A votre bon coeur...
Le sujet du jour ne sera pas directement lié à l'actualité européenne, si ce n'est pas l'historique des déclarations tant rassurantes que si nettement tronquées des institutions sur les conséquences réelles de la crise financière, qui m'aura fourni le prétexte d'un bel exposé démontrant en quoi les traités européens ne pèsent que fort peu de chose dès lors que l'intérêt du capital est en jeu d'une part, et que c'est encore avec une certaine constance que, depuis sa fondation, la BCE semble préférer fixer sa conduite en vertu de principes fort éloignés de sa raison d'être.
Alors que le débat sur les normes comptables, c'est à dire, le niveau auquel les banques sont autorisées à inscrire à leur bilan la supposée valeur de leurs actifs fait encore débat, Goldman Sachs déclare estimer qu'en l'état, les banques européennes devraient lever entre 60 et 90 milliards d'euros pour présenter des comptes équilibrés après avoir déjà levé 300 milliards de dollars à niveau mondial pour couvrir 400 milliards de dépréciations connues à ce jour. Rappellons pour mémoire que la gamelle de la société générale était une gamelle à 5 milliards.
Mais qu'implique exactement ces levées de fond ? C'est fort simple : il faut que de gentils capitalistes daignent confier aux banques imprévoyantes leurs capitaux en garantie des actifs acquis par les banques ou leurs satellites de sorte à ce que le marché garde confiance en la capacité de la banque à rendre l'argent qui a été déposé chez elle. Car, à la différence de la sidérurgie et même dans le grand marché commun de la concurrence libre et non-faussée, l'industrie bancaire se distingue de toutes les autres par le fait qu'en pratique, elle a chéquier ouvert à la BCE pour éviter la faillite de l'un ou l'autre de ses membres, ceci n'interdisant pas que dans la mesure du possible, on cherche à laisser ce travail de recapitalisation aux fonds privés. Cherchiez-vous une bonne raison de faire des études financières plutôt que des études scientifiques ? La voilà : on peut toujours fermer un labo de recherche, mais on ne peut pas fermer une banque en Europe.
En théorie, on nous explique que pour faire de la croissance, une économie a besoin de capitaux qui s'investissent dans les activités économiques porteuses. Soit. Mais par définition, les capitaux auxquels les banques font appel pour être recapitalisées ne peuvent pas s'investir dans les industries de croissance : voilà autant de moins pour l'emploi, les déficits publics, la prospérité du pays, etc. . Et quelle pression existe-t-il sur les banques pour mettre fin à une telle situation ? Si vous trouvez une réponse, n'hésitez pas à commenter.
Mais, rassurez-vous, face à ces évènements d'ailleurs annoncés depuis toujours, il est probable qu'on cogite beaucoup, entre spécialistes. Nul doute que cette réflexion, parfaitement à l'abri de l'influence politique ou de quelque regard citoyen que ce soit, ne saura que produire en temps et heure la meilleure réponse imaginable, parole de spécialiste. S'il faut bien reconnaître un rôle social fondamental à l'euro, c'est bien celui-ci : être parvenu dans les faits à mettre la politique monétaire entre les mains du capital, en contrepartie de quoi les capitalistes, au vu de telles fortes contreparties qui ne constituent rien de moins que des transferts de souveraineté et une prise sur l'épargne des ménages, ont bien voulu financer des déficits publics en croissance exponentielle.
Add. : on aura au moins retrouvé l'origine de 68 des 90 milliards de trou. A moins que non.
Add.2 : Rubin Sfadj signale la publication d'une excellente série d'articles sur la crise des subprimes sur l'excellent VoxEU.

La crise des subprimes a été un énorme gâchis d'argent, certes, tout cela a été dit et redit.
Maintenant, il y avait le choix :
version 1
soit on s'efforce à ce que les banques mondialement soient solidaires et chacune prend sa part du gadin, en tutilisant les garanties locales (ici européennes) auxquelles tu fais référence.
version 2
soit on ne fait rien, on regarde le système financier américain s'écrouler en agitant un mouchoir blanc de la main gauche, puis nous et l'Asie avec par contre-coups.
Là où ton raisonnement explose.
version 1
La crise des subprimes est en effet un énorme gâchis, mais une fois les comptes épongés avec l'activité normale (qui n'aura pas disparue) on pourra à nouveau se battre sur plus de croissance.
version 2
Le système bancaire s'écroule, des familles meurent de faim, les systèmes sociaux afférents s'écroulent, des pays peuvent donc tomber par voix de vote dans le fachisme, le communisme ou le national-scialisme (c'est déjà arrivé)
Et je ne sais pas mais tu viens de planter les perspectives de croissance pour longtemps, mais peut être les perspectives de paix pour très longtemps encore.
