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29 mai 2006

Un an après

Vous vous souvenez ?
Il y a un an, on en était au point culminant de quelques mois bien échauffés pendant lesquels on a parlé de l'Europe en l'habillant pour l'hiver. Ca tombe bien, il semble que l'hiver va durer.

Alors, un an après, ça donne quoi, chez vous, les conséquences du non ?

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Voici les sites qui parlent de Un an après:

» Les Jeunes Européens commémorent le 29 mai de Agir pour l'Europe
Un an après le 29 mai 2005 nous avons pu lire une série d'articles dans la presse, notamment par des partisans du Non désireux de se justifier suite à une année de blocage de la construction européenne, et quelques reportages télé sur l'absence de ce r... [Lire la suite]

Commentaires

Concernant le projet de RIP cité par E.Chouard, je tiens à re-re-re-signaler l'existence, sur un autre thème d'une pétition citoyenne dans l'esprit du droit de pétition proposé par le TCE sur http://wwww.oneseat.eu (+10% de signatyres en trois jours)

oui, alors...
Bon tout d'abord rien ne dit que le site internet : http://oneseat.eu ne soit véritablement écris par un ferveur defenseur de l'europe, meme s'il est très beau.

En second lieu, étant un ferveur défenseur de la cause européenne surtout dans le monde actuel et l'omniprésence Américaine, et étant egalement un optimiste forcené, je trouve le constat pas si mauvais que ca.

Certes, l'europe n'as pas pris le train en marche, elle vient de se prendre au moins 20 ans de retard dans la tronche, mais qu'est-ce que 20 ans dans l'histoire de l'Homme ?

Au moins, le pignouf de base sait maintenant que l'europe existe, et qu'elle connait quelques problèmes.

Il sait aussi, comme il n'est pas trop con finalement, que le monde dans lequel nous vivons est principalement médiatique, et du fait, largement faussé par les puissances mediatique du moment, je ne vais pas épiloguer.

Aussi, il serait bon de se positionner dessus pour une fois dans les prochainnes éléctions présidentielles, qui s'annoncent sous le meilleur jour, avec la participation de 2 anciens ministres des affaires etrangères, je veux parler de Dominique de Villepin, et de Dominique Strauss-Khan.

(Pas de Claude-Levis Strauss, mais on fera avec).

Aussi, la politique passe progressivement des soirée-débat à savoir si on est pour ou contre les distributeurs de bonbons à l'école, à des question nettement plus passionantes et ambitieuses que sont la place de la vision européenne de la démocratie au niveau mondial, comment s'allier et s'organiser en pays économiquement fort sans pour autant partager les meme convictions, comment faire une europe de défence en s'alliant avec notre voisin Russe, ou encore comment faire comprendre à l'étudiant francais que vivre en France c'est pas seulement s'amuser dans les manifs, mais c'est aussi bosser pour que ses vieux (qui lui paient son apart) puisse manger.

Voila qui me réjouis, pour une fois que l'on aborde ces question là en France.

D'avoir longtemps vécu à l'étranger (8 ans en Syrie, 4 ans en Tunisie, 1 an au Liban), je me rend compte jour après jour de la faiblesse intellectuelle de la France à tous les niveaux.

De la faiblesse de ses intellectuels devrais-je dire d'ailleurs.

Combien de personnes de renom osent dirent que le problème des jeunes ce n'est pas le chomage mais la glandouille ?
(ou le joint suivant les idéologies)

non. Ils se contentent d'une démagogie jeuniste et compatissante, car au fond, la question de l'emploi des jeunes est un probleme résolument entretenu à des fins publicitaires.

Et je me permet d'ecrir ceci car je suis enseignant, et que tout récement, un de mes etudiant d'origine magrebine (la nouvelle star d'Attak & Co.)a trouvé du travail en moins d'une semaine.

Pourquoi ?
Ben tout simplement parcequ'il s'est bougé le cul.

D'autres de mes etudiants rament encore.
Pourquoi ?
Parcequ'il ont pas encore trop compris que meme si c'est les vacances, c'est dans cette période la qu'il faut bosser pour faire bonne figure au moins au début.

