On ne cessera jamais de s'étonner des ravages de l'europhilie béate au coeur des plus hautes instances politiques. Jamais ne semble se contredire le principe selon lequel, indépendamment de l'opinion publique, l'appartenance aux plus hautes instances des partis politiques aspirant à la conquête du pouvoir s'accompagne de plus en plus immanquablement d'une adhésion sans réserve au principe même d'approfondissement de la construction européenne, indépendamment du contenu ou du sens de cet approfondissement : et ce, en France comme à peu près partout en Europe et même au coeur du syndicalisme contestataire, mais institutionnel : se souvient-on que la direction de la CGT elle-Bernard Thibault lui-même s'était déclaré, comme la Confédération Européenne des Syndicats, favorable au TCE en pleine polémique sur la directive Bolkestein, avant de changer de point de vue face à l'opinion contraire de sa base militante ?
Est-ce bien étonnant, pourtant ? Ne pourrait-on simplement constater qu'au fur et à mesure qu'on devient un respectable professionnel de la politique, donc aspirant à gouverner quelles que soient les institutions au sein desquelles on revendique une place, on a tout simplement intérêt à afficher des convictions inconditionnellement europhiles. En effet, la soumission à l'idéologie même de la construction européenne est à l'évidence, pour tout politicien respectable, le moyen pour chacun de reconnaître l'utilité de tous ses pairs et par là-même, la sienne propre et d'obtenir en retour l'estime de l'ensemble des membres de sa caste : autrement dit, un classique réflexe de classe, par lequel la motivation essentielle de l'action de chacun est de promouvoir l'intérêt de la caste, corporation ou profession à laquelle il estime appartenir.
Dans une telle hypothèse, que pèsent, aux yeux des professionnels de la politique, les conséquences de la construction européenne ? à vrai dire, peu de chose. Voyons pourquoi :
Lorsqu'elles sont institutionnelles, ces conséquences sont sans importance, puisque, parmi nos postulats, nous avons admis parler de politiciens aspirant à gouverner quelles que soient les institutions dans lesquelles ils exerceraient tout ou partie du pouvoir.
Lorsqu'on parle des conséquences humaines ou sociales, par définition, les professionnels de la politique les ignorent. Mieux encore, ils ne cessent d'oeuvrer à s'en détacher, militant en faveur de lois, statuts, règlements et autres privilèges réservés à la profession politique, voire, aspirent à des statuts leur étant réservés. L'alibi du bien commun est ici comme bien souvent invoqué pour échapper au destin qu'on aide à imposer au lot commun de ses semblables.
Lorsqu'il s'agit des conséquences financières, celles-ci sont immanquablement renvoyées bien au delà de l'échéance électorale du jour, horizon indépassable de la pensée politique professionnelle.
Alors, pourquoi chercher plus loin des explications à l'idolâtrie europhile à laquelle ne semblent guère échapper l'immense majorité des professionnels de la politique ? Et puis, en tirer les deux conclusions essentielles :
La première étant qu'une construction européenne laissée aux seules mains des professionnels de la politique peut engendrer aussi sûrement le pire qu'improbablement le meilleur. Détachée de toute ambition pour la société, elle devient le plus sûr chemin pour les citoyens européens vers la servitude.
La seconde, essentielle, est que rien ne sert de débattre de fond avec les professionnels de la politiques. Mûs par l'instinct de solidarité de classe, leurs agissements iront toujours, au final, là où les intérêts de leur classe les mèneront : vers la construction de niches et centres de pouvoir imbriqués, vers l'édification d'horribles bureaucraties, vers une séparation de plus en plus grande entre leur destin et celui du commun, condition sine qua none de la réussite de cette forme particulière d'oppression qu'on nomme le réformisme. Autant il est possible, comme le montrent de nombreux témoignages, d'obtenir par appel à la raison leur adhésion sincère à un raisonnement rationnel, autant on peut prédire qu'indépendamment des conclusions de tels raisonnements, leurs actes les mèneront toujours à accepter pour ce qu'il est le chemin par lequel se construira leur suprématie de classe.

"ette forme particulière d'oppression qu'on nomme le réformisme"
C'est une plaisanterie j'imagine ?