On pourrait même croire que le mieux aussi cela aurait été de ne pas arrêter les marchés financiers de New York, après le 11 septembre, et prendre aussi le risque d'une panique globale.
Soyons libéraux et cons quoi...
Généralement les libéraux ne le sont pas jusqu'à ce point.
Parfois, il faut laisser l'argent à la place qu'il mérite et prendre en considération d'autres paramètres plus graves.
L'emploi de ces mécanismes pour des crises graves ne me choquent nullement.
PS : je ne vois pas ce que la gamelle Société Générale vient faire dans le débat de l'article, à moins pour renforcer sa "teinte populiste".
Rédigé par: thierryl | 07 juillet 2008 at 00:35
Ah oui et au fait... en cas de système bancaire au tapis, je crois que tes labos de recherche, ne sont plus sur la liste des priorités gouvernementales.
Rédigé par: thierryl | 07 juillet 2008 at 00:37
Comme cela a été abondamment commenté ici depuis le 27 août 2007, nous savons tous que nul gouvernement classique ne prendra de sitôt le risque politique de laisser une banque s'affondrer : non pas par peur du communisme, mais surtout par peur de porter le chapeau d'une récession annoncée dès 1996 si ma mémoire est bonne, masquée par la bulle internet, dont la chute aura été masquée par une plus grosse bulle encore.
Vous évoquez à juste titre la question de justice sociale sous-jacente au système : mais expliquez moi quelle est donc cette forme de justice sociale qui met à contribution les générations futures pour fabriquer la prospérité du présent ? A en croire ce qu'en dit la presse, le recours au crédit progresse encore de 12% par an en europe : nous sommes donc loin d'un risque d'effondrement du système qui repose davantage sur un accroissement continu du recours au crédit que sur la solidité particulière d'une banque. Je ne suis d'ailleurs pas certain qu'il puisse exister de capitalisme de libre entreprise qui puisse fonctionner lorsque les acteurs trop défaillants ne sont pas tôt ou tard chassés du marché .
Le point à mon avis le plus intéressant à observer est que la BCE est la seule banque susceptible de ne pas être contrainte par le gouvernement du moment à sauver toute banque en difficulté. Pour l'instant, la BCE reste consciente de son indépendance toute relative des marchés financiers, l'un de ses rôles les plus importants restant de canaliser l'épargne en feignant une indépendance que nous savons très relative. Il sera alors très intéressant de voir ce qu'il en sera au juste lorsque, et ce n'est qu'une question de temps, une banque de la zone euro défaillera.
Rédigé par: Gus | 07 juillet 2008 at 07:28
Je ne vois pas où vous faites payer les générations futures, à moins que vous ne parliez de l'endettement des Etats. Il est tout à fait normal que les Etats s'endettent, cela dépend ce qu'ils font de cet argent ;-)
Je crois qu'en France, s'il y a des restructurations en cours, dans la Justice, la Santé, dans l'Armée, dans l'Audiovisuel, dans les Administrations centrales (réforme de l'Etat, Fillon), si on a posé comme objectif 1 remplacement de fonctionnaire pour 2 départs à la retraite c'est qu'il y a eu en effet des abus précédemment.
De la même manière lorsque l'on a profité de périodes de plein emploi, les caisses de retraite ne croyant pas aux cycles économiques, on a placé la barre très haut des pensions (notamment dans la fonction publique) et raccourci l'âge de départ de la retraite, on n'a pas non plus capitalisé une partie des sommes pour prévoir des situations moins favorables dans laquelle nous sommes aujourd'hui.
Mais il n'y a pas que l'Etat qui est fautif, lors de la belle période des années 80, les grandes entreprises ont surembauché en cadre ou futur cadre, à des niveaux de premier salaire que l'on retrouvera difficilement dans le futur. Cela a créé beaucoup de malheur subséquent, les départs à la retraite anticipé, et le blocage hors de l'emploi depuis le début des années 90 de générations successives de jeunes qui en fin de diplômes enchainent les situations précaires, ou se voient contraints de s'exporter.
