Ségolène Royal vient de proposer la création d'un Ministère du Développement Economique commun à la France et l'Allemagne, en sous-entendant clairement que la croissance verte pourrait être un moteur de la relance économique, ardemment et fort logiquement souhaitée en réponse à la crise bancaire.
Je ne puis que soutenir une telle initiative dès lors que son objectif serait bien de mutualiser des moyens et associer des esprits aux préjugés notoirement aussi différents que deux Parlements (ou deux élites scientifiques) aux processus de décision. Je ne peux d'ailleurs que me réjouir à l'idée de voir se créer de nouveaux obstacles à l'une des formes de subventionnement public de telle industrie privée, comme par exemple, l'industrie de la culture, sous couvert de politique de relance. Je ne suis d'ailleurs pas surpris de trouver les plus virulents critiques de cette proposition parmi les rangs de l'UMP.
Je constate cependant qu'une telle proposition, toute sensée qu'elle soit, s'éloigne de l'esprit européen, qui voudrait plutôt qu'on transfère telle responsabilité à l'Europe. Il serait d'ailleurs logique de proposer à la Commission Européenne de s'emparer du sujet, puis alors, ne poursuivre qu'en cas de refus de la Commission, lequel n'aura pas lieu : la chose se traitant, pour l'essentiel, à la majorité qualifiée, elle a même de bonns chances d'aboutir : mais à quoi ? Très certainement, un nouveau fromage européen avec une part pour chacun des vingt-sept, sans légitimité ni gouvernance. C'est pourquoi je soutiens la proposition de Ségolène Royal : parce qu'elle a une chance d'aboutir à quelque chose d'utile et que, dans le cas contraire, rien ne sera plus aisé que d'y mettre fin.
Je me permets aussi, en toute immodestie, de suggérer à Ségolène Royal de proposer la création d'une banque publique européenne de financement des PMEs.
Add. : Je partage l'analyse de Rue89 : les plus récentes propositions de Ségolène Royal me semblent nettement plus à gauche, notamment, que celles portées par Hamon, qui font explicitement référence aux idées fondatrices de l'Europe de Delors : néo-keynésianisme et régulation mondiale, c'est à dire, Législation "taille unique" pour tous, lobbying érigé au rang d'activisme légitime, gouvernement par les sondages, dirigisme économique et gros fromages pour crânes d'oeufs. Principes généraux dont l'actuelle Union Européenne est l'exacte mise en oeuvre, dont, on le sait, je ne me satisfais guère.
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