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07 décembre 2007

"Vivre sans la France ?"

Telle est la question qui semble se poser à Berlin, du moins, à ce que rapporte la presse étrangère et notamment le journal suisse Le Temps, évoquant les propos tenus le 5 décembre à Berlin par la Chancelière allemande et son entourage manifestement pris de court par le projet d'Union Méditerranéenne de Nicolas Sarkozy, et ayant visiblement autant de mal que votre serviteur à comprendre comment ce projet pouvant s'intégrer avec l'existence de l'Union. Et notamment de comprendre si, dans l'esprit de son concepteur, la France avait vocation à appartenir à l'Union Méditerranéenne ? Ainsi que la Turquie ?

Je ne saurais mieux dire que l'auteur de l'article du Temps lui-même évoquant la récente entre les deux chefs d'état : La différence de traitement de la rencontre était frappante, vendredi matin, entre quotidiens allemands et français. Alors que les premiers, en soupirants éconduits, y consacraient de longs articles et des commentaires, le tête-à-tête, certes devenu coutumier, entre les deux responsables politiques, passait pratiquement inaperçu en France.

Rares auront été les moments de l'histoire récente au cours desquels les politiques tant intérieures qu'extérieures de la France et de l'Allemagne auront été aussi divergentes : constatons cependant que si Nicolas Sarkozy jouit d'une incontestable légitimité, la capacité à créer le consensus de son homologue allemande est bien plus évidente que la sienne, ce qui, en Europe, pèse lourd.

Voilà qui nous promet de grands moments pour la présidence française de juillet 2008 !

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Voici les sites qui parlent de "Vivre sans la France ?":

Commentaires

Tu fais bien de souligner ce qui est un problème majeur de la présidence de Sarko : en engagement pro-européen de surface mais une diplomatie brouillonne et certainement pas cohérente avec nos engagements. La stratégie du coucou d'une part est déjà bien irrespectueuse, en s 'attribuan,t le succès de Angela Merkel qui a réussi à faire adopter le mini-traité, et celui de la commissaire européenne aux affaires extérieures qui a joué un rôle déterminant dans l'affaire des otages en Lybie. D'autre part certaines prises de positions unilatérales et sans concertation, comme le projet fumeux d'Union méditérannéenne ou le coup de fil scandaleux à Poutine, constituent autant de coups de canifs dans le contrat de confiance entre els Européens.

Tant que l'Union ne sera pas dotée de compétences propres et communautarisée dans le domaine des relations extérieures (hors de celles qu'elel possède déjà) elle restera un nain politique car manifestement une simple coopération où n'importe quel pays membre peut faire n'importe quoi de son côté ne peut pas fonctionner.

Il y aurait à en dire en effet. Des wagons et des tartines. Je ne renonce d'ailleurs pas d'avance à y venir, si d'aventure improbable Sarkozy se décidait à essayer de vendre le "mini-traité" à ses fidèles.

Plus impressionnant est le traitement accordé par la presse française à l'affaire. J'attends avec impatience le probable article de Quatremer sur ce sujet.

L'Europe a quand même de nombreuses compétences propres. Je ne vais pas ressortir l'exemple du thon rouge, des OGMs ou des cages à oiseaux, mais j'avoue être bien en peine de trouver *un* exemple d'affaire gérée au niveau de l'Union dans laquelle une gestion européenne se soit révélée indéniablement plus performante qu'une gestion plus décentralisée.

Je me risque enfin à une prédiction : le changement de majorité en Pologne donne à l'Allemagne une opportunité historique de contruire l'Europe sans la France. L'Allemagne ne peut pas imaginer que la Turquie ne devienne pas un jour européenne. Et rien n'est plus fédérateur qu'un ennemi commun : la France hypocrite et opportuniste de Sarkozy, repliée sur ses valeurs nationalistes et réactionnaires est certainement à même de jouer ce rôle d'ennemi fédérateur pour toute cette fraction de l'Europe située à plus 600 Kms à l'est et au sud de Paris

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