Un modèle de société en miettes
Personne n'a trop voulu s'interroger sur les motivations qui ont pu récemment pousser l'Allemagne à exiger un peu plus de vertu fiscale de la part des états-membres de l'Union, et obtenir le ralliement en partie surprenant de la France et du Royaume-Uni.
Je vois pourtant une explication simple, parmi les possibles, à cet état de fait :
La modération salariale est au coeur des politiques sociales de toutes les majorités politiques de tous les grands états de l'Union, et notamment de la France, de l'Allemagne, de l'Italie, de l'Espagne et du Royaume-Uni. Une des conséquences invariables d'une telle politique de modération est le fait qu'une minorité de citoyens, parmi les plus aisés car les plus puissants, s'en affranchit le plus naturellement du monde. Voire, revendique le droit de s'en affranchir car se considérant comme oeuvrant plus à la société que les simples retraités, fonctionnaires et salariés en étant entrepreneur, actionnaire, exerçant un métier high-tech ou financier, etc...
Ce qui a deux conséquences :
- Une politique officielle revendiquée, décrite comme nécessaire et inévitable, faisant autant consensus que l'actuelle construction européenne à droite et à gauche et même entre pays européens, de faible évolution des salaires et des pensions.
- Une présence de plus en plus visible d'une classe sociale affranchie des politiques de modération des revenus et comme toujours (c'est humain), heureuse de le faire savoir à son entourage et prompte à souhaiter se différencier du lot commun : par exemple, en investissant rapidement dans les plus évidents signes extérieurs de richesse : résidences, automobiles, alimentation haut de gamme, soins cosmétiques.
L'explosion des inégalités a également poussé à la hausse les prix des biens les plus convoités dans la société (les biens grâce auxquels on se différencie socialement de son voisin), créant un sentiment en partie irrationnel de hausse des prix du fait de la très grande visibilité de la hausse des prix des biens dont la possession est idéalisée par chacun d'entre nous (par exemple, de belles résidences, les grosses voitures, les 4x4), qui considère la possession de tels biens comme le témoin de notre accomplissement personnel, de notre accession à une classe sociale supérieure. Non pas que nous désirions tous de tels biens : mais nous aimons pouvoir nous dire que si nous souhaitions les avoir, nous aimerions pouvoir nous les payer, ce dont nous déduisons que tous ceux qui se les payent effectivement ont les moyens (que nous n'avons pas) de se les payer.
Parallèlement, (en parfaite violation des traités, en passant), la Banque Centrale Européenne a depuis 2002 laissé filer la masse monétaire bien au delà de ce qui aurait été imaginable si l'Euro n'avait pas été réalisé. Or, sur ce point, il n'y a pas de mystère : laisser circuler plus de papier monnaie, c'est pousser à la hausse les prix des biens et des services sur le marché intérieur : laquelle créé en cascade une élévation des prix de tous les biens ou services du commerce ou de la production desquels vivent les citoyens en position de force suffisamment favorable pour élever leurs tarifs : exemple emblématique : les hausses vertigineuses de prix observés pour les produits agricoles les plus haut de gamme, ou les hausses de prix importantes observées en France dans le secteur de la (grande et petite) distribution en présence d'une trop faible concurrence, les revendications constantes des médecins et des fonctionnaires en France.
Les économistes s'évertuent à nous expliquer qu'une réduction rapide de la masse monétaire européenne par les instruments classiques de la politique monétaire tuerait l'économie. Je leur laisse la responsabilité de cette affirmation. Mais qu'implique-t-elle ? Elle implique surtout que la naissance de l'Euro a coïncidé avec une phase durant laquelle l'économie mondiale n'a tout simplement pas réussi, dans les pays occidentaux du moins, à créer les richesses qu'elle avait prétendu avoir créé au cours de la période économiquement frénétique de 1994 à 2000, et que les gains anticipés à cette époque ne se sont pas réellement concrétisés : autrement dit, que l'Europe et les USA vivent à crédit depuis sans doute 1993 et surestiment l'évolution de leur production de richesses.
On peut dès lors s'attendre à des revendications croissantes d'augmentation du "pouvoir d'achat" dans la plupart des grands pays de l'Union, et notamment ceux pour lesquels les activités bancaires et financières ne représentent pas la majorité du PIB, revendications auxquelles il n'est (théoriquement) pas possible de répondre. Ces deux positions étant irréconciliables, les gouvernements des grands états de l'Union sont désormais contraints à d'incessantes manoeuvres de diversion de politique intérieure : sur la sécurité des personnes, la réforme des institutions ou la détestable "chasse aux profiteurs" en France, sur les questions institutionnelles ou financières au Royaume-Uni, et sur l'application à tous de la loi en Allemagne.
