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« Au bon lait de brebis | Accueil | Agenda européen de Baudoin Bollaert : Tony Blair au pied du mur »

26 octobre 2005

Commentaires

Simon

"L'Europe n'est donc pas une puissance organisée autour d'une volonté politique porteuse d'un projet. Elle ne le sera jamais. Il est sage, mais surtout urgent, d'en prendre conscience, de le proclamer et de s'en accommoder, ce qui fera disparaître bien des frictions et des malentendus dans la mécanique actuelle.

Ce qui s'est fait sous le nom d'Union européenne ne ressemble à rien de connu jusqu'ici. Sans cohésion politique ni identité commune, c'est essentiellement un espace de paix régi par le droit."

On m'aurait menti ??? Dire qu'il n'y a pas si longtemps, le même Michel Rocard parlait du projet européen ... après même avoir commis ce texte (pour l'analyse, le dit texte a déjà été souvent décrié pour que j'en rajoute).

Une interrogation cependant ... Sommes nous contraint de nous enfermer dans la politique des Chadocks : qu'importe où nous allons pourvu qu'il y ait du mouvement ... ??

versac

Eloi Laurent est très juste. Mais Ferrand, je n'achète pas sa tribune. On ets loin du bouquin éponyme de Lamy (la démocratie monde), où il énoncçait des choses un peu plus évoluées sur la manière de construire peu à peu un espace démocratique global. Là, en plus, on ne comprend pas la vision de Ferrand, et la conclusion fait un peu de peine :
"L'Europe est à la croisée des chemins. Il est temps que la classe politique et les opinions publiques s'en emparent."

Sinon, autre tribune ce matin : celles de Jacques Chirac, publiée dans 25 quotidiens européens. j'avais commencé un billet sur le sujet, mais typepad m'a planté. De toute façon, ce texte est un grand blabla a simple but d'autojustification et de valorisation personnelle.

Le débat sur l'élargissement infini me fait par ailleurs penser à ceux qui ont cours actuellement sur wikipedia, et cette récente tribune qui disait : "la qualité est inversement proportionnelle au nombre d'auteurs sur wikipedia".

Emmanuel

Sinon : "le même Michel Rocard parlait du projet européen"

Je suggère une relecture de la phrase de Rocard. Il ne me semble pas qu'il y dise qu'il n'y a pas de projet européen.

"Sommes nous contraint"

Sûrement pas.

"qu'importe où nous allons pourvu qu'il y ait du mouvement"

Mais ce n'est pas un mouvement pour le seul mouvement, sans aucun objectif. Le but est d'étendre la sphère de la démocratie, de l'Etat de droit et de l'économie de marché. C'est très néocon comme projet, mais sans le recours à la forc armée pour le mener à bien.

Versac : "Mais Ferrand, je n'achète pas sa tribune."

D'où mon titre :-)
En fait, je me moque un peu de ce que pense Ferrand sur la question : ce que je trouve intéressant est le fait de soulever cette troisième voie. Ce n'est pas que j'y adhère nécessairement mais je trouve rafraîchissant intellectuellement de sortir un moment de l'éternel débat approfondissement/élargissement.

Sur la conclusion : c'est les clichés qui te dérangent ou l'idée qu'on puisse se "saisir" d'une "croisée des chemins"? ;-)

Burt Allibert

Moi je ne trouve pas Eloi Laurent si juste. Son discours me semble plus relever de la jubilation que de la raison.

Y transpire l'assurance que la victoire du non est, enfin, la victoire du Vrai et du Juste sur l'aveuglement, quand ce n'est pas les machinations, de "Bruxelles". Et, bien entendu, "Bruxelles", sure de son fait, ne saurait réagir autrement à ce cinglant désaveux qu'en se murant dans encore plus d'autisme ou encore plus de bourage de crane.

Bref, une caricature de plus à un moment ou, justement, on pourrait espérer que l'éloignement de la campagne électorale pourrait préter à des analyses un peu plus distanciées. Enfin, il est vrai qu'une autre campagne électorale pointe à l'horizon.

