La Commission propose aux salariés européens de se serrer la ceinture
Alors que les dernières négociations autour des directives relatives aux temps de travail et aux droits des personnels intérimaires dans l'Union sont en cours, à quelques jours de deux verdicts attendus de la Cour Européenne dans le domaine social (délocalisation d'une compagnie maritime et recours à des personnels étrangers sur le sol d'un pays à la législation sociale protectrice), la Commission Européenne, toujours soucieuse de lutter contre l'inflation, propose aux partenaires sociaux de renoncer à leurs revendications salariales.
Que cela signifie-t-il ?
Le retour en Europe de l'inflation, auquel la politique plus favorable aux investisseurs qu'aux travailleurs de la Banque Centrale Européenne n'est pas étrangère, a pour conséquence une hausse significative des prix, notamment dans le secteur des produits de première nécessité.
La Commission Européenne propose donc aux partenaires sociaux de bien vouloir veiller à ce que les
citoyens
européens, et notamment, les travailleurs, daignent bien vouloir
prendre sur eux les effets d'une inflation qui est en partie la
conséquence annoncée du laxisme de la Banque Centrale Européenne, de l'aveu même de son Président.
Bien
entendu, nous n'aurons pas un mot de la Commission Européenne sur
l'évidente contribution dans le retour de l'inflation des profits
considérables obtenus par les investisseurs sur les marchés financiers,
sur le marché des actifs en euros ou ceux bien mieux connus du marché
immobilier ces six dernières années, suite au déversement dans
l'économie réelle du formidable volume de monnaie de singe née de la
bulle internet. L'enrichissement des gagnants de l'économie se traduit
invariablement par une concurrence accrue sur les marchés de biens
rivaux, les nouveaux gagnants y chassant les anciens propriétaires,
lesquels, enrichis, alimentent la croissance, mais aussi l'inflation.
Ce que demande la Commission Européenne est fort simple : que ceux des citoyens européens qui vivent essentiellement de leur travail veuillent bien nettoyer en silence les saletés laissées par les investisseurs. Nous verrons bien ce que la Confédération Européenne des Syndicats fera d'une telle demande.

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