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04 mai 2007

Les moyens du choix

Fidèle à sa tradition d'interprétation exégétique des textes, Publius vous propose une sélection de propos tenus par Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy concernant l'avenir de l'Union Européenne à l'occasion du débat télévisé du 3 mai 2007.

Tout en espérant respecter l'esprit des propos tenus par les deux candidats restants, votre serviteur aura essayé de ne retenir que les propositions concrètes et d'élaguer les déclarations de principe, tout en conservant les constats énoncés, dans la mesure où ils peuvent éclairer les choix énoncés.

L'ordre proposé sera celui de l'émission :

Question posée par Arlette Chabot : L'Europe est un sujet important. Demain, comment relancez-vous la construction européenne qui est en panne, notamment après le choix français du non au référendum ?

Extraits reformulés de la première réponse, prononcée par Ségolène Royal :

Je veux que la France revienne à la table d'Europe.

Après ce référendum, je crois pouvoir rassembler des responsables politiques qui auront voté non à la Constitution et d'autres qui auront voté oui à la Constitution.

Beaucoup de français ont voté non parmi les catégories populaires, parce qu'ils ont estimé que l'Europe était un espace qui ne les protégeait pas assez, en particulier contre les délocalisations , le chômage, ou les bas salaires.

Je veux relancer l'Europe "par la preuve". Je veux, à nouveau, consulter les Français par référendum, le moment venu.

Pour réussir ce nouveau référendum, c'est à dire, pour qu'un nouveau traité entre en application, il faudra d'abord que l'Europe fasse ses preuves. Je m'en suis entretenu avec plusieurs dirigeants européens. Je veux, avec eux, relancer l'Europe de l'investissement, de la recherche, de l'environnement . Et, surtout, je veux faire la preuve que l'Europe peut réussir la bataille contre le chômage, peut réussir à se protéger des délocalisations, peut réussir à avancer vers un protocole social sur lequel Jacques Delors a travaillé, car si on veut éviter les délocalisations au sein de l'Europe, il faut travailler à l'élévation des niveaux de vie vers le haut et pas à chercher à entrer en compétition avec les pays à bas salaires.

Je crois qu'avec un protocole social qui dira que l'objectif de l'Europe, c'est l'alignement vers le haut de la situation des salariés, de la protection sociale, des droits sociaux, des niveaux des salaires avec......(? NDLR ?)..., bien sûr, l'effort qu'il faudra faire pour les pays situés le plus à l'est de l'Europe, pour qu'ils réussissent leur développement économique, comme l'ont fait l'Espagne et le Portugal,

il faudra savoir réussir la même chose avec les pays du reste de l'Europe pour que le niveau de vie européen tire collectivement les pays vers le haut. Et, alors, je pense que nous pourrons à nouveau consulter les français et faire en sorte que l'Europe redevienne l'Europe forte, la France forte. Nous avons bien besoin de la France et d'une France qui a besoin de l'Europe.

Extraits reformulés de la seconde réponse, prononcée par Nicolas Sarkozy :

Premier point, les Français ont voté non à la Constitution, nous n'y reviendrons pas, quelle que soit la qualité remarquable de Valéry Giscard d'Estaing. Cette constitution n'entrera pas en vigueur, puisque les Français ont dit non.

Deuxième point, je crois très important d'arrêter la course en avant vers l'élargissement tant que l'on n'a pas doté l'Europe de nouvelles institutions. 

Troisième point, il faut que l'Europe accepte l'idée de la préférence communautaire. Il faut qu'on arrête la naïveté dans les négociations OMC, On ne peut pas ouvrir nos marchés à des pays qui n'ouvrent pas les leurs.

Quatrième point, il faut revenir sur la règle de l'unanimité qui empêche, par exemple, une politique de l'immigration commune. La règle de l'unanimité au titre du compromis de Luxembourg de 1962 où nul pays ne peut se voir imposer une règle, oui. Mais la règle de l'unanimité qui fait que pour que tous on avance tout le monde doit être d'accord, non. Cela nous permettrait d'avoir une politique de l'énergie, une politique de l'immigration, une politique de la sécurité commune. C'est la raison pour laquelle je débloquerai la situation en Europe en proposant un traité simplifié sur laquelle M. Zapatero et M. Blair et Mme Merkel m'ont donné leur accord, qui permettra de doter l'Europe d'un président élu, de modifier la composition de la Commission d'un certain nombre de sujets et qui fera de l'Europe une protection pour les Français et non pas le cheval de Troie de la mondialisation.

On doit débloquer la situation en Europe en modifiant les institutions européennes sur la base d'un consensus (donc, sans référendum, NDLR).

Par ailleurs, Météo France annonce pour un temps couvert sur toute la France à l'exception du Nord-Ouest pour la fin de la semaine : un vent d'ouest-nord-ouest de 15 à 25 Km/h agitera les drapeaux d'une force allant de variable à modérée. Des giboulées sont à prévoir en fin de journée, vers 18h.

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Voici les sites qui parlent de Les moyens du choix:

Commentaires

nous les Francais d Allemagne nous avons voté Dimanche contre le nationalisme : ROYAL 37 %, BAYROU 28 %, SARKOZY 25 %

Dimanche nous votons pour BECASSINE contre DRACULA.

@ praesidentin

Sur “l’erreur de la concrétude mal placée” (the fallacy of misplaced concreteness), vous pouvez voir

http://medias.blog.lemonde.fr/

En resumé : vous, première personne de politesse , avez voté pour des raisons qui vous sont propres, en faveur d'un candidat. Cela ne fonde en rien un collectif, les Français d'Allemagne, doué de volonté ayant voté pour les raisons que vous lui pretez.

Comme l'exemple pris pour illustrer cette erreur si facile et toujours tentante est plutot drole, je vous laisse le soin d'allez le découvrir

Pourrait-t-on savoir si NS, dans sa formule de mini-traité ratifié par le parlement, a l'intention de reprendre aussi l'énumération des droits fondamentaux, y compris les droits sociaux, inclue dans le TCE.

Si ce n'est pas le cas alors se posera un problème vis-à-vis des pays qui ont ratifié le TCE, compte tenu de l'affirmation de ces droits.

Sylvain, je vous avouerais ne pas être hélas assez proche de Nicolas Sarkozy pour savoir si, comme on peut à priori le penser, ce point fait partie de la marge de négociation que se laisse le désormais futur président.

Je crois cependant qu'en ouvrant la porte à des négociations autour de l'éventuelle réduction du champs de décision à l'unanimité, Nicolas Sarkozy ouvre indirectement bien des portes que des gouvernements européens tels que le Royaume-Uni et/ou l'Allemagne voudront certainement ouvrir.

Pour me faire l'avocat du diable, je me permettrais de remarquer qu'en pratique, la ratification par la France d'une de ces innombrables conventions internationales pleines de bons sentiments protégerait infiniment plus les droits fondamentaux des citoyens français que la construction européenne : on observera par exemple avec quelque amusement que la prise de conscience encore récente par l'actuel gouvernement du caractère quasi-irrévocable de ses obligations de scolarisation et maintien en scolarisation des enfants mêmes immigrés clandestins sur le sol français repose essentiellement sur la signature par la France de la convention internationale des droits de l'enfant ( http://www.globenet.org/enfant/cide.html : voir notamment l'article 28 ) et en aucun cas de quelque avancée de la construction européenne.

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