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« L'Autriche ratifie le traité | Accueil | J-2 »

26 mai 2005

Commentaires

Quoique

Complicité ou complexité ?

Praxis

Il me semble que c'est plié maintenant de toute façon.
J'espère que Publius restera en activité, ce sera l'occasion de vérifier si notre non changera quelque chose à la donne et si le TCE sera amendé, amélioré, etc.
J'espère que mon scénario catastrophe n'aura pas lieu (abandon du TCE et Europe seulement libérale ; crise politique en France qui nous conduit, en 2007, à élire Sarkozy contre Le Pen).

Quoique

Le droit ne tombe pas du ciel !

Dans nos démocratie, "l'origine", l'acte originel créateur du droit est la constitution.

Le flou existant entre traité et constitution pour la définition de ce qu'est le TECE est peut-être le point qui, peut faire penser, qu'il y a peut-être "un complot"

Comment imaginer qu'il y ait erreur ? Le flou relevé, ici même, ne peut que renforcer cette impression de ‘pas net ».

pikipoki

@Paxatagore

Très d'accord avec ce billet.

"Les experts n'ont pas à trancher. Ils doivent expliquer le sens du texte. Cela ne leur interdit absolument pas de donner leur opinion"

Pour moi (j'en ai déjà parlé dans d'autres commentaires) il y a une double grille de lecture du TCE, et d'une façon générale, de tous les textes juridiques qui ont ainsi vocation à être outils de gestion des états.
Il y a la grille juridique, et la grille politique.
La grille juridique est en quelque sorte la base. C'est-à-dire qu'il doit y avoir un travail d'experts appronfondi pour rendre le texte intelligible, et surtout pour se mettre d'accord sur son sens.
Puis, une fois la bonne compréhension du texte assurée grâce au travail des experts, vient la lecture politique qui donne au texte son sens, sa dimension.

abraxis

@Praxis

Ne rend pas le Non au référendum responsable de toutes les plaies d'Egypte comme par exemple l'élection de Sarkozy !
Bien avant le débat sur le référendum, il n'y avait personne au PS capable de le défier à la présidentielle. Maintenant encore moins, et ce que quelque soit le résultat.

Actuellement, il semblerait que la seule personne capable de contrarier Sarkozy dans sa course à l'Elysée, c'est Mme Sarkozy. Mais ceci est une autre histoire ...

Concernant les experts, oui bien sûr il en faut : des experts en droit, des experts en médecine, des experts en énergie nucléaire, des experts en informatique.
Mais le rôle de ces experts, ce pour quoi nous les payons, c'est de masquer la complexité et de la prendre à leur compte.
Imaginez que vous soyez gravement malade et que vous ayez le choix entre différents traitements ; votre médecin va vous expliquer les options possibles qui vous permettrons de faire votre choix dans un langage que vous comprendrez. Le jargon, nécessaire pour un dialogue entre spécialistes, il vous le masque.

J'entends déjà les experts qui hantent ce forum nous expliquer qu'en droit ce n'est pas possible. Mais si, c'est possible : ça demande juste un petit peu plus d'effort, c'est juste une question de culture "métier". Et contrairement aux idées reçues, ce n'est pas déchoir que de se rendre accessible au plus grand nombre.

Dans ce genre de débat où l'on demande au peuple soit-disant souverain de décider en son âme et conscience, la moindre des choses c'est de lui permettre de se faire son opinion lui-même.
Si ce sont les experts qui disent comment il faut voter, ce n'est plus de la démocratie, c'est de la technocratie.

Ou alors, il aurait fallu soumettre le texte aux gens dont c'est également la fonction (je n'ai pas dit le métier). Nous avons décidé de confier ces taches de lecture et de décision sur les aspects trop techniques pour nous à des gens que nous appelons des parlementaires. Si le texte est trop compliqué pour nous être soumis de manière compréhensible, c'est à eux qu'il aurait fallu donner le choix.

C'est d'ailleurs ce que disent certains : si vous ne comprenez pas, faites confiance à untel ou untel, à Liepietz, à Chirac, à Jospin, à Fabius, à votre concierge, à votre voisin de palier, ...

Samuel

Quoique a écrit :
"Le flou existant entre traité et constitution pour la définition de ce qu'est le TECE est peut-être le point qui, peut faire penser, qu'il y a peut-être "un complot""

Je pense qu'une bonne définition pour le terme de constitution dans ce cas est celle donnée par le dictionnaire du vocabulaire juridique Gérard Cornu :
"Constitution formelle : Règles revêtant une forme spéciale, consistant en un document écrit, solennellement adopté, d'une autorité, généralement supérieure à celle des lois ordinaires."

