En Europe, dans le cadre de la Politique Agricole Commune, la production du lait est l'une des productions les plus administrées : outre un prix garanti au producteur par l'Union Européenne, les producteurs bénéficient de la propriété et de la capacité à revendre des quotas autorisés de production qui font donc partie intégrante du capital de leur entreprise.
Ce lait, subventionné, est donc sur-payé deux fois par le consommateur : une fois par le biais de l'impôt versé à l'Europe puis reversé au producteur, une seconde fois par le prix lui-même du produit, maintenu artificiellement au dessus du cours mondial, toujours dans le cadre de la politique agricole commune.
Le système des quotas mais aussi et surtout l'administration de la production exercée par les services du Ministère de l'Agriculture interdit de surcroit aux éleveurs performants de produire davantage : en effet, il est jugé plus important de maintenir artificiellement l'existence de débouchés réels pour des productions peu rentables sans démarche qualité annexe comme le lait de montagne que de favoriser la fourniture d'une plus grande quantité de lait à un monde qui a faim. Alors qu'une certaine logique inciterait par exemple à une meilleure valorisation de ce produit spécifique qu'est le lait de montagne, comme cela se fait par exemple en fromagerie ou dans les filières haut de gamme.
Il est depuis longtemps envisagé en Europe de réformer ce système : l'efficacité de l'opposition française à de tels progrès doit beaucoup à l'influence de quelques élus locaux issus des circonscriptions de production laitière en montagne devenus de grands spécialistes des affaires laitières, et, par voie de conséquence, européennes. Le plus célèbre sans doute d'entre eux est certainement Michel Barnier, ex-élu local de Savoie (premier départementde production laitière de montagne de France), actuellement Ministre de l'Agriculture, qu'on annonce comme tête de liste UMP dans le Grand-Est et probable candidat de la France à un poste de Commissaire Européen.

Votre article est faux.
Avec le découplage des aides, le soutiens par les prix n'existe plus, et c'est bien le prix mondial qui sert de référence.
A l'exception des quotas, la PAC est de nature libérale aujourd'hui, ce qui n'est pas pour vous déplaire. Rassurez vous d'ailleurs, les quotas disparaissent en 2015.
Et vous n'irez pas pleurer sur les producteurs de montagnes, ils ne vous intéressent pas.
Rédigé par : Ben93 | 15 décembre 2008 à 11:27
Une observation : n'importe lequel des lecteurs de Publius peut vérifier, par exemple, par une requête sur "Prix du lait" dans Google l'exactitude de mes affirmations et des vôtres.
Par exemple, en s'intéressant aux négociations encadrées par .... le Ministère de l'Agriculture entre producteurs de transformeurs de lait :
http://www.europe1.fr/Info/Actualite-France/Economie/Prix-du-lait-les-producteurs-mobilises-dans-l-ouest/(gid)/176207
qui me semblent fort éloignées d'un renoncement au soutien des prix par le découplage des aides. Mais, je vous le concède, le subventionnement direct à l'agriculture de montagne au titre d'un certain service public est désormais bien plus explicite qu'il ne l'était il y a deux ans.
Sur le fond, vous l'avez très bien compris, je remarque surtout que, défection de Rama Yade ou pas, l'UMP semble choisir une stratégie clientéliste pour maximiser son nombre de députés au Parlement Européen.
Ce qui est un peu trompeur, dans ce cas, c'est que l'influence des députés européens sur le processus est à peu près nulle. Quand aux autres pays européens, je suppose qu'ils ne seront pas assez stupides pour laisser à Mr Barnier les moyens d'un clientélisme avec lequel il pourrait d'ailleurs souhaiter rompre.
Mieux encore : le départ de Michel Barnier du ministère de l'agriculture augure à mon avis de jours bien plus sombres pour l'élevage de montagne que son éventuelle arrivée à la Commission Européenne.
Rédigé par : Gus | 15 décembre 2008 à 14:10