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06 mai 2008

C'est le métier qui rentre

A peine Paris a-t-il rassemblé la presse pour donner le nom de ses favoris pour les postes de haut vol que créera Lisbonne que nos voisins d'outre-manche, toujours si serviables à nous montrer comment employer les affaires européennes avec profit, s'empressent de faire publier dans le journal le Times du jour quelques rumeurs selon lesquelles les choix de Londres n'auraient rien de commun avec ceux de Paris, apparemment jugés trop fédéralistes. J'en entends d'ici s'étrangler.

On admirera la manoeuvre : Londres n'a rien à perdre à être désavoué, mais Paris, lui, joue sa crédibilité à avoir trop pétendu, inévitable conséquence du volontarisme en politique... internationale, vous le noterez, surtout à proposer comme candidat au poste de Président du Conseil un homme qui n'a jamais déclaré être candidat à de plus hautes fonctions d'une part, et qui serait tiraillé entre sa loyauté envers son pays et sa loyauté envers l'europe en acceptant sur les dossiers de l'harmonisation fiscale, la transparence bancaire et la gouvernance de la BCE : rien de moins !

La position de l'Allemagne sera, bien entendu, déterminante. Sur ce point, la chancelière Merkel a été claire : elle aidera la Présidence française de la même manière que la France l'aura aidée durant la dernière Présidence allemande. Manifestement, Paris et Londres n'interprètent pas forcément telle affirmation de la même manière.

Margot Wallström remarquait récemment qu'avec le printemps, revenait dans la presse anglaise la saison des énormités européennes. Comme si l'annonce d'une présidence française assortie d'immense prétentions et d'un grand recrutement ne suffisait pas à éveiller chez les jeunes serviteurs de l'état britannique l'envie d'en découdre et de montrer à leurs aînés en tel service de quel bois jeunesse se chauffe..

Les semaines à venir s'annoncent passionnantes !

(NB: Je recevrai toujours avec le plus grand plaisir toute proposition de collaboration, même éventuellement bénévole et officieuse, en rapport avec les affaires européennes)

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Commentaires

"les choix de Londres n'auraient rien de commun avec ceux de Paris, apparemment jugés trop fédéralistes. J'en entends d'ici s'étrangler."

Je confirme.

Par pitié qu'on nous débarrasse de Barroso !

Quand je vois le CV des Mandelson, Mc Creevy, ou Wallström, pour ne citer, assez injustement, qu'eux, j'hésite....

Je ne suis d'ailleurs pas certain que le soutien de Barroso à la candidature du repris de justice Barrot au poste de Commissaire à la justice ne soit pas, ici aussi, un coup tordu que s'est joliment pris dans la gueule l'équipe gouvernementale aux affaires européennes. Barroso n'a certainement pas oublié l'effet désastrueux qu'avait fait la condamnation de Barrot pour financement occulte sur les eurodéputés.

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