Il est vrai que le flou autour de ces deux notions a nui au débat, instituant (si je puis dire) une confusion dans les esprits, chacun comparant ce qui lui est proposé avec l'existant. De fait, les Français comparent ce texte à la Constitution en place, oubliant ainsi qu'il s'agit avant tout d'un traité, le terme de consitution n'ayant pour finalité que d'affirmer la valeur de celui-ci dans la hiérarchie du droit et d'instituer une Europe politique avec ses valeurs, ses objectifs et ses symboles.

Ce texte simplifie la construction européenne, en cela le mandat de Laeken est respecté. Mais pour un grand nombre de citoyens, il reste l'apanage d'une élite possédant un haut niveau d'instruction.

Fulcanelli

"crise politique en France qui nous conduit, en 2007, à élire Sarkozy contre Le Pen)."


En 2007, tout dépend si le PS se réconcilie. Si c'est oui, alors on aura un second tour normal pour une démocratie, autrement dit, un PS contre un UMP.

A part ça, j'ai remarqué que FR3 joue la carte de l'Europe, du moins au moment de la météo. C'est curieux, si ma mémoire est bonne, il n'y avait que Arte qui le faisait ? Qui peut confirmer ?

Pataxagore, je suis d'accord, il faut lire ce qu'en pensent les experts et pas seulement en droit. J'aurais aimé des avis de spécialistes en philosophie politique.

Quoique

Je rappelle que le mandat de Laeken n'était pas seulement de "simplifier", il était également, je cite :

"Les attentes du citoyen Européen
(...)
En résumé, le citoyen demande une approche communautaire claire, transparente, efficace et menée de façon démocratique."

Claire, transparente, sont aussi des "mots" présent dans ce mandat. N'ont ils pas d'importance ?

margit

Ou alors, il aurait fallu soumettre le texte aux gens dont c'est également la fonction (je n'ai pas dit le métier). Nous avons décidé de confier ces taches de lecture et de décision sur les aspects trop techniques pour nous à des gens que nous appelons des parlementaires. Si le texte est trop compliqué pour nous être soumis de manière compréhensible, c'est à eux qu'il aurait fallu donner le choix.

Entièrement d’accord.
Comme beaucoup de français ne sont pas des juristes ni des experts politiques ils ne comprennent pas le TCE. Et parce qu’ils ne comprennent pas le texte ils sont vulnérables. Tous les opportunistes en profitent ! Le résultat : c’est les beaux parleurs qui risquent de l’emporter.
Reste à savoir si la prise de conscience de l’enjeu européen de ce referendum et l’incertitude sur les suites d’un non français auront au dernier moment le dessus…

wesson

@praxis:

"Il me semble que c'est plié maintenant de toute façon."

et bien sûr que non, ce n'est pas plié maintenant. ça le sera le 30, pas avant.

Les sondages au doigt mouillé ne veulent rien dire. La fluctuation des positions peut aussi s'expliquer par l'incertitude provoquée par des échantillons relativement petits. Aussi, le facteur "je veut plaire à celui qui va me payer mon sondage" n'est pas négligeable...

On verra bien ...

Les experts ont effectivement un peu perdu de leur superbe. Ce que je retire de cette constitution c'est que les mêmes articles peuvent donner des interprétations radicalement différentes, suivant l'expert qui l'explique... en fait, c'est plutôt suivant qui fait le chèque à l'expert.

ça me gène beaucoup et depuis très longtemps sur l'Europe, on laisse à des experts le soin d'interpréter voire de modifier certains textes, certaines directives, et c'est l'occasion de tous les bricolages partisant.

prenons un exemple concret. Un projet de directive obligeant à ce qu'un aliment "santé" (un alicament) soit irréprochable à tout point de vue - par exemple, un plat "0% MG." ne soit pas non plus farci de sel, sucre ou diverses autres cochonneries. Cette directive a été complètement caviardée par une commission d'expert et vidée de toute obligation contraignante. Reste plus qu'a faire adopter par des politiques qui ne lisent que très rarement ce qu'ils votent.

