07 décembre 2007

Seize États membres ré-affirment leur attachement aux symboles de l'Union

Lors des négociations du traité de Lisbonne, lequel devrait succéder au traité de Nice qui s'applique aujourd'hui, les gouvernements polonais et tchèques avaient demandés et obtenus que les symboles de l'Union européennes ne figurent pas dans le texte. Ces symboles, qui figuraient en bonne place dans le projet abandonné de traité constitutionnel, ne sont dans les faits pas remis en cause, toutefois cette démarche est symptomatique de l'abandon d'une ambition politique pour la construction européenne.

Il est donc rassurant d'apprendre que seize États membres vont adopter une déclaration - qui sera annexée au Traité - confirmant leur attachement à ces symboles.

Le projet de déclaration affirmerait notamment : « (Les 16 États membres) déclarent que le drapeau européen (...), l'hymne tiré de l'"Ode à la joie "(...), la devise "Unis dans la diversité", l' euro en tant que monnaie de l'Union européenne et la journée de l'Europe, le 9 mai, continueront d'être, pour eux, les symboles de l'appartenance commune des citoyens à l'Union européenne et de leur lien avec celle-ci . »

Les signataires sont la Belgique, la Bulgarie, l'Allemagne, la Grèce, l'Espagne, l'Italie, Chypre,  la Lituanie, le Luxembourg, la Hongrie, Malte, l'Autriche, le Portugal, la Roumanie, la Slovénie et la Slovaquie.

Et c'est là que l'on s'étonne : où est la France ? Alors que le président de la République pose devant le drapeau, que le drapeau est hissé aux côtés du drapeau national au dessus du Quai d'Orsay, et qu'il est donné une dimension européenne au 14 juillet et au 11 novembre, il est assez surprenant et très regrettable de lire que notre pays n'est pas associé à cette déclaration.

Signalons au passage que des associations organiseront le 13 juillet, jours de la signature du traité modificatif, des actions publiques autour de ces symboles.

15 novembre 2007

Publius, fin ou suite ?

Il y a environ trois ans, dans la foulée des élections américaines, je publiais sur mon blog un appel à la création d'un blog collectif sur le sujet de la constitution européenne. J'avais conscience que ce deviendrait un sujet majeur de discussion sur le web, et pensais qu'un blog collectif aurait sa pierre à y apporter.

Quelques jours après, nous ouvrions publius. Avec l'ambition simple d'éclairer les discussions autour du traité constitutionnel, dans un esprit non partisan. On connait la suite : le blog a connu un certain succès, beaucoup de visites, de références en ligne, et est devenu en quelques semaines un des lieux pivots du débat en ligne de la campagne du referendum.

Une fois le vote terminé, nous nous sommes longtemps posé des questions. Nous avons élargi l'équipe, intégrant quelques "nonistes" ou sceptiques qui avaient contribué de manière intéressante aux commentaires, tout en souhaitant préserver les éléments fondateurs de l'identité de Publius, du contrat passé avec les lecteurs : lieu non partisan, critique, libre.

Aujourd'hui, il faut se rendre à l'évidence : Publius ne vit pas bien. Un seul rédacteur trouve le temps nécessaire à un investissement sur le blog. L'audience est encore, effet de la notoriété, du bon référencement, des liens qui pointent vers le blog, et de sa position "centrale", plutôt enviable (je connais nombre de blogs qui aimeraient avoir ces chiffres). Mais le contenu et les échanges ne suivent pas. Et le coût d'hébergement ne justifie pas qu'on tienne ainsi à bout de bras un espace un peu moribond.

Pourtant, il y a des actifs très clairs. Une position enviable dans la blogosphère européenne, une image installée (combien de personnes m'ont parlé de Publius ! De simples anonymes jusqu'à de très hauts fonctionnaires européens), un fond de confiance, une "touche" liée à un positionnement historique, peut-être encore un peu de reconnaissance des anciens contributeurs, un nom de domaine qui claque (publius.fr), des archives intéressantes (15000 commentaires).

J'ai consulté les différents auteurs de Publius en leur posant à nouveau la question de l'avenir de cet espace, que nous avons créé il y a quelques temps. Ils m'ont, grosso modo, laissé la clef entre les mains, remis leur décision. ne souhaitant pas agir de manière autocratique et unilatérale, je me tourne à présent vers vous : commentateurs, blogueurs européens, lecteurs...