Moi, ça ne me semble pas de l'aveuglement que de chercher à comprendre pourquoi les choses ne se sont pas pensées comme on le pensait. Et cela ne me semble pas du bourrage de crane que d'aller à la rencontre des gens et leur dire "voila ce que moi je pensais, vous n'êtes pas d'accord avec moi, discutons pour savoir ce qui fonde notre désaccord".
Au contraire, cela me semble une réaction saine. Autrement plus saine que de déclarer doctement avoir tout compris mais alors tout aux raisons des votes français et holandais. Bien sûr, réaction saine ne veut pas dire réaction utile. Il est bien vrai que ça ne mènera sans doute pas à grand chose. Mais je préfè!re ça à tous ceux qui voient si facilement midi à leur porte.

pikipoki

Si je peux me permettre, la petite difficulté que pose la synecdoque inversée paxatagoricienne, c'est qu'à ce jeu on pourrait à terme inclure absolument tous les pays du monde dans un groupe qui resterait appelé Union européenne. (En fait on fait un peu ce qu'on veut avec une synecdoque inversée, on peu inclure n'importe quoi dans l'élément de départ puisqu'on admet que l'élément restreint peut inclure des éléments qui n'ont pas les caractéristiques des premiers qui la compose (je me demande si j'écris un truc clair là...). Si ça ce n'est pas de l'impérialisme occidental! ;o)

babr

j'ajoute que le projet d'une Union Européenne comme préfiguration et première étape d'une démocratie-monde n'est absolument pas neutre. outre qu'on la retrouve, plus ou moins sous une autre forme sous la plume de Pascal Lamy ( pardon, de son club NotreEurope), elle est le point de mire de beaucoup de partis de gauche ou d'hommes de gauche, réalistes (Lamy, DSK), utopistes , europhobes ou d'essence millénariste (une bonne partie du PC, une partie des Verts français), désespérés et désabusés (Rocard, Védrine dans une très moindre mesure)....
Dès lors, peut-on rester de gauche, vouloir la démocratie-monde, et repenser les frontières de l'UE ? ( pour rester dans les conclusions ridicules)

margit

Je ne pense pas que BHL soit désespéré, désabusé ou utopiste...:-))

« Je suis de ceux qui croient que l'Europe a une fonction avant d'avoir un lieu.
Je crois qu'elle est cette fonction et que cette fonction qu'elle est, cet opérateur de sens et de destin en quoi, à la fin des fins, elle consiste ne sont pas quelque chose de vague mais de concret, avec des effets très concrètement repérables dans l'histoire des nations qui entendent se reconnaître en elle.
Je crois, pour être précis, qu'Europe a été, en tout cas depuis cinquante ans, le nom d'une prodigieuse machine à produire, entre les nations et en leur sein, ces deux inestimables biens que sont premièrement la paix (France, Allemagne) et, deuxièmement, la démocratie (Europe centrale et orientale ; dictatures, avant cela, des pays du versant sud de l'Europe). »
http://www.ataturquie.asso.fr/info_et_050929_11.htm

margit

Eloi Laurent :
« Après avoir rigidifié tous les instruments macroéconomiques péniblement élaborés au cours de la décennie 1990 et ainsi asphyxié la croissance européenne, on augmente en fait la difficulté en tentant de flexibiliser les structures sociales. La "science" économique sur laquelle est censée reposer cet audacieux pari européen est introuvable, pour ne pas dire inexistante. Les modèles microéconomiques enseignent effectivement que les agents répondent rationnellement aux incitations qu'ils perçoivent. Il est par conséquent tout à fait improbable que les Européens consentent à abandonner ne serait-ce que partiellement leur protection sociale dans un contexte où elle constitue le seul soutien de leur niveau de vie présent et futur, en l'absence de croissance et de volonté de la stimuler. Et de fait, ils n'y consentent pas. »

Les Européens ???? C’est d’une prétention bien française de s’imaginer que tous les Européens se retrouvent dans les analyses et souhaits d’un Eloi Laurent… Affligeant !

Fulcanelli

Pas terrible de s'appeler Ferrand...

Nous, opinions publique et élites, pour l'Europe-puissance-monde-démocratie, Maréchal nous voilà !

Trève de plaisanterie, toute cette pensée politique actuelle me paraît relever de la mythomanie plutôt que de l'analyse raisonnée de ce qui peut représenter un projet basé sur la prise en compte des données et des faits (comme le faisait Aron en son temps).

C'est incroyable, cette foi dans le modèle social européen quand on voit le drame social en Allemagne suite au lois Hartz. Qui peut oser encore parler du système protecteur ainsi "Un niveau de justice sociale unique au monde, à travers, notamment, une redistribution fiscale sans équivalent."

C'est consternant de lire ces conneries et je crois qu'on en a pas fini

Emmanuel

Burt Allibert : "Y transpire l'assurance que la victoire du non est, enfin, la victoire du Vrai et du Juste sur l'aveuglement, quand ce n'est pas les machinations, de "Bruxelles"."

