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30 janvier 2008

Des conséquences du renoncement

On ne dira jamais assez à quel point la promesse implicite faite par Nicolas Sarkozy et reprise en coeur par la classe politique auto-proclamée sérieuse de soutenir Lisbonne contre tous les vents et toutes les marées de France et de Navarre contribue à la construction européenne. Et y contribue de manière bien plus tangible que les traités eux-mêmes, ou même, que les arrêts des cours de justice.

Nous avions déjà expliqué à quel point l'Eurogroupe pouvait se permettre de se gausser publiquement et sans la moindre réserve des prévisions économiques et budgétaires françaises, qu'elles proviennent du gouvernement ou des officines publiques dites indépendantes. Nous avions vu pour la première fois des diplomates européens répandre des rumeurs particulièrement insultantes pour Nicolas Sarkozy devant des journalistes français parmi les plus en vue en ce qui concerne l'actualité européenne. Nous avons récemment commenté pourquoi et comment le Président de la Commission Européenne parvenait non seulement à s'inviter au sommet des "cinq plus grands dirigeants d'Europe" comme le nomme Libération, mais à griller la politesse aux quatre chefs d'état présents pour exprimer son opinion du gaut de sa position de ce qu'il faut bien nommer de chef de gouvernement de l'Union. Et voilà qu'aujourd'hui, le lendemain de cette prise de position, la Commission Européenne invite Paris et Rome à crédibiliser par des actes de gouvernement leurs prévisions en matière de dépenses publiques. Alors même qu'en théorie, c'est devant l'Eurogroupe et l'Eurogroupe seulement que Paris et Rome sont engagés en matière de réduction des déficits publics.

Mais comment pourraient donc désormais réagir les gouvernements des grands états de l'Union tant que leurs processus de ratification sont en cours ? Soit ils expriment devant leur opinion publique des doutes qu'ils taisent sciemment depuis juin dernier et risquent de passer pour les mauvais petits canards de l'europe, soit ils mangent des couloeuvres, en silence et en rang.

Ainsi se fait donc, encore et pour quelque temps, la construction européenne. Ainsi durera-t-elle tant que la question de la ratification définitive de Lisbonne ne sera pas réglée. Voilà qui pourrait, du moins, je l'espère, infléchir la position de certains partisans d'une réelle construction européenne en faveur d'un meileur soutien à l'actuel pourrissement de la situation.

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