Quand on regarde cette histoire, on se dit qu'il vaut mieux en effet naître à certaines dates plutôt que d'autres. Que les générations qui ont pris leur premier travail dans les années 60/70 vont conserver, par la "justice" intrinsèque du système de répartition, dans l'avenir une bulle de pouvoir d'achat que le reste de la société active est contraint par contrat initial de leur assurer.
Bref, nous n'avons pas fini de payer leurs belles années économiques, tout ceci par insouciance des gouvernements successifs.
Il y a eu aussi bien d'autres stupidités comme les accords de Grenelle de 68, où une hausse des salaires de 10% a été un chèque tiré sur les capacités d'investissements industriels et loin de nous renforcer au contraire nous a fait décrocher par rapport à l'Allemagne et au Japon.
Alors évidemment, si nous avions embauché raisonnablement lors des belles années, refusé d'étendre lourdement les droits sociaux alors que nous vivions un période exceptionnelle, capitalisé en vue des périodes de crises et puis refusé les augmentations de salaires violentes qui ont planté à un moment les capacité d'autofinancement des entreprises.
Bah, nous aurions des marges de manoeuvres confortables pour même dans une période comme aujoud'hui, envisager l'avenir plus sereinement.
Le seul ennui, c'est que les mauvaises habitudes empruntées à ces belles années, ont perdurées, que personne n'a intérêt individuellement de se serrer la ceinture vu que ce fonctionnement en période d'euphorie économique est inscrit dans le droit, et qu'à partir de maintenant, soit un gouvernement risque l'impopularité, soit il continue de planter les générations futures.
C'est à ce moment là que lorsque j'entendais que le "mieux" travailler au boulot, avec des pots de fleurs dans les bureaux de Ségolène Royal pour dégager des gains de productivité et puis de la croissance, me faisait vraiment vraiment rire...
Rédigé par: thierryl | 07 juillet 2008 at 11:05
Tiens : Münchau vient de publier un article expliquant en quoi "Recession isn't the worst possible outcome" :
http://www.ft.com/cms/s/0/8362b1d0-4b59-11dd-a490-000077b07658.html?nclick_check=1
En pointant notamment les très intéressants travaux de Minsky sur la question de la perte de confiance par les citoyens en l'économie et la monnaie.
Sinon, pour répondre à votre propos, je dirais que faire une distinction entre dette publique et dette privée n'a pas énormément de sens lorsqu'on se pose la question de savoir en quoi la politique monétaire peut contribuer à la prospérité des sociétés (capitalistes, libérales). Laurent Guerby est sur cette question un auteur francophone intéressant à lire ; Ceteris Paribus en deviendra rapidement un dès lors qu'il daignera admettre qu'il est un peu tard pour renier Maastricht.
Les sociétés européennes, comme la société américaine, vivent à crédit depuis 1974 : qu'importe de savoir si l'état paie 20.000 € pour soigner votre cancer ou si vous devez emprunter pour vous le payer vous-même ? L'important est de savoir si 20.000 € ont été "bien dépensés" pour soigner un cancer ou si l'on aurait pu arriver au même résultat avec moins de moyens, pour affecter les moyens excédentaires à d'autres fins, aussi bien gérées. La facilité d'accès au crédit dans laquelle ont sombré nos sociétés depuis Giscard nous a fait perdre de vue le fait que la prospérité vient de la production : que nous ne sommes riches que de ce que nous créons. Quoi que j'en dise, je sais très bien que la BCE, toute indépendante qu'elle est, ne peut pas davantage qu'un gouvernement endosser la responsabilité d'une récession (comme si celle provoquée par l'intégration des marchés en un marché commun n'était pas déjà assez couteuse, politiquement parlant...). Mais alors, qui permettra d'éviter cet "instant éternel de Minsky" qu'évoque Munchau ? Ce ne peut être qu'un acteur politique : soit par une action forte dans le genre de celle actuellement menée par Merkel, soit par un naufrage du politique.
Rédigé par: Gus | 07 juillet 2008 at 13:01
3 corrections Gus sur vos enthousiasmes :
1. une action forte de Merkel, je n'y crois guère, elle ne fait de politique que par coups opprtunistes, sa carrière et son action récente le prouvent.
S'il y a un prix du courage politique à réformer dans la douleur quitte à perdre son poste aux élections c'est celui de Schroeder, s'il ya une palme de l'opportunisme politique, c'est celui de Mekrkel qui a descendu Schroeder juste à ce moment là.
