Rechercher



  • Recherche Google
    Web Publius

Statistiques


« Choc des cultures | Accueil | Les raisons de mon Oui (2) »

20 mai 2005

Commentaires

Fulcanelli

20 mai 2005

L’évolution de l’Occident et le sens du traité européen

Cette note (indigeste) a pour objectif de recadrer très schématiquement l’évolution de l’Europe depuis 50 ans, autrement dit, à partir de ce traité de Rome dont on dit qu’il hante l’esprit de nos européistes convaincu et que son esprit est bien présent dans l’épaisse troisième partie du TCE que les Français sont invités à approuver ou rejeter. 1957. Signature du traité de Rome qui se substitue à l’ancienne CECA et institue un marché commun entre les six nations fondatrices dont l’Allemagne et la France. L’objectif est de permettre un progrès économique commun, sans les entraves des égoïsmes nationaux, avec en arrière-fond l’idée d’en finir avec la guerre. Dans son principe, ce traité est parfaitement clair, dans sa réalisation, il ne faut pas espérer simplifier la complexité d’un monde politique et technique en pleine transformation. Nous sommes dans une période de croissance soutenue.

Dix ans plus tard, la crise des sixties finissantes signe une fracture entre les populations et les gouvernements. En France, la forme est violente, avec mai 68. Dans le même temps, quelques intellectuels et autres experts s’interrogent sur le sens de la croissance, son impact sur la planète. Après le traité de Rome, place au club de Rome. Le progrès technique, plus ou moins planifiés par experts, Etats, technocrates, politiciens, grands groupes industriels, est doublement mis en cause. La croissance et la société de consommation sont contestées, autant que l’autorité, voire l’autoritarisme de l’Etat, ainsi que la morale utilitaire qui contraint les corps. Ce n’est pas le moindre des paradoxes que cet élan hédoniste associé à cette critique de la consommation. Toujours est-il que malgré cette fronde des peuples, qui durera une dizaine d’année, la reprise en main du système par la morale économique se fait peu à peu, sous Giscard, puis sous Mitterrand. Quelle est celle morale économique ? Elle allie la rigueur dans les dépenses, l’efficacité dans la production, la stricte gestion monétaire dans un ensemble globalisé, et bien entendu ce mot quasi-magique, la croissance. Dans les temps anciens, les chamans étaient censés favoriser la pluie pour favoriser la croissance des plantes nourricières. De nos jours, les experts économistes sont des chamans rationnels censés trouver les clés pour faire pleuvoir la croissance et si possible, faire pousser l’emploi.

1977. C’est la fin de la parenthèse enchantée, terme canonisé par Françoise Giroud. Une sorte de réplique de la Belle Epoque avec 70 ans de décalage. Et déjà à cette époque, on décèle un décalage entre les politiques et les populations. En vérité, les gouvernants ont gouverné à l’écart des peuples depuis bien longtemps. Mais De Gaulle, suivi par Giscard et Mitterrand, on savamment entretenu le mythe d’une proximité entre pouvoir et citoyens. Ils nous ont compris, tu parles ! On évoque actuellement une crise politique, une scission entre la France qui gouverne et celle qui est gouvernée mais c’est une blague de journaliste peu scrupuleux vis-à-vis des réalités. Bon, ce n’est pas l’essentiel. Les préoccupations des gouvernants ont été économiques ces années-là. 1977. Entrée en scène de Thatcher et Reagan. Les politiques avaient peur du déclin de l’Occident, de son appauvrissement, surtout après le choc pétrolier de 1977.

On a dit que le traité de Rome signait la fin de la guerre mais il se pourrait bien que les nations aient poursuivi la guerre sous une autre forme, plus proche du sport de compétition. Bref, la croissance économique est venue se substituer aux conflits anciens. Et ce n’est pas un hasard si l’Allemagne et le Japon sont devenue dans les années 1960 des nations particulièrement entreprenantes et florissantes. En 1977 paraît un livre qui me semble expliquer les soubassements de ce que nous vivons actuellement. Tout ou presque y est consigné et explicité. Il est signé de François Giroud. Son titre, La comédie du pouvoir. On doit y voir une sorte de coming-out puisque cette grande dame a côtoyé de près le pouvoir auquel elle a d’ailleurs participé pendant trois ans au titre de secrétaire d’état à la condition féminine. Extraits choisis :

« une autre illusion : l’idée vague, entretenue par l’enseignement, que les Richelieu et les Talleyrand, les Saint-Just comme les Barras, les Fouquet comme les Sully, les Guizot comme les Turgot, les maîtres du jeu dit politique sont aussi les maître de la société dominante. Ce fut peut-être le cas en d’autre temps, aujourd’hui, aujourd’hui encore dans des sociétés lointaines. Ce n’est pas le cas, en Europe, où, en fait, tout leur échappe de ce qu’ils voudraient maîtriser, les choses et les hommes ». (p. 9)

