Réformer, c'est diviser.
Une affaire très éclairante de la réalité de la chose européenne se déroule, en ce moment même, sous nos yeux. Je ne résisterai pas à si rare occasion de retourner cette mêlée ouverte qu'est le débat en faveur ou en défaveur de cette construction européenne en m'en emparant pour la commenter.
Je pense à la réforme des ports en France...
... réforme menée par l'un des plus discrets ministres du gouvernement, Dominique Bussereau, qui s'est récemment illustré, nous dit la presse, en se contentant, comme chacun de nous, de payer son amende et aller chercher sa voiture à la fourrière plutôt que de chercher quelque passe-droit, civilité qui, vous en conviendrez certainement, l'honore et fait de lui notre authentique concitoyen.
On se souviendra que l'Europe, qui a, et c'est peu dire, quelque compétence en transports, infrastructures de transports, commerce et concurrence, s'était mis en tête il y a quelques années d'harmoniser quelque peu les conditions du cadre dans lequel les ports européens, qui sont en concurrence sur le frêt, s'affrontent sur le marché très ouvert du transport international. La chose avait quelqu'importance, puisque chacun de nous attendrait de l'Union d'investir dans des infrastructures de transports à la fois efficaces, efficientes, et proportionnées au besoin, lequel besoin peut varier tout à fait considérablement en fonction du besoin de reprise terrestre du trafic maritime, si considérable en tonnage et si stratégique pour l'approvisionnement des territoires en ces matières premières et produits agricoles (pétrole, blé, téléviseurs à écran plat, etc.) dont l'abondance et la faible cherté contribue tant au sentiment de bien-être et de confiance en ses institutions du citoyen européen (aussi nommé pouvoir d'achat dans la presse people)
On avait alors fort logiquement, car à juste titre, reproché à l'Union (enfin, en l'occurence, la Commission Européenne..) de s'être révélée incapable d'émettre des propositions qui ne puissent être aisément qualifiées d'ultra-libérales, car particulièrement attentatoires à certains droits de certaines catégories de travailleurs parfois acquis à divers titres parmi lesquels la modération salariale, des sujétions particulières, par exemple, à l'intérêt stratégique du pays, ainsi sans doute divers autres grands mérites que l'histoire fait profession d'exposer le plus discrètement possible à quiconque ne franchit pas les plus redoutables épreuves de sélection des meilleures écoles. Ces reproches parfaitement fondés avaient d'ailleurs permis au Parlement Européen, particulièrement soutenu par une société civile particulièrement organisée car rodée au contact des exigences de la logistique portuaire, dont la rigueur et l'efficacité pourraient utilement inspirer l'administration, voire, être enseignée à l'ENA, de faire échouer la tentative de conciliation des points de vues en présence et notamment celui de nombreux membres du Conseil, qui, sans l'avouer, ne voulaient rien d'autre que ce que la Commission proposait.
Ce qui, ici aussi, s'explique : c'est que la concurrence entre les grands ports européens n'est pas une affaire neuve.
Elle préexistait à l'existence de l'Union et fût renforcée par la création de l'ancêtre de l'Union, la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier, deux matériaux, vous en conviendrez, pour lesquels on parle d'abondance à partir de quantités s'exprimant en dizaines de tonnes. Et il fût un temps, qui s'avère d'ailleurs avoir été le temps de la fondation de cet ancêtre, durant lequel la reconstruction d'après-guerre exigeait notamment des flux considérables de matières pesantes et donc, des infrastructures tant portuaires que ferroviaires aussi efficaces que possible.
Mais alors, l'Union n'existait pas.
Alors, chaque pays de ce qui allait devenir l'Europe se démerda comme il put, et les solutions trouvées furent diverses, donc, en France, gaullistes : fondées sur l'alliance entre syndicats chargés de mettre les travailleurs à l'oeuvre et agir dans le sens de l'intérêt public et gouvernement chargé de faire leur part, à moindre coût, en ce qui concernait le plan proposé par les syndicats. Et comme on le sait dans ces grandes écoles de la fonction publique où l'on enseigne pas la logistique portuaire, le moindre coût est toujours de reporter à plus long terme un coût plutôt que de payer comptant, autrement dit, de donner une rente, financière ou de situation, à ceux qu'on désire rémunérer plutôt que de les payer comptant. C'est ce qui fût fait en France, dans les ports, mais aussi sur le rail, dans le secteur de l'énergie, des communications, postales ou électriques et bientôt électroniques.