C'est étrange, mais je ne lis pas du tout la tribune de Laurent de cette façon-là. Je ne sais même pas s'il était en faveur du "non" au référendum. Sur le Bruxelles-bashing : ce n'est pas totalement faux (le texte est très polémique) mais il me semble que certains des arguments de l'auteur sont très justes :

1. Il y a encore à Bruxelles (pas partout, pas uniformément, certes), l'espoir qu'il sera possible de faire revoter les récalcitrants en 2007-2008, et qu'une meilleure communication et une situation économiques un peu moins dégradée suffira à faire renaître la constitution de ses cendres. Je pense avec Laurent que c'est une erreur de jugement grave, même si je comprends le sentiment d'injustice (la constitution ne méritait pas la grande majorité des procès qui lui ont été faits) et la difficulté à admettre que des années de négociations soient réduits brutalement à néant.

2. L'idée que des réformes structurelles qui réduisent la protection sociale sont le meilleur moyen de sortir d'une crise économique conjoncturelle est absurde et dangereuse. Que "Bruxelles" et "Francfort" ne s'en rendent pas compte est très inquiétant.

Margit : "C’est d’une prétention bien française de s’imaginer que tous les Européens se retrouvent dans les analyses et souhaits d’un Eloi Laurent…"

Sauf que Laurent a raison : son analyse ne fait que reprendre les conclusions usuelles des travaux économiques à ce sujet. Voir par exemple le même type d'analyse chez les crypto-marxistes du Financial Times
http://economistsview.typepad.com/economistsview/2005/10/increasing_mark.html

Babr : je ne comprends pas le sens ton argument. Le projet de la "démocratie-monde" n'est pas neutre (comment un projet politique pourrait-il l'être?) et des gens venus d'horizons très différents la défendent. Et après?

Fulca : "Qui peut oser encore parler du système protecteur ainsi "Un niveau de justice sociale unique au monde, à travers, notamment, une redistribution fiscale sans équivalent."

Règle de logique de base : on ne contredit pas avec un argument comparatiste avec un contre-argument absolutiste.

"C'est consternant de lire ces conneries et je crois qu'on en a pas fini"

Tu m'ôtes les mots du clavier.

Eric Lauriac

J'aplaudie des deux mains.

"Il faudrait plutôt retrouver le chemin de la lucidité, qui se trouve être aussi celui de la politique économique active."
Oui, mais par exemple pour la politique monétaire il faudrai une unité dans le système financier européen (banque de détail surtout) pour que cette politique ait le même effet partout. Je note que mon ami JC Trichet s'interroge sur ce problème.
http://www.ecb.int/press/key/date/2005/html/sp051003.en.html
Dans la même veine, la Commission a publié récemment un rapport sur l'unification du marché des prets hypothécaires.

Notre Europe dans un texte sur la relance de l'UE propose de renégocier la partie III du traité.
http://www.notre-europe.asso.fr/IMG/pdf/Etud44-fr.pdf
C'est la voie a suivre à condition d'oublier ce genre de phrases lamentables : "Dans bien des cas, une simple « mise à jour » de ces dispositions en fonction de l’évolution de l’acquis communautaire et du contenu de la première partie serait d’ailleurs suffisante."
Pour la politique budgétaire, on connait le cirque actuel avec surtout l'Allemagne qui refuse d'augmenter d'un kopec les dépenses.

lartist

L'important n'est pas d'arriver'c'est de marcher et surtout de trébucher...

Roth

Pour info : Le député Vert européen, Gérard Onesta, consacre dans le dernier numéro de sa revue trimestrielle "Carré d’Europe" un dossier fort intéressant sur l’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne que vous pouvez consulter ici :

http://www.onesta.net/carreweb-debat-turquie_27oct05.html

Roth

Pour info : Le député Vert européen, Gérard Onesta, consacre dans le dernier numéro de sa revue trimestrielle "Carré d’Europe" un dossier fort intéressant sur l’adhésion de la Turquie à l’Union Européenne que vous pouvez consulter ici :