Rédigé par: valery | 07 novembre 2007 at 08:07
Les plus acharnés partisans de la réforme en général sont toujours ses plus farouches adversaires dès lors que la réforme les concerne. Partisans des réformes en général, mais adversaires de toutes celles les concernant.
Qu'il s'agisse des avocats, des juges, des économistes fonctionnaires, des petits commerçants, des artisans, des cheminots, des parlementaires, des journalistes, j'en passe et des meilleures.
Formulation provocante mise à part, Delpla et Wyplosz ne disent pas autre chose : réformer, c'est toujours nuire : nuire sans contrepartie, c'est oppresser. Donc, la logique même de réformisme (donc, érigé en idéal et surtout pas en ensemble de relations contractuelles) est une forme d'oppression parmi d'autres.
Rédigé par: Gus | 07 novembre 2007 at 08:27
Et bien je partage cette position.
J'imagine qu'aucun salarié n'attend de "réforme" de son salaire autre qu'à la hausse.
Je ne vois pas l'intérêt d' adhérer benoitement à l'idée de changer les règles et institutions si ce n'est pas pour un mieux avéré pour l'ensemble des personnes que cela concernera.
"La réformite" n'est que le symptôme d'une schyzophrénie politique et mentale qui par l'adhésion qu'elle sucite chez celui qui la
porte, s'observe souvent par l'absence du germe du discernement, du bon sens, de l'esprit critique et argumenté.
Seule une grande mise à plat d'inertie d'observations et bilan complet des résultats obtenus par comparaisons d'une époque de mieux être pourrait s'avérer curative pour ce grand corps malade.
Rédigé par: dg | 07 novembre 2007 at 09:43
Gus, merci pour ce billet. J'espère qu'il recevra l'attention qu'il mérite, et je vais m'y employer à ma modeste place avec un lien rapide.
Rédigé par: edgar | 07 novembre 2007 at 16:34
Oui, je me disais qu'il était temps de lancer la campagne....
Rédigé par: Gus | 07 novembre 2007 at 17:15
Me trompe-je ou tu votes non à Lisbonne ?...
Rédigé par: edgar | 07 novembre 2007 at 18:33
Comme je l'écrivais par ailleurs, les différences entre le TCE et Lisbonne ne me semblent pas réellement significatives. Par ailleurs, l'essentiel de ce qui rendait la constitution haïssable est maintenu, et notamment, outre l'exclusivité des initiatives législatives laissée à la Commission, la volonté européenne de se doter d'une armée, d'une capacité d'intervention, d'une administration de défense et d'un politicien en roue libre payé à négocier le recours de cette force avec d'autres puissances.
Rédigé par: Gus | 07 novembre 2007 at 19:08
Très interressante analyse, qui traduit bien ce que je ressentais depuis pas mal de temps sans réussir à me l'expliquer clairement.
Ceci dit, ca manque un peu de références, et je trouve que la rédaction plonge un peu dans le style conspirationniste.
Mais j'adhère completement, et ne serai pas capable de faire mieux. Bravo et merci.
Rédigé par: RilaX | 07 novembre 2007 at 19:43
Précision à ce texte:
Bernard Thibault a exprimé sa position favorable au TCE, mais le conseil national de la CGT a refusé de donner des consignes de vote. Je ne pense pas non plus que la base syndicale ait voté favorablement au TCE.
Dit ainsi cela m'apparait être plus objectif.
Rédigé par: dg | 07 novembre 2007 at 21:37
Pour illustrer mes dires :
http://www.appeldes200.net/article.php3?id_article=254
http://www.acrimed.org/article2037.html
cgt-cea.org/tracts/ITRdu2mai2005.doc
www.cgt-cnav-37.com/rubrique-1126111.html
etc.... je ne vais pas mettre tous les liens
Rédigé par: dg | 07 novembre 2007 at 21:50
Il ne faut pas confondre la position de la base et celle des cadres.
C'est je crois le message contenu dans votre texte.
Salutations
Rédigé par: dg | 07 novembre 2007 at 21:51
dg: je m'en vais donc corriger mon texte de sorte à essayer de prendre en compte vos observations.
RiLaX: Je vous remercie du fond du coeur de vos encouragements. Hélas, mon style invariablement approximatif traduira toujours les limites de mon éducation. Ce que je regrette sans trop y pouvoir grand chose.
