« Embarras autour des bio-carburants | Accueil | La Commission propose aux salariés européens de se serrer la ceinture »

09 décembre 2007

Commentaires

Gus

Je ne suis pas expert du sujet, mais il me semble que le libre-échange à l'européenne n'a jamais été l'objectif de la plupart des pays méditerranéens d'Afrique : notamment, ni la Maroc, ni l'Algérie, ni la Lybie, ni la Tunisie n'acceptent l'idée de soumettre à la concurrence internationale les services de distribution d'eau, ou autres matières dites "de Singapour" en jargon OMC, au motif que la sécurisation de tels services est vitale pour la population. La lettre du discours de Sarkozy est d'ailleurs à double sens à ce sujet et je ne suis pas réellement convaincu que le message selon lequel nul ne veut vitabelement dépendre pour ses approvisionnements en eau de son voisin ait été bien compris.

La ridicule insistance de la Commission Européenne sur ces questions est certainement ce qui aura causé le plus de tort à l'image de l'europe dans les régions africaines et moyen-orientales, même si elle aura grandement aidé à la naissance de l'Union de Maghreb Arabe ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Union_du_Maghreb_arabe ), précisément destiné à gérer ces aspects hors de la vue des pays occidentaux. C'est dans le contexte de la consolidation de de l'UMA qu'il faut apprécier les limites de la proposition de Sarkozy. Et constater que les politiques européennes ne sont pas en danger : elles sont juste mortes-nées, du moins, du Liban à la Mauritanie.

Par ailleurs, les pays mediterranéens d'Afrique ont un problème difficile : ils ne peuvent pas aussi facilement qu'ils le souhaiteraient commercer avec la Chine, géographie oblige. L'enjeu pour elles est donc plutôt de tisser des liens avec l'Egypte et le Soudan plutôt qu'avec le Moyen-Orient.

Il y a selon moi fort à parier que les idéaux pan-arabes de feu Nasser retrouvent une évidente vigueur, ne serait-ce que parce qu'ils permettront à l'Algérie et la Tunisie de réaffirmer la domination de la fraction arabo-musulmane de la population sur le territoire, avec le soutien parfois inconscient des préjugés européens.

Il ne faut pas oublier que, contrairement à ce qu'on enseigne à l'école en France, les populations d'Afrique du Nord ne sont ni exclusivement arabes, ni exclusivement musulmanes : de ce fait, une politique internationale centrée sur le dialogue inter-étatique est un moyen comme un autre, pour des pouvoirs arabes, de profiter de l'aura de légitimité qu'elle procure sur la population, ainsi que d'un accès au matériel militaire et de maintien de l'ordre sophistiqué qui est une des spécialités françaises.

L'utilisation des commentaires est désactivée pour cette note.