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31 janvier 2008

Record historique d'inflation dans la zone Euro

L'inflation dans la zone Euro vient de franchir son record historique sur une période de 14 ans à 3.2% en glissement annuel. Le précédent taux publié, à 3.1%, était le plafond observé sur six ans, soit en gros depuis la création de l'Euro.

Même si je conviendrai bien volontiers que hausse des prix et inflation sont deux choses distincts, force est de constater que la Banque Centrale Européenne, dont la mission première est d'assurer la stabilité des prix, ne semble pas estimer nécessaire d'agir avec les leviers dont elle dispose pour contrer cet état de fait. Pourtant, rares seront les spécialistes à défendre l'idée selon laquelle l'inflation pourrait être dans certains cas supérieure à la hausse des prix.

Est-ce à dire que les instruments de traité de Maastricht étaient inadaptés aux objectifs du traité de Maastricht ? On se souviendra pourtant que ce jeu d'instruments et d'objectifs étaient ceux exigés à l'époque par l'Allemagne, au motif que les faits, c'est à dire, l'historique de la monnaie allemande donnaient raison à la viabilité de ce modèle.

Comment la Banque Centrale Européenne justifiera-t-elle alors de renoncer à employer les instruments qui semblaient convenir à la Bundesbank d'avant l'Euro ? Voilà la question dont nous attendrons ces prochains jours la réponse.

30 janvier 2008

La ratification repoussée en Slovaquie

Comme le signale Reporters Sans Frontières, le gouvernement slovaque avait jugé bon de tenter de faire passer en un seul et même paquet la ratification du traité de Lisbonne et une loi destinée à règlementer la presse. Devant le refus des députés de l'opposition de cautionner simultanément les deux textes, la ratification du traité de Lisbonne est repoussée.

Interrogé sur cette question hier à son retour d'Angleterre, Barroso a souhaité ne faire aucun commentaire.

La riposte de l'industrie à Galileo

Personne n'a trop souhaité s'interroger sur les raisons qui ont poussé l'industrie à souhaiter ne plus investir dans Galileo. Une récente étude d'ABI Research propose une piste : cette étude prévoit que la totalité des équipements électroniques grand public mobiles seront équipés d'une puce GPS d'ici 2013.

Parmi les arguments invoqués pour justifier cette prévision, on trouvera essentiellement les considérations de sécurité nationale, de facturation fine des services en ligne par le soutien de fonction de géolocalisation et horodatage et surtout de chute du coût que représenterait la fourniture du service GPS dans n'importe quel équipement.

Sans doute Galileo est-il un projet stratégique : mais quel usage pourra-t-il donc trouver lorsqu'un service gratuit de qualité comparable sera disponible dans l'ensemble des équipements vendus sur le marché ?

Si d'aventure un jour vous en veniez à vous plaindre du fait que la recherche et les universités européennes manquent de crédit, vous pourrez toujours vous consoler en vous disant que si Galileo n'avait pas existé, la recherche européenne aurait disposé d'entre 5 et 10 milliards d'euros supplémentaires. Vous noterez en passant que nous parlons ici d'une somme toute à fait comparable à ce qu'aura réussi à faire disparaître le désormais célèbre Jérôme Kerviel de la Société Générale : exploit certes remarquable, mais que l'Union parviendra bientôt à égaler !

Annonce d'un référendum sur Lisbonne en Carinthie

Jorg Haïder, gouverneur de l'état de Carinthie (Autriche), annonce son intention d'organiser un référendum sur le traité de Lisbonne. Bien que les autorités fédérales aient la possibilité juridique de s'opposer à l'organisation d'une telle consultation, on voit mal quels arguments elles pourraient opposer à une telle initiative dans un pays auquel on a imposé tant la démocratie que ses actuelles institutions après la seconde guerre mondiale.

Recours contre une ratification parlementaire au Royaume-Uni

Stuart Wheeler, un homme d'affaires britannique mécène notoire du parti conservateur britannique, a annoncé avoir déposé un recours en justice contre la décision du gouvernement de ratifier Lisbonne par la voie parlementaire.

Des conséquences du renoncement

On ne dira jamais assez à quel point la promesse implicite faite par Nicolas Sarkozy et reprise en coeur par la classe politique auto-proclamée sérieuse de soutenir Lisbonne contre tous les vents et toutes les marées de France et de Navarre contribue à la construction européenne. Et y contribue de manière bien plus tangible que les traités eux-mêmes, ou même, que les arrêts des cours de justice.

