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« Les socio-démocrates danois exposent leurs divisions | Accueil | Jean-Marc Ayrault partisan d'un soutien du PS à la stratégie de ratification par voie parlementaire de Sarkozy »

04 novembre 2007

Commentaires

valery

Vous avez une façons particulièrement malhonnête de présenter les choses.

- ratifier un traité c'est se prononcer en faveur de son contenu et pas un soutien au chef de l'Etat ;
- les militants Verts ne se sont jamais prononcés sur le traité de Lisbonne.

Gus

Le refus d'organisation d'un nouveau référendum est un choix de Nicolas Sarkozy, soutenu par Ségolène Royal, et implicitement soutenu par ceux parlementaires de l'opposition s'engageant dès à présent à soutenir la démarche choisie par Sarkozy, mais qui dans l'ensemble est assez peu soutenu au delà des inféodés du Président.

Ce n'est pas moi, mais Alain Lipietz, qui affirme que le TME reprend toutes les avancées du TCE, y compris ce fameux article 122 qui plaisait tant aux verts et au sujet duquel j'ai d'ailleurs écrit de fort longs argumentaires expliquant en quoi il n'apportait rien : l'avenir pourrait donc se charger d'arbitrer en mon opinion et celle des actuels leaders verts sur ce sujet d'ici quelques années, à supposer qu'il y ait encore des verts français dans quelques années.

valery

Le lien que tu proposes mène vers une citation de Noêl Mamère qui déclare : "Nous voterons pour ce traité parce que nous pensons qu'il est un pas et qu'il y a quelques progrès démocratiques" : il n'est fait ni mention d'un soutien à Sarko ni de commentaire sur la procédure de ratification retenue. On peut souhaiter une procédure différente tout en assumant son devoir de parlementaire en se prononçant sur le contenu du texte quand celui-ci est soumis au vote du Parlement. Lipietz n'affirme certainement pas que le traité de Lisbonne reprend "toutes" les avancées du TCE car ce n'est pas le cas et il le sait. Il affirme comme d'autres que de nombreuses avancées sont en effet reprises. Les Verts sont donc cohérents en respectant sur ce point les résultats du référendum interne qu'ils avaient organisés sur feu le traité constitutionnel. Sarkozy n'a encore une fois strictement rien à voir dans cette histoire.

Gus

Le "Nous" employé par Mamère ne saurait gère désigner quoi que ce soit d'autre que les élus verts, convenez-en. Cette affirmation est d'ailleurs conforme à la motion présentée au CNIR des Verts présentée par Lipietz sur son blog, qui la défend.

Par ailleurs, Lipietz écrivait récemment :

"La Conférence intergouvernementale du Portugal a quasiment rétabli la substance des avancées du Traité constitutionnel dans tous les domaines. Elle a même rajouté la lutte contre le changement climatique dans les objectifs et compétences de l’Union (mais sans apporter de moyen supplémentaire pour réaliser cet objectif), et rétabli l’article III-122 du TCE sur les services publics."

http://lipietz.net/?page=blog&id_breve=268

Il est vrai qu'il s'est depuis un peu repris, j'en conviens tout à fait. Puisque nous semblons tous deux convenir de ses qualités, je vous avouerais percevoir dans ces subtiles inflexions les traces d'une féroce lutte d'influence entre experts au sein des Verts, fait sans grand rapport avec l'objet de ce blog si ce n'est qu'elle me semble être l'indice du caractère parfois partisan des analyses menées en interne par ceux que les Verts appointent comme experts. Fait qui, à l'heure où les Verts empilent gamelles électorales sur gamelles électorales alors que les préoccuppations écologiques n'ont jamais été aussi importantes dans l'opinion, au point de permettre l'émergence de consensus suffisants pour que la droite la plus conservatrice s'exprime en faveur de taxes écologiques, devrait à mon avis inciter les Verts à un minimum de prudence et d'introspection.

valery

Les Verts soutiennent le nouveau traité et c'est tant mieux et ils sont ainsi fidèles à leur engagement pro-européen, mais celà n'a rien d'un soutien à Sarko comme le dit le titre du post, c'est tout.

Gus

Les Verts sont un parti politique : donc, n'existent que dans le cadre d'institutions démocratiques.

Ils disposent, comme tout un chacun, de la liberté d'opinion et sont tout particulièrement invités de par leur statut à faire le meilleur usage possible de leur liberté d'expression. Parce que nos institutions leur donnent confient notamment ce rôle et pour nulle autre raison.

Je ne débattrai plus loin que ce seul point : j'observe qu'en théorie, nos institutions sont démocratiques et républicaines : qu'elles n'existent que par la volonté exprimée du peuple souverain. Je vous invite dès lors à laisser le reste du débat aux "spécialistes", ok ?

Reste qu'en ne tenant aucun compte de l'historique du traité qu'ils se préparent (ce n'est pas fait) à soutenir, ils nient leur appartenance aux institutions pour raisonner en purs esprits. C'est leur droit le plus strict. Tous les citoyens, philosophes, polémistes ou éditorialistes ont aussi ce droit. Mais, de par leur nature institutionnelles, les Verts adoptent une attitude qui, se faisant, devient, pour le parti politique qu'ils revendiquent d'être, indistingable d'un soutien politique à Nicolas Sarkozy, initiateur de la démarche, seule personne définissant la procédure de ratification, particulièrement à l'origine de l'illisibilité du texte, et donc l'intention d'exploiter la ratification rapide et sans consultation populaire pèsera lourd dans l'avenir des formes institutionnelles de l'Union.

Le choix d'une attitude politique indistingable d'un soutien est, pour un parti, un soutien. C'est toujours par l'analyse d'un constat dans un contexte que se justifie le pragmatisme en politique auquel nous invitent les partisans de ce traité : les Verts nous invitent cependant à cesser de faire preuvce de pragmatisme en politique dès lors qu'il s'agit d'évaluer leur position sur l'échiquier politique consécutivement à une prise de position que ce pragmatisme motive : plus clairement dit, ils nous invitent à les juger selon des règles différentes de celles avec lesquelles nous sommes invités à juger les perspectives institutionnelles dans lesquelles ils choisissent, en tant que parti, en tant qu'élus, en tant que représentants du peuple, de s'inscrire.

Ce qui leur sera longement rappellé tant aux municipales qu'aux européennes qu'aux prochaines législatives.

Le texte de Lipietz ne s'y trompe pas, en soulignant à quel point le soutien proposé à la démarche de Nicolas Sarkozy ne peut se concevoir sans être accompagné de quatre actions immédiates à suivre. Et je me permets ici de vous prédire que, avec ou sans le soutien du parti, aucune des actions devant accompagner le soutien à la démarche de Sarkozy n'aura lieu. Et que les Verts eux-mêmes le savent : ayant depuis leur fondation invariablement échoué dans leurs démarches de ce type, que prétendent-ils donc parvenir à faire désormais qu'ils n'ont jamais été capables de faire.

L'opinion ne devrait guère s'y tromper en 2009.

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