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22 mai 2005

Commentaires

Nade

Cath :
"le libéralisme dit qu'il est le système le plus efficace."
Le Libéralisme dit que personne mieux que vous ne peut savoir ce qui vous convient . C'est tout.

Eviv Bulgroz

@jmo

Je sais bien qu'il est d'usage de formater le réel pour faire avancer ses idées, que le fait que la commission fasse ce qu'elle peut face à Microsoft est très dérangeant pour ceux qui estiment que l'UE est un cheval de Troie visant à nous inféoder au Kapital et aux multinationales apatrides, mais quand même, y en a marre des mensonge récurrents !!!!!!!!!!!!

"Mais bon, l'expert qu'est Eolas aurait quand même du savoir que les derniers arbitrage de la commission sont largement favorables à Microsoft !!"

De quoi, kescekytepermet ?

"La Commission européenne a donné à Microsoft jusqu'à la fin du mois pour présenter des propositions satisfaisantes qui lui permettront d'éviter des sanctions pour abus de position dominante, a annoncé lundi un porte-parole de l'exécutif, Jonathan Todd.

Le fabricant de logiciels américain pourrait écoper d'une amende allant jusqu'à 5% de son chiffre d'affaires mondial quotidien par jour de retard sur la mise en oeuvre des décisions de Bruxelles."

http://fr.news.yahoo.com/050523/5/4fgy8.html

@margit trop facile (quand y a le mot capital, hein...)

bougui

@ margit :

"Qui a dit : La situation la plus favorable pour le travailleur est celle de la croissance du capital ?"

(Pas trop facile pour moi, eviv.)

Je ne sais pas mais ça ne dit pas grand chose. Les phrases isolées de leur contexte ne servent bien souvent que de manière bien limitée un argumentaire, me semble t-il. Fusse t-il à prétention de moquerie, comme je pressens le votre.

Ce que ça me dit, aujourd'hui où les revenus du capital rapportent plus que la force de travail, c'est que ça n'est plus vrai. Aujourd'hui où même travailler ne suffit pas pour vivre d'une manière stable financièrement, hors du manque et dans de bonne conditions de santé.


Si c'est Karl Marx qui a dit ça, je perçois encore mieux votre volonté de brocardage tout autant que la vision étriquée, caricaturale et volontairement entretenue par vous comme limitée de la position de ce que vous considérez comme vos adversaires (les votants "non").

Vous vous engouffrez dans le mirage le plus destructeur (au sens du sens, justement) de la norme du paysage politique : caricaturer et réduire, ridiculiser et rabaisser pour mettre en valeur sa position.

Eviv Bulgroz

@bougui

Le vote "marxiste", enfin ceux qui considèrent que Karl a posé les jalons d'une vraie politique économique possible, bref, PCF, LO, PT et LCR (et une pertie, mais une partie seulement d'attac) sont une des 3 composantes du non !!

Ces forces là représentaient 45 % du vote de gauche en 2002 (55% pour jospin + Taubira +Mamère), donc on caricature pas du tout :-)))

"Ce que ça me dit, aujourd'hui où les revenus du capital rapportent plus que la force de travail, c'est que ça n'est plus vrai."

Voili ça c'est typique du discours marxiste de base "force de travail", tout ça.

Le votants non sont effectivement mes adversaires, si je partage le sentiment et la réalité du "ca va mal", j'essaye de proposer des solutions, de ne pas rester dans schémas idéologiques datant de 2 siècles (et déjà ineptes à l'époque) et de ne pas me tromper de coupable. Ne pas participer de la destruction d'une des plus belles choses faites dans l'histoire...

Putain, que je vais l'avoir mauvaise ce dimanche soir.

Cobab

« typique du discours marxiste »

Eviv anathémise. Le capital ne fournit plus de revenu ? il n'utilise plus de force de travail ?

