It's the Economist, stupid !
Jean-Louis Borloo, notre nouveau ministre des finances, aura le grand plaisir lundi d'entendre ses collègues ministres des finances de la zone Euro l'interroger quand à ce qu'il faut attendre de la France en matière de respect du Pacte de Stabilité rénové tel que redéfini en 2005.
Il se murmure en effet que les premières mesures économiques, ou plutôt, les premières annonces présidentielles de mesures économiques à venir du nouveau gouvernement, qui sont, m'assure-t-on, objet de débat en France, ne semblent pas susciter de tels débats chez nos voisins. Si tout le monde est bien conscient du coût pour les finances publiques de ces mesures, il ne semble guère y avoir qu'en France qu'on trouve des gens pour prétendre croire que celles-ci aideront la France à trouver "le point de croissance qui lui manque" selon la formulation consensuelle du moment. En conséquence de quoi, les ministres des finances de la zone s'interrogent sur la capacité à terme de la France à tenir son rang au sein de la zone Euro, avec des arguments, il est vrai, d'économistes.
Jean-Louis Borloo aura sans doute d'autant plus de mal que, contrairement à la plupart de ses homologues, il n'est pas en charge de l'équilibre des comptes publics, critère essentiel à considérer dès lors qu'on parle du Pacte de Stabilité.
Bonne chance, Jean-Louis !
Mise à jour du 4/6 : "Plusieurs responsables européens qui redoutent l'impact budgétaire des mesures envisagées par Nicolas Sarkozy ont adressé, lundi 4 juin, des mises en garde très fermes à Paris contre tout manquement à ses obligations et à ses engagement de réduction des déficits publics.". Suite à quoi Mr François Fillon précise que " le gouvernement est déterminé à poursuivre et à inscrire dans la durée le nécessaire redressement des finances publiques, tout en respectant les engagements pris devant les Français".
Mise à jour du 5/6 : Jean Quatremer, sur son blog est plus incisif : "Jean-Claude Juncker, le Premier ministre luxembourgeois et président de l'Eurogroupe, a rappelé que l'actuelle période de croissance devait servir à réduire les déficits : «La France doit pleinement se conformer au pacte de croissance et de stabilité, toutes ses bonnes ou ses mauvaises idées doivent entrer dans les règles du pacte.» . Autrement dit, l'Euro, on l'aime, ou on le quitte.

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Regards
Ralf Grahn
Rédigé par: Ralf Grahn | le 10 juin 2007 à 09:23