Non pas que la presse française, accaparée par la promotion de l'action de cette récente innovation institutionnelle qu'est le Président de l'Europe s'en fasse l'écho : mais certains signes, comme la présence sur le même plateau de Daniel Cohn-Bendit et Valéry Giscard d'Estaing me semblent significatifs.
Au milieu de quelques arguments connus, on notera chez Cohn-Bendit une affirmation intéressante sur les qualités attendues d'un Président de la Commission Européen, c'est à dire, du Président de ce qui fait faute de mieux fonction de gouvernement européen comme on a tendance à l'oublier au cours des présidences françaises du Conseil. Cette affirmation est l'importance des convictions pour l'homme ou la femme exerçant un tel poste. Je ne suis pour ma part pas réellement certain que la diabolisation de ses adversaires, pendant de cette stratégie consistant à qualifier les convictions réputées définitives de ses interlocuteurs comme bonnes ou mauvaises soit le meilleur moyen de construire effectivement le rassemblement préalable à la création de quelque europe légitime que ce soit.
NB hors sujet : j'apprécie la franchise de Bernard Kouchner : "je pense que j’ai eu tort de demander un secrétariat d’Etat aux droits de l’Homme. C’est une erreur. Car il y a contradiction permanente entre les droits de l’Homme et la politique étrangère d’un Etat, même en France". C'est exactement pour cette raison que je ne parviens pas à me convaincre de l'idée selon laquelle donner une sorte de Ministre des Affaires étrangères et une politique étrangère à l'Union soit une bonne idée. Je tiens cependant à souligner que Bernard Kouchner a ensuite ajouté "Vous ne pouvez pas tout faire respecter, et par conséquent vous êtes attaqué en permanence. Même quand vous agissez".

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