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28 août 2007

Commentaires

Guillaume C

"Les citoyens européens utilisant un téléphone mobile pour téléphoner à l'étranger [...] recourrent aux offres pré-payées d'opérateurs spécialisés"

Les tarifs des opérateurs classiques sont très élevés donc les gens n'ont d'autre choix que de recourir à des opérateurs spécialisés donc il ne faut pas baisser les tarifs des opérateurs classiques... Quel magnifique raisonnement !

Vous êtes employé par un de ces opérateurs spécialisés ?

Gus

Non.

Je vais essayer de vous réexpliquer mon argument : exiger une baisse de prix sur un service particulier (essentiellement utilisé par les eurocrates et les dirigeants des multinationales) fera que le prix des autres services (utilisé par la majorité de la population) augmentera mécaniquement, les opérateurs de téléphonie mobile n'ayant aucune raison de faire cadeau de leurs marges à la Commission Européenne.

Donc, si le prix de votre abonnement ne baisse pas ces prochaines années, vous pourrez dire merci à Bruxelles, et vous remémorer qu'ainsi, vous les financez.

Guillaume C

Désolé pour la pique, mais je trouve toujours anormal qu'à 10km près, le coût de mon appel soit multiplié par 3 ou 4 comme c'était le cas avant que la CE n'y mette son nez.

Et ce d'autant plus au sein d'une Europe censée abattre les frontières et surtout les frontières commerciales. Je ressens-là quelque chose de profondément anti-européen.

Et puis si les gens en profitant sont si peu nombreux que les opposants à la mesure le disent, la différence devrait passer inaperçue une fois lissée sur quelques _centaines de millions_ de factures.

Pour l'avoir vécu, ça fait quant même très bizarre : la frontière se passe si facilement qu'on peut ne pas s'en rendre compte, les gens parlent la même langue, un bon paquet de lois sont similaires, on utilise la même monnaie, mais... on ne peut pas utiliser son portable, ou alors à des prix prohibitifs comme si on était à l'autre bout du monde dans un pays où posséder un portable était l'exception.

Ca fait un choc !

valery

Je suis en profond désaccord avec le ton de votre note : il est essentiel que les citoyens - de plus en plus nombreux, qui voyagent ou s'installent dans d'autres pays membres de l'Union ne soient pas discriminés par les entreprises privées pas plus qu'elles ne doivent l'etre par les administration. Les grandes libertés au coeur de la construction européenne doivent aussi s'imposer aux grandes entreprises capitalistes comme elles s'imposent aux Etats. Il n'y a pas de raison que l'on laisse les Européens se faire racketter sous prétexte qu'ils franchissent une frontière intérieure.

Le secteur est en toute hypothèse notoirement sujet à des abus contre les consommateurs : outre els ententes déjà connues il y a aussi les marges exceptionnelles réalisées sur les SMS. Il mérite en effet de rester sous surveillance.

Parler de cynisme, de machiavélisme et de caprice relève du procès d'intention parfaitement injuste pour une mesure si incontestablement fondée.

R

valery, combien de langues étrangères parlez-vous suffisamment bien au point de pouvoir envisager de vivre dans plusieurs pays de l'Union à la fois ? Et incidemment, quel est votre niveau d'instruction et de revenu ?

Pour la beauté du raisonnement, tentez de généraliser ce raisonnement à l'échelle de la population européenne dans son ensemble (sans oublier qu'il existe déjà des offres de téléphonie fixe intra-européenne très peu chères ET des opérateurs spécialisés pour la téléphonie mobile internationale).

Etes-vous toujours si certain que la collectivité dans son ensemble ne finance pas ici l'infime minorité instruite, mobile et fortunée de l'Union ?

L'Union se distingue des USA par le fait que la mobilité de la population y reste strictement théorique du seul fait des différences de niveau de vie, des législations hypocrites s'y opposant (quotas de travailleurs entre Est et Ouest) et des barrières linguistiques. Et ce n'est pas en règlementant les tarifs de la téléphonie mobile que l'UE y changera quelque chose.