N'oublions pas non plus, à l'époque du couple Merkel/Chirac, la réunion des pays européens qu'elle a organisée sans la France, et le rapprochement unilatéral qu'elle a opéré avec les Etats-unis, profitant de l'occasion du froid Chirac/Bush.
En matière de couteaux plantés dans le dos, on a été servi par Merkel, qui est une grande politicienne, certes, mais avec un profil d'opportuniste et non de batisseur.
Dans le bouquin de Yasmina Rezza, on sent très bien que Sarkozy lui a forcé la main sur la réactivation du TCE sous forme de "mini-traité". Et ensuite, son action dès qu'il a été aux affaires, s'est traduite par la réactivation des anciennes alliances de la France , Etats-unis, Angleterre, Russie, juste pour bien signifier à cette brillante opportuniste quelle serait marquée à la culotte, et qu'il ne saurait y avoir d'Europe sous la coupe allemande soutenue par des pays d'Europe de l'Est sattellisés économiquement.
2. La facilité du crédit ne date pas de Giscard, je crois que Raymond Barre n'a pas laissé d'Etat endetté en 1981 (salué au passage par F.Bayrou pendant les présidentielles.)
Pour la facilité de crédit et l'embauche pléthorique de fonctionnaires, adressez vous aux deux présidents suivants.
3. Nous ne sommes pas seulement riche que de ce que nous créons, nous sommes riches aussi de l'influence politique exercée sur le monde et de la confiance que cela produit chez les banquiers, d'où leur facilité à prêter sans compter aux puissants (ce qui a toujours été leur talon d'Achille, l'argent n'a jamais manqué aux financiers, la soif d'influence politique les a toujours conduit à leur perte).
C'est vieux comme le monde...
Relisez l'Histoire de France, les banquiers n'ont cessé d'être les cocus des rois de France. Ce n'est pas demain que les bonnes habitudes vont se perdre.
Mieux encore, regardez le bel exemple des Etats-Unis...
Rédigé par: thierryl | 07 juillet 2008 at 14:34
Sinon je suis d'accord avec vous, on demande trop à la BCE qui n'a que des mandats restreints en comparaison de la FED.
Ce qui manque à la BCE, c'est un acteur politique en face d'elle, avec une stratégie économique de la zone euro. Sans cet aiguillon politique, bah ses capacités d'action sont plus encore limitée.
Il est possible que la pression que met Sarkozy sur la BCE soit plus dirigée vers les autres pays européens et particulièrement ceux de la zone euro, pour faire naître une conscience politique au niveau économique et de retirer l'esprit de non-décision des mains des technocrates.
L'Europe pour progresser va devoir cesser d'être une République Platonicienne, et chaque acteur, décisionnaire politique, parlementaire, technocrate va devoir trouver sa place légitime comme dans un pays démocratique.
Je sais, ce n'était pas le rêve de Monnet, ni celui de beaucoup de politiques qui rêvaient de faire passer les mesures difficiles par une communauté de sachants, sous le parapluie militaire américain.
La crédibilité de la construction européenne est à présent à ce prix : démontrer au moins une fois son efficacité politique dans le concert mondial.
Sinon vous aurez des "non" systématiques des opinions publiques.
Rédigé par: thierryl | 07 juillet 2008 at 14:52
Trois points de TVA ajoutés sur une économie dont la santé n'inspirait pas l'adminiration, c'est quand même un geste fort : en tout cas, infiniment plus lisible que le travail des trois, quatre ou cinq ministres mis parallèlement à contribution par Sarkozy pour faire de la croissance. De la même manière que 7% d'augmentation des salaires de certaines catégories de travailleurs, ce n'est pas un petit geste, surtout quand pour ce faire on brave explicitement la rhétorique hypocrite (mais compréhensible) de la BCE sur "les effets de second tour". Rien qu'en deux mesures, et sans même parler des positions inconoclastes en son propre pays sur le nucléaire et les économies d'énergie, Merkel affronte bien plus de "tabous" et d'hostilité d'une certaine pensée économique dominante que quiconque d'autre en europe.
Rédigé par: Gus | 07 juillet 2008 at 15:55
Concernant l'influence de la finance occidentale, je suis intimement convaincu que la Chine dont la croissance intérieure est désormais le principal "moteur" économique et dont la bourse augmente dangereusement profitera autant que nous le permettrons de la chance que nous lui offrons de racheter petit à petit les actifs européens, américains mais aussi africains et sud-américains grâce aux devises que nous leur donnons en échange de leurs produits, mais créera ses propres institutions financières dès que cette stratégie ne sera plus intéressante à suivre.