Les experts, c'est très bien mais à condition que leur indépendance soit indiscutable - ce qui n'est presque jamais le cas...

vous allez voir, on va encore me traiter d'utopiste !

margit

« ça me gène beaucoup et depuis très longtemps sur l'Europe, on laisse à des experts le soin d'interpréter voire de modifier certains textes, certaines directives, et c'est l'occasion de tous les bricolages partisans »

Pensez-vous que le simple citoyen soit plus à même de le faire ?
C’est la confrontation de l’avis de plusieurs « experts partisans » et le compromis qui en résulte, qui nous donne, à mon avis, la plus grande garantie d’honnêteté.
Malheureusement en France le compromis est souvent pris pour une compromission…

Quoique

@margit

Certains "experts" ou pas sont contre l'utilisation du référendum alors qu'il est dans la constitution française. Apparemment vous n'êtes pas d'accord avec cela.

UJR

Modeste proposition pour une révision constitutionnelle

Proposition d'amendement à la constitution. Dans un souci d'ouverture et de conciliation, la Commission juridique de l'UJR en propose plusieurs versions.

Proposition 1

- Quand un chef d'Etat ou de gouvernement propose un référendum sur une question relative à la construction Européenne, la proposition est approuvée sans vote.

Proposition 2

- Quand un chef d'Etat ou de gouvernement propose un référendum sur une question relative à la construction Européenne, la question est posée jusqu'à son approbation, sans limitation du nombre de scrutins nécéssaires pour obtenir un OUI franc et massif.

Proposition 3

- Quand, à un référendum sur une question relative à la construction Européenne, les citoyens votent OUI, le référendum est approuvé. Quand ils votent NON, le référendum est approuvé aussi.

Parlementaires, notre proposition est libre de droit. A vous de vous en saisir, au nom du bien commun.

Praxis

Pour en revenir à mon argument 'Sarko contre Le Pen' en 2007 en cas de victoire du non.

Fulca, tu me dis qu'il 'suffit' au PS de se réconcilier. Si le non l'emporte contre l'avis majoritaire du scrutin interne au PS, avec des noms d'oiseaux échangés, une politique que beaucoup jugeront mensongère, en-dessous de la ceinture (le plombier polonais pour ne citer que lui), le PS implose. La statégie conjuguée d'Emmanuelli et Fabius, qui vont chacun tenter leur atout, ne peut conduire sur une réconciliation, c'est presque impossible. Seul le oui est à même de ressouder un tant soit peu le PS, grâce au vote premier des militants d'ailleurs.

Quand je dis que c'est plié, honnêtement, je ne suis pas le seul à le penser. Le non est toujours bien haut, quand je me ballade ou discute, il n'y a aucun doute : le non est bien majoritaire en France. Ou alors, la chape morale de la pensée néo-judéochrétienne aujourd'hui (le terrorisme intellectuel bien-pensant) est telle que les oui-istes n'osent même plus se revendiquer oui-iste, de peur de passer pour de sales collabos de merde, des fachos, des sans-coeur.

Mais j'en doute.

La seule chose qui me réconforte, c'est que nous allons continuer notre dialogue. Nous verrons si ce vote négatif fera autant de bien à l'Europe et ses Etats-membres que promis, nous verrons ce que nous obtiendrons par ce biais.

Pour ma part, vous l'aurez compris, je ne vois que crise et désastre.

Wait and see.

Fulcanelli

D'après quelques infos, les loges maçonniques sont à 70 ou 80 pour le NON et c'est plié effectivement. Les mêmes étaient pour Maastricht. (influence des réseaux de Tonton ?)

En tous cas, le noyau européen est cohérent puisque le SPD se scinde en Allemagne avec Lafontaine qui veut créer un nouveau parti. Ici, c'est le courant NPS mais à un moment, comme tu pourrais le penser, les courants ne peuvent plus rejoindre le même fleuve. Le OUI ne resoudera certainement pas le PS qui sera affaibli car les les déçus du OUI ne voterons pas PS en 2007. Par contre, un déçu du NON continuera à voter PS.

bougui

Je me permet de déplacer ic en copiant/collant une contribution à la dernière note de Krisztoff puisqu'elle me paraît être davantage en phase avec cette note, que je n'avais pas vu.
_________

krisztoff :

Sur le paragraphe "du progrès", cette phrase de Kierkegaard, qui ne se suffit pas à elle-même mais qui permet une formulation concise de la substance de tes idées sur ce sujet (auxquelles je souscris dans les grandes lignes, par ailleurs) : "il est des temps où la réaction est progressiste et le progrès réactionnaire."