Voilà une bonne illustration de ce qui s’est passé en 1968, ou bien en 1995 avec les grèves contre Juppé, ou encore actuellement, avec la fronde contre le TCE. Toujours est-il que les politiques se sont employés à œuvrer là où ils ont cru pouvoir intervenir, non sans raison mais avec des limites certaines. C’est le progrès technique et la croissance économique. Et cette hantise. Extrait :

« En fait, nous allons vers un appauvrissement de l’Occident. Il faut savoir comment va s’organiser cet appauvrissement (…) nous avons, en France, des éléments de vigueur. Notre but doit être de rejoindre le camp des plus forts, c’est-à-dire l’Allemagne et les Etats-Unis, et pas celui de la Grande-Bretagne et de l’Italie » (p. 15)

Ces propos rapportés par Françoise Giroud sont de Giscard. Voilà donc ce à quoi pouvait penser un Président de la République dans les années 1970. Et sans doute un commissaire européen ou un politicien à notre époque. Rien n’a vraiment changé, sauf que l’aventure économique, la guerre de la croissance, se fait entre zones supranationales. La Chine étant à elle toute seule une entité supranationale de part sa taille. Le progrès économique est devenu un critère presque universel et toutes les Nations sont hantée par le spectre d’un déclin, voire d’un décrochage. C’est assez curieux. Le progrès était jadis un idéal, une source d’espérance et maintenant, c’est devenu un sujet d’inquiétude. Dans les années 1980, le Japon en plein boom financier achetait par des biens immobiliers à Los Angeles. Les Etats-Unis redoutaient les Nippons puis sont largement repassés en tête.

Tout est basé sur l’économie, sur le niveau matériel, la peur de perdre quelques acquis, la peur de ne pas entrer dans le système, la peur de décrocher. Partisans du Oui ou du Non, Etasunien ou Chinois, Polonais et Portugais. « Ce divorce d’avec la vie vraie est peut-être le plus grand danger menaçant les gouvernants et leurs conseillers, qui ne fréquentent plus que les statistiques (…) Nul n’a le droit d’insulter l’avenir » (p. 267) Ainsi concluait son ouvrage Françoise Giroud. Sans doute visionnaire mais pas nécessairement révolutionnaire. Peur de décrocher au niveau des nations. Voilà la hantise des dirigeants qui réagissent aux chiffres et qui pour avoir plus de chiffre, créent des officines statistiques pour sonder les populations avec le maximum d’indicateurs. C’est ce que j’ai appelé la numérocratie, la gestion politique calculée. PIB, commerce international, croissance. Au niveau individuel, les gens s’en tapent des chiffres. Ils ne vivent pas avec des calculs mais un pouvoir d’achat et bien évidemment, un certain nombre décrochent, d’autres ont peur de décrocher et d’autres de ne pas raccrocher quant aux jeunes, ils vivotent ou triment.

La fracture entre le Oui et le Non repose pour une part importante sur une séparation entre ceux qui accrochent le rêve économique européen ou bien croient y parvenir ou alors croient qu’ils vont en être et ceux qui ont décroché, véritablement ou bien qui le pensent ou encore qui pensent qu’ils vont en être. Les grèves de 1995, le 21 avril 2002 et le débat actuel traduisent ce schisme. En étant honnête, on ne peut refuser la globalisation, l’échange et le droit pour tous les pays à entrer dans le système de l’échange, quitte à déstabiliser les nations avancées. Je juge ce droit supérieur aux visées protectionnistes des citoyens de l’OCDE. La question n’est pas d’arrêter le processus mais de s’entendre et s’organiser au sein des pays avancés pour gérer de manière équitable l’évolution sociale interne avec ses écarts de revenus et ses divergences de niveaux de vie. Les solutions ne sont pas pour l’essentiel dans la protection face à la globalisation mais dans la juste répartition du travail et des revenus dans les zones économiques intégrées comme peut l’être l’Europe. Seule une troisième voie peut y parvenir. Si personne ne l’a trouvé c’est parce que tout le monde campe sur des règles rigides. On demande à l’individu d’être flexible pour palier aux enjeux de la globalisation alors qu’il serait bien plus simple de rendre flexible la monnaie. Pourquoi cette rigueur et cette rigidité. C’est à rien y comprendre sauf que l’homme est un tyran pour l’homme autant qu’un esclave de sa sordide soumission aux calculs qui ne servent que la technique et un progrès technologique qui n’est plus à même d’être conciliable avec les nécessités sociales et les aspirations individuelles. Les élites sont esclaves des chiffres comme les individus sont esclaves de leurs désirs et comme l’humanité est devenue esclave de son progrès mais il existe tant de portes de sortie car le désir est l’antichambre de la rédemption pour autant que la raison et la grâce se conjuguent. Le naufrage de l’âme est la version moderne du péché. Quelque part nous sommes des naufragés. Qui l’est plus, celui qui décroche ou celui qui se plaît dans on existence et laisse ses concitoyens sur le quai, indifférent… ?