Dès lors que la Chine sera en mesure de capter l'épargne de ses citoyens, la richesse de l'europe se résumera à ce qu'elle produit : surtout si on considère qu'avec l'Irak comme l'Afghanistant, l'occident a démontré qu'il n'est désormais plus à même d'exiger de ses citoyens les sacrifices requis pour assurer la suprématie militaire sans laquelle nulle politique colonialiste n'est réellement envisageable.
Rédigé par: Gus | 07 juillet 2008 at 16:08
Merkel n'en a rien a faire du nucléaire vu que l'Allemagne y a définitivement tourné le dos. Le retard technologique pris avec des pays comme la France est aujourd'hui insurmontable. Cela ne les empêche pas de nous acheter de l'électricité à bon prix et sans hypocrisie aucune, sûrement, comme cela leur taux de CO2 émis baisse grâce à nous.
Oui 3 points de TVA, avec un point de TVA sociale, qui est un magnifique coup de poignard dans le dos entre pays développés
réalisé par Merkel (encore de l'opportunisme).
Bah on aurait du faire de même comme le souhaitait Sarkozy, mais les socialistes ont souhaité faire barrage au moment des législatives dans "l'intérêt du peuple français sûrement."
Sur les 7% daugmentation, oui, cela se pase aussi en France avec le maintien des 35h et l'encouragement et la déclaratin des heures supplémentaires au-dessus de ce seuil.
On vient d'apprendre que :
"le nombre moyen d'heures supplémentaires faites par des salariés à temps complet dans des entreprises de 10 salariés ou plus a crû de 40,3% au premier trimestre 2008 comparé à celui de 2007"
Bien... au moins il faudra voir en combien de pourcentage cela se traduit sur la feuille de salaire...
Renseignez-vous, que diable ! en tout cas Merkel n'a pas fait la réforme douloureuse des retraites, elle l'a laissé à son prédecesseur, et n'a pas eu de telles décisions politiques entre les mains, avec son poste de chancelière à la clé.
Rédigé par: thierryl | 07 juillet 2008 at 16:30
Politique colonialiste ?
Mazette, vous parlez d'un autre temps là. vous voulez surement causer des roustes mémorables d'indochine et du Vietnam ?
Nous sommes encore en quatrième république.
Non, finalement, tout ce que nous avons besoin c'est de la capacité d'envoyer des petites unités pour le maintien de la paix dans des conflits locaux.
Le reste se mesure en influence diplomatique sur le terrain et la France au niveau de la présence diplomatique doit être deuxième derrière celle des Etats-unis.
Sans compter, les relais offerts sur le terrain par l'Eglise catholique, où l'on trouve beaucoup de français, jésuites, Pères blancs, dominicains, etc.
ne politique d'influence est infiniment supérieure à la brutalité militaire, ce qu'avait d'ailleurs très bien compris Kissinger, suivant l'adage échiquéen : "La menace est plus forte que l'exécution".
Les chinois n'ont pas cette culture d'influence qui repose c'est vrai au départ dans l'histoire Européenne puis Etats-Unienne sur une forte culture militaire.
N'ayant systématiquement vécus historiquement que des désastres militaires.
Leur emprise sur les pays d'Asie se traduit non par une présence militaire, ou diplomatique, mais par phénomène de Diaspora, et de rachat de l'économie locale.
Bien évidemment, ils peuvent rester tant qu'ils ne sont pas clairement détestés ou désigné à la vindicte populaire, comme cela peut être très facilement le cas par la simple installation d'un pouvoir nationaliste.
Et puis en dernière mesure, ils ne pourront éternellement bénéficier du statut actuel qui les autorise à protéger leur marché, pendant qu'ils profitent de l'abaissement des droits de douanes aux frontières des pays ocidentaux.
Il va falloir qu'ils rentrent dans la cour des grands et acceptent les responsabilités et la réciprocité qui va de pair avec le statut.
Sinon, la route de l'énergie qui mène à leur pays peut être soumise à de nombreux problèmes étant donné la fragilité et l'instabilité politique des zones traversées... ^^
Rédigé par: thierryl | 07 juillet 2008 at 16:51
Addendum :
Et puis les américains peuvent aussi décider d'interrompre leur présence militaire au Japon, et donner le feu vert à un rétablissement de l'armée japonaise avec la capacité de pouvoir agir en dehors de ses limites territoriales (il n'y a que la constitution à changer.) ^^
Rédigé par: thierryl | 07 juillet 2008 at 16:53
J'ai l'impression que nous sommes d'accord sur au moins un point : l'une des solutions possibles au "problème" serait qu'il existe un pouvoir politique courageux avec lequel puisse dialoguer la BCE pour que se prennent des décisions politiquement coûteuses à l'échelle de la zone euro.