http://www.onesta.net/carreweb-debat-turquie_27oct05.html

Ante

"Faire entre faire entrer dans le crâne de piaf des réfractaires tous les bienfaits de la construction européenne". Votre phrase résume bien la propagande à laquelle vont être soumis les citoyens, et au premier titre les Français et Néerlandais qui ont eu le courage de s'opposer à la machine européenne. La Nomanklatura étoilée veut nous faire rentrer dans la tête qu'il est bon d'être Européen. On se croirait revenu au temps de feu l'URSS ... La multiplication depuis la claque du 29 mai d'une flopée de sites européistes est d'ailleurs significative de la volonté d'occuper le moindre espace de libérté pour endoctriner un peu plus les consciences. Le "parlement" européen s'est même inquiété dernièrement du pouvoir des blogs... Pas de doute, dans les mois à venir la présence des gardes bleus sera encore plus forte sur la Toile, à grands renforts de subsides européens. La force des piafs, c'est qu'ils bougent vite et qu'ils sont en contact direct avec le terrain.

Sylvain Reboul

L'article de Rocard est courageux en ce sens qu'il tire lucidement le bilan de l'échec d'une l'illusion qu'il a pu lui-même partager, celle d'une Europe politique intégrée, super état fédéral, plus encore d'une Europe puissance agressive économique, voire militaire. Ce rêve éveillé nous empèche de voir ce que l'on peut tirer et ce que l'on tire déjà de ce qui continue à exister et que l'échec du référendum n'a pas, pour le moment, vraiment menacé: une Europe pacifique et pacifiante à extension illimitée (une authentique société des populations) dans laquelle l'union économique est le base d'une union par le droit, non seulement commercial mais démocratique.

Le référendum portait sur un texte dans lequel le débat sur la régulation du libéralisme économique restait ouvert, y compris dans sa partie 3 qui comportait une partie importante concernant les droits sociaux; ce qui y était refusé c'est toute possibilité du capitalisme nationaliste d'état, à la mode soviétique, appelé par certains "socialisme"; dans la mesure où le libéralisme économique est une des conditions, nécessaire bien qu'insuffisante, du libéralisme politique et culturel, c'était bien la moindre des choses au moment où on accueillait en Europe les anciens pays de l'est.

Or ce débat n'est pas clos par cet échec. Même si pour l'instant le non français et hollandais ( en oubliant au passage que la majorité des états représentants la majorités des citoyens en Europe ont ratifié le TCE), bien que politiquement trop hétérogène dans les deux cas pour prétendre faire une politique européenne plus sociale, a mis en panne la constitution d'une UE plus démocratique.

On peut voir dans l'échec du référendum au mieux que l'expression d'une revendication à plus de régulation sociale au niveau européen, au pire celle de la tentation régressive, afin de préserver un prétendu modèle national aujourd'hui inadapté à l'évolution de capitalisme, mondialisé, du repli protectioniste. Or ce dernier n'a pas d'avenir, car un tel modèle suppose soit un capitalisme national qui n'existe plus et ne peut plus revenir, soit, si on refuse ce dernier, la passage à un capitalisme d'état dont on sait qu'il ne peut être que politiquement totalitaire.

L'Europe ne peut qu'aller dans le sens d'un approfondissement et d'un élargissement (c'est indissociable) démocratique internationaliste, indispensable à la régulation plus sociale du libéralisme, sous peine de verser dans le pire: le chaos politique et la débacle économique et sociale , dont les premières victimes seront, n'en doutons pas, ceux qui n'ont pas le pouvoir économique mondialisé et qui on voté non par peur d'un changement qui leur serait pourtant nécessaire.


Gus

Je suis étonné de ne voir aucun commentaire sur l'affirmation (que je cautionne) selon laquelle "La "science" économique sur laquelle est censée reposer cet audacieux pari européen est introuvable, pour ne pas dire inexistante.".

DG

Sylvain Reboul

J'ai bien du mal à comprendre que l'on puisse affirmer qu'un capitalisme d'Etat serait politiquement totalitaire.
Pouvez vous développer l'idée ainsi présentée sur une base juridique précise confirmant ces propos ?

Sylvain Reboul

Le socialime réel des ex-pays de l'est n'était qu'un capitalisme d'état sans démocratie politique : les travailleurs n' y avait aucun pouvoir économique et encore moins les consommateurs (à savoir tout le monde) qui devaient accepter la pénurie et l'absence totale de choix par défaut de concurrence libre et non faussée. L'économie de monopole d'état ne peut en rien être une économie laissant une quelconque initiative aux acteurs, qu'ils soient vendeurs ou acheteurs, producteurs, distributeurs ou clients. Le système des prix et des salaires relevait du monopole d'état au point que nul ne pouvait changer de place et de fonction, chacun était exécutant du plan.