Rédigé par: Gus | 07 novembre 2007 at 21:58
A Gus: intéressante évolution de ce site vers l'euroscepticisme à la Michel Onfray. La stratégie du coucou sans doute. Cela faisait longtemps que je n'étais pas venu, mais ce papier est ahurissant: à quand un papier, sur l'européïsme maladie honteuse? A-t-il échappé à l'auteur qu'en Europe, l'ensemble de la gauche, à part la gauche extrême gagnée par l'idéologie social-souverainiste que l'on devine ici, et les syndicats soutiennent la construction communautaire? Sans doute la seule vraie classe ouvrière révolutionnaire est-elle en France?
Rédigé par: Jean Quatremer | 08 novembre 2007 at 10:08
Je suppose que vous qualifiez de gauche l'essentiel des professionnels de la politique et des secteurs en relation symbiotique (presse généraliste, centrales syndicales institutionellement représentatives et gestionnaires paritaires professionnels notamment) se revendiquant de gauche.
Dès lors, il est clair que vous avez parfaitement raison.
Rédigé par: Gus | 08 novembre 2007 at 10:51
A Gus: étonnant, vous avez sombré dans la thèse du complot du grand capital. Il me semblait pourtant, qu'à un moment, vous manifestiez un peu plus de finesse. Mais je dois me tromper. A moins que l'abus d'Onfray...
Rédigé par: Jean Quatremer | 08 novembre 2007 at 11:05
Qui vous parle de grand capital ?
Rédigé par: Gus | 08 novembre 2007 at 11:20
à vrai dire, j'avais même plutôt l'impression de tenir un discours franchement libéral, en prétendant que de la même manière que les enseignants revendiquent toujours des ouvertures de postes, de la même manière que les mairies demandent des ouvertures de classes dans leurs communes, de la même manière que les pêcheurs, les agriculteurs, les transporteurs routiers et les artisans taxis demandent de quoi réduire la facture pétrolière, de la même manière qu'à peu près toutes les corporations revendiquent sous les motifs les plus divers, mais invariablement nobles, de ne pas se voir tenus par les règles de l'économie générale (mondialisée, de marché, qu'importe), les politiciens professionnels en général sont toujours partisans de la construction européenne, pourvoyeuse exclusive de postes de pouvoir et seule potentielle pourvoyeuse de tels emplois dans une économie en voie de mondialisation, et donc, de libéralisation.
Rédigé par: Gus | 08 novembre 2007 at 12:24
@ Gus : je ne suis pas sur que par les temps qui courent il soit si tendance de se dire de gauche. À mon sens que quelqu'un se revendique de la gauche est un indice suffisant sur son appartenance politique (ensuite s'il veut aller siéger dans un gouvernement Sarkozy c'est une autre histoire).
Mais comme le fait Jean Quatremer dans un post récent, il est important de distinguer la gauche démocratique, sociale démocrate, qui accepte l'économie de marché, et l'extrême-gauche qui se réfère encore au marxisme plus ou moins ouvertement et qu'il convient de laisser enfin derrière nous.
Parler de "classe politique" comme vous le faite me semble aller dans le sens de ce discours anti-élitiste très limite que l'on avait reproché à Ségolène Royal. Parler de "classes" tout court aujourd'hui, quinze ans après la chute du mur, est particulièrement surprenant de la part de gens a priori raisonnable. Voire les même combattre l'Europe au nom d'un social-nationalisme mal assumé l'est tout autant. Cette gauche de droite, comme dit BHL, doit être combattue à mon sens au même titre que la droite elle-même. Elles sont d'ailleurs alliées de facto.
Enfin je ne peut que dire mon désaccord avec votre vision du réformisme. Certes toute remise en cause des situations acquises peut déranger mais l'action politique se fait dans le sens de l'intérêt général, pas au nom d'une somme d'intérêts particuliers. Il est difficile de qualifier d'oppression le travail qui consiste simplement à gouverner en adaptant nos lois. Si les réformistes sont des oppresseurs, alors que sont les révolutionnaires ?
Rédigé par: valery | 08 novembre 2007 at 13:07
Un peu naïvement sans doute, j'aurais qualifié de démocratique la gauche qui adhère à l'idée selon laquelle les décisions prises au nom du peuple sont prises démocratiquement et par le peuple.