Je n’oublierai jamais cette conversation il y a presque dix ans, avec un membre d’une loge maçonnique. Ce monsieur bien comme il faut, prestance, assurance, élégance, me confiait qu’après avoir été contre le traité de Maastricht, son obédience avait changé de bord et s’était entendue autour d’une approbation. Je lui faisais remarquer que les analystes britanniques prédisaient une augmentation du chômage. Sur ce, il me fit remarquer qu’on ne peut rien réaliser sans un peu de casse sociale. Voilà donc ce qu’on peut appeler la fraternité en acte, telle qu’elle se passe dans les faits. La casse, eh bien elle se poursuit. Alors, le TCE, la belle Europe, oui, mais on ne fait rien sans casse.

Revenons au ressort principal, économique. L’Europe a donc mis en place une politique monétaire au service de la compétition économique internationale, craignant de décrocher encore plus des Etats-Unis et de se faire doubler par la Chine. Cette politique d’accrochage avec le global s’accompagne d’un décrochage interne d’une partie des populations. Les Etats tentés par la protection sociale sont limités par Bruxelles dans leur élan solidaire, et conviés à ne pas entraver l’accrochage global. D’où cette précarisation croissante et les mesures dites « libérales » faute d’un terme plus approprié. On pourrait parler de servage mais le mot désigne une situation historique particulière, comme du reste l’esclavage. Exploitation ? Non, disons un servage moderne. Une catégorie de sous-travailleurs utilisables, mobiles, corvéables. Et sur ce point, Sarkozy qui défend cette voie est clair. Il ne cache pas que grâce à la directive générale européenne, la France sera poussée à mettre les gens au travail ainsi qu’au sous-travail. C’est à peu de choses près l’esprit britannique qui engendre une classe de sous individus incapables d’avoir un logement et obligés de dormir dans un mobil home. On appelle cela le progrès. Quoique, un mobil home, c’est plus confortable qu’un bidonville.

Avec ce scrutin, il nous est donné la liberté de choisir entre ce système à forte pression économique qui enrôle des travailleurs à vil prix, engendre du chômage et de la précarité, favorise le développement d’un nouveau lumpen prolétariat moderne, sous payés, avec moins de droits pour la santé et la retraite, ou bien une autre Europe à inventer. Il y a bien une alternative que tentent de nous cacher les journalistes, les politiciens et les intellectuels. Une chose est évidente, c’est que le TCE est agencé pour que l’Europe aille vers plus de progrès technologique, plus de course économique et qu’elle répond à une masse d’individu désirant, sans cesse en attente de consommation, de loisirs, de gadgets, insatiables, envieuse de ceux qui sont au niveau supérieures, ne regardant que leur intérêt, ne s’intéressant qu’aux moyens d’entretenir leur plaisir et hantés par la peur de manquer. Bref, exactement le bourgeois dans sa platitude existentielle tel qu’il fut compris par Jacques Brel entre autres. Je ne porte pas de jugement de valeur, j’essaie de comprendre pourquoi nous en sommes arrivés à admettre le sacrifice social. Une sorte d’aveuglement généralisé au nom d’un pragmatisme adaptatif tant vanté par un Balladur ou un Sarkozy. Enfin, le mot est trop fort, disons un engouement pour la morale économique et économiste. Du reste, loin d’être consensuel si on en croit le succès de l’ouvrage de Corinne Maier Bonjour paresse et la fronde contre le travail du lundi de Pentecôte. Cela dit, il faut être honnête. On ne peut pas concilier moins de travail et le maintien du niveau de vie matériel.

