Un protectionnisme mal assumé
C'est dans cette unisson des déclarations des deux rives de l'atlantique à laquelle il faudra certainement apprendre à s'habituer que la Commissaire Européenne Meglena Kuneva et son homologue nord-américaine Nancy Nord ont choisi de souligner l'existence de rappels de produits, et notamment de jouets chinois.
Nul doute que Pékin verra dans ces affirmations d'excellentes raisons d'accroitre le contrôle déjà certainement considérable qu'il exerce sur son économie, tentation à laquelle il n'a pas l'habitude de résister.
Les positions des commissaires européens et de leurs homologues américains me semblent quelque peu hypocrites : après tout, la Chine est désormais l'atelier du monde : remarquer que la production qui en sort n'est pas parfaite serait bienvenu si tel n'était pas le cas en Europe et aux USA. On peut au moins reconnaitre à la Chine de ne guère aider ses exportateurs à masquer leurs fautes, là où, en France du moins, on observe une longue et persistante tradition de l'état à aider son industrie à cacher ses erreurs (amiante, pyralène, PCB, nucléaire, incinérateurs, etc.) dont saura certainement s'inspirer la Chine un jour. Mais peut-être témoignent-elles de la future orientation des négociations qui devraient reprendre à Doha, au motif, nous affirme-t-on, de la "crise financière". C'est toujours rassurant de savoir qu'avant cette crise, tout allait probablement fort bien pour tout le monde.

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