21 décembre 2006

Le oui à 56%

(Via Coulisses de Bruxelles) L'Eurobaromètre, le suivi de l'opinion publique dans l'UE diligenté à la demande la Commission révèle dans se dernière livraison qu'à la question « d’après ce que vous en savez, diriez-vous que vous êtes favorable ou opposé (e) à la Constitution européenne », 56% des Français répondent oui, et à la même question, 59% des Hollandais.

Le oui était déjà passé en tête dans le précédent sondage, mais n'était qu'à 51%.

Le seul pays en dessous des 50% est le Royaume-Uni, à 40%. A noter que la Turquie est également noniste, à 47% de oui seulement (mais j'ignore le pourcentage de ne sait pas, qui doit être assez élevé).

Le Traité n'ayant pas changé d'un iota, et sauf à retenir l'hypothèse d'un lavage de cerveau à grande échelle, les raisons de ce renversement de tendance ne sont pas bien compliquées à identifier.

A mon sens, les principales sont purement internes : comme le souligne Jean Quatremer, Raffarin est enfin parti, la situation économique s'est nettement améliorée (sans que le non y soit pour quelque chose), et Chirac semble être sur le départ.

Le camp du non a maintenant démontré son incapacité à proposer quoi que ce soit à la place de ce traité, les leaders de la campagne étant balayés : Laurent Fabius a échoué à être candidat du PS, Chevènement s'est rallié à Ségolène Royal en échange de sa circonscription de Belfort, Villiers n'est pas sûr d'avoir ses 500 signatures, quant à la gauche alter, tout le monde est d'accord pour qu'il n'y ait qu'un chef, mais tout le monde veut être le chef. Seul Le Pen s'en sort plutôt bien, mais son engagement pour le non tenait plus du réflexe pavlovien que de la critique de ce texte.

Au niveau européen, la donne a aussi changé : 16 pays ont ratifié le traité, dont deux par referendum, le Luxembourg et l'Espagne, soit plus de la moitié de la population européenne. Les peurs françaises ne semblent pas avoir effrayé le reste de l'Europe. Les électeurs s'étant cru clairvoyant commencent à se demander si on ne leur a pas fait peur avec leur propre ombre.

Qu'en tirer comme conséquence ?

Aucune définitive. Un sondage ne remet pas en cause un referendum, et tenter de faire passer ce traité par un nouveau referendum ou par la voie parlementaire serait moralement critiquable.

Mais au moins, cela légitime la volonté marquée par la commission de relancer un processus de réforme du fonctionnement des institutions issues du Traité de Nice dans lequel les non français et bataves ont bloqué l'Union. Espérons que l'Europe, assurément la grande absente de cette campagne présidentielle, redeviendra une priorité pour le canidat élu en mai prochain.

16 janvier 2006

Le plan B de Sarkozy

Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, dans leurs voeux respectifs, ont esquissé quelques idées pour "relancer l'Europe" après l'échec du référendum du mois de mai dernier. Je passe rapidement sur les propositions chiraquiennes qui, à peine émises, ont dû faire face à une fin de non-recevoir de la part du gouvernement allemand. En proposant d'adopter de manière isolée quelques éléments de réforme institutionnelle issus du TECE, sans que cela ne nécessite de révision des traités, le Président s'est vu opposer le "compromis global" que représentait le projet de constitution. Fruit d'une longue négociation entre les 25 (et même les 27), il ne saurait être détricoté sans relancer le débat général.

Il est plus intéressant de se pencher sur l'avenir possible (Sarkozy) que sur le passé certain (Chirac). Le président de l'UMP a évoqué trois éléments (le Quai d'Orsay ayant précisé que le point de vue de Nicolas Sarkozy n'était pas celui du gouvernement français, j'en déduis qu'il ne parlait pas en tant que ministre de l'Intérieur) :

1/ Il faudrait adopter la première partie du TECE - qui concerne la réforme institutionnelle - de manière isolée. Pour cela, un vote du parlement suffirait, il n'y aurait pas à recourir une nouvelle fois à un référendum.