En conclusion, le choix est assez simple. Soit on mise sur l’efficience économique et on adopte le modèle anglo-saxon avec les contraintes que cela impose (flexibilité, inégalités importantes) soit on opte pour une société avec moins de pression, avec à la clé un vivre différent, plus solidaire et plus esthétique, dont la contrepartie repose sur un sacrifice matériel général qui sur le court terme, suppose un léger décrochage mais sur le long terme, pourrait se révéler être un choix judicieux. Il n’est pas possible de mentir. Raccrocher les populations précarisées a un coût que les économistes pourraient évaluer. C’est le principe de la réunification allemande. Les résultats ne sont pas à la hauteur mais il se peut bien que la rigidité du système monétaire en soit responsable pour une part. Une autre Europe ne sera possible que par un acte de décision relevant de la présence humaine qui se sait conscient de son dessein et de ses choix. Miser sur la qualité de l’existence affranchie de la tyrannie des biens matériel. Ce qui ne veut pas dire revenir en arrière mais mieux gérer chacun ses options et cesser de désirer ce que l’autre a car cet autre, si ça se trouve, il vit une vie de con. Si c’est pour défendre Pierre ou Paul, cela n’a aucun intérêt et je préfère me retirer de la réflexion politique. A mon avis, il y a deux illusions, deux mensonges, ceux du Oui et celle du Non. Je préfère le second, qui ouvre des pistes de réflexion sur fond de mélodrame européen. Crise signifie étymologiquement décision. Cela fait des siècles que l’Occident est en crise. Comme quoi, on n’en a pas fini de décider. Oui, mais entre quoi et quoi ? Savons-nous. Oui, un peu !

Pierre

Il reste encore une semaine au village gaulois pour se déchirer (tiens au fait ?? Est-ce que le village d'Asterix ne resistait pas à la puissance de Rome ?? ;-)) et on a l'impression que le 29 mai est déjà passé car on commence à tirer de partout des conclusions.

Est-ce joué ?

ou est-ce une manipulation du camp de la peur (celui du OUI) pour faire comme si et faire encore + peur ?

Eviv Bulgroz

Hihi excellent effectivement :-))). Vais (re)lire alternative Economique et résilier mon abonnement au Monde Diplomatique, moi (c'est une blague... bon qui ne fait rire que moi).

Deux ou trois réserves de fond (TCE libéral, je veux bien, mais on définie correctement le mot libéral in french alors etc.) qui n'enlève rien à l'éclat de rire...

bougui

Fulcanelli :

"Je ne porte pas de jugement de valeur, j’essaie de comprendre pourquoi nous en sommes arrivés à admettre le sacrifice social."

Oui monsieur, merci. J'ai bien apprécié votre texte dans son ensemble.

Quoique

Au fait panurge est autorisé dans le TECE ?

Si j’ai bien compris, le 29 mai avec les moutons d’Ouessant (noirs) je saute de la falaise et le berger et son chien ne sauront plus quoi faire ils vont perdre leur travail et leur raison de vivre,.

Fabien

@fulcanelli

"Tout est basé sur l’économie, sur le niveau matériel, la peur de perdre quelques acquis, la peur de ne pas entrer dans le système, la peur de décrocher"

Vous appelez à juste titre à une société plus humanisée, à un changement des valeurs essentielles. "Miser sur la qualité de l’existence affranchie de la tyrannie des biens matériel"

Je suis d'accord avec vous sur le constat, et sur l'ambition, mais je diverge vite:

"La fracture entre le Oui et le Non repose pour une part importante sur une séparation entre ceux qui accrochent le rêve économique européen ou bien croient y parvenir ou alors croient qu’ils vont en être et ceux qui ont décroché, véritablement ou bien qui le pensent ou encore qui pensent qu’ils vont en être. "

Vous ne cessez de vilipender les elites, politiciens, journalistes, intellectuels, qui évidemment votent tous oui comme des moutons de panurge n'ayant pas encore saisi que le monde basé sur l'économie n'est pas idéal. L'argument que les "bourgeois" votent oui est à lui seul susceptible de susciter le non. Est ce parce qu'on est politicien qu'on est forcément pourri, journaliste asservi, intellectuel dominant?

Il y a aussi des gens qui votent oui qui ne sont pas des assoiffés du fric, qui ne croit pas à un rêve économique européen, mais à un rêve européen tout court; des gens qui votent oui et qui sont au chômage; des gens qui votent oui parce qu'ils ont bien compris que si on veut changer l'Europe, c'est en s'impliquant dans ses décisions, en tentant de l'infléchir; des gens qui votent oui car ils comprennent qu'elle permet des échanges entre les cultures, qui étaient impossibles sauf pour les bourgeois dont vous parlez avant que l'europe ne se fasse.

Honnetement, pensez vous que le non aujourd'hui est un non profondement solidaire, qui regarde plus loin que sa situation personnelle (ce que je comprends très bien vu la situation) et que demain dire non à ce texte va améliorer qq chose à ce que vous dénoncer; qu'une conscience collective est en train de se former? Le fait de construire l'Europe, que tant de personnes habitant ds d'autres continents souhaiteraient pouvoir habiter, non pass seulement pour des raisons économiques, ms tt simplement pr y vivre en paix, et en liberté. Ce ne sont peut être que des vains mots, mais pour eux, pour moi, ce ne le sont pas...