Quant aux "réalités comptables", à la tare ignoble que cela semble être, sous couvert de brocardage en forme de clin d'oeil, d'être "fonctionnaire" (cet archaïsme innaceptable servant le modèle totalitariste du monopole d'Etat sur le bien public), au patronnat qui devrait être remercié, dans son ensemble et avec révérence, de fournir du travail, qu'importe si ce travail doit se faire dans des conditions innacceptables au niveau sanitaire et humain (mais qu'est-ce qui se cache d'archaïque ou de communisse derrière ce mot "humain", encore ?), il est évident que d'accepter le modèle économique qui prévoit la concentration et la spécialisation des productions au niveau européen et, au-delà, mondial, que ce ces productions soit au niveau des biens (largement entamée -avec quelques résistances paysannes salutaires car vectrices d'une autre façon de penser le progrès- pour ce qui concerne les biens alimentaires non-industriels) ou des services (commencée aussi mais dont la consécration n'attends que le moment où "l'opinion", en majorité défavorable, sera détournée de son attention par un quelconque bidule, pour sortir du trou la fameuse "loi-cadre", où on affirme l'avoir enterrée), c'est réellement le progrès, je n'endoute plus.

Ca l'est d'autant plus que n'importe quelle autre manière de réfléchir (par exemple, sur le sujet de la production agricole : favoriser les petites structures paysannes pour permettre aux régions et, au-delà, aux nations de tendre vers la souveraineté alimentaire -principe revendiqué depuis longtemps par la Confédération Paysanne, ce groupe de bouseux d'un autre âge-) et de PROPOSER, ce qui est fait et refait mais ignoré et méprisé, n'est et ne peut être, du point de vue des penseurs justes, qu'erreur, erreur, bouserie, aveuglement, réaction, conservatisme, repli, peur de l'avenir, angoisse, etc;

Où sont les méthodes totalitaires ? Quel est le véritable visage de "l'harmonisation" ?

L'uniformisation. Moi partisan de l'inuniformisation, moi pas partisan de la paix à tout prix, surtout à celui de la justice. Moi sale communisse, lepénisse, souverainisse, parano, auto-victimisateur, malade dans mon psychisme

la psychologie et la psychiatrie au service de l'uniformisation des porteurs du progrès véritable et de l'avenir du monde. Elles sont les meilleures gardiennes de l'ordre social. Au sein des institution publiques, dans lesquelles j'ai travaillé et travaille encore ("ouh le sale fonctionnaire, on comprend mieux son discours, c'est lui le vrai nanti, il protège ses intérêts de frileux"), la psychologisation des éléments perturbateurs est la logique conductrice de la hiérarchie et d'une partie des collègues. Au sein du privé, même topo.

Avec ça, on explique tout et à moindre frais, dans l'économie psychique la plus totale.

J'en profite pour rappeller aux pieux penseurs qui considèrent que le niveau d'instruction est le seul moyen pour savoir réfléchir dans le bons sens et saisir vraiment les enjeux là où ils se trouvent (la question de la hiérarchie -mais y-en a t-il une?- des enjeux autour de la réflexion politique est intéressante, tout autant que la question posée par ceux qui considèrent que seul le niveau d'instruction "élevé" permet de s'éloigner du statut de sujet pour se rapprocher de celui de citoyen) que les services publics français, loin de dysfonctionner depuis des années pour seuls cause des principes sur lesquels ils reposent, sont dans cet état pour deux raisons qui me semblent beaucoup plus fondamentales que celle qui désigne la définition de leur fonctionnement telle qu'elle a été faite par le CNR en 44-45 :

- les caractéristiques propres des
hauts-fonctionnaires d'Etat et des
fonctionnaires "aptes" à remplir
des fonctions hiérarchique : loin
d'abreuver les assoifés de complot,
ce fait questionne la nature de la
formation de ces personnes tout
autant celle du microcosme social
dans lequel ils évoluent (qui, du
point de vue des conséquences sur
la vie et l'espace publique, ne vaut
pas mieux que les autres microcosmes
ou getthos quels qu'ils soient)

-les politiques qui se sont succédées
depuis vingt ans se sont acharnées,
sous la pression de lobbies écono-
miques et financiers, à discréditer
le modèle social français. Le
résultat ? Un modèle qui fonctionne
sur un pied (euphémisme), décrit de
plus en plus majoritairement comme
le symbole de l'archaïsme à la fran-
çaise, de son "passéisme" (merci
fulca pour ta ligne jaune) et que
seule UNE forme de réforme, bien
évidemment celle qui fait du bien
public, au nom de la qualité du
service, des secteurs potentiellement
pourvoyeur de pognon et contributeur
de la sainte croissance, pourra
sauver. C'est la
réalité qui le veut, nous dit-on.
A part cet argument, dont on mesure
la puissance (sans ironie) tous les
jours, il n'y a que des argumentaires
théoriques cristallisant des
contradictions de spécialistes ou
d'experts, qui ne sont d'ailleurs pas
tous d'accord, mais quand même
majoritaires pour déguiser leur foi
commune derrière la "réalité" : c'est
plus commode d'être de son côté.

