L'entrée de la Tchéquie dans l'Euro retardée.
La majorité tchèque de centre droit élue début 2007 fait de longue date le pari du developpement de son économie par le marché intérieur. Le succès auprès des riches touristes allemands de ce petit pays n'est sans doute pas la seule source d'une croissance enviable.
Zdenek Tuma, gouverneur de la Banque Centrale Tchèque a cependant un peu surpris son auditoire en affirmant que, selon lui, les banques tchèques n'avaient pas besoin de courir les marchés internationaux pour trouver des placements dont le compromis rentabilité/sécurité suffisait à l'avidité de leurs clients. Car c'est une manière polie d'affirmer que les banques tchèques sont probablement moins exposées à la crise bancaire que les banques de la zone euro.
Au vu des récentes décisions claironnées dans tout ce que le monde de la finance peut compter de trompes et crieurs, les tchèques peuvent en effet raisonnablement considérer que le G7/8 + l'Eurogroupe sont déjà près à payer fort cher pour limiter l'impact de la crise bancaire sur l'économie réelle, et donc, que la Tchéquie peut à bon compte s'exonérer de participer à cet effort particulier pour n'intégrer la zone euro qu'une fois les factures de la crise bancaires couverte : au plus grand profit de ses citoyens, évidemment.
Leur en voudra-t-on ? Si oui, il faut se souvenir que les pays de la zone Euro se sont permis le luxe, en décembre dernier, de refuser un candidat qui rentrait d'ailleurs bien mieux dans les critères du pacte de stabilité que nombre d'actuels signataires. Pourtant, même en décembre dernier, il existait quelques raisons de penser que l'on ne serait pas de trop, dans la zone Euro, pour affronter les nuages qui s'ammoncelaient visiblement depuis l'été dernier. Pour cette raison, la Tchéquie aura beau jeu de dire qu'elle ne fait que s'adapter à la politique librement déterminée par l'Eurogroupe.

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