Mais il y a plus grave: toute économie planifiée centralement et dirigée par l'état implique que celui-ci décide des priorités et des valeurs qui les soutendent sans faire droit aux désirs et besoins des usagers/clients dans leurs différences. C'est dire que l'état doit politiquement intervenir dans le vie privée de chacun pour orienter les désirs et les besoins au nom d'une prétendu intérêt commun dont il décide autoritairement sans prendre en compte la diversité de ces mêmes désirs et besoins. Ce qui veut dire instituer un contrôle policier permanent de la population pour éviter toute source de contestation légitime du plan central. Dans un tel système de planification centrale de l'économie par l'état, se developpe nécessairement: le gaspillage, la corruption et le népotisme des dirigeants ; dès lors que ceux-ci sont aussi les décideurs économiques ils forment nécessairement une classe profiteuse et exploiteuse qui dispose d'un pouvoir sans limite sur les dirigés, pouvoir qui tend à effacer la distance entre la vie publique et la vie privée dont l'autonomie économique est une des conditions de possiblité. Cet effacement est la marque même du totalitarisme politique qu'il faut distinguer en cela du simple despotisme. Le socialisme réel n'était et ne pouvait être qu'un capitalisme d'état totalitaire.

Conclusion: Il ne peut y avoir de démocratie politique sans libéralisme économique, ce qui suppose des règles du jeu social de l'exercice de cette liberté, comme de toute autre liberté. Et là, la lutte politique entre la droite et la gauche trouve son terrain politique de prédilection; mais à la condition que cette dernière abandonne l'illusion liberticide, voire mortelle, que l'état peut tout ou doit avoir tout pouvoir y compris dans le domaine économique; ce qui n'était assurément pas la position de Marx.

Je vous reconmmande sur le sujet le petit ouvrage de F. Hayek: "En route vers le servitude" dont les analyses ont été parfaitement confirmées par l'échec catastrophique des ex-pays de l'est

Emmanuel

Ante : "Votre phrase résume bien la propagande à laquelle vont être soumis les citoyens"

Je précise que ce n'est pas *ma* phrase, mais celle d'Eloi Laurent. Cela dit, je suis assez d'accord avec son constat.

Gus : J'ai comme l'impression que tu te trompes sur le sens de la phrase de Laurent... Impression peut-être erronée, certes.

Gus

Emmanuel : Possible. Bon, alors, pour choisir une citation moins équivoque : "C'est alors la question de la pertinence et de la réforme des institutions économiques européennes qui sera directement posée. Jusqu'à quand abusera-t-on de notre patience avant d'engager sérieusement ce débat ?"

DG

M Reboul,

J'ai quelques difficultés à me satisfaire qu'il ne puisse exister de démocratie politique sans économie libérale.Pour quelques raisons. D'une part nous sommes en France et il ne me semble pas qu'à ce jour nous ayons à tenir à l'ordre des possibles une économie d'Etat planifiée qui dirigerait les désirs de chacun...(la publicité remplirait davantage ce rôle à mes yeux... )
Je verrais plutôt que l'Etat a comme fonction de faire vivre les pricipes qui lui donnent existence, à travers ses lois.
Cela me parait d'autant plus étonnant que vous sous entendiez ce risque possible, qu'il me suffit de lire la constitution pour comprendre que les principes qui régissent les règles de notre vie ensemble, individuelle et collective , appuient et donne sens à la démocratie. Je ne vois donc pas ce qui induit dans votre raisonnement , pour ce que nous avons à vivre en France et en Europe, une telle justification des dangers de la démocratie à exister sans économie libérale . Qui plus est , le socialisme rouge pur et dur me paraît bien loin de l'histoire culturelle et juridique des choix politiques des Français.
D'autre part, je m'explique d'une manière trés simpliste, que le contenu de nos principes s'imposent par l'universalité des droits indispensables à toute vie humaine digne de ce nom, et qu'en cela nul besoin de poser des principes économiques pour donner sens à des principes politiques fondamentaux. La déclaration universelle des droits de l'homme et du citoyen n'a pas attendu les dogmes actuels de l'économie libérale pour exister et porter des principes et droits fondamentaux démocratiques.
Je ne vois donc pas comment adhérer à votre affirmation. J'arrive même à me dire qu'elle ne parait pas juste. Je n'opposerais donc pas citoyen/Etat et consommateur/ usager, comme je ne mettrais pas de condition économique à la démocratie, étant entendu que pour moi, on est d'abord citoyen avec des droits fondamentaux, dans l'acceptation de nos principes constitutionnels.
A moins qu'il ne s'agisse de me dire que les pricipes constitutionnels changeraient... Mais là alors je me poserais la question de savoir si ce qu'on veut me vendre reste bien du domaine de la démocratie . En ce sens, je regarde davantage ce que les dogmes économiques qui se présentent comme impératifs , bafouent des droits fondamentaux et des règles.
Ce que vous voyez dans un sens totalitaire que vous prêtez à l'Etat, se voit tout autant dans l'autre que vous ne prêtez pas à l'économie.
Si je me réfère à la Constitution, je peux connaître la définition de l'Etat et de son fonctionnement. On m'y rappelle qu'il s'agit du gouvernement du peuple par le peuple à travers ses institutions. C'est donc bien un levier pour moi de mon pouvoir que je délègue et contrôle et auquel je n'entends pas renoncer. Ainsi j'arrive à définir que rien dans ce qui donne sens à mon statut de citoyenne dusse m'induire à penser que la démocratie n'existerait pas sans économie libérale.