Combien de jeunes montent leur entreprise ?

De plus en plus.
Et ce, grace aux exellentes réformes de l'administration et des nouveaux croisement avec les "partenaire sociaux".

Aujourdh'ui, n'importe quel citoyen francais peut obtenir le RMI et le cumuler avec des revenus de son activité d'entreprise pendant au moins 2 ans.

Vous conaissez, vous, beaucoup de pays qui offrent à sa jeunesse de telles possibilités ?
Moi non.

Bref, l'europe l'europe, si ce n'est pas celle dont nous révions et que nous aurions du accepter malgres tous ses défauts lors du dernier référendum, ce sera l'europe de la Phylosophie, l'europe des marchés internationaux, et celle de la politique -diférente- moyen-orientale.

Et ca, c'est déjà enorme quand on sait que le pays le plus peuplé du monde (la Chine), ne connaitra peut être pas l'eldorado promis par certains intellectuels tant son peuple est sous-alimenté et tant il va rentrer dans la course economique avec un retard social gigantesque et des sources d'information défaillantes (cf yahoo).

Non, franchement, je suis un ouiste assez optimiste et content de pouvoir prétendre d'être un Européen (n'en déplaise à Arneau, qui devrait limitter un peu la fumette d'ailleurs), nous avons la côte dans le monde, tâchons d'oublié le petit drame qu'a causé, à mon avis, les trop grosses lacunes politiques et intellectuelles qui ont finalement amenées un vulgaire postier à se prendre pour jeanne d'Arc.

Amicalement,

Sébastien Job
artpixel :: family

Gus,

Je ne comprends pas votre message : votre lien ( http://wwww.oneseat.eu) semble envoyer vers un banal site marchand...

Que voulez-vous dire ?

artpixel :

"Combien de personnes de renom osent dirent que le problème des jeunes ce n'est pas le chomage mais la glandouille ?
(ou le joint suivant les idéologies"

C'est vrai que sous vos lumières la vie intellectuelle française apparaît vraiment pauvre. :o)

E.Chouard : je faisais référence à ce que j'imagine être la première initiative crédible d'usage de droit de pétition proposé par le TCE par :

http://www.europafederalisterna.se/oneseat/?view=sign&lang=fr

En suggérant que s'il était possible de trouver 450.000 signatures pour inciter l'administration européenne à faire des économies et faciliter la vie des élus européens, il ne devrait pas être difficile d'en trouver un bon million pour une initiative autrement plus motivante.

Un an après ce 29 mai 2005

je suis toujours vivant, je rame toujours avec le salaire de mon boulot précaire public issu des politiques éducatives européennes

l'Europe me revient en quotidien au travers de la fin du moratoire sur les OGM, de la guignolade autour de REACH, au travers de son invocation permanente pour justifier la construction d'un aéroport inutile de plus (surtout un aéroport de merde) près de chez moi et parfois au travers de vagues phrases qui décrivent un vague projet qui auraient pu sauver le monde mais que le nationalisme et la France qui tombe ont tué dans l'oeuf

guère plus, rien qui vienne me dire, moi aussi pauvre pignouf de base, que mon vote "non" était une erreur affreuse, sauf bien sûr d'incessantes complaintes qui ont parfois, mais parfois seulement, pu solder leur haine fruit de leur investissement de campagne plus centré sur leur ego que sur l'objet de la question alors posée.

Burt nous explique :

"Ils ont vôté non parce que ça faisait longtemps qu'ils n'aimaient pas l'union européenne, qu'ils tiennent responsable de plein de petits et gros tracas de leur vie quotidienne, et que, pous la première fois, ils ont senti que leur opinion était dans le vent (et, comme toujours, quelques politiques portunistes en ont profité, mais c'est un épiphénomène).

Et ils se sont dit qu'en disant "non", ça allait lui en mettre un coup, à cette Europe et à tous les privilégiés qui la représentent, na!"

Tu oublies les privilégiés qui vivent de ses subsides pour décrire son fonctionnement et ses productions législatives

de simples commerciaux en fait qui viennent vendre la marque "Europe" aux pauvres gens qui sont perfusés aux lieux communs médiatiques

Burt devrait présenter les matins de France Culture.