Moi je dis : se rendre compte que l'industrie a des avantages énormes et un avenir mais pas celui, hégémonique, qu'on lui prépare. Se rendre compte que présentement elle détruit le monde vivant au nom d'une seule et unique espèce, la nôtre. Se rendre alors compte que la pérpétuelle croissance ne peut constituer une solution acceptable pour l'avenir d'un monde fini qui nous contient. Se rendre compte que le projet d'une gigantesque spécialisation au niveau mondial de la production des biens et services est une ignominie honteuse. Se rendre alors compte que, pour préserver et entretenir le monde vivant sur lequel notre survie repose, il faut favoriser les petites structures de productions, favoriser le principe de souveraineté alimentaire : question de volonté politique, question de commencer quelque part, question d'introduire ces questions fondamentales dans les formations techniques et professionnelles. Se rendre compte que l'état de botre environnement quotidien et de notre alimentation doit bien être pour quelque chose dans l'augmentation de 40% des cancers ces 20 dernières années à âge égal, dans le doublement en 20 ans de l'asthme chez les enfants (un enfant sur trois en Europe), dans l'augmentation des allergies (10% des enfants présentent des symptômes allergiques), dans la croissance de l'infertilité (un couple sur sept rencontre des difficultés pour procréer, 50% de baisse des spermatozoïdes dans les trois dernières générations)... et agir politiquement et (pour le coup!) pragmatiquement pour construire un projet qui soit autre chose que la pérpétuelle course en avant au nom de la sainte croissance, nouvel indicateur de base du bien-être d'une société.

(Ces chiffres sont extraits de la campagne de 25 structures de la société civile. Campagne pour l'adoption par l'UE d'une directive nommée REACH (enRegistrement, Evaluation et Autorisation de substances CHimiques, dont seulement...3% de l'utilisation dans l'alimentation agro-alimentaire est précédée d'une étude toxicologique aujourd'hui).

Le voilà aussi le bilan de ces années de construction Européenne. Et cela n'échappe pas à certains. Et cela concoure, avec l'état de la répartition des richesses crées, avec les régressions du droit du travail, à ce que les gens, en dépit des patients mais souvent méprisantes tentatives de "pédagogie" accordées gentiment apr les gens qui travaillent entre eux pour le bien-être des autres (et du monde!!), rejettent la construction Européenne qui s'est construite sur un seul et même principe, jusqu'ici : le marché commun. La France a été, dans ses politiques de régression sociale, souvent la bonne élève des politiques économques européennes.

Je sais ce que certains vont dire : oui, mais aujourd'hui, justement, le TCE crée l'Europe, pour la première fois, come une entitée politique, elle donne les moyens, par exemple avec le million de signatures, de faire que les initiatives de la société civile comme décrite ci-dessus, puisse être entendue...

Epargnez-vous tout ça, je le sais et je pense que tous ceux qui veulent voter "non" et qui fréquente ce site aussi. C'est trop tard, la coupe est pleine, comme on dit. Pas de changement notable pour le citoyen qui n'a pas part dans le corps d'élite qui suit de près les "vrais" enjeux depuis longtemps dans les principes mis en avant : d'ailleurs on consacre (oui, monsieur indigne) les politiques éconmiques déjà mises en oeuvre qui sont au service d'un projet de société qui n'est pas celui de la majorité mais qui n'est que le fantasme d'une classe européenne déconnecté de l'épreuve sensible du monde social en général, pour sa grande majorité (peut-être pas tous, eviv).

Et ce projet est pour le bien de tous, il est affirmé comme tel ! Mais il n'est compris que par bien peu de gens qui, ce-faisant, sombrent de plus en plus dans le machiavélisme, et font ainsi véritablement le jeu des extrêmes, au contraire de ceux qu'ils accusent de la faire.

Un projet pour le bien de tous qu'on explique à demi-mot parcequ'il est basé sur une lecture des enjeux qui ne peut être expliquée à tout le monde, et ce sont ceux qui se réclament de cette vision qui accusent l'ensemble de leurs contradicteurs d'être totalitaires !!!

Irrationnel, le lien avec le TCE ? Du point de vue des gens ayant le "niveau d'instruction nécessaire", c'est certain.