Cetet habitude de juger une phrase sur son aspect, sur des mot-clés, sur des associations d'idées… et non sur son contenu est constitutive de la réduction, de type télévisuelle, du débat à la confrontation de slogan.

DOnc à mon tour : laissons la peur du rouge aux bêtes à cornes.

jmo

@ Eviv

Ah oui, je suis sur que Microsoft tremble devant la commission. Allez, j'intègre un petit navigateur autre qu'IE dans mon système, un autre lecteur multimédia (au hasard RealPlayer) et le tour est joué ! Je ne suis plus en position dominante.

C'est le scénario qui s'est produit au US et qui a toute les chances de se reproduire ici.

Par ailleurs, Môsieur Eviv Bulgroz, kescekytepermet de me traiter de menteur récurrent.

La contreverse qui oppose la commission et Microsoft sur sa position dominante date de mars 2004. L'adoption de la directive sur les brevets logiciels du 7 mars 2005.

Un bon point pour toi, la commission vient de durcire très récemment sa position dans la contreverse position dominante. Mea Culpa. Honte à moi, l'ignorant.

Néanmoins, je m'étonne que la commission devienne aussi sévère avec Microsoft à 6 jours d'un scrutin important, alors même qu'une grande partie des partisans du logiciel libre s'appretent à voter non du fait de son adoption de la directive de BL.

C'est marrant ca. Y-a des directives que l'on repousse à plus tard, mais des positions fermes qui ne peuvent plus attendre, même si les procédures engagées datent de plus d'un an.

Allez, va y, fait tourner ta machine à formater la réalité !

Eviv Bulgroz

Pfeuh :-)

La force du travail et l'exploitation concomitante du travailleur ne sont pas les 2 mamelles du discours marxiste ?

Mais PCF+ LCR+ les autres c'est quoi leur discours , hein? Ils n'existent pas ? Ce ne sont pas les forces politiques qu'on entend le plus dans le non ?

Vaine tentative de camouflage.

Eviv Bulgroz

@jmo

"Un bon point pour toi, la commission vient de durcire très récemment sa position dans la contreverse position dominante. Mea Culpa. Honte à moi, l'ignorant."

C'était sur ce point où je te traitais de "menteur". Dont acte c'était de l'ignorance en fait.

La commission ne va pas faire disparaître Microsoft, m'enfin. Elle tente de préserver la concurrence libre et non faussée (sur les logiciels tiers):-))). Pour les OS Linux et Mac ne sont pas interdit en UE que je sache.

Bon et la théorie du complot, la commission se réveille juste avant le référendum français.... Pfeuh, là aussi c'est faux, cette histoire traîne depuis des années, avec des rebondissements mou épisodiques. Et ça me rappelle trop la période de l'histoire où l'homme pensait que la terre était le centre de l'univers.

Krysztoff

@ Eviv

Face aux forces marxisantes, aux souverainistes et aux fachos qui vont prendre le pouvoir au soir du 29 mai (ne me demande pas comment ils vont faire pour s'entendre ensemble), je ne vois plus qu'une seule solution pour toi: l'exil.
Et je te comprendrais, si les français sont aussi bêtes pour voter Non, il ne te mérite pas :-)))

Eviv Bulgroz

@ Krystoff

Greuh :-)))

Vu les (très modestes) perspectives professionnelles que m'offrent ce pays comparativement, je pense plutôt que c'est moi qui ne mérite pas la France.

Je n'aime pas les extrêmes, leurs discours, leur démagogie, leurs simplifications, les peurs qu'ils agitent, les propos rances qu'ils tiennent (en surfant sur la xénophobie locale qu'on ne va pas contester, si ?), les faux coupables qu'il désignent (mondialisation, élargissement) etc.