Concrètement, en 2008, qui peut imaginer y arriver à horizon visible ? Quoi qu'on en dise, les choix politiques de l'actuel gouvernement français n'inspirent encore, surtout sur le plan international, que fort peu de respect : ne serait-ce que par le peu de cas fait des engagements européens sur les déficits publics ou la très mauvaise compréhension du rôle que peut tenir une banque centrale que suggère les jugements de valeur portés par l'exécutif, voire, l'économiste en chef de Natexis sur la politique de la BCE.
J'irai même plus loin : la décision à un quart de point de la BCE, pour attendue qu'elle était, démontre surtout l'impasse dans laquelle est désormais la BCE : nous savons désormais que les baisses de taux de la FED n'ont pas enrayé la baisse du recours au crédit aux USA, moteur de l'économie américaine. Le recours au crédit en europe reste très dynamique, mais s'effondrera certainement dans douze mois quoi qu'on y fasse : tout ce que la BCE peut désormais faire, c'est accompagner une politique économique européenne qui n'existe pas, tout en sachant qu'à supposer qu'elle veuille lutter contre l'inflation, sa mission première, elle peut être certaine que Sarkozy (et quelques autres) lui feront porter le chapeau de la chute du recours au crédit en Europe avec le secours d'une bonne partie des économistes people à la Touati. Voyez-vous une solution ?
Rédigé par: Gus | 07 juillet 2008 at 16:58
Oui on est d'accord sur la BCE, mais là où vous vous trompez, c'est que Sarkozy ne souhaite pas faire porter de chapeau sur la BCE, et le pauvre Trichet tout seul. Je crois que le Sarkozy est en contact avec assez de conseillers économiques pour le tenir au courant des véritables marges de manoeuvres de chacun.
Non, seuls les résultats ou les changements favorables d'attitude l'intéressent.
AMHA il fait pression pour signaler aux autres pays européens de grimper en maturité politique en matière de stratégie économique globale. La négociation à l'OMC en pourrait être un exemple.
Dans la même veine je crois aussi, qu'il se fendra d'un petit quatrain devant les journalistes au G8 sur les politiques monétaires de la Chine et/ou des US.
Sarkozy a surement beaucoup de défauts mais pas celui des petites victoires florentines comme on a connu, faire porter le chapeau aux ministres, voire (comble du tordant) à ses propres services secrets...
Il a même montré dans l'affaire Libanaise une propension à s'effacer devant ce qui est une victoire diplomatique de son gouvernement, si l'enjeu en valait la peine.
Il a invité toute la classe politique francaise à cette célébration.
Globalement, quel est l'intérêt pour lui de s'occuper de l'Europe si ce n'est pas pour obtenir de résultats ?
Maintenant vous parlez des déficits.
Je ne sais pas si vous avez déjà assisté à des réorganisations ou des restructurations en entreprise. Plus vous attendez le changement, plus le coup forfaitaire de celui-ci est important.
L'idée, évidemment, est de créer des économies d'échelles qui dépasseront sur le temps votre coût initial de modernisation.
Même pas besoin d'avoir fait HEC pour le savoir.
Libre à la Communauté Européenne de bien ou mal juger le fait de faire des réformes conduisant à un abaissement du train de vie de l'Etat francais sur le long terme.
Rendez-vous donc dans 4 années, en attendant, bah oui, on peut faire comme Bayrou, souhaiter fermement que tout se passe mal pour avoir une chance politique en 2012 .^^
Rédigé par: thierryl | 07 juillet 2008 at 17:55
Ho, mais je ne demanderais pas mieux que d'être détrompé !
Reste que le commentaire de Sarkozy sur la hausse d'un quart de point de la BCE n'a pas trainé :
http://www.latribune.fr/info/Nouvelle-passe-d-armes-Sarkozy-Trichet-sur-les-taux-europeens-~-ID60EB6BBACCAA99FEC125747E00339E21
Commentaire sur lequel, on le notera, Sarkozy ne se trouve guère en bonne compagnie.
Rédigé par: Gus | 07 juillet 2008 at 19:04