident les personnes dans la maîtrise des défis de la vie ou des crises; ils sont également fournis aux familles, dans un contexte de modèles familiaux changeants, afin de soutenir leur rôle dans les soins apportés aux plus jeunes et aux plus âgés des membres de la famille, ainsi qu'aux personnes handicapées, et de compenser d'éventuelles défaillances au sein des familles; ils constituent des instruments clés pour la protection des droits de l'homme fondamentaux et de la dignité humaine;

(...)

La consultation a également fait ressortir le fait que ces services sont tous engagés dans un important processus de modernisation, afin de mieux pouvoir répondre à de nouveaux défis tels que l'évolution des besoins des citoyens européens et l'impact du vieillissement, tout en étant confronté à des contraintes financières. Ce processus a souvent abouti à de profonds changements dans la manière dont ces services sont organisés, fournis et financés, se traduisant notamment par l'apparition de nouveaux domaines d'action, le recours à l'externalisation de services jusqu'alors fournis directement par les autorités publiques et le transfert accru de compétences vers le niveau local.

Sous l'effet combiné de ces changements, un nombre croissant d'activités exercées quotidiennement par les services sociaux entrent désormais dans le champ d'application du droit communautaire, dans la mesure où elles sont considérées comme étant de nature économique. Cette nouvelle situation a soulevé une série de questions d'ordre pratique et la consultation a montré que certains acteurs du secteur avaient des difficultés à comprendre et appliquer les règles, en particulier celles relatives aux aides d'État et à la passation des marchés publics."
http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=COM:2007:0725:FIN:FR:HTML

Mansuétude

Une contre analyse pour ceux qui pensent que le libéralisme économique serait à l'origine d'un recul de la pauvreté dans le monde:

http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1901

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