Et toute la solidarité européenne dont a toujours prétendu pouvoir faire preuve le Luxembourg a trouvé ici sa limite : le Luxembourg ne sacrifiera pas son intérêt national vital à la paix sociale allemande : voilà qui est désormais clair.
Si quelqu'un voit une issue heureuse à cette situation, qu'il n'hésite pas à la dire !
Add. 6/3 : Greg Mankiw, relayé par Econoclaste.org, signale que les taux d'intérêts aux USA sont devenus inférieurs à l'inflation officielle : donc, qu'est donné aux citoyens le signal selon lequel, en empruntant aujourd'hui, on remboursera moins demain sauf très improbable chute de l'inflation aux USA : donc, que l'économie américaine pourra être soutenue par un endettement sans limites des ménages. Autrement dit, que l'économie américaine peut désormais fonctionner de la même manière que celle de l'URSS avant sa chute : entièrement dépendante de l'Etat pour la livraison de la monnaie.

Ce papier rejoint celui de Michel Rocard dans Le Monde : l'immoralité creuse la tombe du capitalisme.
Un socialisme rénové pour réguler les écarts salariaux et le pouvoir des actionnaires est une voie prometteuse.
Rédigé par: sangaku | le 05 mars 2008 à 17:05
Heu....
De la part d'un des plus importants acteurs de la construction européenne à ce jour, j'avoue que telle analyse me semble légèrement fourvoyée... : les Delors, Rocard, Moscovici et Lipietz sont parmi les architectes ou, au pire, les zélés maçons de ce modèle de société basé sur l'accroissement des inégalités par la régulation technocratique et le déni de démocratie aggravée par une politique monétaire mégalomane que je dénonce ici.
Alors, hein, bon, Rocard, avec tout le respect que je lui voue, je vous avouerais volontiers avoir envie de vomir à l'entendre nous propose d'avancer plus encore en avant dans la faillite de la gouvernance technocratique et anti-démocratique qu'il aura tant aidé à être.
Rédigé par: Gus | le 05 mars 2008 à 17:55
Je ne comprends pas. Trichet est renommé pour son obsession de l'inflation. Et il aurait "laissé filer" la masse monétaire?
Rédigé par: maup | le 05 mars 2008 à 22:13
Tout d'abord, il faut se méfier des réputations : ou plutôt, de ceux qui oeuvrent pour qu'elles se fabriquent. Dans ces affaires de très gros sous, nulle réputation n'est innocente.
Ensuite, en pratique (je n'ai pas voulu noyer mon propos dans les détails) la chose remonte pour l'essentiel au prédécesseur de Trichet (de même que les conséquences, dont Trichet n'a fait qu'hériter).
Enfin, et je n'ai pas trouvé de façon simple de l'exprimer, la crise financière américaine aggrave la situation : mais elle était prévisible depuis 2003 : j'en prends à témoin le fait que les premiers blogs francophones traitant de l'alors future crise des subprimes remontent au débt 2004.
Rédigé par: Gus | le 05 mars 2008 à 22:24
Ok, je commence à saisir. Juncker défenseur du secret bancaire vs les grands pays touchés par l'évasion fiscale. Et derrière les plus riches, l'impossibilité de relever les salaires modestes.
Dupont-Aignan parle déjà d'un éventuel discrédit de l'euro qui mènerait droit à une sortie de celui-ci.
http://www.nda2007.fr/blog/
Exagéré?
Rédigé par: maup | le 05 mars 2008 à 22:46
La BCE a été claire (j'en ai parlé autrefois sur Publius) : en cas de fin de la politique de "modération salariale" (autrement dit, en cas d'alignement de la hausse des salaires sur une inflation au moins égale à 3%), elle relèvera ses taux d'intérêt : la montée des taux réduira la masse monétaire, ce qui, selon les économistes "provoquera l'apocalypse". Tout ce dont on peut être sûr, c'est que personne ne voudra porter le chapeau d'une probable récession quoi qu'il arrivera, d'où les étranges renversements d'alliances au sommet de l'europe. A suivre, donc... : de toute façon, au final, c'est toujours le citoyen qui paiera la facture.
En ce qui concerne la France, au point où en sont ses déficits, une sortie de l'Euro dans les cinq prochaines années mènerait très probablement à la faillite des finances publiques et une nécessaire intervention du FMI, laquelle inclurait au minimum une mise sous tutelle des finances publiques françaises ET un plan d'austérité d'une envergure dix à quinze fois plus important que celui de 1983. Sans blaguer aucunement.
Je ne dis donc pas que la France ne peut pas sortir de l'Euro : mais il aurait été plus facile pour elle de ne jamais y entrer que d'en sortir après avoir laissé filer les dettes publiques, privées, et la masse monétaire depuis 1999, soit presque dix ans.