Je constate que ces partis parviennent à regrouper plus de 30% de votants sans trop de pb. Ca ne me rend pas très fier de mon pays. Que leur discours devient de plus en plus dominant. Alors peut être suis-je simplement un sale prétentieux qui ferait mieux de se casser. Néanmoins je défendrais le plombier polack jusqu'à mon dernier souffle, na ! :-)

Et ne me fais dire que je suis un admirateur béat des partis traditionnel dans cette histoire, ni que je pense qu'il faille accepter n'importe quel traité. Je trouve simplement effectivement la campagne très caractéristique du chauvinisme français.

Krysztoff

@ Eviv

Je crois que là on nous sommes en désaccord (mais tu n'es pas le seul, je relève ce sentiment chez pas mal de commentateurs et parfois même, je le soupçonne chez certains de mes co-auteurs), c'est sur cette soi-disante spécificité française composée de chauvinisme, de populisme et d'arrogance. Ca me fait toujours penser à ce désormais article célèbre d'un certain Sollers, Philippe de son prénom, sur la France moisie.

Je crois, et j'en ai quelques confirmations factuelles, que si un tel débat, qui certes connait parfois des dérives, dérives qui s'accélèrent à mesure que l'échéance approche, l'enjeu devenant crispant y compris pour les esprits rationnels, mais où on a souvent malgré tout débattu du fond et du texte, si un tel débat donc se déroulait dans n'importe quel pays de l'Union, on aurait de la même façon des dérives nationalistes, populistes...
Pourquoi croire que les français seraient soit les seuls soit les pires à se complaire dans le chauvinisme de bas étage, à céder aux sirènes fascisantes et nationalistes? Certains anglais ne sont pas aussi voire plus nationalistes? Et quid de certains belges (flamands en l'occurence) ou hollandais, ou encore autrichiens quant à leur populisme xénophobe et fasciste? Ne voit-on pas resurgir avec inquiétude des mouvements politiques fascisants en Allemagne, en particulier à l'Est? Serions-nous les seuls égoïstes et tous les autres de grands humanistes altruistes?

Certes cela ne nous excuse en rien. Mais je ne suis pas particulièrement adepte de l'auto-flagellation. Et que je sache, contrairement à d'autres pays européens, jamais Le Pen ou ses sbires n'ont été à un gouverment, ni encore moins en position de conquérir le pouvoir.

Eviv Bulgroz

@Krysztoff

Ok j'y vais un peu fort, je le concède volontiers :-) Mais :

- La campagne à commencer l'affaire Bolkstein, pas de façon ni propre ni finaude ni dépourvue de xénophobie, tu me le concédera ? Franchement c'est à ce moment là où je suis devenue fou furieux.

- J'ai vécu à l'étranger : xénophobie, racisme, peur de l'autre ou des autres sont des chose partagées. Mais elles ne trouvent pas nécessairement leur expression dans les votes de façon si forte et longue qu'ici. Et de pseudo justification sociale en faisant croire que le chômage c'est la faute à l'étranger. F. Raynaud se moquait deja de ce travers d'ici, hein

- Demande (sans trop parler la langue, et même la parlant pour Paris) ton chemin dans Paris/Londres/Madrid/Athènes ou Berlin... Tu verra une différence.

Mais bon je ne suis pas en désaccord avec toi, les "autres" ne sont pas blanc comme neige. Ce n'est pas une raison justifiante :-)

bougui

@ eviv :

"Le vote "marxiste", enfin ceux qui considèrent que Karl a posé les jalons d'une vraie politique économique possible, bref, PCF, LO, PT et LCR (et une pertie, mais une partie seulement d'attac) sont une des 3 composantes du non !!

Ces forces là représentaient 45 % du vote de gauche en 2002 (55% pour jospin + Taubira +Mamère), donc on caricature pas du tout :-)))"

Bien sûr que si, puisque tu assimiles encore une fois les électeurs avec le drapeau pour lesquel ils votent. Combien sont en France les lecteurs du "capital" ? Combien sont-ils à maîtriser vraiment la pensée marxiste, au-delà de tous les raccourcis et les amalgammes issus de la posture de ceux qui croient savoir parcequ'ils entendu dans la bouche de quelqu'un auquel ils accordent un crédit particulier ?

