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13 juin 2007

Commentaires

AL

Bonjour,
Je me permets de vous présenter l'association Bio Consom’acteurs (loi 1901), seule association nationale de consommateurs de produits biologiques.

Son objectif est de :

- pousser le développement de la bio auprès des pouvoirs publics (car aujourd’hui en France, malgré une croissance de la demande, seuls 2% des surfaces agricoles sont dédiées au bio)

- informer les consommateurs sur la réglementation bio

- défendre les intérêts des consommateurs de produits biologiques et écologiques

Son 1er but est d’atteindre au moins 10 000 adhérents pour être reconnue comme association de consommateurs (pouvoir défendre collectivement en justice les consommateurs de produits bio), devenir légitime pour s'exprimer sur les sujets de consommation et d’agriculture biologique.

Je vous invite à consulter son site web : www.bioconsomacteurs.org, sur lequel vous trouverez de nombreuses informations sur l’agriculture biologique, l’environnement, la santé, entre autres… et vous pouvez aussi adhérer!!

Merci!!

Proteos

Je crois qu'il y a des confusions, je n'ai pas la même vision que vous en lisant le Monde:
- le proportion de 'bio' obligatoire pour avoir le label passe de 70% à 95%
- si des OGMs sont trouvés dans la production, le producteur devra "prouver que la contamination ne résulte pas d'une négligence de leur part".

Bref, de fait, cette réglementation renforce la quantité de bio, et assure le producteur contre une contamination par les pollens d'OGM, sachant qu'il ne peut pas savoir tout ce qui est cultivé dans un rayon de 30km autour de ses champs!! Sachant que désormais les OGMs sont légaux en Europe, une concentration 0 par contamination d'OGM sera de plus en plus difficile à obtenir pour les producteurs bio, spécialement dans les pays où les OGMs ont été bien reçus (Espagne).
Cela me semble relever d'une tactique de com': les écolos avaient trouvé un angle d'attaque qui disparaît. Il y avait incompatibilité entre liberté de cultiver des OGM pour un agriculteur et liberté de cultiver en bio pour son voisin, ce qui permettait d'attaquer le méchant (mais qui est-il?). Le bon sens imposait une tolérance, et c'est ce qui s'est passé.

Pfrr

Saud erreur de ma part, pour obtenir l'étiquette AB en France, il faut avoir 95% de "bio" dans le sachet

Source : règles d'usage de la marque AB telles que définies par le Ministère de l'Agriculture, point 6.1 de

http://www.agriculture.gouv.fr/spip/IMG/pdf/nrumab122004.pdf

Par ailleurs, plus de 0.1% d'OGMs dans le produit final font perdre le bénéfice de la marque AB.

Le Monde ferait donc bien de vérifier ses sources...

Gus

Proteos: en matière de contamination accidentelle comme pour tous les problèmes de pollution en général, il existe un principe fort simple : l'auteur de la pollution, la contamination ou la dégradation de la propriété d'autrui doit en théorie indemniser la personne victime du préjudice.

Il me semble étonnant de voir l'Union agir de sorte à préserver l'intérêt particulier de certaines catégories de producteurs pollueurs contre celui des simples citoyens en général. Remarquez, sur le fondement de ce principe juridique fort simple "répondre des préjudices qu'on cause", il n'est pas à exclure que, parallèlement à ce dossier, un cultivateur d'OGMs soit poursuivi en justice du fait des conséquences que son activité aua sur la propriété d'autrui, du moins, dès lors que la contamination par OGM créera un préjudice tangible, comme par exemple, la perte d'exploitation provoquée par le déclassement d'une exploitation bio.

Liberté = responsabilité. On peut faire plus complexe, mais cette solution est pourtant éprouvée, depuis le temps.

Proteos

Non, la contamination accidentelle par des pollens OGM n'est pas une pollution. Il n'y a aucune preuve que cela soit toxique. Et il faut aussi déterminer qui est le pollueur. Bonne chance.
Et il faut rappeler aussi que les agriculteurs non-bio n'indemnisent pas les agriculteurs bio pour utiliser des aérosols pour traiter leurs champs...
Une dirigeante de coopérative donne une interview dans le figaro.
http://www.lefigaro.fr/international/20070613.WWW000000284_le_nouveau_label_bio_un_nivellement_par_le_bas.html
Elle y déclare:
[Le pourcentage d'OGM autorisé] est un ballon de secours. Si un champ bio se trouve à proximité d’un champ qui utilise des OGM, il y a de fortes chances qu’au cours de la pollinisation, les produits cultivés dans le champ bio contiennent des traces d’OGM. Le risque pour l’agriculteur c’est qu’il perde le label qui récompense son travail alors que la qualité du produit, elle, n’est pas affectée. Accorder une tolérance de 0,9% de traces d’OGM dans les produits bio me semble donc une bonne chose.

Comme quoi certains producteurs prennent ça aussi pour ce que c'est: une assurance contre une incertitude.

La réglementation française sur le bio est une des plus sévères en Europe. Là, il s'agit comme d'habitude d'un minimum européen à respecter pour mériter l'appellation bio.

Gus

Pour déterminer l'origine de la pollution, les tests génétiques standarts semblent suffire.

Par ailleurs, même si je sais bien que l'Union Européenne considère généralement comme innoffensif tout ce qui n'est pas prouvé toxique, le sens même d'un label bio est de considérer qu'il peut exister des citoyens qui ne partagent pas l'analyse de la Commission Européenne.

Or, en démocratie, il est d'usage de considérer que l'opinion publique est plus légitime que celle de l'administration. Mais il est vrai que l'Union Européenne n'est pas une démocratie.

Proteos

Gus: vous ne répondez pas sur l'objection des aérosols que peuvent utiliser des agriculteurs non-bio à côté de champs bio. C'est valable pour la France, qui il est vrai n'est pas non plus une démocratie.
Quant au tests génétiques, c'est bien, mais les OGMs sont vendus en masse, plusieurs exploitants peuvent donc utiliser les mêmes OGMs. Comment retrouver le/les coupables?

Cher

La question que vous soulevez, Protéos, est bien plus intéressante qu'il n'y parait.

Prenez la N74 qui va de Dijon à Beaune, région de production de très grands crus : il y a quelques années, les vignes touchaient la nationale. Désormais, de Nuits Saint-Georges à Dijon, il n'y a plus une vigne au bord de la route.

Savez-vous pourquoi ?

Désormais, le vin est analysé chimiquement par les grands acheteurs, ceux qui font la cote. Avec cette merveilleuse technologie qu'on nomme un peu abusivement les "puces ADN", on peut tester la présence de 80 substances à la fois avec quelques gr. de produits : et on ne s'en prive pas.

Et les très grands crus de Bourgogne pleins de résidus d'huiles automobiles, de solvants improbables et de C12 fossile inévitables conséquences de la circulation automobile à proximité des pieds de vigne, hé bien voyez-vous, dans l'économie mondialisé, ça vous coûte cher quand vous visez le haut de gamme (mais vous pouvez toujours les vendre en France : ça fait "terroir").

oakley frogskins

Cependant, j'avoue lire le blog d'econoclaste avec beaucoup de plaisir, même si je ne suis pas toujours en accord avec eux.

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