On en conviendra, le financement de l'action publique par la création de rentes privées, fussent-elles de situation et définies statutairement, c'est à dire, par des formes infiniment plus appréciables et donc transparentes que les formes contractuelles, n'appartient pas à la culture de tous les pays de ce qu'on nomme aujourd'hui l'europe, malgré les travaux pour le moins remarquables, (c'est à dire, hélas, incompréhensibles sans d'immenses efforts pour le profane), d'excellents chercheurs français établissant la très grande efficience de la méthode par rapport aux solutions plus grossières, mais infiniment plus rassurantes pour les esprits angoissés consistant à fixer un prix pour toute chose préalablement à tout accord prenant la forme léonine et pour cette raison si chère au juriste du contrat ou de la charte. Même si l'on remarquera avec quelque malice que certains spécialistes identifient cette technique comme l'une des caractéristiques de ce qu'on nomme parfois le capitalisme méditerranéen, identifiant au passage un bien plus grande viabilité politique à une union fédérale de nations méditerranéennes qu'européennes, mais je diverge, quoi que...
C'est ainsi que la France, consciente de son génie politique née du jeu de la machinerie que formait cette immense réflexion qu'on dit inspirée des Lumières à l'oeuvre au sein de l'Ecole Nationale d'Administration (et ses quelques équipes de ligue 2), forte d'un dialogue social à l'époque exemplaire, c'est à dire, d'intérêts bien compris des parties à dialoguer, mit en oeuvre la meilleure solution possible, tant du point de vue économique que politique en donnant des rentes de situation (ce sont les moins chères) là où la plupart des autres nations européennes, structurellement incapables de bénéficier du génie français, se contentèrent de payer plus ceux qui travaillaient plus, voire, se contentaient de simplement tester diverses solutions, en évaluer les conséquences avec les travailleurs concernés, tâtonner et s'adapter incessamment aux évidentes évolutions du monde plutôt que de se contenter de ce qui était effectivement la meilleure solution à un faux problème que devenait progressivement le choix français.
Lorsque l'Union en vint, quarante ans plus tard, à se poser la question, il fût alors aisé de constater qu'il existait dans l'Union de très grands ports qui fonctionnaient très bien sans que les travailleurs y jouissent de quelques avantages statutaires (les fameuses rentes de situation) que ce soit. Et qu'avoir peut-être eu raison plus tôt n'autorisait en rien les architectes de la société française à imposer leurs solutions, si élégantes soient-elles à leurs yeux, à des sociétés qui n'en avaient plus aucun besoin.
La construction européenne consiste à créer des obligations identiques ou comparables à tous les états-membres définies dans le cadre d'un processus arbitré par la Commission qui recherche un consensus. L'identité des contraintes et obligations à faire peser sur chaque état est une conséquence de la recherche d'une concurrence économique non-faussée (la concurrence étant ici une fatalité, sa fausseté le constat d'un ennemi commun à abattre), sans laquelle les états n'accepteraient pas d'ouvrir leurs économies respectives les uns aux autres, ouverture postulée profiter à tous en vertu d'excellents arguments dont il conviendrait d'ailleurs un jour d'explorer les limites, ou peut-être, plus simplement, d'attendre qu'elles se révèlent d'elles-mêmes ce qui peut-être ne tardera pas.
Dans le cas précis des ports, il était tout simplement inimaginable d'imposer à des états disposer d'infrastructures particulièrement performantes et incidemment libéralisées de donner aux personnels concernés des avantages et rentes dont ils se dispensaient jusqu'alors. Imagine-t-on sérieusement un état européen, donc, gouverné par des gens sérieux (blancs, mâles, vieux, et porteurs de cravates), donc, obsédé par le suivi des indicateurs macro-économiques, concevoir autrement que comme une régression, voire, une récession larvée, de céder aux aspirations exprimées des travailleurs, postulées démagogiques car exprimées par de travailleurs incapables de faire preuve du moindre talent à choisir un costume et une cravate assortis à leur embonpoint ?