Pas beaucoup. Je ne me considère pas comme marxiste, parceque j'ignore sa pensée. Je parle de force de travail et de capital simplement parceque ce sont des catégories opératoires quand il s'agit de penser l'économie. La force de travail existe, le capital aussi. L'emploi de la force de travail ne suffit pas aujourd'hui toujours pour s'en sortir mais une part de capital fait récolter plus qu'il n'en faut. Ce sont des faits, me semble t-il, mais n'hésites pas à me dire qi j'ai tort.

Je suis sans doute victime de la propagation propagandiste vicieuse des idées marxistes depuis plus d'un siècle, tout comme les électeurs qui votent "marxiste" en ignorant comme moi de quoi il s'agit vraiment.

On dis toujours : faut pas donner de conseils, c'est pas bon de donner de conseils, fau(t pas conseiller. Reçois donc mon conseil : sors un peu de ce que d'aucun nomme "tour d'ivoire" : ta grille de lecture du paysage politique est me semble t-il largement trop influencé par tes compétences savantes. Ces dernières ne sont absolument pas une tare, bien au contraire (c'est ce qui donne à Publius une bonne part de sa qualité) mais n'est pas non plus une panacée (c'est ce qui fait que nombreuses sont les contributions sur Publius qui pointent, souvent maladroitement -je suis concerné- le caractère par trop intellectualisant de certaines réflexions).

Un exemple caractéristique : le débat arrive sur le marxisme. Il semble bien naître entre toi, margit et moi. Qui arrive, porteur de la parole légitime, se substituant en quelque sorte à ma position : krysztoff, qui disait ailleurs être le seul des neufs à considérer la grille de lecture marxiste comme enbcore utile pour décrypter et produire une analyse opératoire du monde social.

Les caractéristiques universitaires de nombre de participants semblent bien constituer un cercle particulier d'échange. Ce que je ne déplore pas, même si je ne suis pas concerné n'étant pas universitaire.

Mais je considère (peut-être un peu idéalement) qu'un intellectuel, payé pour produire du discours censé enrichir le reste de la société -de diverses et multiples manières dans les fait, sans doute- se doit de se donner les capacités de délivrer sa parole et sa perspective autrement que dans un jargon de spécialiste, qui est utile et nécessaire mais seulement, justement, dans l'"entre-soi". Ce qui n'est pas le cas et ne peut pas être le cas sur internet, à moins de l'expliciter.

Krysztoff

@ bougui

Mais je ne me substitue à personne moi! Je ne porte aucune parole légitime. Et je ne suis pas universitaire, ni même intellectuel. Simplement citoyen, enfin j'essaie. Et je n'ai pas l'impression que les billets que j'écrive ou que les commentaires que je poste, en parfaite égalité avec tous les autres commentateurs en l'occurence, ne transpirent d'une quelconque supériorité intellectuelle.

Mais excuse-moi de m'être incrusté dans un débat entre eviv, margit et toi...:-))

bougui

]@ krysztoff :

mes excuses, j'ai bougné mes ascuriades. Tu as raison. Mais au-delà de mes erreurs, cernes-tu l'intention ?

versac

A jmo, Quoique, machin :
- Eolas est libéral, soit, je le laisserai s'exprimer avec précision sur ses convictions, et les défninir, mais il ne s'en est jamais caché.
- Il n'avance pas "à demi-masqué", et Publius n'est pas "noyauté par les libéraux". Nous avons depuis le début un lien vers nos blogs personnels (en bas à droite), qui permet à chacun de découvrir les positions et passions des auteurs.
- Ces méthodes de demandes d'explications publiques me font penser à un tribunal douteux.
- Vous êtes effectivement ici un peu chez Eolas (à 1/9ème en tout cas), il n'est donc pas sommé de s'expliquer, mais apte à effacer les commentaires insultants ou aggressifs à son égard.