Mais quelle réflexion populiste, là encore,
n'est-ce-pas ?

Praxis

Le problème, Fulca, c'est que je n'accepterais jamais de continuer avec des personnes qui ont brandi la laïcité, l'avortement, le plombier polonais, la collaboration pétainiste, le gravé dans le marbre... je n'accepterais pas de continuer avec des personnes qui ont réussi à couler la première mouture d'un traité politique pour l'Europe, fruit d'un si beau compromis entre 25 peuples. Je ne suis pas encarté tu me diras, mais je ne vois pas comment les oui se réconcilieraient avec les non. Les déçus du oui et du non continueront à voter socialiste. Mais le non peut provoquer une scission, alors que le oui est fédérateur par la volonté première de ses militants, le scrutin interne qui n'a pas été respecté par la suite.

jacqsues d.

"fruit d'un si beau compromis entre 25 peuples"

fruit d'un si beau compromis entre 25 classes politiques, qui ne sont peut-être pas, je l'admet, aussi déconnectées que celle de chez nous.

C'est juste une nuance. Un compromis entre 25 peuples auraient supposé des élections dans chaque pays pour élire ceux qui auraient été représenter leur nation à la convention au lieu d'envoyer des représentants déjà élus auparavant. La mission de participation à la convention méritait un vote populaire, à mon avis.

omedoc

D'accord avec Praxis sur les conséquences du NON.

Les raisons du vote NON sont très variées, parfois sans rapport avec le projet de Constitution : augmentation de l'essence, opposition à Chirac, haine de la police, fermeture de classe dans l'école du quartier ou du village, ... C'est le NON "ras-le-bol".
Comment faire comprendre à ces électeurs qu'ils rejettent le bébé européen avec l'eau de la déception ou de la révolte ? Ce faisant, ils remettent leur avenir entre les mains de forces politiques traditionnellement anti-européennes. Intégristes de la "grande France", nostalgiques de l'enfermement "dans un seul pays" se sont trouvés un alibi anti-libéral pour "faire bouger le peuple".
Et voici des chômeurs, des retraités, des paysans, des étudiants, des enseignants transformés en "kamikazes du NON".
Le 30 mai, le réveil sera dur : l'anti-libéralisme d'un jour n'aura rien changé au capitalisme de toujours.
Encore mieux, les divisions au Parti Socialiste entrainées par le NON (de gauche !!!) le laisseront amoindri,incapable de rassembler pour relever le gant en 2007.
Nos "kamikazes du NON" seront ainsi les fourriers de Sarko I en 2007 ou de Chirac III .
La politique des kamikazes est vraiment une solution de désespoir.
Il est encore temps de la contrer.
En votant OUI, le 29 mai.

Gerald

L’Elysée organise la programmation TV.

La démocratie selon J Chirac.

Plusieurs émissions intéressantes qui devaient être au programme TV de mai ont été déplacées après le 29 mai sur demande de l’Elysée parce qu’elles faisaient désordre.

Entre autre une émission sur les droits de l’homme en Turquie, une autre sur la directive Bolkenstein et une sur les délocalisations.

Manu K

Voici l'avis intéressants de 2 experts.

PHILIPPE HUBERT est rédacteur en chef d'Ipsos.fr
SAMUEL JEQUIER est membre du cabinet de Bertrand Delanoë.


L'ascension par capillarité du non.

" Dans l'histoire de la sociologie électorale, le référendum sur le traité de Maastricht est entré dans l'histoire comme la consultation ayant révélé un clivage entre deux France : l'une populaire, peu diplômée, à bas revenus, fortement opposée au traité, et l'autre plus aisée, plus diplômée, plus « intégrée », et massivement mobilisée pour le oui.

En 1992, la question européenne avait ainsi révélé une coupure franche entre « France d'en haut » et France d'en bas », pour reprendre l'expression du premier ministre, ou entre dominants et dominés,si l'on se réfère à la tradition sociologique de Pierre Bourdieu.

La reproduction ou non de ce clivage, et donc la capacité des classes moyennes et moyennes supérieures à rester mobilisées pour le oui,est une des questions-clés du scrutin 29 mai. Les enquêtes d'intentions de vote ont en effet montré que la poussée du non se fait par capillarité ascendante au sein du corps social français. Ce fut le cas fin mars début avril, quand le non devenait majoritaire au coeur des classes moyennes et progressait auprès des cadres supérieurs et professions intellectuelles, pour atteindre un niveau, sur ces catégories, très largement supérieur au refus de Maastricht. Ensuite, sous l'effet d'une séquence médiatique plus favorable (du décollage de l'Airbus A380 à l'intervention de Lionel Jospin), le oui redevenait majoritaire dans la « France d'en haut ». Nous retrouvions mi-avril une sociologie proche de celle de Maastricht. Aujourd'hui, le non s'échappe à nouveau dans les sondages, porté par une nouvelle poussée dans les catégories moyennes et moyennes supérieures.