Mais par ailleurs, était-il
raisonnable d'espérer contraindre des états ayant donné
des rentes de situation en guise de rémunération et
bâti des systèmes vitaux pour le fonctionnement
quotidien du pays car assurant l'approvisionnement du territoire en
quantités massives de produits de première nécessité
accepter une libéralisation qui pouvait mener à la
déstabilisation du pays ? Je vous rassure, personne n'y
croyait. Mais la légendaire « démagogie
syndicale » et la postulée « bêtise
du militant » serviront encore longtemps, lorsqu'elles
daignent se manifester visiblement mais en bon ordre, et de
préférence à Strasbourg qu'à Luxembourg
ou Bruxelles, de boucs émissaires à l'action étatique.
Sauf, peut-être, dans le cas très particulier de la
Politique Agricole Commune, au sujet de laquelle les collusions entre
administrations (agricoles, écologiques, économiques)
et syndicats sont décidément trop évidentes,
visibles, ou comprises.
Vous l'aurez alors compris : la
construction européenne est ici parfaitement impuissante ;
impuissante à réaliser un consensus impossible car
adressant le fonctionnement réel de l'économie réelle
et la diversité de ses formes, et qui ne peut par là-même
mener au motif de créer les conditions d'une concurrence
non-faussée qu'à perturber les équilibres
internes à l'économie réelle. Même si les
sophistes privilégieront toujours l'élégance des
formes juridiques sur l'utilité des machineries réelles
hélas rétives à l'analyse ou aux discours
réducteurs, nul autre employeur que l'administration
européenne (ou son ancêtre, l'administration française)
ne se contentera jamais des qualités d'un simple sophiste en
contrepartie d'une rémunération.
Et donc la réforme européenne des ports échoua, parce qu'elle ne pouvait qu'échouer, parce que la construction européenne, telle qu'elle se fait, ne pouvait qu'aboutir à l'échec de par sa nature même.
Et toutes les conséquences, tant économiques (perte d'efficacité, donc, moindre performance, donc, renchérissement du coût réel du pétrole, du blé, etc. sur le marché intérieure) que politiques (échec d'une tentative explicite de construction d'une harmonisation, spectacle redevenu plus visible de la férocité d'une concurrence à l'oeuvre depuis toujours mais qu'on avait oubliée) furent.
Entre alors en scène un principe
encore récent à l'échelle de l'histoire de la
construction européenne : le principe de subsidiarité.
Lorsqu'un consensus au sein de l'Union existe sur la nécessité
d'adapter une chose, économique ou non, à l'air du
temps, et qu'il s'avère que par malheur pour les hommes de
bonne volonté il faille en passer par l'Union pour ce faire,
il s'agit de faire en sorte que l'existence de l'Union ne soit pas un
obstacle au progrès. On nomme alors application du principe de
subsidiarité cette idée par laquelle chacun fait bien
comme il veut chez lui du moment qu'il ait la politesse d'exposer
européennement ce qu'il a fait, fait, ou fera sur le sujet à
ses voisins, lesquels, évidemment, seront invités à
ne commenter (c'est à dire, critiquer) ce qu'on leur raconte
que si le pipeau produit est vraiment trop grossier, comme le furent
par exemple les discours sur la réduction des déficits
tenus par Nicolas Sarkozy et ses ministres sur la réduction
des déficits publics français, qui sont, vous le
noterez, ainsi traités. Le point amusant de la méthode
est que la nécessité imposée par le processus
pourtant allégé de présenter en termes
euro-compatibles les « réformes » qu'on
mène en son pays prête indéniablement le flanc à
la critique de par le recours convenu au jargon business-compatible
et autres signes d'allégeance obligée aux véritables
lois, économiques, donc, du vrai monde, flanc que fera encore
longtemps profession d'exploiter votre serviteur. Mais la
construction européenne est à ce prix, ne l'oublions
jamais.