Alors finalement nos utopies sont peut etre voisines. Je vois la constrcution européenne comme le moyen de la réaliser, pour vous c'est un pas de plus vers le naufrage. Peut etre la différence entre optimisme et pessimisme

margit

« Il y a aussi des gens qui votent oui qui ne sont pas des assoiffés du fric, qui ne croit pas à un rêve économique européen, mais à un rêve européen tout court »

On reproche souvent à nos générations de ne pas avoir d’idéal.
Je suis née en Autriche après la dernière guerre et j’ai grandi à côté du rideau de fer installé par les communistes pour empêcher les gens de se sauver vers l’Europe naissante, le monde libre ! Tous les jours de mon enfance j’ai vu des gens essayer de s’échapper au péril de leur vie.
Alors je suis émerveillée en regardant ce traité européen !
Oui, j’ai depuis toujours un idéal: l’Europe tout court !
Margit
PS : J’ai longtemps hésité avant de poster ce mot, c’est tellement « démodé » de voir les choses si simplement !

bougui

fabien :

""La fracture entre le Oui et le Non repose pour une part importante sur une séparation entre ceux qui accrochent le rêve économique européen ou bien croient y parvenir ou alors croient qu’ils vont en être et ceux qui ont décroché, véritablement ou bien qui le pensent ou encore qui pensent qu’ils vont en être. "

Vous ne cessez de vilipender les elites, politiciens, journalistes, intellectuels, qui évidemment votent tous oui comme des moutons de panurge n'ayant pas encore saisi que le monde basé sur l'économie n'est pas idéal. L'argument que les "bourgeois" votent oui est à lui seul susceptible de susciter le non. Est ce parce qu'on est politicien qu'on est forcément pourri, journaliste asservi, intellectuel dominant?"

Pardonnez-moi, mais vous faites une intérprétation plutôt rapîde et relativement transversale pour ne pas dire carrément diagonale voire subreptice (?) des mots de Fulcanelli.

Vous oubliez "pour une part importante", qui nuance fortement la position de fulcanelli et vous en rajoutez de grandes couches, si j'ose dire, qui me semble plutôt relever de l'intérprétation abusive et de francs raccourcis allégrement franchis comme on pète en levant, quand on est assis, une fesse sur deux pour s'estourbir d'un plaisir animal en râlant comme une récurrence de rut pour signifier la délivrance qu'apporte l'éjection des particules non-appellées à rester en nous.

Enfin bref, pour ma part je n'ai pas perçu dans les propos de Fulcanelli une position extrême telle que vous la décrivez. Mais j'aiperçu dans la vôtre, par contre, et ce qui est dommage c'est que c'est votre réaction au billet-pirate (bravo pour cette piraterie, d'ailleurs...) qui a entraîné le post qui suit le vôtre, autant dire que c'est votre réaction que je juge outrancière et incidemment versant davantage du côté du faux que de la réelle intention originelle du rédacteur (dans le sens ou elle en dite plus que ce qui n'est écrit, qu'elle interprète allégrement) qui constituela réaction de margit. Mais cette dernière est intéressante.

Ce que vous pointez, fabien, n'est pas faux mais n'a pas lieu d'être écrit, mon humble avis, à la suite du billet de fulcanelli. Pas faux mais néanmoins bien révélateur de la posture de ceux qui, tout en criant tout le temps pour dénoncer les illusions féroces des pauvres gens victimes de la théorie du complot, ne sont pas loin de voir eux-mêmes dans la (réelle) relative agressivité des non-professionnels de la réflexion politique (entendez : les gens normaux, si j'ose dire) envers les professionnels (politiciens, journalistes...) un véritable coalition contre ceux qui ne seraient donc, et uniquement, si si, vraiment uniquement, que de braves gens servant avec dévotion l'intérêt général et ne le confandant jamais, mais alors vraiment jamais, avec leur intérêt propre. Paradoxe, non ?

Ceci dit, je fait peut-être de vous, fabien, moi aussi (c'est-à-dire comme il me semble que vous avez fait avec fulcanelli) un "idéal-type" d'une posture qui me sert rhétoriquement (et abusivement) à mettre en valeur la mienne.

Dans nos deux cas, la manière est facile mais un peu trop simple.

Au revoir

Quoique

Le soleil est déjà haut dans le ciel et Publius ne bruisse plus et pas encore, des touches de claviers machines à mots engendrant des phrases établissant (mais oui un peu) un lien de communication en lieu et place de rencontres physiques improbables.