Nous avions déjà expliqué à quel point l'Eurogroupe pouvait se permettre de se gausser publiquement et sans la moindre réserve des prévisions économiques et budgétaires françaises, qu'elles proviennent du gouvernement ou des officines publiques dites indépendantes. Nous avions vu pour la première fois des diplomates européens répandre des rumeurs particulièrement insultantes pour Nicolas Sarkozy devant des journalistes français parmi les plus en vue en ce qui concerne l'actualité européenne. Nous avons récemment commenté pourquoi et comment le Président de la Commission Européenne parvenait non seulement à s'inviter au sommet des "cinq plus grands dirigeants d'Europe" comme le nomme Libération, mais à griller la politesse aux quatre chefs d'état présents pour exprimer son opinion du gaut de sa position de ce qu'il faut bien nommer de chef de gouvernement de l'Union. Et voilà qu'aujourd'hui, le lendemain de cette prise de position, la Commission Européenne invite Paris et Rome à crédibiliser par des actes de gouvernement leurs prévisions en matière de dépenses publiques. Alors même qu'en théorie, c'est devant l'Eurogroupe et l'Eurogroupe seulement que Paris et Rome sont engagés en matière de réduction des déficits publics.

Mais comment pourraient donc désormais réagir les gouvernements des grands états de l'Union tant que leurs processus de ratification sont en cours ? Soit ils expriment devant leur opinion publique des doutes qu'ils taisent sciemment depuis juin dernier et risquent de passer pour les mauvais petits canards de l'europe, soit ils mangent des couloeuvres, en silence et en rang.

Ainsi se fait donc, encore et pour quelque temps, la construction européenne. Ainsi durera-t-elle tant que la question de la ratification définitive de Lisbonne ne sera pas réglée. Voilà qui pourrait, du moins, je l'espère, infléchir la position de certains partisans d'une réelle construction européenne en faveur d'un meileur soutien à l'actuel pourrissement de la situation.

29 janvier 2008

Barroso assume son rôle de Président de la Commission

Entendant les remarques acides des petits pays de l'Union constatant que les quatre membres européens du G8 semblaient souhaiter se consulter entre eux en marge de l'europe, José-Manuel Barroso a tenu à signaler son opposition à tout plan de relance artificielle de l'économie similaire à celui évoqué par Dominique Strauss-Kahn à Davos.

La manoeuvre est habile de la part de Barroso, si on considère que rien n'est sorti depuis bien longtemps du G8 (ou de ses sous-groupes), et que les commentateurs autorisés ne s'attendent guère qu'à une avalanche de grandes déclarations vite oubliées : ainsi s'assurera-t-il à peu de frais d'une apparente victoire sur les grandes déclarations à venir de quatre chefs de grands états européens tout en consolidant la bonne opinion dont il jouit dans les petits états de l'Union.

28 janvier 2008

We want our money back

Le Parlement britannique est décidemment d'humeur chafouine sur les questions européennes et s'interroge sur la pertinence de consentir à bien vouloir payer 20% du budget récemment quintuplé de Galileo. Poussé dans ses retranchements, le gouvernement déclare :

Despite the uncertainties about the overall level of benefits that Galileo might deliver it would be entirely wrong to ignore the real direct benefits... for the UK from the likely growth in satellite navigation applications that will result from the deployment of Galileo operating alongside GPS... no blocking minority against the [funding plans] could have been sustained... a number of member states were aligning themselves with a potential-blocking minority only in order to pursue industrial interests... [But even so] The Government supports qualified majority voting; it has allowed us to unlock decision making and promote a number of the UK's priorities...

Autrement dit : puisqu'il n'existait aucune possibilité d'obtenir sur ce sujet une minorité de blocage susceptible de bloquer le processus, mieux valait pour la Grande-Bretagne faire bonne figure et essayer de retirer le maximum d'une décision qu'elle se faisait imposer.

Voir la réponse complète du gouvernement britannique ici.

NB: Etant tenue dans le cadre des règles de gouvernance imposées sous Tony Blair à une certaine norme d'évolution des dépenses et anticipant de devoir répondre au Parlement des dépenses imprévues provoquées par Galileo, l'administration britannique de la recherche annonce son retrait de différents programmes internationaux au premier rang desquel le programme astronomique Gemini.

27 janvier 2008

La BCE préconise une regression des normes sociales

C'est un fait peu connu, mais les travailleurs belges et luxembourgeois ont la chance de profiter d'augmentations de salaires automatiques annuelles d'un montant égal à l'inflation. Ou, du moins, avaient jusqu'alors cette chance.

Car de telles indexations des salaires sur l'inflation est précisément ce que la BCE souhaite absolument éviter. C'est donc très explicitement que celle-ci vient peser de tout son poids dans les négociations en cours au Luxembourg, en Belgique, et en Allemagne. L'enjeu, rappellons-le, est de taille : si les salariés européens ne consentent pas à des réductions de pouvoir d'achat, les capitalistes se retrouveraient à ne même plus pouvoir profiter de revenus découlant de leurs seuls capitaux, et risqueraient même de perdre de l'argent en bourse !

25 janvier 2008

Vous sauriez mieux que nous leur dire pourquoi Lisbonne

Le comité aux affaires constitutionnelles du Parlement Européen vient de publier son analyse du traité de Lisbonne. Tout en suggérant que ce texte ne pourrait que très difficilement prétendre être plus clair ou plus simple que le traité Constitutionnel, le Parlement considère que les autorités nationales devraient prendre sur elles de réaliser de petites brochures explicatives : des versions simplifiées du traité destinées à expliquer aux citoyens tout l'intérêt de ce nouveau traité.

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