Vous flairez ici ma thèse :
donner compétence, même minime, à l'Union, même
en se contentant de la plus intégrale mise en oeuvre du
principe de subsidiarité, c'est certainement se fournir le
frein le plus efficace à toute évolution constructive
sur la chose donnée en compétence européenne,
comme le montre l'état désastreux des stocks de poisson
intégralement gérés par une Union Européenne
prônant à qui veut l'entendre des recommandations dont
elle ne peut assurer ni le suivi, ni la cohérence. Et qu'on ne
vienne pas me dire que l'élite de la Nation, c'est à
dire l'ENA, l'ignore tellement la chose est évidente aux yeux
du premier consommateur de bistro venu. C'est donc grâce à
la construction européenne que perdurent inchangées des
situations qui pourraient de prime abord sembler devoir être
adaptées à l'air du temps et en pratique ne le sont
guère, malgré, ne l'oublions jamais, la meilleure
administration nationale au monde et la meilleure administration
(certes, ultra-libérale, j'en concède sans y croire une
seconde) au monde.
C'est donc grâce à l'échec
de l'harmonisation européenne sur les ports que l'actuel
gouvernement a toute liberté de réformer son secteur
portuaire, voire, d'y mettre les meilleurs talents disponibles comme
ce Dominique Bussereau, et d'engager, loin des caméras et des
querelles, des actions bien plus constructives qu'il n'aurait été
possible de le faire dans le cadre d'une décision de consensus
européenne, consensus qui d'ailleurs intègre
inévitablement des membres ayant signé un compromis
absurde pour mieux en saboter la mise en oeuvre.
Et, souvenez-vous en, cet échec
doit beaucoup certes, à quelques intérêts bien
compris, mais surtout à la mobilisation d'une frange de
l'opinion publique horrifiée par le caractère
invariablement très libéral des propositions de la
Commission Européenne, du moins, dans leur lettre, mais plus
rarement, par exemple, dans leurs calendriers d'application. Qui par
exemple parviendra à croire à la sincérité
d'un calendrier de réforme à horizon 2025 ? Croit-on
réellement qu'un engagement pris à horizon de 20 ans
est un engagement ? Prêteriez-vous cent balles à
quelqu'un qui dit en avoir besoin dès maintenant mais ne
s'engage à rien d'autre que de vous les rendre dans vingt ans
au pire ? Ha, si seulement la Commission Européenne daignait
accepter de tels horizons pour les remboursements d'aides d'état,
plus aucun gouvernement ne se plaindrait des contraintes posées
par l'existence de l'Union à sa liberté de donner
l'argent public aux capitalistes de son choix pour peu qu'ils
parviennent à émouvoir l'opinion sur le destin de leurs
salariés.
Je m'adresse maintenant à toi,
lecteur qui te dit de gauche, et qui lutte de toutes tes forces
contre cette construction européenne qui détruit les
acquis sociaux de tes camarades : permets-moi de te dire, camarade
cheminot, enseignant, électricien, chercheur, postier,
policier : tu te fourvoies. La construction européenne est,
comme le disent François Bayrou, comme l'a dit Ségolène
Royal, comme le dit en filigrane tout le parti socialiste sauf
Mélenchon (mais qui l'écoute ?), le meilleur garant de
tes acquis sociaux et non pas leur pire ennemi. Je te l'ai dit, ici
même : je sais comme toi que les avantages dont tu jouis ne
sont que les justes contreparties d'un engagement que prirent ceux
qui te précédèrent en ta glorieuse corporation.
Je sais, je l'ai affirmé, que derrière les avantages de
ton statut se cachent bien des contraintes, et bien des sujétions
: je ne suis pas ton ennemi, ni dans les actes, ni dans les discours,
ni même dans mes opinions. Alors, permets-moi de le dire, et de
le redire : le pire ennemi de cette Raifort-meuh, que tu exècres
avec tant de si justes raisons, chantée et vantée y
compris par certains de ceux qui la combattent sans avoir l'air du
toucher, c'est bien l'Europe : celle avec une majuscule, c'est à
dire, l'institution européenne, même si elle doit bien,
de temps en temps, ne serait-ce que pour rassurer les milieux
financiers qui financent les déficits publics, donner quelques
gages en causant du tort aux plus faibles citoyens de l'Union : ceux
déjà libéralisés, sans statut, sans
réseaux ni parents pour les guider dans les abris cachés
entre les récifs des méandres de nos institutions, car
après tout, puisqu'il faut en sacrifier quelques-uns, autant
sacrifier ceux qui crieront le moins fort pour ne pas trop causer de
douleur aux vivants : show must go on.