Un an après je survis encore sans guère pouvoir regarder plus loin que la fin de mon contrat (qui me laisse sans allocations si je refuse le suivant...), comme pas mal de travailleurs pauvres, et estime encore que ma pensée politique bien que loin des techniciennes et intéressées qui fleurissent ici a une légitimité

"toutes les pensées ne se valent pas" selon Versac : un exemple de plus de réduction au profit du réducteur

un esprit simple se dira que je transfert la colère issue de la frustration de ma situation vers un rejet de l'Europe

les grands analystes de la "jalousie sociale" ...

voilà je n'ai pas grand chose à dire en fait

portez vous bien

Voilà ce qui fonde un non durable :

http://francelatine.over-blog.com/article-2920973.html

@M. Chouard:
Le referendum d'initiative populaire au niveau européen, je ne suis pas sûr que celà soit une bonne idée. A entendre, celà semble super, bien sûr. Qui pourrait être contre demander son avis au peuple, directement?

Le problème, c'est que, à l'échelle d'un continent, surtout un continent culturellement inhomogène comme l'Europe, le risque est grand que les majorités dégagées globalement heurtent très fort des opinions localement majoritaires.

Un exemple type: l'avortement. Si vous demandez son opinion majoritaire au peuple européen, je crois que les gens seraient globalement très en faveur de son autorisation. Mais, en Pologne, vous avez encore une majorité franche de gens qui y sont farouchement opposés.

Autre exemple: les droits à accorder aux minorités linguistiques. Autoriser ces minorités par exemple à s'exprimer dans leur langue dans les contacts avec l'admnistration, quoi de plus naturel. Là aussi j'imagine facilement une majorité globale renversante.

Mais essayez d'appliquer ça en Belgique, et c'est la destruction du Royaume assurée. D'ailleurs, j'imagine aussi que l'application de ceci en Corse, en Bretagne ou, pourquoi pas, en Savoir, hérisserait plus d'un de nos concitoyens.

Bref: celà ce type de referendum serait une machine à fabriquer des contencieux, à dresser des majorités locales contre des majorités globales, c'est à dire, au total, une machine à désintégrer et non une machine à intégrer l'Europe. Le ressentiment contre l'Union n'en serait que plus grand.

Voilà pourquoi une bonne idée apparente n'est sans doute pas une si bonne idée en pratique. Pas pour maintenant, en tout cas.

Burt Allibert: Les fondateurs eux-mêmes ne me semblaient pas avoir envisagé d'europe au sein de laquelle il n'y ait qu'une règle et une seule pour tous et sur tout.

Je me suis bien assez souvent ému de l'énergie que l'UE déployait à définir une et une seule taille de cage à oiseau du cercle polaire au tropique, au mépris de l'évidence vétérinaire applicable, tout en refusant de fixer des normes sanitaires minimales, même très basses, pour l'habitat humain (et je ne parle nullement de normes figées pour tout le monde !)

Par ailleurs, il existe une base culturelle nécessairement commune à toute l'europe : les critères de Copenhague : ceux, notamment, qu'on voudrait bien pouvoir opposer à la Turquie sans trop y parvenir.... Elle est certes basse et un poil bateau : mais elle est employable.

Qui s'opposerait, par exemple, à une norme de revenu individuel minimal en europe ?

Trets, 7 juin, 19 h 40.

Cher Burt,

Parlons-nous honnêtement : quelle est la substance, la réalité, du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes si vous laissez ces peuples se faire bâillonner par leurs représentants élus entre deux élections ?

Ne pas donner la parole, c'est bien bâillonner, n'est-ce pas ?

Pourquoi renoncez-vous à ce vital pouvoir de surveillance, de jugement, de notation et de sanction des élus, que défendent si bien nos aïeux depuis la nuit des temps, en complément (puissant) des élections (voir mes liens vers les cours immenses de Pierre Rosanvallon) ?

Quel est votre intérêt ?

D'où vient votre refus d'accepter qu'une majorité puisse s'imposer au niveau européen aux toujours possibles volontés locales, alors que vous acceptez (probablement) qu'une majorité puisse imposer sa loi au niveau national malgré les toujours possibles oppositions locales ?