Encore une fois, je vais revenir sur les règles de ce blog :
- nous somems 9 auteurs. Chacun a ses sensibilités politiques, et la liberté de les exprimer.
- Chaque auteur dispose de cet espace pour écrire en toute liberté. Aucune coordination n'est réalisée, sauf pour, de temps en temps, décider qu'on écrira un post sur tel sujet, ou telle réponse au courrier des lecteurs.
- C'est Emmanuel qui a écrit la note "vous avez- dit ultralibéral ?", et Eolas, à ma connaissance (je ne le fréquente que depuis un an et demi) n'est pas "ultralibéral", d'ailleurs. Aucune incompatibilité, donc. "Publius" n'écrit rien, ce sont ses auteurs qui s'expriment dessus.
- Noyauté, Publius l'est peut-être, mais alors en aucun cas par les libéraux (un pauvre exemplaire, certes brillant, parmi neuf sombres sociaux-démocrates). Nous n'avons demandé à personne de jurer sur l'honneur n'appartenir à aucun groupuscule fasciste ou trostkiste avant d'intégrer Publius. (pour ma part, mon frère était lambertiste, mais je me suis soigné ;)
- le 'groupe' constitué par les auteurs de Publius n'a aucune voix commune, et s'est constitué de manière non réfléchie, à partir d'une simple note, accessible publiquement (ça vous évitera de chercher quel complot a été monté !) :
http://vanb.typepad.com/versac/2004/11/et_maintenant_l.html

Donc, une fois pour toutes, cessez ces méthodes fascistes et d'exclusion. Il vous suffit de ne pas venir ici, si vous n'êtes pas satisfaits de la pluralité de ce blog.

indigne

Bravo, versac. Je m'apprêtais à répondre au courageux et anonyme machin qui me semble avoir toutes les capacités pour devenir procureur dans un régime stalinien.

Je n'ajouterai qu'une chose : bien que n'étant pas libéral, je me trouve d'accord avec l'essentiel de ce que dit Eolas sur le TECE, aussi bien d'ailleurs qu'avec la prise de position de Judith Bernard sur BBB, et d'autres « oui » encore de toutes obédiences, à partir du moment où il défendent le TECE sur des positions dépourvues de chauvinisme ( je ne vais pas réciter ici toutes les mauvaises raisons de voter oui pointées par ailleurs). Ce qui prouve que le TECE est une excellent compromis, pouvant être accepté pratiquement dans les même termes par tout un éventail de tendances politiques non seulement en France mais en Europe. Compromis qui offre (offrait ?) l'opportunité de faire un pas en avant significatif (petit, mais symbolique et déterminant pour l'avenir). Ce compromis ne pourra pas être réunis de sitôt, peut être même pas à l'échelle d'une vie humaine, et peut être même jamais plus du tout au rythme ou change le monde. Je conjure le nonistes européens sincères de bien y réfléchir.

Eviv Bulgroz

@bougui

"Bien sûr que si, puisque tu assimiles encore une fois les électeurs avec le drapeau pour lesquel ils votent. "

Ce n'est pas UNE seconde la question. Ils votent pour ces gens. Que se soient au 2 degré, au 8 eme, par malentendu, par bêtise crasse ou intelligence supérieure, n'est pas le problème. Ils votent pour ces gens, là. Ca donne un sens, sinon c'est nier la démocratie.

C'est le même discours déculpabilisant qu'on entend dans le camp d'en face, hein :-)

Cobab

"Ils votent pour ces gens. Que se soient au 2 degré, au 8 eme, par malentendu, par bêtise crasse ou intelligence supérieure,"

ou par défaut ?

jérôme

eviv, si tu votes OUI dimanche , tu voteras pour chirac ???

margolin

FEU L'UNION EUROPEENNE?

