Personne n'avait semble-t-il perçu qu'aux yeux de quiconque travaille dans le monde réel, les appels qu'il faut bien encore quelque temps qualifier d'européens à la régulation et l'assurance par l'état des entreprises, des investissements, du capital et de la rente contrastaient douloureusement avec la continuation à l'identique de la suppression des protections des simples personnes physiques, simples travailleurs, auxquels on prétend désormais rendre service en leur imposant de souhaiter partir en retraite pour effectivement y parvenir avant 70 ans.
J'aurais pourtant pensé que ce paternalisme de bon aloi d'un employeur nécessairement plus avisé que son salarié car capitaliste, et donc, non seulement plus utile à la société mais plus clairvoyant que ses salariés par lequel celui-ci pouvait déterminer si un travailleur était encore ou non assez productif était dans un certain air du temps. Et, on le sait, en Europe, on ne rigole pas avec la productivité du travailleur.
Concédons à l'Europe de ne pas ménager son talent diplomatique pour essayer d'expliquer aussi poliment que possible au sauveur de la Géorgie que ses idées ne recueillent pas le consensus requis pour dépasser le stade des gros titres du journal de France 2. Admirons chez Jean-Claude Juncker de réelles qualités de diplomate à avoir sû avaler l'affront, on le sait, terrible, que de voir son pays faire la redoutée Une du journal de France 2. On ne s'étonnera alors guère de l'absence totale de concessions faite par la future Présidence tchèque à la Présidence français malgré la récente convocation de l'Elysée de ses représentants s'interrogeant sur l'activisme certes tout à fait normal dont fait actuellement preuve la Tchéquie qui doit prendre ses fonctions dans moins de soixante jours, mais qui a aussi le tragique défaut de contredire absolument les actuelles positions françaises.
Et pour cause ! L'on peut en effet, en France comme en Europe, s'inspirer du programme néo-conservateur américain à condition de ne pas oublier, par exemple, que la plus large ouverture des frontières à l'immigration était un élément fondamental du projet de société de Georges Bush, et sans doute, l'une de ses plus grandes réusssites. Car, comment, autrement, fournir "au marché" une main d'oeuvre d'une servilité et d'un dévouement suffisant pour supporter un tel contraste entre la protection du capital et le libéralisme pour les travailleurs ?

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