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11 octobre 2008

Amnistie fiscale et Eurogroupe

Christine Lagarde l'annonce : le sommet de l'Eurogroupe de demain aura pour but d'aller plus loin que les engagements obtenus au G7, c'est à dire, l'engagement des membres du G7 à ne laisser aucune banque faire faillite, ce qui est déjà parfaitement irréaliste si on regarde la crédibilité de certains états signataires et la taille de leur secteur bancaire national.

Ce qui veut notamment dire que ce plan n'a aucune chance de tenir ses promesses à moins que les états crédibles, aux yeux des épargnants, en matière de gestion des finances publiques de la zone Euro, acceptent, demain, de se porter caution pour les états qui ne le sont pas.

La concurrence des services financiers au sein du marché commun a eu pour conséquence, attendue et souhaitée, de rogner les marges des banques, au plus grand profit des Etats avides de prêts au plus faible prix concevable pour combler leurs déficits publics structurels.

Elle a aussi eu pour conséquence d'augmenter la capacité d'emprunt des ménages, et donc, le prix maximum que pouvaient payer les générations montantes pour leur logement, avec les conséquences que vous connaissez.

Mais elle a également eu pour conséquence d'inciter certaines banques à offrir des taux de rémunération nettement plus élevés que la norme locale pour les dépôts : simple pratique ordinaire de la concurrence.

Mais, associée à une pratique fiscale avantageuse pour les résidents étrangers, même européens, elle a favorisé une réelle émigration des riches inactifs vers les pays limitrophes des états où ils sont les plus taxés, parmi lesquels, la France. Il est à ce sujet intéressant de noter que personne ne s'est jamais plaint de cette intéressante forme de discrimination qu'est la discrimination fiscale positive entre citoyens de l'Union et nationaux : mais, vous connaissez la chanson, les vieux riches paient cher, injectent de l'argent dans l'économie "nationale", etc...

Mais comment donc les banques locales de ces pays pratiquant la discrimination fiscale positive envers les riches citoyens européens parvenaient-elles à servir de meilleurs rendements pour les placements que les autres ? C'est fort simple : en prenant plus de risques sur les marchés financiers.

Qu'en conclure ? Que les banques des états pratiquant la discrimination fiscale et bancaire positive vis à vis des citoyens étrangers de l'Union ont des secteurs bancaires à la fois hypertrophiés et surexposés. On pourrait ajouter que, dans ce cas, les rémunérations élevées observées dans le secteur bancaire y attirent les meilleurs jeunes esprits, lesquels ne sont alors plus disponibles pour les activités génératrices de croissance durable : science, technique, industrie, recherche, etc. . Et donc, qu'on peut par ailleurs imaginer que ces nations sont moins à même de générer à terme une croissance qui ne soit pas d'origine bancaire que d'autres n'ayant pas fait ce pari. Ce qui implique que les gouvernements de ces états sont moins crédibles pour emprunter sur les marchés financiers.

Vous devez à ce stade voir le schéma d'ensemble : la concurrence des services financiers au sein de la zone Euro a favorisé la concentration du risque bancaire dans certaines zones géographiques bien précises, agissant à l'abri d'un parapluie règlementaire et législatif adapté. Qui s'en étonnera ? C'est l'exact résultat prédit par la théorie, et le plus souvent l'effet recherché ! Mais vous comprendrez alors pareillement que certaines nations de l'Eurogroupe, s'estimant moins exposées que d'autres, n'aient pas envie de payer pour des nations qui, depuis des années, attirent sur leurs sols leurs plus riches citoyens avec une législation fiscale et bancaire plus accomodante à leurs yeux que la législation nationale !

Pour cette raison, je doute que l'Eurogroupe parvienne à de grandes annonces demain. Même si, et ce n'est pas un soutien négligeable, le gouvernement français prend clairement le parti de l'intérêt des riches inactifs alors même qu'au vu de sa règlementation bancaire et fiscale, son solde migratoire de riches inactifs est certainement très déficitaire.

Imaginons que l'Eurogroupe ne parvienne pas à un accord de solidarité entre états-membres demain : nous savons déjà que l'accord au G7 interdit à certains membres de l'Eurogroupe d'accepter la faillite de quelque banque nationale que ce soit : l'accord à l'Eurogroupe ne peut donc aboutir qu'à une solidarité globale soit de l'Eurogroupe, soit d'un sous-ensemble de l'Eurogroupe, vis à vis de la totalité de leur secteur bancaire commun : c'est à dire, demander au plus vertueux de la zone Euro de payer pour le pire. Comprenez que l'on puisse douter : alors, que se passera-t-il en cas d'échec ?

En cas d'échec, chaque état se démerdera avec ses banques et les alliés qu'il pourra trouver : ses propres citoyens, par exemple.

Mais alors, il est fort probable que les alliés de circonstances souhaitent limiter leur investissement au maximum : par exemple, comme c'est déjà le cas pour l'Irlande, exiger le gel des comptes ouverts dans les banques nationales par les citoyens étrangers.

Vous en conviendrez sans doute, un riche inactif, n'ayant que ça à foutre de gérer son fric, sait parfaitement tout ce que j'explique ici : donc, notamment, certains riches français résident dans certains états accueillants envers eux de la zone Euro envisagent de transférer en urgence leur capital dans les banques françaises.

Mais, évidemment, ce transfert donne à l'administration fiscale français la possibilité de s'interroger sur l'origine de ces capitaux !

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Voici les sites qui parlent de Amnistie fiscale et Eurogroupe :

Commentaires

Encore une fois intéressant. Mais comment savoir si le gouvernement français prendra parti pour les riches inactifs? Parce qu'il prône justement une solidarité européenne?

Et parmi les pays non crédibles, à part le Royaume Uni il y a qui?

Le Royaume-Uni me semble plus crédible, notamment comme état emprunteur que l'Italie, ou la Hongrie. Je ne connais pas les systèmes bancaires espagnols et portugais, sinon.

Je vous avoue ne pas encore avoir compris quelle raison avait l'état français d'intervenir pour sauver cette banque belge sauf erreur de ma part qu'était Dexia. Mais vous devez vous souvenir du fait que la Belgique était citée comme le pays d'émigration féithce des riches exilés fiscaux que le bouclier fiscal avait pour vocation de faire revenir ?

Aaaah, je comprends mieux pourquoi le gouvernement commence a parler d'une amnistie fiscale pour les français qui rapatrieraient leurs capitaux...

Faudrait pas avoir a fouiller dans les affaires de nos riches "investisseurs". Vu que c'est grâce a eux que l'économie Française marche. Ah non l'économie va pas bien ?

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