C'est pour cela que j'ai du mal à croire que l'économie gérée par l'Etat serait par définition politiquement totalitaire.

hmmm

@DG C'est parce que vous confondez libertés individuelles et collectives.

Faire gérer l'économie uniquement par l'état, c'est renoncer à un nombre effroyable de libertés. Vous n'auriez plus le droit de fonder d'entreprises, vous n'auriez plus le libre choix de votre métier, vous n'auriez plus le choix des produits que vous consommez.

Bref, c'est pas une vie. Nous ne sommes pas que des agents économiques, c'est vrai, mais ce que nous mangeons, ce que nous regardons, ce que nous lisons, ce que nous possèdons procède d'actes économiques. Alors oui, une économie gérée par l'état est totalitaire. Par définition.

pikipoki

@hmmm
hmmm, ça me paraît une vision tout de même très réductrice. Ce n'est pas parce que l'état gère l'économie qu'il est obligé de le faire en tyran.

Dans les exemples que vous donnez il y a des choses qui ne me semblent pas justes.
"Vous n'auriez plus le libre choix de votre métier" Pourquoi? Que l'état gère l'économie ne signifie pas nécessairement qu'il impose aux gens d'exercer tel ou tel métier, mais simplement que c'est lui qui serait garant de la bonne organisation de ceux-ci. Ensuite libre à chacun d'être maçon, comptable, etc. Vous me semblez partir uniquement d'une vision soviétique de cette notion.

"vous n'auriez plus le choix des produits que vous consommez." Même remarque. Que l'offre soit gérée par l'état plutôt que par des entreprises privées n'entraine pas nécessairement une Stalinisation de cette offre. On peut tout à fait imaginer une gestion étatique qui laisse la liberté de choix dans les produits consommés.

Comprenez moi bien. Je ne suis pas partisan du tout état, je pense que ce serait un risque trop grand. Mais je trouve caricatural de dire: si c'est seulement l'état qui gère alors on a forcément une dictature.

Il faut se souvenir aussi que l'état c'est la civilisation. C'est par lui que les hommes ont établit la structure qui serait garante de leurs libertés, justement en fixant celles-ci, et en mettant en place les dispositifs permettant de contrôler leur respect (loi, tribunaux, police). L'état est d'une certaine façon la plus haute réalisation d'un monde civilisé. C'est par lui qu'un peuple se reconnaît, qu'il reconnaît sa qualité de civilisation. C'est par lui qu'il peut instaurer une démocratie.

DG

Hmmm,


Je partage la vision de Pikipoki. Vous n'avez pas bien lu ce que j'ai écrit pour dire ce que vous dites. Ce que vous avancez est réducteur, et d'agiter le spectre de la peur de l'Etat totalitaire sans économie libérale ne masque pas aux yeux des citoyens avertis l'imposture intellectuelle , ni le constatv du recul des droits devant l'économie libérale dite de marché....cette agitation caricaturale n'est que prétexte à une idéologie basique portée par des termes réducteurs qui ont aussi des conséquences sur l'appauvrissement de la réflexion.
Trouvez moi un exemple de ce que vous avancez en France.... Sous le régime de De Gaulle, n'étions nous pas en démocratie? Et l'économie était elle entièrement libéralisée? A d'autres. Libre à vous de croire ce qui vous plait, libre à moi de ne pas adhérer à ce que je prends pour mensonges intellectuel , au regard de ce que je connais des principes démocratiques....

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