A contrario, je ne vois pas en quoi le qualificatif de "démocratique" s'applique à une ... gauche ? ... qui revendique comme signe de ralliement essentiel l'adhésion à une théorie socio-économique quelle qu'en soit sa valeur.
Et dès lors qu'on abuse si visiblement du sens commun des mots de sa langue pour un qualificatif, que laisse-t-on penser de l'autre !!!!
(Ceci dit, bien sûr que les révolutionnaires sont eux aussi des oppresseurs : ceci expliquant d'ailleutrs pourquoi ils échouent si invariablement, même si souvent, l'histoire, dans ses formidables raccourcis dont elle a le secret, trouvera une filiation entre une révolution et la plus conformiste des institutions lui ayant succédé, que nul test ADN au monde ne parviendrait d'ailleurs à établir)
Rédigé par: Gus | 08 novembre 2007 at 13:22
Intéressant mais incomplet ! Car tout ouisto-élitiste que je sois, je n'en reste pas moins une toute petite chose par rapport aux Laurent Fabius, Bernard Cassen, Jean-Pierre Chevènement & cie aux parcours et titres de noblesses éminemment plus prestigieux. Pour être complet, il faudrait donc en parallèle une analyse sociologique de cette élite du NON !
En attendant que Gus ne planche sur cette question, quelques pistes de réflexions ébauchée en 2005 par Alain Lipietz (« Les racines du NON - réponse à Yann Forestier http://lipietz.net/spip.php?article1493 )
------------------------------
En fait, je me rends compte de plus en plus que, parmi les partisans du Non, beaucoup sont purement et simplement anti-européens, dans ce sens où ils sont contre un pouvoir supra-national décidant à la majorité. Autrement dit, beaucoup préfèrent en effet Nice au TCE. Seul Chevènement l’a dit ouvertement, lui qui préférait encore la Nation française à Maastricht et à Nice. En réalité, la plupart des communistes, des trotskistes et des dirigeants d’Attac pensent comme lui : même quand ils concèdent du bout des lèvres leur acceptation du principe majoritaire à l’échelle européenne, leur rêve est en fait une Europe où on déciderait de tout à la majorité... seule France ayant un droit de veto pour défendre l’exceptionnel modèle français !
J’ai entrepris l’analyse de ce Non de gauche nationaliste, de ce Non pro-Nice. Je l’ai attribué à une partie de la France d’en haut. Les paysans riches, qui perdraient à coup sûr leurs subventions hallucinantes dès l’instant que le Parlement européen mettra la main sur le budget de la politique agricole. Mais aussi la « noblesse d’Etat » au sens de Bourdieu, c’est à dire les énarques, grands corps de l’Etat, docteurs et autres bac+4 tenant leurs revenus et leurs pouvoirs de leur rapport à l’Etat, et qui se sentent dépossédés, exactement comme le personnel de la Commune se sent dépossédé par les compétences du personnel de l’agglo...
Il faut hélas descendre plus bas. S’il y a une noblesse d’Etat, il y a des hobereaux d’Etat. Comme l’expliquait Gramsci, les grands intellectuels sont relayés par des intellectuels « organiques », pour diffuser l’idéologie du bloc hégémonique. Beaucoup d’élites de gauche, dans nos régions françaises, assoient leur hégémonie régionale sur leur rapport à l’Etat central français. Selon Grémion (Le pouvoir périphérique en France ), ce mode d’hégémonie est particulièrement clair dans le cas du Limousin, donc de la Creuse et donc de Guéret... Mais c’est Emile Zucarrelli, rad-soc de gauche, maire de Bastia et pourfendeur de la régionalisation de la Corse, qui, dans la campagne du Non, incarne au mieux cette position de hobereau d’Etat (bien qu’il soit lui-même polytechnicien...).