2/ L'élargissement devrait être stoppé, au moins tant qu'aucun accord ne sera intervenu sur la réforme institutionnelle. L'Union devrait, de plus, définir ses frontières.

3/ Enfin, les six plus grands pays en termes démographiques (Allemagne, Pologne, Royaume-Uni, Italie, Espagne et France) devraient former un directoire qui serait en quelques sortes "l'ingénieur" de l'Union.

Que penser de ses différentes propositions ?

Lire la suite "Le plan B de Sarkozy" »

10 janvier 2006

Là-bas

Le 17 juin 2005, le Parlement Européen était reçu par le Parlatino, c'est à dire, le Parlement latino-américain à Lima. Le Parlatino est une entité qui paraitra probablement un peu étrange à nos yeux, puisqu'il s'agit d'un simple groupe informel dont l'objectif est, je cite "d'intervenir en tant qu'instance politique au plus haut niveau et de promouvoir concrètement le développement et  l'intégration (...) Ses objectifs fondamentaux sont la défense de la démocratie, l'intégration latino-américaine, l'égalité juridique des Etats, la résolution pacifique des différends internationaux et le respect des principes du droit international (...) le Parlatino privilégie en particulier la promotion d'un développement économique et social global de la communauté latino-américaine, le respect des droits  fondamentaux de l'homme, l'élimination de toutes les formes de discrimination, la lutte en faveur de la coopération internationale, le renforcement des parlements nationaux et sous-régionaux d'Amérique latine et la diffusion des activités parlementaires" (ne jamais oublier ce dernier point, n'oubliera jamais de dire même le plus néophyte des attachés parlementaires). En quelques mots : le Parlatino est une instance qui, bien que ne disposant d'aucune légitimité, n'hésite pas à définir sa position sur les plus grands sujets politiques tout en affirmant sa ferme intention de l'imposer aux autorités concernées. Le Parlatino est donc une institution politique au sens encyclopédique du terme, c'est à dire, sans nécessaire relation avec quelque réflexion préconçue que ce soit sur l'organisation des pouvoirs ou de la société. D'aucuns diraient qu'il s'agit d'un think tank en oubliant qu'à la différence desdits, le Parlatino est composé de députés élus et non pas de personnalités es-qualité.

Lire la suite "Là-bas" »

14 septembre 2005

Ratification outre-Quiévrain : une histoire belge

Belgique_1A lire les médias français, on pourrait avoir l'impression que le processus de ratification de la constitution européenne s'est brusquement arrêté depuis le référendum de juillet dernier au Luxembourg : le oui luxembourgeois n'a strictement rien changé, les pays membres qui ne se sont pas encore prononcés ont tous repoussé sine die leur référendum ou l'examen du traité par leurs parlements et la pauvre constitution reste dans le coma, en attendant que les dirigeants européens se décident à la tuer pour de bon.

Cette impression est en partie exacte. Mais en partie seulement. D'abord parce que l'Estonie a confirmé la tenue d'un vote au parlement pour l'automne. Et surtout parce que nos amis belges ont décidé de faire durer le plaisir.

Lire la suite "Ratification outre-Quiévrain : une histoire belge" »

10 juillet 2005

Pendant ce temps-là, au Grand-Duché

LuxembourgLes 223 000 électeurs luxembourgeois avaient jusqu'à 14H00 pour approuver ou rejeter la ratification de la consitution européenne. On devrait avoir des résultats fiables après 16H00, quand les bureaux des grandes villes de la grande ville auront fini de dépouiller.

Pour l'instant, 21% des bureaux ont terminé le dépouillement. Le "oui" est en tête avec 58% des voix (attention : site officiel visiblement pris d'assaut). Mais tout cela ne veut pas forcément dire grand chose.