Que faire de publius ?
Souhaitez-vous y prendre part ?

Les options sont simples :
- de nouveaux auteurs rejoignent le groupe et s'y engagent
- on ferme tout ça (en trouvant le temps d'aller héberger les archives sur un blog gratuit)
- on vend la chose (nom, nom de domaine, pagerank et position dans la blogosphère européenne enviables) à une multinationale ;)

Tout est libre. Nous sommes ouverts à toute discussion, avec qui que ce soit.

Nous sommes le 15 novembre. Je souhaite trouver une solution avant la fin de l'année. Si tel n'était pas le cas, nous fermerons le blog, et redirigerons l'adresse publius.fr vers touteleurope.fr

A vous.  (en commentaires, ou sur versac@gmail.com)

Nicolas

07 décembre 2006

La commission sort un plan B

Finalement, plan B il y aura. La commission européenne a annoncé qu'un nouveau texte serait négocié, prenant le TCE comme « base essentielle », puisqu'il a été largement adopté par les Etats membres.

Cette négociation devrait aller vite : le texte est prévu pour être bouclé mi-2008 afin d'entrer en vigueur avant les prochaines élections du parlement européen en 2009.

Le président de la commission, José Manuel Barroso, a confirmé les 4 et 5 décembre la volonté de la commission de relancer le processus de réforme des institutions, et déclarant lors de la conférence de presse donnée à l'issue de la deuxième rencontre parlementaire sur le futur de l'Europe :

«Nous ne pouvons poursuivre la construction de l'Europe de demain avec les outils d'hier. La constitution est la promesse d'une efficacité accrue et d'une plus grande démocratie, et nous en avons besoin», «Nous ne pouvons ignorer le fait que certaines politiques resteront au point mort tant que nous ne serons pas parvenus à régler la question institutionnelle.»

Ce texte devrait reprendre l'essentiel des titres I et III, sur les institutions et les politiques de l'Union, le titre II et toutes les dispositions symboliques sur la citoyenneté européenne, la devise et tout ce qui ressemble à du fédéralisme étant écarté.

Bref, trois ans de perdu, mais ce serait un moindre mal par rapport aux précédentes crises européennes où la France n'était pas étrangère, d'ailleurs.

La Finlande ratifie le Traité portant constitution pour l'Europe

Finland Le parlement finlandais a ratifié le 5 décembre le traité pourtant constitution pour l'Europe (TCE) par 125 voix contre 39. Cela porte à 16 le nombre d'Etats membres ayant adopté le texte, dont deux par référendum, contre deux l'ayant rejeté, tous deux par référendum. Les Sept pays restant ont reporté sine die l'adoption de ce texte : le Royaume-Uni, la Pologne, le Portugal, le Danemark, l’Irlande, la Suède et la République Tchèque.

Cette adoption reste symbolique, l'entrée en vigueur du texte, qui aurait dû avoir lieu au 1er novembre dernier, est impossible si tous les pays ne l'ont pas ratifié. Il demeure que le oui est largement majoritaire en Europe, et que la vague du non espérée par les opposants français au TCE n'a pas eu lieu. 

28 novembre 2006

La Suisse, plus européenne que la France ?

SuisseC'est la question qu'on peut se poser, et que se pose Jean Quatremer, à la suite de la votation fédérale de ce week end, par laquelle les suisses ont décidé à une large majorité de voter une aide de 650 millions d'euros aux dix nouveaux pays ayant intégré l'UE en 2004.
Au delà de la beauté du geste, qui est conforme à l'intérêt bien compris de la Confédération helvétique qui a plus à gagner à avoir dix clients potentiels à l'est que dix voisins pauvres, la suisse fait un superbe pied de nez à l'UE en panne depuis l'échec du TCE, après le piteux échec du sommet de Bruxelles en juin 2005, où les aides espérées par les pays entrants n'avaient pas été dégagées.
Dire que c'est un pays qui a dit non à l'Espace Economique Européen en 1992 qui vole au secours d'une union de 27 pays.
Et si c'était ça, le plan B des partisans du non : faire payer les suisses ?

30 juin 2006

Publius n'est pas mort

Publius n'est pas mort. Merci de vos commentaires et emails, reçus après ce funeste billet que beaucoup d'entre vous ont pris comme un acte de décès définitif.