N’est-ce pas cela « la bouffée d’air frais » proposée par Emmanuel ? Des rencontres, des échanges (ouii je suis pathologiquement un utopiste), hors des clivages traditionnels. Loin de moi l’idée que ce moyen est une puissance à nul autre pareil. Il est seulement un outil de plus qui montrera (montre déjà) ses limites et ses faiblesses.

À tête reposée j’ai tout particulièrement apprécié la lecture des posts de Fulcanelli et bougui qui au-delà de leurs « convictions » utilisent ce « média » pour exprimer et développer leur besoin de dialogue, et peut être plus encore leur encouragement à l’échange, qui, si le « progrès” existe, est son élément de base sans doute fondamental pour les sociétés (la société ?) humaines.

J’ai ressenti un doute profond qui est, peut être : la « vérité » existe-t-elle ? Le non dans ce cas n’est pas un anathème au oui mais un « attention » que je partage.

Verel

Bonjour

Le groupe BPI, à travers sa filiale Bernard Brunhes Consultants et en lien avec BVA et l'Express, vient de réaliser un sondage aupres de 1360 salariés d'entreprises de plus de 10 personnes salariés, sur leur relation à l'Europe
Je sortirais 2 questions majeures
Etes vous favorable à la poursuite de la construction européenne:
tout à fait favorable:22%
plutôt favorable:42 %
plutôt opposé:22%
tout à fait opposé: 13%
Ne sait pas: 1%

Ily a donc 2/3 de pro européens

A la question:pensez vous que l'Union Européenne constitue une chance ou une menace pour l'emploi en France
une chance: 30%
une menace:64%
Indécis: 6 %

Quand il s'agit de son propre emploi, le sondage est moins défavorable avec seulement 51 % de menace

Evidemment la conséquence est immédiate
88% des partisans du non pensent que l'UE menace l'emploi en France
Et 38 % des partisans du oui

Au regard de ce sondage, j'aurais tendance à penser que le non va gagner: on ne lutte pas contre ce type de peur, en tout cas pas en peu de temps, ni par la raison

Mais je ne partage absolument pas le point de vue de ceux qui disent que la politique menée par l'europe mène au chômage
La limite du déficit de 3% laisse de belles marges de manoeuvre à condition de faire des excédents en période de croissance: c'est ce qu'à fait le Royaume Uni entre 97 et 2004: une pure politique keynésienne, contra cyclique , passant d'un déficit de 4% en 1997 (comme la France) à un excédent de 2 % en 2001 (à l'inverse de la france) puis à un déficit de 3% en 2004 (comme la France) (mais nous sommes tellement persuadé que Blair est un ultra libéral...)
Nous avons fait au contraire une politque procyclique, en particulier parce qu'un démagogue a parlé d'une cagnotte quand DSK a commencé à réduire le déficit et qu'un gouvernement socialiste a fait des cadeaux pré électoraux

Le résultat c'est que nous avons 10% de chômeurs quand le Royaume Uni en a moins de 5ù

Le Monde publiait mardi une statistique d'Eurostat sur la proposrtion de travailleurs pauvres dans chaque pays( définis comme ayant moins de 60% du revnu moyen du pays)
La moyenne parmi les 25: 7 %
la France est à 8 %
Le royaume Uni à 6 %
Et il s'agit bien des travailleurs: cela n'inclue pas les chômeurs!

Il est urgentissime de faire en Franc une véritable politique de plein emploi, cad une politique qui
favorise l'offre et la politique d'innovation
utilise le budget de manière contra cyclique, avec des excédents le plus élevés possibles en période de croissance
Développe et réforme de manière massive la formation, initiale et permanente, pour réduire de manière drastique le nombre de travailleurs sans qualification
arrete de manipuler le Smic au dépens des travailleurs les moins qualifiés en croyant que l'économie se décréte
encourage le retour au travail et non l'installation dans le chômage

Vaste programme que nos hommes politiques partisans du "pas de vagues" ne sont pas prets de mettre en place!

Fulcanelli

Intéressantes remarques de Bougui sur l'interprétation de mon texte. Je crois en fait que la distorsion de sens est très courante, pas seulement dans les discussions politiques. Souvent, on me lit de travers. Sans doute, je dois en faire autant bien que connaissant le phénomène, il m'est possible de le contrôler.