Autrement dit, pourquoi la loi de la majorité, jugée juste et sûre en France, deviendrait-elle injuste et dangereuse en Europe ?

Êtes-vous réellement européen, cher Burt ? ;o) (je vous taquine)

Je pose d'ailleurs la question décisive du RIP tout autant au niveau européen qu'au niveau national, bien sûr : il s'agit pour moi, dans les deux cas, d'une évolution démocratique importante, nécessaire mais pas suffisante, pour les hommes en voie d'émancipation par rapport aux pouvoirs abusifs.

Amicalement.

Étienne.

http://etienne.chouard.free.fr/Europe/Liens.php

@M. Chouard:

Il y a une différence fondamentale entre le niveau national et le niveau européen.

La nation -surtout la nation française- est un espace homogène. Lors des élections nationales, la victoire d'un camp est la victoire d'opinions politiques. C'est une majorité d'opinion qui s'impose à la minorité d'opinion. Ces majorités et minorités fluctuent, et ne recouvrent pas ou très peu de communautés constituée. Les perdant d'un jour peuvent devenir les gagnants du lendemain.
Et surtout, ils n'ont pas l'impression d'être perdants pour une autre raison que leur opinions.

Le niveau européen, en revanche, est extrèmement inhomogène. Les nations -justement- y constituent des sous-groupes qui se distinguent très fortement les uns des autres, chacun ayant son propre mode de pensée, ses propres stéréotypes, et même ses stéréotypes sur les autres. Lisez régulièrement les résultats des eurobaromètres, et vous en aurez une confiration criante.
La tendance naturelle d'un referendum à l'échelon européen serait de faire cristalliser ces différences nationales. On ne perdrait pas parce qu'on est de droite ou de gauche, mais parce qu'on est italien ou slovène. Chaque vote -et surtout les plus sensibles- renforcerait le sentiment national. Le ressentiment national même. Bref: le contraire du projet européen.
C'est pour ça que je trouve cette idée dangereuse. Disons à tout le moins très prématurée.

Pour ne pas rester dans la théorie: je vous donne juste un exemple pratique. Imaginez que demain on regroupe assez de signatures pour lancer un referendum pour interdire les traitements dégradants sur les animaux. C'est à dire, pour être direct, la corrida et la confection du foie gras. Je n'invente pas ce sujet, c'est un truc qui nous revient régulièrement, et qui était même un des thèmes de campagne pour le referendum aux Pays Bas.

Le résultat de la votation serait massifs: seuls les espagnols et les français, et peut-être les hongrois, diraient non (à l'interdiction) en majorité.
Résultat: deux institutions nationales bannies par l'Europe, et pire, pas par des technocrates dont on peut se payer la poire de temps en temps pour passer ses nerfs, mais bien par les peuples.
Eh bien, deux ou trois trucs comme ça, et je vous garantis que l'Union explose!

Burt: vous n'ignorez pas que c'est très précisément pour "interdire les traitements dégradants sur les animaux" que la taille des cages à oiseaux a été si sévèrement et absurdement règlementée par l'UE.

Pourtant, l'UE est toujours là, malgré toute la gêne que son activisme a pu causer aux aviculteurs, car nul n'ignore que cette législation était avant tout destinée à fournir un avantage compétitif aux éleveurs d'europe du nord, grands défenseurs des oiseaux. Alors, bon, hein... faut pas pousser quand même sur la fragilité de l'UE, hein...

Je ne crois pas absurde de dire que les français accepteraient plus volontier de changer la cage de leurs oiseaux que de ne plus manger de foie gras... En tout cas, pour ma part, si je devais choisir, je n'hésiterais pas.

Mais le fois gras n'était qu'un exemple. Un autre, que j'avais déjà mentionné plus haut, serait l'obligation de permettre aux citoyens de communiquer avec l'administration dans leur langue régionale. Pour ma part, je serais assez pour. Mais j'imagine d'ici la tête des jacobins...