Nous avons trouvé un chevalier blanc, qui va permettre de maintenir en ligne nos précieuses archives (les 15.000 commentaires déposés au cours de la campagne de l'année dernière seraient un bon sujet d'étude sociologique), et nous fournir une plate-forme moins coûteuse, gratuite, même. Il va juste vous falloir noter dans vos tablettes l'adresse www.publius.fr, et oublier bientôt publiusleuropeen.typepad.com, mettre à jour vos flux RSS. Nous allons déménager.

Ce déménagement sera l'occasion d'un redémarrage, beaucoup d'entre nous le souhaitent. Cela passe par l'intégration de nouveaux auteurs. Ceux qui souhaitent participer à l'aventure et écrire avec nous sont les bienvenus. L'idée est de respecter l'esprit qui a présidé à la fondation de cet espace. Ca fera peut-être plaisir à Brice Couturier, qui nous avait cité récemment (le 15 juin dernier) dans Cause Commune.

Il suffit de nous écrire. Et on discute.

05 juin 2006

Publius, et après ?

Voilà. Un an, donc.

Ce blog a été lancé en novembre 2004, et a joué un rôle pendant la campagne du referendum. Depuis, cela est flagrant, nous cherchons notre voie, alternant périodes de calme et regains d'intérêt. L'audience, depuis l'échauffement incroyable de début 2005, est un peu retombée, sans être nulle : de nombreux fidèles lecteurs scrutent encore ce qui demeure un lieu d'échange et d'information.

Publius a joué un rôle. Je pense pouvoir dire, sans trop de prétention, que nous avons ouvert une voie à d'autres, en montrant qu'il était possible de parler largement d'Europe, sans être intransigeant ni béat, ouvert à l'échange, exigeant sur la réalité, en apportant une valeur au débat. Depuis le referendum, de nombreux blogs ont émergé, et une petite euro-blogosphère a germé. Le referendum aura d'ailleurs eu cette vertu : révéler au plus grand nombre l'importance de ce nouvel espace de débat et de mobilisation qu'est internet.

De notre coté, auteurs et initiateurs de ce projet, nous avons tous une actualité professionnelle chargée. Nous ne sommes pas des professionnels de l'Europe, ni de la politique, mais de simples citoyens, qui, avec la lumière de notre expertise ou de notre volonté, avons voulu, à un moment, apporter notre pierre à un débat majeur. Nous n'avons plus vraiment le temps ou l'énergie pour prolonger cette intention dans un projet qui s'engage sur la durée. Je crois pouvoir dire que nos convictions européennes restent, mais que le quotidien nous rattrape, tout simplement.

Je voudrais remercier tous ceux qui ont participé à cette aventure d'une richesse incroyable. Les fondateurs de la première heure, qui ont répondu à un petit appel lancé sur un obscur blog en octobre 2004 ; ceux qui nous ont rejoint par la suite, avant ou après le vote du 29 mai ; les commentateurs hyperactifs du site, qui ont déposé des milliers de commentaires en quelques mois, les visiteurs anonymes (500.000 au bas mot) qui sont passés sur ces modestes pages. A titre tout à fait personnel, je voudrais remercier et féliciter a fistful of euros, inspirateur de première date de ce site et qui, bon an mal an, tient son exemplarité de blog pan-européen, contribuant à sa façon à faire émerger un embryon d'opinion publique européenne.

Publius, dans sa forme actuelle, devrait donc sans doute s'arrêter sous peu. Poster une note tous les quinze jours est indigne de l'exigence que nous avons pour ce site. Nous aimerions étudier, avec toute personne ou organisation qui serait intéressée, la manière de prolonger cette histoire dans l'esprit qui a présidé à sa création et à son succès : ouverture et pluralisme, exigence et réalisme, concentration sur les affaires européennes.

Vous pouvez nous contacter à publius.europe@gmail.com

12 mai 2006

L'Estonie ratifie le traité constitutionnel

EstonieMardi l'Estonie est devenu le quinzième Etat membre à ratifier le traité établissant une constitution pour l'Europe. Le Parlement estonien qui, comme nous l'apprenait Emmanuel dans une précédent note, s'appelle le Riigikogu, s'est en effet prononcé à 73 voix pour et une voix contre (pas d'abstention) en faveur dudit traité.

Pas de quoi toutefois faire sortir l'Union de la période de léthargie réflexion dans laquelle elle est entrée suite aux référendums français et néerlandais. José Manuel Barroso a d'ailleurs salué cette ratification en annonçant que rien ne se passera avant 2008.