Gus

Valery, ne voyez-vous pas un certain paradoxe à découvrir que la Commission Européenne s'oppose à ce que des tarifs règlementés protecteurs existent dans l'Union pour des services vitaux tels que l'accès à l'eau, l'électricité, le gaz ou le service téléphonique minimum et ensuite se propose d'user de toute son influence pour faire plafonner le prix d'un service tout à fait substituable d'une part, et utilisé par une infime minorité de citoyens de l'Union d'autre part, de surcroit parmi lesquels, pour l'essentiel, des fonctionnaires européens, des banquiers, des journalistes, des étudiants inévitablement fortunés (dont les parents investissent des dizaines de milliers d'euros par an dans la scolarité).

Ne trouvez-vous rien d'anormal à ce que l'administration européenne demande pour elle cette protection qu'elle souhaite de tout coeur interdire à la population dans son ensemble ?

alquezar

Voila un article étonnant. Ainsi, on doit s’indigner que les tarifs des appels internationaux par mobiles à l’intérieur de l’Union aient baissé grâce à un règlement européen (qui au passage, n’est donc pas le fait de la Commission mais du Conseil). Et ceci au motif que cela profiterait à quelques privilégiés et qu’au final c’est le consommateur « de base » qui paierait ces largesses sous forme de hausse des coûts des communications nationales.

Outre que le postulat est loin d’être vérifié (par exemple, moi qui ne suis pas une privilégiée ni une vilaine dirigeante de multinationale mais qui aime bien voyager de temps en temps hors de l’hexagone, j’apprécie cette mesure) , eh bien peut-être faudrait-il conseiller à l’auteur de l’article d’acquérir quelques connaissances en droit communautaire. Il apprendrait ainsi que l’un des objectifs de la législation communautaire est de supprimer les barrières à la libre circulation dans le marché intérieur et par conséquent d’abolir les discriminations de toutes sortes (y compris tarifaires, donc) qui rendent l’exercice de la libre circulation plus difficile que le sédentarisme auquel nous incite cette note bien franchouillarde. Mais là s’arrête la compétence des institutions européennes. Si vous voulez plus … il faut donner plus de compétences à l’Union. Mais je sens que certains s’étranglent à cette perspective, non ?


Publius été un blog à l’on parlait de l’Union européenne avec des connaissances réelles de son fonctionnement et de ses règles. Ce n’est plus le cas. Heureusement que d’autres blogs ont pris le relais .

edgar

Il est scandaleux que des gens bien élevés disent du mal de la Commission européenne.

jmdesp

L'endroit où le raisonnement est vicié, c'est quand il suppose que les règles de la concurrence s'applique de manière parfaite à l'utilisation du portable à l'étranger.

La réalité est qu'il y a une concurrence très forte sur le coût des tarifs sur le territoire national, mais que les consommateurs oublient de prendre en compte le prix des appels internationaux au moment de ce choix, car l'utilisation très occasionnelle de ceux-ci les rend difficile à chiffrer.

Le résultat final est que l'été suivant ils se payent une semaine de vacance à prix cassé en tunisie pour 200 €, pour dépenser au moins 50€ sur le téléphone s'ils l'utilisent comme à la maison. Donc ils réduisent énormément la consommation et passent une semaine de frustration, où techniquement tout est en place pour profiter du téléphone comme s'ils n'avaient pas bougé grâce à l'interconnexion des réseaux, mais où ils ont peur juste en touchant le téléphone à cause du choix commercial.

Bref excellente décision de la commission qui touche infiniment plus de monde que vous ne semblez le penser.

Gus

jmdesp: encore une fois, la plupart des arguments que j'énonce ne sont que des emprunts à des auteurs infiniment plus compétents que je ne le suis.

Maintenant, postuler que les consommateurs "oublient" leur intérêt d'une part, et postuler que les décisions de l'administration européenne sont infiniment plus avisées que celles des intéressés eux-mêmes concernant leur propre intérêt ne me semble guère être une forme de raisonnement de nature à réconcilier les administrés avec leur administration.

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