Même si le oui devait de justesse l'emporter, l'immense étendue en France des réactions négatives, effrayées, indignées face à un traité constitutionnel pourtant plutôt timide, et clairement dans la continuité des traités antérieurs, serait déjà le signe d'une profonde désaffection face à ce qui fut au coeur de sa politique nationale durant près d'un demi-siècle. Le risque d'un tournant fondamental dans l'aventure de la construction européenne est donc extrêmement élevé, et c'est d'ailleurs ce que préconisent de plus en plus ouvertement la plupart des partisans du non, qui reconnaissent souvent que l'assaut contre le TCE est surtout un moyen d'ouvrir la brêche: l'objectif est la mise à bas de l'édifice patiemment construit depuis 1957.
Presque tous se récrient certes: nous sommes Européens, nous voulons simplement une "autre Europe". Cela a à peu près autant de valeur pratique que se dire "pour la paix, contre la guerre" ou "pour la prospérité, contre la misère". Le seul projet alternatif un tant soit peu élaboré, celui mis en circulation par ATTAC, ne résout aucunement le dilemme fondamental des "non de gauche": obtenir la garantie d'une sauvegarde des systèmes sociaux nationaux, et simultanément accorder la prééminence au Parlement européen sur les représentants des Etats membres. Par ailleurs les principes et politiques préconisés sont si "progressistes" qu'ils ne pourraient évidemment pas servir de base à un nouveau compromis, aucun des 25 Etats -pas même la France- n'étant disposé, dans un avenir prévisible, à les reprendre à son compte. L'"autre Europe" est un effet de discours, un instrument de propagande, ce n'est pas un projet viable. Passons sur son improbable compatibilité -même au niveau du discours- avec le non souverainiste et/ou de droite, largement majoritaire à l'échelle européenne dans le camp des opposants au TCE.
Le plus vraisemblable, à ce jour, est que le traité constitutionnel, manifestement trop compliqué à faire passer, soit purement et simplement abandonné - comme cet autre projet d'initiative française, la Communauté Européenne de Défense (CED), il y a exactement cinquante ans: on n'y est jamais revenu. Mais, au-delà, ce qui pourrait se propager rapidement parmi les promoteurs mêmes de la construction communautaire, c'est le sentiment délétère de l'"à quoi bon se fatiguer à négocier interminablement des avancées européennes, si tant de citoyens n'en veulent pas, et de plus nous en tiennent électoralement rigueur?". Le TCE n'a pas été rédigé en cinq minutes sur un coin de table par une faction de comploteurs vendus à Bush et au Grand Capital: il a absorbé quatre ans d'énergie de certains des meilleurs parmi les Européens convaincus. Croit-on qu'ils se remettent à la tâche sans désemparer? Pourrait-on si aisément les remplacer - et, surtout, par qui?
Avant même la décolonisation, avant même la chute du communisme en Europe, les opinions concernées, et leurs dirigeants, s'étaient insensiblement faits à l'idée que le jeu n'en valait plus la chandelle, que le rapport coûts/bénéfices de l'empire colonial ou du système communiste devenait par trop défavorable. On avait cessé d'y croire, on n'en attendait plus rien - et ils ont disparu, très vite, avec étonnamment peu de résistances. L'histoire est faite de ce genre de dynamiques, positives ou négatives, auxquelles il est très difficile de résister une fois qu'elles sont enclenchées.
C'est une semblable dynamique de désagrégation qui pourrait être en train de se mettre en place. La seule question qui se poserait alors serait de savoir si elle s'arrêterait aux frontières de la France, ou si -plus probablement- elle ferait tomber l'un après l'autre, et rapidement, les 25 dominos européens. Dans le premier cas, l'UE, à peu près telle que nous la connaissons, survivrait à la crise, au prix d'une exclusion de fait de la France, pour une longue période. Dans le second, quelque chose subsisterait sans doute du long effort européen. Le minimum: le marché commun, une zone de paix et de coopérations sectorielles, par la concertation des élites politiques et économiques. Bref, la "post-UE" s'alignerait sur ce que sont généralement les nombreuses autres associations régionales d'Etats - par exemple l'ASEAN (Association des Nations de l'Asie du Sud-Est) ou le Mercosur sud-américain. Toute supranationalité substantielle et l'idée même d'un quelconque fédéralisme seraient reléguées aux oubliettes.