Je cite Fabien

""""""Je suis d'accord avec vous sur le constat, et sur l'ambition, mais je diverge vite:

"La fracture entre le Oui et le Non repose pour une part importante sur une séparation entre ceux qui accrochent le rêve économique européen ou bien croient y parvenir ou alors croient qu’ils vont en être et ceux qui ont décroché, véritablement ou bien qui le pensent ou encore qui pensent qu’ils vont en être. "

Vous ne cessez de vilipender les elites, politiciens, journalistes, intellectuels, qui évidemment votent tous oui comme des moutons de panurge n'ayant pas encore saisi que le monde basé sur l'économie n'est pas idéal. L'argument que les "bourgeois" votent oui est à lui seul susceptible de susciter le non. Est ce parce qu'on est politicien qu'on est forcément pourri, journaliste asservi, intellectuel dominant?"""""

Dans mon propos, je ne vilipende personne. Je dresse un constat et parmis ceux qui sont dans l'accrochage ou pensent l'être, il y a de tout. Les élites ne forment toute de même pas la moitié des concitoyens qui optent pour le OUI ! Je n'ai pas dit ni sous-entendu que quiconque est pourri. Je dis accrochage, dans un sens technique et sémiotique. Le sentiment d'avancer. Il y a juste une équivoque quand je dis accrochage au rêve européen. Je n'ai pas signifié une adhésion. J'aurais dû dire, accrochage au système économique, terme plus neutre. Mais c'est aussi à dessein que j'ai employé ce terme de rêve car c'est un peu la manière dont l'Europe est présentée par quelques élites.


"""""""""Honnetement, pensez vous que le non aujourd'hui est un non profondement solidaire, qui regarde plus loin que sa situation personnelle (ce que je comprends très bien vu la situation) et que demain dire non à ce texte va améliorer qq chose à ce que vous dénoncer; qu'une conscience collective est en train de se former?""""""

Fabien, la réponse à ta question, elle est dans mon texte. Je me cite : "Si c’est pour défendre Pierre ou Paul, cela n’a aucun intérêt et je préfère me retirer de la réflexion politique. A mon avis, il y a deux illusions, deux mensonges, ceux du Oui et celle du Non. Je préfère le second, qui ouvre des pistes de réflexion sur fond de mélodrame européen."

Tu vois, je ne me fais pas trop d'illusion. OUI ou NON, la plupart des citoyens ne voient que leur intérêt personnel ou celui des proches. Le gros du ressort, c'est bien le bloc dual entre accrochage et décrochage, ceux qui pensent mieux s'en sortir et ceux qui pensent décrocher un peu.

bon week en à tous

jerome

le texte de g duval n'est qu'une illustration de plus de la méthode coué utilisée par beaucoup
celui de M. fulcanelli est beaucoup plus clair et argumenté
je ferai 2 remarques:
- pourquoi ne dit-il pas qu'il est d'extrème droite puisqu'il va voter non?
-pourquoi employer le néologisme "efficience"?
(A ce propos, j'encourage chacun à se pencher sur la définition des mots "compromis", "libéral", voire "constitution"...

dumond.yasmine

je me fou totalement de votre référendum vous etes tous des hypocrites! la France est raçiste à

Tarik




Françaises, Français, Anglaises, Anglais, Allemandes, Allemands…..
Internautes, Internauts, Lecteur chérie mon amour…
Des semaines durant défilait sans cesse dans le poste, de vieux croûtons nous expliquaient sans honte un texte dont la dimension est bien plus grande que leurs boites crâniennes.
Mais la question qui me honte c’est pour quoi, aussi intelligents comme ils le prétendent, Pour quoi disais-je commencent-ils en s’adressant à vous avec ce mot « Françaises, Français.. ».
Savez-vous tas d’infirmes culturels sous enseignés, que le fait de prononcer le mot « Françaises, Français » constitue une totale hérésie grammaticale. Ehh oui, ehh oui bande de flapis cérébraux, c’est comme si je disais Belges, Belges, j’aurai l’air d’un con.
Grammaticalement, quand je dis Français, je sous entends à l’évidence les français males plus les français femelles. Et n’aller pas me taxer de misogynie, sinon je vous envoie ma copine vous casser la gueule, c’est simple. Par ce que ça, c’est le genre d’attaques qui me rend dingue. Cela me fait penser à ces pétasses bitophobes du MLF de Kinsington City en Californie, qu’avaient exigé que l’on changea la devise de leur collège de : « Tu seras un homme, mon fils » en « Tu seras un homme, ma fille »…et ça c’est authentique.