Oui massif en haut de l'échelle sociale, oui franc au milieu, non ferme en bas, telle était au fond la géographie de Maastricht. Oui plus faible en haut, non qui s'affirme au milieu et non toujours plus ferme en bas : telle est aujourd'hui la nouvelle stratification qui se dessine. Les comparaisons entre les sondages réalisés à la sortie des urnes (BVA-France 2) en 1992 et les intentions de vote actuelles (Ipsos-Le Figaro [1] des 13 et 14 mai, Sofres-Le Monde [2] du 11-13 mai) sont particulièrement éclairantes. Par rapport au vote de Maastricht :
- le non se consolide encore de 8 points chez les ouvriers [2] ;
- il progresse de 27 points et devient majoritaire au coeur des « classes moyennes », chez. les professions intermédiaires et employés [2] ;
- il est en hausse de 7 points chez les cadres supérieurs et professions intellectuelles [2]
- il est en ascension de 15 points chez les bacheliers et de 14 points chez les diplômés du supérieur [2] ;
- il est en augmentation de 9 points chez les salariés du public et de 3 chez ceux du privé [1].

Ajoutons-y, même si nous ne disposons pas sur ce point de comparaisons avec Maastricht, que le non est aujourd'hui majoritaire chez les foyers gagnant entre 2 000 et 3 000 euros par mois (53 %) et bien installé chez ceux disposant de revenus supérieurs à 3 000 euros par mois (46 %) [l]. Le non progresse, donc au sein même des couches qui avaient permis d'arracher le succès de Maastricht. Sans être totalement comblée, la fracture sociale verticale de Maastricht est donc sensiblement réduite.

Ce mouvement laisse'alors apparaître un nouveau clivage horizontale, et déterminé bien plus par le statut que par l'appartenance sociale : l'opposition entre salariés et inactifs. 55 % des actifs ont aujourd' hui l'intention de voter non quand 58 % des retraités penchent pour le oui [1]. Le malaise de la France du travail pourrait bien être aussi une des révélations du scrutin du 29 mai.

Comment expliquer cette nouvelle fracture ? Probablement par le fait que la crainte sociale (autrement dit la crainte pour l'emploi, le pouvoir d'achat et la protection sociale) n'est plus aujourd'hui l'apanage des classes populaires et se diffuse au sein des couches salariées supérieures. Encore faut-il analyser cette crainte autrement que comme une peur frileuse et d'humeur. Le non s'enracine moins dans un mécontentement conjoncturel que dans une tendance de fond, au sein d'une large partie de l'opinion. Il est de ce point de vue assez instructif de regarder comment les Français perçoivent l'évolution de leur pays. Société bloquée, immobilisme, perte d'influence, d'attractivité et de compétitivité, difficulté à réformer, et peut-être bientôt un non à la Constitution européenne... Sous toutes ces facettes, la problématique du « déclin français » est ainsi égrenée dans les discours d'une partie de l'élite française (journalistes, chefs d'entreprise, hommes politiques). On s'interroge moins en revanche sur la manière dont cette thématique, à forte résonance politique et médiatique, est perçue par l'opinion. Le diagnostic est pourtant différent.

Selon une enquête CSA-L'Humanité de mars 2003, un Français sur deux considère aujourd'hui que la France est en déclin et l'attribue à des causes strictement inverses à celles les plus communément évoquées. Ainsi, le chômage, la perte de pouvoir d'achat et des acquis sociaux et l'incurie des gouvernants arrivent largement en tête des raisons spontanément citées par les interviewés, loin devant le poids de la fiscalité ou les blocages sociaux. On voit bien dans ce contexte comment l'argument du non à une Constitution trop « libérale » peut faire mouche. On comprend aussi comment, selon Ipsos, 45 % des Français se disent «inquiets » d'une victoire du oui, quand seuls 35 % déclarent craindre un succès du non.

Non à une Europe perçue comme une menace et un risque de régression sociale : c'est probablement la diffusion de cette idée qui explique les évolutions actuelles. Cette attitude est plus constituée, plus solide, plus ancrée que la simple expression conjoncturelle d'un mécontentement ou une volonté de sanction du gouvernement.

