Dilemnes référendaires au Danemark
Le Premier Ministre danois Anders Fogh Rasmussen, en compétition avec notamment Tony Blair[*] pour devenir le premier Président de l'Union, avait tenu à démontrer l'attachement européen de son pays en décidant d'organiser au moins un référendum pour revenir sur les exceptions aux traités européens qui avaient été négociés par son pays en 1993.
Son choix s'était révélé suffisamment soutenu par la coalition au pouvoir pour que ne soit pas trop évoqué la bizarre contradiction par laquelle il se révélait peu souhaitable d'organiser un référendum sur le traité de Lisbonne, mais infiniment souhaitable d'en organiser entre un et quatre pour lever l'un, l'autre, ou la totalité des exceptions négociées le siècle dernier, et par ailleurs ré-évoquer la question de l'Euro, rejeté par les danois en 2000 là aussi, par référendum.
Mais ce n'est que très récemment qu'est émergé, au sein même de la coalition gouvernementale, l'idée selon laquelle l'éventuelle ratification du traité de Lisbonne pourrait, par exemple, s'envisager au regard de la, des quatre ou cinq consultations référendaires à organiser. Telle n'est évidemment pas l'avis du Premier Ministre danois, partisan de n'organiser qu'un seul référendum sur l'ensemble des exceptions négociées par le Danemark (hormis peut-être l'Euro), et dans la dynamique de la ratification parlementaire de Lisbonne. Vous en conviendrez certainement, la ficelle semble un peu grosse et réanime un débat qui sera sans doute resté moribond sans l'appetit réformateur de Rasmussen.
[*] Mon hypothèse personnelle étant que si Jean-Claude Juncker choisissait d'être candidat, il serait très probablement choisi tant le caractère consensuel de sa candidature s'imposerait face à toute autre.

Le problème vient du fait que la recours à la voie parlementaire pour ratifier Lisbonne est un engagement des états signataires qui fait partie du traité lui-même et qui, vu sa technicité, ne peut être soumis à référendum, sauf à exiger que chaque citoyen fasse la lecture intégrale d'une texte illisible.
Une seule exception l'Irlande dont la constitution fait obligation de recourir au référendum. mais je souhaite bien du plaisir aux irlandais...
Rédigé par: Sylvain Reboul | 13 janvier 2008 at 10:34
Nous avons donc affaire à un traité simplifié mais plus complexe que celui rejeté par référendum, qui par ailleurs contient toutes les "avancées" du TCE selon VGE mais en contient d'autres que personne n'énumère qui valident l'ensemble tout en le simplifiant.
Je crois avoir compris : Lisbonne, c'est le plan A+ d'Onesta, mais lui-même l'ignorait.
Rédigé par: Gus | 13 janvier 2008 at 12:00