Questions pour les commentateurs : la victoire du "non" signerait sans aucun doute la mort définitive de la constitution européenne, mais que changerait un "oui", s'il venait à se confirmer? Peut-on vraiment croire que le vote au Luxembourg inciterait d'autres pays à organiser le vote parlementaire ou le référendum qu'ils ont reporté sine die?

Add. : les résultats définitifs viennent de tomber.

Oui : 56,52%
Non : 43,48%
Participation : 90,43%

Lire la suite "Pendant ce temps-là, au Grand-Duché" »

30 mai 2005

Le texte de l'allocution de Jacques Chirac

Voici la retranscription de l'allocution télévisée du Président de la République prononcée hier soir.

Lire la suite "Le texte de l'allocution de Jacques Chirac" »

29 mai 2005

Sarko candidat à Matignon

Ca ne fait pas beaucoup de doute à l'entendre. Sarkozy a un agenda politique pour les 22 mois qui viennent avant les présidentielles de 2007. Mon pronostic, si Chirac en est d'accord : demain, Sarkozy à la tête du gouvernement. En tout cas, lui, il est prêt à courrir le risque.

Pessimisme de 20h50

Il est bientôt 20h50. La participation s'annonce très élevée, mais je ne vois pas de raison pour que les électeurs qui se déplacent soient d'avantage pour le "oui" que ne le disaient les derniers sondages de vendredi. On peut évidemment espérer un sursaut du "oui", mais pourquoi ne se serait-il pas produit plutôt ? La campagne a été dure, éreintante, le Oui a commencé en tête, a plongé, s'est retrouvé sous le non, est repassé timidement devant avant de se retrouver à nouveau dépassé. Il me paraît peu probable que le Oui l'emporte. 

Lire la suite "Pessimisme de 20h50" »

27 mai 2005

J-2

Dans un peu plus de 48 heures au moment où j'écris cette note, les bureaux de vote ouvriront. A vrai  dire, ils seront ouverts demain pour les DOM-TOM situés en Amérique. Et ils fermeront à 20 heures. Car, et c'est, me semble-t-il, une nouveauté de ce scrutin, on aura 2 heures de plus pour voter. De mémoire d'électeur, les bureaux fermaient à 18 heures, sauf dans certaines villes où ils fermaient à 19 ou 20 heures. Désormais, tous les bureaux devront fermer à 20 heures, sauf dans certaines villes (probablement Paris, Lyon, Marseille et peut-être Strasbourg) où vous pourrez voter jusqu'à 22 heures.

Lire la suite "J-2" »

24 mai 2005

En rire quand même

C'est la dernière ligne droite. Les positions se crispent, Jacques Chirac va venir donner un coup de grâce au texte jeudi soir à la télé, Laurent Fabius est en train de limer ses dents pour nous faire son plus joli sourire dimanche soir, françois Hollande serait aussi épuisé que Nicolas Sarkozy, mais aurait testé un nouveau serum pour la peau dans le but d'apparaitre serein - malgré tout - à la tévé, et Jean-Pierre Raffarin affute de son coté des raffarinades pointues, pour que le souvenir de sa disparition laisse quelques traces dans la vie politique française (on parle déjà de son accession à l'académie française, d'ailleurs, où il ouvrirait une chaire spéciale de franglicisme, dont la devise serait "win the yes needs the no to win against the no", ou quelque chose comme ça).

Bref, il est quand même temps d'en rire aussi, de cette campagne, de ce texte, de toutes ces histoires. Mon tonton Fernand me disait d'ailleurs récemment "on vote plus sereinement après une bonne tranche de rigolade, ou après avoir pété un bon coup !"

Pour en rire, allez donc voir le site spécial que consacre Jalons au sujet. c'est inégal, comme toujours avec Jalons, mais ça fait du bien. D'autres adresses à conseiller ?

PS : tout commentaire sérieux à cette note est interdit.