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« Stratégie du PS vis à vis du "traité simplifié" pour l'Union | Accueil | Ma suggestion aux démocrates français »

26 septembre 2007

Commentaires

Xavier

Nous faisons tout pour l'avoir cette position!!!

Auriez-vous des articles intéressants qui cassent l'argumentation de Sarkozy concernant l'indépendance de la BCE et l'impact négatif de l'euro sur l'économie française?

Car nous le voyons bien : les allemands font mieux avec la même monnaie, il faut donc regarder chez nous plutôt qu'è Francfort pour trouver le problème, et fort heureusement la BCE est indépendante, sinon chaque demanderait la hausse ou la baisse, ce serait l'anarchie.

Trop souvent, j'ai le sentiment que la France, plus que ses partenaires, exploite l'UE pour son seul et unique bénéfice.

Gus

Il est vrai que la France a fait beaucoup pour irriter le Parlement Européen en oeuvrant pour qu'une motion visant à qualifier de "renouvelable" l'énergie nucléaire soit votée avec l'aide de cette fraction non-négligeable du Parlement qui estime inutile ou dangereux tout trop grand intérêt porté aux énergies renouvelables.

Par ailleurs, j'ai promis à ma maman quand j'étais petit de ne pas trop faire chier les économistes. Mais vous connaissez le dicton : sur tout sujet économique, vous trouverez trois économistes d'avis différents dont deux opposés en tout (plus Keynes qui aura un quatrième avis, les deux opposés ayant un Nobel, dans certains cas, obtenus la même année). Donc, impossible de parler sérieusement de sujets économiques sur Publius sans ennuyer de sympathiques économistes, ne serait-ce que par les fascinants raccourcis de raisonnement auquel cet exercice contraint.

En ce qui concerne les analyses économiques menées par ce juriste de formation qu'est Sarkozy, je pense qu'on peut voir les choses autrement : pour toutes les affaires de société, le modèle de Nicolas Sarkozy est les USA. Or, le modèle américain de gouvernance bancaire, à l'évidence, fonctionne à peu près aussi bien que tout modèle européen, qu'il s'agisse de l'actuel mode de gouvernance de la BCE ou de tel ou tel autre modèle ,national présent ou d'avant l'Euro. Pourquoi ? Tout simplement parce que le fond du problème est que la question ne se résume pas, à mon avis, à la simple question des statuts de la banque centrale, surtout dissociée de la question de la compétence de ses gouverneurs (et sur ce sujet, il y aurait à en dire au sujet de la BCE en particulier, avec ses sièges réservés par état...), mais à la question de la cohérence d'ensemble de ses institutions.

Ainsi vous me voyez venir : ce qui fait la prospérité des peuples d'europe ou de France, c'est la cohérence de l'ensemble de leurs institutions et de leur système juridique, ensemble dans lequel la BCE n'est qu'un aspect : l'approche sectorielle[*] à laquelle nous tenons tant dans nos discours français pour l'europe[**] a ses limites, limites qu'on ne trouve pas (on en trouve d'autres, je vous rassure) dans le modèle fédéral tant américain qu'allemand.

Notez bien ce dernier point : l'étonnante facilité de convergences de vues (au dela des bourdes de notre jeune Président) entre Sarkozy et les dirigeants d'états fédéraux stables tels que l'Espagne et l'Allemagne devrait vous aider à percevoir ceci : il est difficile de contredire Nicolas Sarkozy avec les éléments habituels du discours politiques français car son thème avoué, mais non revendiqué, est une révolution copernicienne (j'emprunte le terme à l'un de ses proches le Sénateur Alain Lambert) de la France et des institutions. J'avais craint[***] un instant qu'il ne soit capable de faire passer cette image en Europe : mais fort heureusement, ses plumes elles-mêmes ne semblent pas capables de s'approprier les limites (car il y en a) ou plus exactement la portée exacte en termes de périmètre de la révolution que veut incarner Nicolas Sarkozy.

Désolé : je me suis laissé emporter...

[*](raisonner secteur par secteur, comme si une réforme des retraites n'avait aucune influence sur les logiques de bonne gouvernance du secteur bancaire, par exemple, ce qui est évidemment faux dès qu'on prend le temps d'y réfléchir, car les deux sont en compétition pour l'influence du long terme en économie et la réduction du risque de certaines entreprises humaines)

[**] car nous autres français avons cette tradition de raisonnement ancrée dans nos institutions de la Vème et dans la logique de pensée de nos haut-fonctionnaires : administrations de la santé, éducation, sports, ne sont pas sensés se coordonner, par exemple d'une part, et de l'autre, parce que l'Europe de l'après Acte Unique conforte cette vision sectorielle initiale au coeur du traité de Rome 1957, nous renforçant dans nos propres travers..

[***] Craint car je l'avoue, les idées de Nicolas Sarkozy ne sont pas du tout les miennes, même si je respecte leur cohérence : elles reflètent simplement un modèle de société qui est à peu près l'antithèse du dmoèle de société que j'estime à même de donner un futur au genre humain... mais je m'égare.

