Décryptage de l'actualité européenne franco-centrique
Le discours de Nicolas Sarkozy devant les représentants de la FNSEA est très attendu en Europe. On s'imagine en effet que la France voudra profiter de sa présidence pour réformer d'elle-même la Politique Agricole Commune plutôt que de risquer de voir d'autres pays prendre des initiatives plus radicales que celles que la France pourrait souhaiter prendre.
Traditionnellement, les discours du Président de la République sont publiés là.
En ce qui me concerne, je suivrai les commentaires par l'excellent service d'alerte de Google News.
Add. 3/4 : Une lecture approfondie de ce discours vous est proposée par le journal Libération, abordant, notamment, les aspects essentiels du discours, qui sont bien plus ce qui n'y est pas dit que ce qui y est dit..

«Je m'opposerai fermement à tout accord qui ne servira pas les intérêts de notre pays»
Sachant que la France est la première bénéficiaire de la PAC et que tout changement est par nature contre le système établi qui bénéficie à la France, ne doit-on pas craindre par cette phrase que la réforme de la PAC n'ira pas loin ou pas dans le sens d'une réforme vraiment effective?
Rédigé par: Ludovic | 03 avril 2008 at 06:31
Il me semble qu'on peut en effet le craindre, même si, en jetant un oeil aux chiffres d'un grand pays agricole tel le Brésil, on peut grosso-merdo imaginer que les rentrées d'argent par hectare des agriculteurs industriels ont certainement augmenté d'environ 20 à 33% l'an dernier. Cette chance historique ne se reproduira pas de sitôt.
On supposera cependant qu'au moins quelques-uns des conseillers du Président sont conscients de cela. Après tout, beaucoup de gens en europe, avec maints arguments très sensés, voudraient la peau de la PAC toute entière, et se contenteraient d'une réforme insuffisante dans l'espoir de la faire disparaitre ensuite, plus tard, toute entière et d'un seul coup, quand le coût de son maintien deviendrait insupportable en regard de son inefficacité.
Le citoyens intéressé par les affaires politiques pourront donc jauger la valeur des conseillers français à l'examen détaillé des éventuelles propositions que formulera probablement la France et à l'analyse de leur portée, et surtout, de la qualité de ces propositions. La France est bien plus attendue sur cette question en europe qu'elle ne l'était sur Lisbonne, d'ailleurs. Il faudra par exemple voir si la France voudra, certainement officieusement (mais des signaux de fumée sont envoyés par voie de presse dans ca cas), associer la Commission Européenne sur la question de la pêche (elle est décisionnaire sur ce point) dans une réflexion globale sur l'aménagement du territoire et/ou proposer aux européens de faire sortir la question des OGMs du champs de compétence exclusif des directions générales en charge des affaires économiques de la Commission, ce qui ne serait pas sans conséquences annexes puisque les aspects les plus contestés de la gestion européenne des OGMs proviennent des négociations OMCs, que l'europe rêve depuis longtemps de mener en lieu et place des états.
Je vois par exemple que la Commission communique actuellement sur la gestion du cabillaud : non pas que le sujet soit inintéressant en soit, mais il n'est pas neuf, puisque une action européenne, que tout le monde savait insuffisante, avait été lancée en 2005 à partir de constats remontants à 2000-2001.
Rédigé par: Gus | 03 avril 2008 at 07:18
Si je peux me permettre cette question, quel intérêt aurait la commission européenne à vouloir mener les négociations sur les OGM plutôt que de les laisser aux pays membres? Les pyas membres ne sont-ils pas de toute façon liés entre eux par une réglementation commune?
Rédigé par: Ludovic | 06 avril 2008 at 00:16
Ludovic: Les archives de Publius contiennent de nombreux articles sur ces sujets et notamment sur le rôle pionnier de la France dans la promotion des OGMs en Europe.
Concernant votre question : l'Union, compétente en ce qui concerne le marché intérieur, souhaite de fort longue date représenter les états membres de l'Union dans les négociations de l'OMC. L'Union, dans le cadre de la stratégie de Lisbonne, souhaite notamment obtenir le soutien des USA pour obtenir à l'OMC la libéralisation des services (distribution d'eau, etc.) pour permettre aux entreprises européennes, très performantes en la matière, de s'imposer partout dans le monde. En contrepartie, les USA exigent le soutien de l'Union sur leurs points forts : propriété intellectuelle et agriculture copyrightée notamment. Mais, par manque de chance, tant l'obligation de libéraliser des services vitaux tels la distribution d'eau dans des pays très pauvres que l'obligation d'accepter les grandes cultures d'OGMs sur le sol européen est très impopulaire dans la population.
Rédigé par: Gus | 06 avril 2008 at 12:07