Le pire est-il donc sûr? Peut-on encore sauver la construction européenne, dans sa réalité et dans l'immense espoir qu'elle a suscité d'approfondissements à venir? Il est clair en tout cas que la voie choisie n'a pas été la bonne: depuis une décennie au moins, le divorce avec une partie croissante des opinions nationales est patent. D'où l'actuelle impression d'une véritable révolte contre l'Europe, certes accentuée en France par l'impopularité des équipes au pouvoir, mais sensible dans de nombreux pays. Le biais du rapprochement économique, axe principal depuis le traité de Rome -c'était là la conséquence de l'échec de la CED-, a été poussé si loin qu'il se trouve désormais victime de la loi des rendements décroissants, cependant que les progrès rapides de la mondialisation le vident d'une partie de sa substance. Le biais du rapprochement politique, dont la concrétisation la plus éclatante est justement le TCE, a surtout souligné les contradictions et accentué les divisions: faute d'un consensus minimum sur quelques principes, et sur les instances chargées de les mettre en oeuvre, ce remède menace maintenant de tuer le malade.
Une voie a jusqu'à présent été bien peu suivie: celle de la construction identitaire. Elle pourrait s'appuyer sur le plus positif de l'expérience historique de chacun des pays membres, soulignerait l'ancienneté et la profondeur de leurs interactions, et en dégagerait un petit nombre de valeurs communes, non pas négatrices des aventures nationales dans leur diversité, mais qui en représenteraient une manière de quintessence. Bref, rendre les Européens fiers d'être européens, désireux de partager et développer leurs héritages. N'y aurait-il pas là, potentiellement, le moyen de réunir, non pas 51% des opinions publiques, mais leur très grande majorité, condition d'un nouveau départ sur des bases solides?
On comprend que les pères de la construction européenne aient mis l'identité en sourdine. En son nom, les Européens venaient de se jeter à la gorge les uns des autres, lors des deux guerres mondiales. Il ne fallait pas risquer de réveiller les tentations nationalistes, militaristes et expansionnistes. Mais on conviendra que celles-ci ont depuis considérablement régressé, même si le populisme xénophobe pointe sa trogne ici ou là. Les Européens n'ont plus guère envie de repartir à la conquête du monde, ou de s'asservir les uns les autres. Loin de toute prétention à une quelconque supériorité, mais sans masochisme, il serait temps de réfléchir sur ce qui nous a rapproché et, osons le mot, sur ce que nous pouvons encore offrir au monde.
De ce point de vue, envisager l'intégration de la Turquie à l'UE était le pire des signaux: elle brouillerait définitivement toute possibilité de construction identitaire. On peut reprocher au TCE, en laissant cette porte ouverte, et plus généralement en ne traitant pas des limites de l'Europe, d'avoir contribué à son propre désaveu. Le meilleur service que l'UE puisse rendre à la Turquie, ne serait-ce pas de l'encourager par son exemple, et de l'aider pratiquement à construire une Union proche-orientale, hypothèse aujourd'hui certes lointaine, mais moins que celle d'une UE s'étendant sans limite, et demeurant cependant viable?
Quelles que soient les critiques à adresser à l'UE et au TCE tels qu'ils sont, on ne peut pour l'instant pas leur opposer d'alternative autre que le grand retour en arrière vers l'Etat-nation absolutiste. Il faut donc sauver les meubles, voter oui sans enthousiasme mais sans état d'âme, et repartir ensuite vers de plus beaux sommets.

bougui

@ egdtp :

ça fait longtemps, mais merci pour la réponse très riche et intéressante sur le sujet lancé par fraisouille : la déconnection des électeurs d'avec les élus. Je tenais à le rajouter.

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