Comment expliquer alors que tous les hommes politiques de ce pays, et quand je dis hommes, je pense aux femmes. Comment expliquer disais-je, que tus de l’extrême droite à l’extrême gauche, tous commencent leurs discours à vous destiner, par une énorme faute de français et de françaises (pour la parité). Comment est-ce possible de la part de gens sérieux et souvent cultivés (et je ne parle pas de Lepen au sujet duquel c’est pas sa faute.). Mais comment Dieu est-il possible que tous ces notables s’adressant à vous à longueur de journée en perpétrant et perpétuant cette affreuse faute de langage ?
S’il est vrai que le fait de prononcer les mots : « Françaises, Français » constitue une vraie faute de langage et de goût. Je suis toutefois dans l’obligation de dire « Internautes, Internauts » forcé de constater que la population féminine à plus tendance à faire usage de cet outil, qu’est l’Internet. La femme cherchant toujours à ce mesurer à l’homme, arrive bien des fois à le dépasser…certes dans des épreuves a QI assez bas. Et n’aller pas croire que pour moi, la femme n’est qu’un objet sexuel. Je le jure, pour moi la femme est bien plus que ça. C’est un être pensant, comme Jean-François Kahn ou moi, surtout moi. Il faut savoir que La femme est assez proche de l'homme, comme l'épagneul breton. A ce détail près, qu'il ne manque à l'épagneul breton que la parole, alors qu'il ne manque à la femme que de se taire !

La réplique « lecteur chérie mon amour » ne corresponds à aucune réalité tangible, du latin « tangere », qui vous dire toucher. Je ne peux pas vous toucher tous, pas tous en même temps….séparément peut être. !!!
Cela dit, venons donc à notre sujet du jour, qu’est la constitution dite « européenne ». J’ai appris avec consternation que cette constitution a été rédigée par M. Valery Giscard d’Estaing. Je m’étonne même qu’un homme aussi intelligent s’appelle Valery, prénom qui évoque fortement l’hommage rendu à la gente féminine et Catherine de Médicis, qui affectionnaient très particulièrement ce prénom. Mais la question que nous nous posons tous c’est : après avoir écris cette constitution à quoi sert M. d’Estaing, de la Star Académie Française ?....à rien, rien su tout !
Mais regardez-le, voyez ce triste spécimen de parasite de la société, qui trémousse sans vergogne son arrogance de nanti sur le banc vermoulu de l’infamie populaire. Voyez-le glandouiller sans honte dans ce minable parlement de pitre grotesque, à l’heure même où des millions de travailleurs de ce pays suent sang et eau dans nos usines, dans nos bureaux et même dans nos jardins où d’humbles femmes de terre arrachent sans gémir à la glèbe hostile, les glorieuses feuilles de scarole destinées à décorer les habits verts des quarante plésiosaures grabataire, qui souillent le Quai Conti du chevrotement comateux de leurs pensées séniles.
Déjà, M. d’Estaing fait parti de cette troupe de papi la tromblotte de l’Academie Françaises. Vous me direz pour quoi français. Est bien justement pour que les bouniouls étrangers ne vinssent poser leurs culs basanés à la place des français. Attention je dérape, je dérape…..je reprends !

Bonjour ma colère salut ma hargne…. « Spiritus promptus est car autem inferme »…non c’est pas la messe. Cette nuit j’ai fait_un rêve et non pas zun rêve, faute qui m’a valu d’auparavant un abondant courrier de ma mère qui m’a élevé dans la crainte de Dieu et le respect de la langue française. J’ai fait un rêve, où j’ai vu les
Hommes ne mangeaient pas de la même façon selon qu’ils vivent dans le Nord ou dans le Sud du monde. Dans le Nord du monde, ils se groupent autour d’une table. Ils mangent des sucres lourds et des animaux gras en s’appelant « cher ami », puis succombent étouffés dans leur graisse en disant « docteur, docteur ».
Dans le sud du monde, ils sucent des cailloux ou des pattes de vautours morts et meurent aussi, tout secs et désolés, et penchés comme les roses qu’on oublie d’arroser.
De là à affirmer que votre tête M. d’Estaing est assez mûre pour la guillotine et votre constitution est bonne pour la poubelle, il n y a qu’un pas oserai-je le franchir. Je vais me gêner. La peine capitale étant aboli contre l’avis du peuple, par des hordes de la loi, je propose qu’on vote non à votre constitution, pour ne plus avoir à faire à vous. Vous qui êtes jeune et fringuant malgré les rides affreuses qui commencent à défigurer votre visage naguère aristocratique.


La séance est levée !

bougui

@ tarik :

sur le fond, pas mal de reproche, a priori, mais je m'abstiendrais. Sur la forme : je ris encore, c'est très drôle... tellement que ça me fait dire que je ne dirais rien sur le fond, ne sachant distinguer le troisième du septième degrés. Dans ces cas là, vaut mieux rien dire : l'indignation est la colère des imbéciles.

Salut mec, (ou nana ?).

L'utilisation des commentaires est désactivée pour cette note.