Ce bloc hégémonique national républicain ne saurait exister s’il n’avait pas su consolider autour de lui de larges couches populaires, bien au-delà de ces correspondants locaux de l’Etat français. C’est un fait, depuis le début du 20e siècle, les couches populaires ont appris que l’Etat français pouvait être leur protecteur. Cette hégémonie de la gauche nationaliste en France (radicale-socialiste, SFIO ou communiste) contraste avec des pays où la tradition marxiste ou anarchiste était beaucoup plus forte, et avec elle la méfiance à l’égard de l’Etat (l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie, la Scandinavie). Dans ces pays, les syndicats sont plutôt rodés à l’idée que l’Etat ne joue pas vraiment pour eux, et que les compromis avec le capital doivent prendre plutôt la forme contractuelle. Dans ces pays, le mouvement ouvrier est globalement favorable à la Constitution, parce qu’il n’a pas un rapport particulier d’affection à l’égard de son Etat national, quoi qu’on en dise... ou parce qu’il a un très mauvais souvenir des excès d’un Etat social-autoritaire.
D’où le caractère extraordinairement crispé, et que tu remarques avec justesse, de la réaction des Nonistes de gauche lorsqu’on leur rappelle la similitude de leurs positions avec celles de de Villiers. On touche là un point extrêmement sensible : oui, la question du rapport à l’Etat divise très profondément les Nonistes, et elle les divise pas seulement entre eux mais en leur coeur.
------------------------
Rédigé par: Jean-Michel Fayard | 08 novembre 2007 at 15:27
JMFayard: C'est si gentiment demandé que, promis, j'essaierai :-) il y aurait effectivement à en dire : mais comme le souligne RiLaX, on ne trouve pas toujours l'axe d'une synthèse pertinente sous le pied d'un cheval, quel que soit l'importance de la chose à synthétiser.
Je crois cependant avoir en partie précédé votre souhait là :
http://vanb.typepad.com/versac/2007/11/ah-le-bon-vieux.html#comment-89051448
Rédigé par: Gus | 08 novembre 2007 at 16:01
@Gus,
Merci pour la correction.
A lire certaines des interventions, il ressort on le dirait une gêne quant à votre postulat.
Je la partage néanmoins, du fait du matraquage quotidien de l'hégémonie idéologique libérale. Il ressort partout que ne pas être pour l'économie de marché ne serait pas envisageable.
Vaste fumisterie que de ne pas laisser possible d'autres modes de pensées et d'organisations politiques.
On ne voit pas pourquoi celui qui tient le projecteur éclairerait d'autres perspectives que celles qui lui donnent le pouvoir d'éclairer...
Rédigé par: dg | 08 novembre 2007 at 21:01
dg: Le plus étonnant selon moi est que si tout le monde s'accorde pour qualifier la France de pays de clochers, c'est à dire, de corporations, groupes d'intérêts ou groupes de pression divers, chacun hurle son innocence dès lors qu'on évoque sa possible appartenance à l'un d'eux.
Il y a encore à peine quelques années, quiconque à gauche critiquait une fraction de la classe politique quelle qu'elle soit se faisait accuser de faire le jeu du FN. La seule chose qui a changé depuis, c'est que les électeurs du FN ont finalement trouvé une oreille suffisamment attentive à leurs revendications pour ne plus estimer avoir besoin de faire de la politique.
Rédigé par: Gus | 08 novembre 2007 at 21:13
C'est un jeu de forces antagonistes continu.
Depuis toujours.
Ce que ne comprennent pas ceux qui décident du haut de leur charge(n'importe lesquelles) c'est que les dommages collatéraux existent et sont souvent gommées par des rhétoriques creuses. Ce que j'appelle la vulgate des relations publiques. Cela gangrenne. Les médias font écho et c'est tout.
L'idée d'un complot capitaliste évoqué plus haut me plait assez. Je ne vois pas pourquoi il faudrait nier l'intérêt des groupes de pression économiques pour satisfaire l'intellectuellement correct de certains. Si je ne m'abuse, les groupes économiques les plus puissants ont leurs associations au niveau européen. Et ont retrouve souvent derrière des associations plus locales des poches de trésoreries plus qu'opaques, au service d'intérêts bien peu démocratiques.
Rédigé par: dg | 08 novembre 2007 at 23:28
Courageux Gus, attention aux foudres de Quatremer qui d'ailleurs correspond un peu à l'europhile, pourtant intelligent dont tu parles?
Sans tomber dans la polémique, le propos est intéressant et soulève je crois bien une réalité. Il mérite donc débat et d'être affuté.
Europhile ne veut pas dire pour l'Europe bêtement et dire oui aveuglement!
Rédigé par: Etudiant X en Droit | 09 novembre 2007 at 02:35