Payés à ne rien voir
S'il est bien un travail qu'une administration remplira toujours admirablement, c'est de ne surtout pas trouver ce qu'elle a pour mission et souvent monopole de trouver. Ne serait-ce que pour cette raison, les pires administrations ont un rôle et une place pleine et entière dans l'ordre capitaliste le plus sauvage qui puisse être. Une telle société ne pourrait d'ailleurs exister sans elles pour soutenir les industriels fautifs à l'heure de l'épreuve.
J'entends qu'on semble découvrir récemment que certains produits, y compris cosmétiques, y compris particulièrement destinés aux jeunes enfants et à leurs parents, tels des jouets et cosmétiques, se seraient révélés dangereux pour leur santé. J'entends qu'on semble découvrir que l'usage de pesticides, y compris par des professionnels qualifiés, serait dangereux pour la santé de ceux qui les épandent. J'entends que des chercheurs autrichiens auraient influencé des conséquences mesurables découlant de la consommation de céréales génétiquement modifiées.
Qui donc a rendu la commercialisation de ces produits possible en Europe ?
Au coeur de chacune de ses affaires, existe une administration européenne. Les administrations, nationales ou régionales, ont en effet le détestable défaut d'être perméables aux arguments des citoyens, ou, ce qui semblera toujours bien pire aux capitalistes, des élus. Une administration européenne n'a pas ce défaut. Ainsi peut-elle exercer son mandat : n'interdire que ce qui est prouvé comme étant dangereux pour l'homme en s'interdisant par ailleurs de chercher à le déterminer. Et, pour éviter toute contestation, refuser de prendre en compte les éléments portés par des parties non-qualifiées (des scientifiques amateurs), mais prendre en compte les arguments des fabricants, quel que soit leur qualification à parler.
Je veux bien qu'on en conclue qu'il faut plus d'Europe : mais certainement pas n'importe laquelle.

N'est-ce pas l'objectif de REACH ? Mais qui, je crois, a une application dans de nombreuses années...
Rédigé par: Olympe | 25 novembre 2008 at 18:07
REACH, comme le soulignait récemment NKM, repose sur l'auto-contrôle, c'est à dire, l'évaluation par le producteur de la toxicité de ce qu'il fait profession de vendre. C'est ce que je nomme "prendre en compte les arguments des fabricants, quel que soit leur qualification à parler."
Rédigé par: Gus | 25 novembre 2008 at 19:30