Rédigé par: Gus | le 05 mars 2008 à 23:13
http://www.latribune.fr/info/Visa-prepare-la-plus-grosse-levee-de-fonds-publics-de-l-histoire-americaine-~-ID561B1E88F4E3D2DBC12573FA004E17FE
Il est évident qu'il n'est pas admissible de laisser plaindre une hausse d'indice, ou de smig, ou simplement de salaire, ce qui touche à la dignité d'un bien grand nombre de personnes, sans voir à côté disparaître des sommes conséquentes et inimaginables pour les simples citoyens que nous sommes ,du pot commun, pour la poche d'un seul représentant patronal, pour des commissions douteuses, pour une minorité de personnes ou des paradis fiscaux. Ce que représente l'argent est bien là, mais pas "justement" gagné et réparti.
Ce n'est pas tant pour ceux qui imaginent ne pas pouvoir se payer un 4x4 que pour ceux qui voudraient déjà se loger et se nourrir correctement, se cultiver, qu'il faut changer cet état de fait.
Ce n'est donc pas forcément avec les règles de fonctionnement de notre éconmie européenne que nous trouverons une réponse à la nécessité d' équité humaine, mais résolument en imposant des règles politiques sociales élémentaires plus strictes avant le primat des régles et accords économiques . S'il y a une chose sur laquelle revenir c'est bien sur cette absence de contrôle politique des flux financiers au prétexte de leur liberté de circuler... On ne peut contruire une communauté pérenne sur une idéologie qui dans sa transposition génère le recul de l'équité sociale.
Ce serait comme autoriser une conduite sans limitation de vitesse pour toutes les cylindrés au delà d'un certain nombres de chevaux...bonjour les dégâts collatéraux.
Rédigé par: dg | le 05 mars 2008 à 23:22
dg: sans vouloir nullement doucher votre enthousiasme, je tiens à souligner que l'un des deux piliers de mon argumentaire est que pour toute règlementation qu'on puisse inventer, il existera toujours une minorité de personnes pour parvenir à s'en affranchir.
Et j'ajouterai même que cette minorité incluera toujours les pires gredins d'une part, les auteurs de la règlementation de l'autre, et une bonne partie de ceux chargés de l'appliquer en dernier lieu.
La seule nouveauté introduite par l'Union et l'Euro à ce petit jeu est que le gateau est devenu à la fois plus gros et moins bien gardé (l'europe étant plus faible et perméable aux manoeuvres de la finance internationale que les administrations nationales hostiles au capitalisme mondial)
Rédigé par: Gus | le 06 mars 2008 à 00:06
Diable...
S'il n'y a aucune solution... C'est angoissant tout ça.
Rédigé par: maup | le 06 mars 2008 à 07:20
Moi j'en vois une : indexer les salaires et les pensions sur l'inflation et laisser la BCE tranquille jusqu'à au moins fin 2010.
Je suis sérieux, mais je suppose que des tas d'économistes vont m'expliquer que je n'y comprends rien.
(Ha oui, et sinon, j'oubliais, bien se souvenir des noms de ces soit-disant gauchistes qui nous clament depuis trente ans que la lutte des classes n'existe pas)
Rédigé par: Gus | le 06 mars 2008 à 07:36
Gus,
Rien à voir avec le sujet, mais n'y a t'il pas un petit sujet à faire pour expliquer ce qui différencie l'économie Eu à l'heure actuelle et l'économie européenne ?
C'est suite à la lecture de cet article que je me posais la question d'une meilleure compréhension. Comme il s'agit en fait d'un jeu de fonctionnement des règles du marché plus qu'opaque à mes yeux, je trouverais instructive une petite analyse sur le sujet.
Vous avez peut être des sources ?
http://www.newropeans-magazine.org/content/view/7639/87/
Rédigé par: dg | le 07 mars 2008 à 20:59
La réponse est assez simple en trollant un peu et pour l'essentiel bien résumée par Chouard : dans la zone euro, la BCE tout en s'en défendant, mène une politique monétaire qu'il lui est normalement interdit de mener en coordination avec la FED, mais beaucoup moins depuis l'arrivée de Trichet qu'aux débuts de l'euro.
Dans les autres pays du marché commun, les états ont encore le contrôle de leur politique monétaire, et agissent généralement dans l'intérêt national (et pas au bénéfice de l'économie américaine, comme avait tendance à la faire la BCE de 2002-2005).
Donc, puisque l'économie américaine est désormais malade, l'économie de la zone euro, trop longtemps délibérement maintenue connectée à l'économie américaine par la BCE d'avant Trichet, est aussi malade. Mais pas les économies des pays européens hors zone euro.
Rédigé par: Gus | le 08 mars 2008 à 11:03
On peut dire que c'est résumé simplement...
Une source à votre connaissance que je pourrais lire peut être ?