On se trompe à ne penser le non que comme un non d'humeur. Le fait que le non touche fortement des classes aisées et diplômées révèle l'existence d'un non « cultivé » ou « raisonné », bref un non fondé idéologiquement et de conviction. Un non « informé » même, puis-que, selon la dernière enquête d'Ipsos, le non est plus fort chez les pêrsonnes ayant lu le traité que chez celles ne l'ayant pas lu. C'est là une différence majeure, et essentielle, par rapport au contexte de Maastricht: l'adhésion au traité ne croît pas avec le niveau d'information.

Sous l'angle des enquêtes d'opinion, le non n'est donc pas un détournement du référendum, une réponse à une autre question, mais plutôt le reflet d'un malaise social qui concerne aussi la construction européenne. Une part importante des classes moyennes et moyennes supérieures est aujourd'hui tiraillée entre son attachement à l'idée européenne et l' insatisfaction quant à la manière dont l'Europe se construit. Le sentiment de décalage entre l'idéal européen et sa réalité explique l'incertitude électorale de catégories qui avaient pourtant fortement soutenu Maastricht. Les sondages « oscillatoires » de ces dernières semaines tiennent à ce basculement d'un argument à l'autre en fonction du contexte de campagne. Le sort du scrutin se jouera donc aussi sur ce qui apparaîtra comme l'enjeu le plus saillant dans les derniers jours de campagne, entre la volonté de marquer son attachement à la construction européenne et le désir de dire non à un texte ou à une Europe qui ne satisfont pas. La conversion définitive (et elle ne l'est pas encore !) des classes moyennes et d'une partie des classes supérieures aux arguments sociaux du non scellerait probablement sa victoire le 29 mai. Dans la structuration des enjeux le passage age du « oui ou non à l' Europe » (qui a fait le succès de Maastricht) au « oui ou non à cette Europe » pourrait bien, treize ans après, inverser le rapport de forces."

Article paru dans le journal LE MONDE.

Aldoo

Tout le monde affirme comme une évidence qu'un non scinderait le PS, mais pas un oui.

J'aimerais lire de plus amples arguments à ce sujet.

Il me semble, pour ma part, qu'au-delà du TECE, l'union (de la gauche) peut se faire sur des valeurs bien plus fédératrices et plus concrètes comme la défense des acquis sociaux et la lutte contre le chômage, par exemple.

Si le PS arrive à se mettre d'accord sur un candidat unique en 2007, qu'il soit ouiste ou nonien, l'électorat socialiste suivra, ne serait-ce que pour ne pas avoir à choisir entre Sarkozy et Lepen. J'espère juste que le PS aura l'intelligence de ne pas proposer plusieurs candidats (et de ne pas se diviser en plusieurs partis).

Praxis

Aldoo :

Les militants ont voté oui. Si le non l'emporte, emmené notamment par le courant Nouveau Monde, il se peut qu'une tentative de scission se fasse. Emmanuelli a déjà évoqué un nouvel Epinay.

Il est plus facile de réussir la réconciliation sur des positions qui ont engagé les militants que sur celles contraires.

Guillaume

Je suis crevé, encore deux jours à tracter (en réel et sur le net), à convaincre (et ça marche pas mal), à coller, à organiser... et puis il faudra passer une journée dans un bureau de vote (mais si les appels nonistes aux assesseurs, pour éviter que les dictateurs oui-ouistes volent le résultat, fonctionnent alors je pourrais souffler de temps en temps).

Et cela en me battant surtout contre des gens de MON PROPRE PARTI!

Alors moi qui suis encarté au PS je dis qu'il ne me sera pas possible de militer pour les Fabius, Emmanuelli, Mélenchon et autres, qui n'ont que faire de mon vote et de celui de près de 60% des militants, qui sont prêts à faire battre leur camp (tous les partis sociaux-démocrates européens) en usant de la pire démagogie.

Peut-être finalement la gauche française voit d'un bon oeil la perspective d'une opposition stérile, sans espoir de retour au pouvoir, mais qui pourrait continuer à servir le discours de l'anti-capitalisme radical. "Pure et dure", la Gauche française révolutionnaire qui éclaire de ses lumières le reste de l'Europe éblouie...

Ce sera sans moi.


Starkadr

Pareil que Guillaume, je suis aussi de gauche (enfin je croyais avant que je ne me rende que je n'étais qu'un social-traitre), et je me vois vraiment très, mais alors très mal accorder un soupçon de soutien à la gauche noniste.

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