Proteos

On peut tout de même douter de la pertinence de l'objectif des 20% d'énergie renouvelable dans l'industrie électrique en ce qui concerne la France.

L'hydroélectricité représente ~10% de la production, et il ne doit plus rester bcp d'endroits où mettre des barrages (même au fil de l'eau). Il faut donc regarder vers d'autres sources d'énergie comme la géothermie (je crois pas que ça puisse suffire), l'éolien ou le solaire. Pour ce qui est de l'éolien, il faut se rappeler qu'un champ d'éoliennes doit forcément être complétée par une installation thermique (ie pétrole, charbon, gaz, ...) de même puissance du fait de la non corrélation entre la vitesse et l'orientation du vent et la consommation d'électricité. Mettre beaucoup d'éoliennes peut donc aboutir à ce que les émission de CO2 par l'industrie électrique augmentent. Et faire que le thermique occupe une place plus importante qu'aujourd'hui dans la production d'électricité... Pas très glop vis à vis du protocole de Kyoto.

Gus

Exact, Proteos : c'est pour cela que je qualifie la position du P.E. de provocante vis à vis de la France.

Mais je vous ferais une remarque fort simple : le simple arrêt normalement programmée de la centrale de Fessenheim montera mécaniquement la part de l'hydro-électrique dans la production française d'énergie à 10.5%. à horizon de 5 ans, on peut espérer, du moins, si les centrales nucléaires en fin de vie sont effectivement arrêtées, ce qu'on peut espérer vu que leurs rejets sont généralement déjà hors-norme, la part française des énergies renouvelables dans la production d'électricité atteindra mécaniquement les 14-17%

La France a cependant la possibilité au Conseil (ou plutôt, d'oeuvrer auprès de la Commission avant le retour au Conseil) de faire des propositions constructives après avoir essentiellement essayé de couler le dossier. Par exemple, en acceptant certains objectifs sectoriels contraignants, mais pas forcément tous. Politiquement parlant, il me semble qu'elle devrait tous les accepter sauf un (celui qui fâche), puisqu'à en refuser quelque autre que ce soit, elle mettrait son industrie en position de concurrence déloyale par le bas vis à vis du reste de l'industrie européenne, ce qui est juste exactement l'inverse de la direction dans laquelle la France prétend oeuvrer (réaliser les normalisations européennes par le haut plutôt que "laisser faire le marché").

Certes, au final, cela reviendra pour la France à admettre que le nucléaire civil est une vache sacrée pour elle. Je pense que l'ensemble des pays de l'U.E. accepterait parfaitement de voir la France prendre tous les risques industriels, financiers ou de R&D en matière nucléaire civile puisqu'en cas de réussite, l'ensemble de l'europe en bénéficierait. Mais je crois que l'activisme récent de Nicolas Sarkozy dans ce secteur démontre juste que la France n'a plus, seule, les moyens financiers de ses ambitions nucléaire, et souhaiterait éviter une alliance stratégique malvenue avec la Russie ou la Chine.

Proteos

Juste une remarque pour nuancer ce que vous dites à propos des fermetures de centrales:
- d'abord, il y a un réacteur EPR en construction à Flamanville. En tout cas, c'est dans les tuyaux... Les EPR ont une puissance nettement supérieure aux premiers REP (Areva parle de 1.6GW pour l'EPR, les premiers REP devaient faire moins de 1GW).
- ensuite, il est possible que les réacteurs nucléaires qui fermeront seront remplacés intégralement -- voire plus pour couvrir la hausse constante de la conso d'électricité -- par d'autres réacteurs nucléaires flambant neufs

Absorber à la fois la hausse de la consommation électrique, l'objectif d'augmentation de la part des renouvelables et respecter le protocole de Kyoto me paraît difficile (pour ne pas dire plus).

Pour le reste, le nucléaire est bien une vache sacrée en France, il n'y a pas de doutes ;) Comment pourrait-il en être autrement avec 80% de la production électrique? Difficile de se faire imposer des choix favorables au thermique après 25 ans passés à le faire presque disparaître du paysage...

Gus

Le remplacement des actuels réacteurs nucléaires va poser un réel problème : sur quels sites pourra-t-on les implanter, surtout sur le sol français ? Les contraintes règlementaires (et de bon sens...) sont plus sévères que jamais. Quand à recycler les actuels sites, il y a quand même un léger problème : EDF n'a jamais réussi à mener à terme le retraitement complet d'un site. Enfin, je prédis que le système adopté aux USA (associer la construction d'une nouvelle centrale au passage d'un contrat d'assurance à la hauteur du risque) réduira grandement la rentabilité de l'ensemble. Dès lors, je pense qu'EDF fera tout pour prolonger la durée de vie des actuelles centrales, y compris celle de Fessenheim, bien que celle-ci tombe en théorie sous la juridiction d'une autorité européenne de contrôle de la qualité des eaux de rivière puisqu'elle est construite sur un affluent du Rhin.

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