Alors peut-être m'excuseras-tu de ne pas l'avoir écrit lorsque, fort logiquement, on s'était dit qu'on allait te demander ton avis et que tu dirais oui. Et peut-être tourneras-tu ta colère vers ceux innombrables, qui auraient eu tout intérêt à te le dire mais ne te l'auront pas dit. Et en y réfléchissant un peu, sans doute en viendras-tu, comme je le fais moi-même depuis tant d'années, à te demander si réellement, on peut se dire à la fois progressiste et pro-européen sans une certaine dose du cynisme le plus affirmé.

De la parlote et du remplissage ne font pas une démonstration. Usuellement je dirai, pose tout on va trier mais là je n'ai pas le courage. Peux-tu faire la même version en phrase courte, où tu ne chercherais pas à perdre le lecteur?
Cordialement,
Rédigé par: Patrick C. | le 24 avril 2008 à 23:20
Démonstration ?
S'il s'agissait de démontrer, je laisserai ce soin aux professeurs, dont c'est la vocation.
Pour le reste, j'espérais sans trop y croire entendre qu'il puisse exister une différence entre l'intérêt public et l'intérêt personnel des fonctionnaires : si le second a besoin de l'Europe, le premier verra en elle son pire ennemi.
Et j'imagine que de nombreux fonctionnaires ont assez de sens de l'intérêt public qui justifie leur statut pour savoir ne pas limiter leur raisonnement à la simple défense de leur intérêt personnel.
Add. : Pour le reste, si les enseignants d'économie eux-mêmes ne parviennent pas à exposer en quoi l'état fournisseur de services et à ce titre garant d'une certaine logique de service public parvient à faire reposer une partie des obligations de résultats et risques associés à ses fonctionnaires en privilégiant la méthode statutaire à la méthode contractuelle, ce n'est pas moi qui m'y collerait, ne serait-ce que pour ne pas subir leurs foudres.
Rédigé par: Gus | le 25 avril 2008 à 07:56
je partage l'avis de Patrick C.
Rédigé par: sangaku | le 25 avril 2008 à 09:19
Je n'ai pas eu le courage de lire entièrement votre article... Toutefois :
1. Il ne me semble pas que les institutions européennes soient en cause pour le relatif échec de la PCP. C'est plutôt le comportement de certains Etats Membres dont la France au premier rang.
2. Je connais beaucoup de fonctionnaires français qui en veulent à la Commission par ce que petit à petit c'est elle qui représente réellement l'intérêt public des Européens (et pas les fonctionnaires français chargés d'empêcher l'évolution de la PAC...). Dire que les fonctionnaires français étaient pour le TCE pour défendre leur intérêt personnel me semble tout simplement grotesque.
Rédigé par: Les stocks de poisson ?! | le 25 avril 2008 à 11:49
Corrélation n'est certes pas causalité.Mais en politique, existe une notion importante : la responsabilité. L'administration européenne a les moyens de reconnaître son échec, et la possibilité d'agir, ne serait-ce qu'en se démettant.
Sur la gestion européenne de la pêche, j'aime bien cet article :
http://voxeu.org/index.php?q=node/871
L'Union, qui se donne pour vocation de remplacer à terme l'Etat dans ses missions les plus importantes aux yeux des simples citoyens (les services), ne peut guère prétendre pouvoir se soustraire aux objectifs de résultat, à moins de considérer la construction européenne comme un objectif en soi, hypothèse, vous en conviendrez, peu consensuelle.
Mais je reconnais bien volontiers avoir souhaité dans cet article prendre le débat à rebrousse-poil, profitant de cette formidable occasion donnée par une réforme portuaire européenne condamnée à l'échec reprise à niveau national de manière proportionnée, au cas par cas, dans la droite ligne d'ailleurs de l'interprétation toute personnelle que je me fais de l'esprit énoncé par Barroso suite à l'échec du TCE .
Et j'insiste : avoir obtenu le statut de fonctionnaire, fusse en étant sorti des meilleures écoles, ne me semble être ni une garantie de sincérité, ni une garantie d'intelligence, ni une garantie d'altruisme, ni la preuve d'une stupidité suffisante pour ne pas savoir prendre en compte son propre intérêt dans un processus, en prenant par exemple en compte le nombre d'années qui vous reste à tirer avant la retraite.
Rédigé par: Gus | le 25 avril 2008 à 12:37