Du neuf en vue sur les aides d'état en Europe
Nos voisins d'outre-Manche ne commettent pas l'erreur qui consiste à négliger d'examiner le volet européen de toute affaire ayant l'apparence d'une affaire de politique intérieure.
C'est pourquoi, parmi les partisans d'une certaine europe paternaliste, l'on observera avec attention l'avis qu'on imagine guère négatif que ne pourra éviter d'exprimer la Commission Européenne sur l'aide massive fournie par la Banque d'Angleterre au secteur bancaire britannique, aide qui, à l'évidence, fausse le jeu de la concurrence libre et non-faussée du marché commun des services bancaires, laquelle pousse évidemment les banques des différents états de l'Union à annoncer des promesses de rendement aussi élevées que possible pour les placements qu'elles commercialisent, escalade dans laquelle la garantie de couverture du risque fût-il systématique associé à la promesse de profit par les fonds d'un état avantage celui qui dispose de cette garantie contre celui qui n'en dispose pas.
Pour le reste, l'annonce du prochain référendum irlandais provoquera certainement un gel de la plupart des initiatives européennes en cours, personne d'un tant soit peu averti ne souhaitant porter le chapeau d'un certes improbable mais toujours possible rejet du traité.

Petite question:
Si l'on suit les actualités même partiellement, et si l'on prend pour exemple la privatisation des télécommunications, des transport à venir, de l'énergie, et pourquoi pas des services de santé...osons... qu'adviendrait il en cas de crise financière identique pour venir à la rescousse des banques une fois que tous les avoirs d'Etat seraient plus ou moins privatisés ? Quelqu'un peut il faire une projection ?
Rédigé par: Mansuétude | le 22 avril 2008 à 16:41
Qu'est-ce qu'une crise de liquidités ?
C'est quand un acteur qui a besoin de liquidités n'en trouve pas, même lorsqu'il essaie (sans succès) d'emprunter ou de céder (sans succès) tout ou partie de ses actifs.
Quand l'état vient au secours d'un acteur menacé de faillite par manque de liquidités, il ne fait que devenir caution d'un emprunt au bénéfice de l'acteur (temporairement) insolvable, l'apport en liquidités à l'acteur défaillant pouvant prendre des formes infiniment diverses et sans grand intérêt ici.
Pour tout un tas de raisons sur lesquelles je ne m'étalerai pas ici, le bon fonctionnement d'une économie de marché à l'européenne exige que les capitalistes daignent toujours prêter aux états demandant à emprunter pour peu que le taux proposé soit suffisamment attractif, la BCE étant particulièrement chargée de veiller à ce dernier point.
Donc, peu importent les actifs que possèdent ou non les états : le système ne peut fonctionner que si les demandes de prêts des états au marché sont toujours satisfaites. Donc, ceux à qui le système profitent se soumettent à ces quelques inconvénients de bonne grâce.
Rédigé par: Gus | le 22 avril 2008 à 18:09
Vous parlez là des prêts consentis à l'Etat par les banques privées.
Dans votre billet vous parlez des banques qui n'auront pas concurrentiellement les mêmes garanties en recevant des financements d'Etat sous forme d'aides . Mais sur quoi seraient garanties les aides d'Etat dans le cas où plus rien ne lui appartiendrait en propre, c'est à dire entreprises publiques ou non, et moyens de financement ?(ex supra théorique : plus de pioche dans les fonds de retraite, plus de pioche dans les fonds de sécurité sociale, plus de pioche dans la SNCF, plus de pioche chez EDF, etc....ne restant que les impôts, ce qui serait maigre....)
Si vous poussez le désengagement de l'Etat maximum au profit du privé, qui financera qui en cas de faillites de banques privées?
Etes vous en train de dire que les banques prêtent à l'Etat pour que celui ci prête aux banques en faillite ?
Rédigé par: Mansuétude | le 22 avril 2008 à 18:40
Ha oui, en effet....
Il faudrait poser la question sur un forum d'économie, ou, mieux encore, chez Alain Lambert, qui nous fit l'honneur de nous lire et qui, en qualité d'ancien Ministre du Budget et défenseur contre son administration d'une thèse iconoclaste mais pleine de bon sens du financement des déficits publics par l'épargne des citoyens bénéficiaires des services de l'état.
Mais, à ce que j'en comprends, l'Etat peut se procurer de l'argent de différentes manières, mais la confiance qu'a le marché en sa capacité à rembourser provient de sa capacité à lever l'impôt, ce qui, quand on y réfléchit, est la meilleure des garanties, car qui hormis l'état garantit la propriété, fondement du capital, et donc, de l'économie de marché ?
Rédigé par: Gus | le 22 avril 2008 à 19:39