Le timing du vote du Parlement estonien peut néanmoins avoir son intérêt pour le pays, au moment où se négocie la prochaine adhésion des Etats baltes à la zone euro. Le gouvernement estonien table en effet sur une adhésion début 2008. Il ne fait pas de mal dans ce contexte de rappeler son attachement au projet européen, pensent bon nombre de parlementaires estoniens. Ca pourra, le moment venu, décider d'une interprétation "souple" des critères de Maastricht. Pour le moment, l'Estonie remplit les critères concernant le déficit budgétaire (qui est en fait un excédent en Estonie) et la dette publique (la plus faible des 25), mais butte encore sur l'inflation qui s'est élevée à 4.1% en 2005.

La Finlande, qui prendra la présidence tournante de l'Union début juillet, devrait être le prochain Etat membre à ratifier le traité constitutionnel. Parmi les huit pays ne s'étant pas encore prononcé, elle est le seul à n'avoir pas reporté à une date ultérieure non définie l'examen de la question.

24 octobre 2005

Intermède d'autopromotion

Publius, il y a quelques mois, avait connu sa première heure de célébrité en remportant, au nez et à la barbe de ce lot de têtes d'oeufs, un premier trophée, que nous exhibons toujours fièrement dans la colonne de gauche de ce blog. Nous emportions le trophée de la meilleure couverture de l'UE, aux Satin Pajama Awards du blog européen de référence, A fistful of Euros. Cette récompense soulignait l'espoir mis en ce blog par quelques dizaines de personnes (mais des dizaines qui nous faisaient connaître à des milliers de blogueurs européens). Nous le prenions à ce titre, comme une marque de confiance à confirmer.

[violons] Depuis, de l'eau a coulé sous les ponts, le referendum est passé, Publius mène sa barque dans les flots de la minuscule blogosphère qui parle effectivement de l'Europe. Quelques mois après les vifs échanges sur le referendum, et quelques années avant la fin de l'idée d'Europe, le sujet reste actif, et tout le monde n'a pas déserté Publius, au contraire, l'équipe s'est même renforcée. [/violons]

C'est donc le moment de dire si vous avez apprécié le rôle joué par Publius dans la campagne (et l'appréciez toujours), en allant soutenir ce blog dans la compétition des Best Of Blogs (les BOBs, décidément, ces, allemands !), organisée par Deutsche Welle. Publius concourt dans la catégorie "meilleur blog journalistique français". Cette catégorie réunit des initiatives diverses, dont le bon blog de Gilles Klein, ou le journal de Chine de Pierre Haski. On y trouve aussi Agoravox, qui n'est pas du tout un blog au sens propre du terme, mais un agrégateur d'articles, un "journal citoyen", qui fait du grassroot journalism à la Dan Gillmor ou ohmynews. Je ne connais pas les autres participants, mais l'important est bien que tout le monde participe, et que Publius gagne à la fin.

Vous savez bien que les breloques et médailles, et la vanité qui va avec, sont des moteurs des entreprises bénévoles. Et que, si nous pouvons accrocher une nouvelle vignette à la colonne de ce blog, nous n'en serons que plus motivés, actifs et investis. Votez donc pour Publius !

05 octobre 2005

Vous voulez passer à la télé ?

Un petit message qui sort du strict cadre de ce blog. France 2 recherche des participants pour son émission "J'ai rendez-vous avec vous" de dimanche prochain (le 9 octobre). Le thème de l'émission sera l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne. Si vous pensez avoir des choses à dire sur le sujet, que vous soyez pour ou que vous soyez contre, vous pouvez contacter Caroline Vergnet, l'assistante de Rachid Arhab (qui anime l'émission) au 01 56 22 42 55 ou par mail : rdv@france2.fr

Quelques mots sur le déroulement de l'émission. Elle a lieu le dimanche, en direct, après le journal de 13h et dure une petite demi-heure il me semble. Son but est de donner la parole aux citoyens "anonymes" sur des sujets d'actualité. Si vous voulez voir à quoi ça ressemble, les derniers numéros sont visibles sur le site de France 2. Si vous avez à vous déplacer pour assister à l'émission, France 2 prendra en charge vos frais. Voilà, si vous avez des questions, contactez plutôt directement Caroline, car je ne pourrai pas vous en dire beaucoup plus (même si j'ai participé à l'émission il y a quelques mois à propos du référendum).