Merci
Rédigé par: dg | le 08 mars 2008 à 21:07
Je crains qu'en ces sentiers qui sont le coeur même du capitalisme libéral qui est, affirme-t-on, l'horizon indépassable du progrès européen, chacun n'ait à faire son éducation lui-même pour devenir, en passant, un investisseur avisé.
Bourdieu lui-même suggérait dès 1995 à ce sujet aux hommes de bonne volonté de se former à l'économie. Je n'ai pas de meilleur conseil à donner que le sien.
On peut commencer par Principles of Economics de Gregory Mankiw : beaucoup moins cher en anglais et d'occasion que neuf et en français. J'ai toujours été étonné de voir que le prix de ces bons livres ne parvient jamais à être réellement bas...
Un complément cependant : la politique de la BCE évolue, lentement, mais dans le bon sens : certainement plus aidé par la folie américaine de ces sept dernières années qu'une réelle inspiration, mais sans doute faut-il le noter : désormais, flinguer la BCE n'est plus la priorité que c'était de 2002 à 2006.
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Voir aussi, éventuellement, le dernier article de Krugman sur l'actualité :
http://krugman.blogs.nytimes.com/2008/03/08/whats-ben-doing-very-wonkish/
Et le dernier Münchau :
http://www.ft.com/cms/s/0/542027be-edde-11dc-a5c1-0000779fd2ac.html
"I am not at all surprised by last week’s upward revision of the ECB’s own inflation forecast, a de facto acknowledgement that European interest rates have been too low for too long. "
Rédigé par: Gus | le 09 mars 2008 à 11:39
merci , je ferai en sorte de trouver les traductions.
Rédigé par: dg | le 10 mars 2008 à 19:47
Sinon, je viens de voir que Loïc Abadie, qui était muet depuis trois semaines, vient de poster un truc très pédagogique :
http://tropicalbear.over-blog.com/article-17538382.html
Surveiller aussi éventuellement ce qui se dirait chez Laurent Guerby
http://www.guerby.org/
Rédigé par: Gus | le 10 mars 2008 à 20:29
Oui effectivement trés bien et simplement expliqué.
Rédigé par: dg | le 10 mars 2008 à 22:56
Je ferais cependant une remarque : ce qu'écrit Loïc Abadie (et c'est vraiment de chouettes articles : lire tout son blog n'est pas une perte de temps) vaut globalement.
Localement, on peut observer des tendances absolument inverses.
Par exemple, je suppose qu'une pause ou un ralentissement dans le déferlement de produits chinois bon marché en europe ne créera pas de troubles mesurables pour la très grande majorité des français. De même, un pays qui n'exporte pas grand chose vers les "ateliers du monde" ne verra pas son économie touchée par une récession dans les ateliers du monde.
Rédigé par: Gus | le 11 mars 2008 à 09:02
Je suppose également sans l'avoir lu que le 3ème numéro de la remarquable (oui !) revue des "regards croisés sur l'économie" répondrait certainement à vos attentes :
http://www.rce-revue.com/?q=numero3
Pour vous en convaincre, je vous invite à lire le hélas dépassé[*] complément au numéro 2 sur le droit européen et les services publics librement accessible sur le site.
[*] dépassé depuis les analyses faites de la lettre du protocole sur les services publics dans Lisbonne par la commission, notamment.
Rédigé par: Gus | le 12 mars 2008 à 07:33
Bien meilleur article que celui sur le pétrôle vert
Mais bon, soyons clair, le taux directeurs de la BCE sont trop faible (surtout pour le long terme) c'est ce qui a causé l'actuelle bulle imobilière (en france aussi je pense qu'il y en a une belle) Evidement les politiques réchignent à ce que les taux remontent car alors effectivement on peut trouver des menages qui ne pourrons plus rembourser leur crédit sur 30 ans. Maintenant je dirai que c'est plus le politique qui est en cause que l'économiste... le secteur bancaire ? oui très certainement.
L'article mélange quand mm 2 aspects : la moralité des chefs d'entreprises (arf) et la crise financière
Le pays européen le plus touché par la crise n'est pas dans l'euro, c'est bien évidement l'Angleterre
Soyons réalistent si beaucoup de pays européen ne sont pas dans l'euro, leur monnaie y est rattaché, la marge de manoeuvre est pour eux de faire dde taux en compétition avec l'euro (bravo la solidarité) ps je n'ai aps compris la solidarité luxembourg / allemangne ???
Vous faites aussi une chasse aux sorcière en disant "on fait diversion" je pense aussi que l'économie n'est pas le seul sujet pour un pays (pas tout à fait ce que je veux dire mais la politique de la france ne ce deside pas à la corbeille)
Il y a des articles ou des indistrielles pensent que la crise ne sera pas aussi forte que l'on pense, expéront qu'ils pensent vrai
Cordialement
Rédigé par: jps | le 13 mars 2008 à 02:56