Trets, 9 juin, 3 h 30 (fatigué)

@ M. Allibert

Dans tous les exemples que vous évoquez, et qui sont censés me faire craindre le RIP comme dangereux, je ne vois que des thèmes où la majorité serait probablement fondée à l'emporter et je ne sens pas la crainte poindre son vilain nez :

• Il est possible qu'une majorité estime inacceptable la torture des oies et des taureaux pour le plaisir de manger leur foie ou couper leurs oreilles ? … et si c'était la majorité qui avait raison ?

• Un large mouvement défend l'obligation de laisser les gens parler leur langue régionale à leur administration ? Et si c'est essentiel pour une majorité d'entre nous, pourquoi pas ? Est-ce si grave ?

Etc.

En revanche, je vous suis tout à fait quand vous parlez de cette 'opinion européenne' qui n'existe pas et je milite moi-même pour que nous instituions (nous -mêmes) des médias **vraiment européens** (un peu comme Arte, mais traduits dans toutes les langues), **vraiment indépendants** (indépendants des exécutifs, indépendants des industriels et indépendants de leur audience) et investis d’un **pouvoir de surveillance, d’alerte, de jugement** et de **donneur de parole à tous les citoyens**.

Si le refus du RIP *par un cratocrate* est évidemment plus facile à comprendre, je range le refus du RIP *par un citoyen normal* au rayon des bizarreries de la servitude volontaire.

Je ne vous en veux pas, je vous trouve un peu bizarre, un peu comme si vous vous coupiez le bras droit volontairement pour être sûr de ne jamais vous frapper vous-même avec ce bras potentiellement dangereux :

Ce qui donne ce résultat inquiétant (à mes yeux): pour ne pas perdre le droit de torturer les oies (je vous provoque un peu exprès), vous renoncez au seul outil qui pourrait vous protéger d’une authentique calamité comme l’AGCS.

De mon côté, je n’ai pas plus à craindre des polonais (qui sont, pour moi, « des amis que je ne connais pas ») que des français (idem). Je me sens donc profondément européen et le RIP européen me paraît exactement aussi légitime et stratégique que le RIP national.

Donc, le RIP ne me fait pas peur du tout, bien au contraire : c’est un outil décisif d’émancipation des hommes.

Amicalement.

Bonne nuit ;o)

Burt: Vous sachant constructif, j'imagine que vous concevez que, dans l'organisation d'un référendum d'initiative populaire, il existe une liberté importante à employer : le choix de la question qu'on veut bien soulever.

Ce choix est, évidemment, crucial.

On reconnait d'ailleurs le travail d'un lobbyiste (ou d'un juriste) au fait que, plutôt que de commencer par soulever la question qu'il voudrait voir soulever, il invoque des principes moraux, juridiques, philosophiques, qu'importe, de sorte à prétendre malhonnêtement faire le tour d'une question par exemple morale en invoquant pour autant que quelques-uns des arguments. C'est pour cela qu'il est aisé de comprendre que dès lors qu'on invoque de nobles principes (tels que la protection des animaux) pour plaider l'urgence d'une législation unique et s'appliquant à tous pareillement et immédiatement sous le contrôle d'une énième entité administrative ad-hoc déléguée aux états-membres (ouf) on sait qu'il s'agit de basse politique, ou de lobbying.

Par contre, en écrivant simplement une pétition d'une phrase :

"Je souhaite que la Commission Européenne étudie la faisabilité de (par exemple) une norme minimale d'assurance-maladie au sein de l'union européenne"

On ne parle plus de morale ou de débat, mais de projets.

L'UE n'est restée que débats car elle a été et reste le jouet de professionnels. Elle ne sera projet que lorsqu'il s'agira effectivement de la faire être plutôt que de s'en servir.


Avec la victoire du non, qu'avons-nous gagné ? Avant tout, nous avons rendu crédible la menace d'une appropriation citoyenne de la question européenne face aux groupes d'influence. C'est donc tout simplement une légère altération des rapports de force, et la crédibilisation du citoyen européen comme élément pivotal des choix de la construction européenne qui s'est opéré. Et rien d'autre.

@M. Chouard (ne m'en voulez pas si je ne vous appelle pas "Etienne",on ne sait jamais comment appeler les gens sur le web)

Le problème n'est pas tant de savoir si la majorité qui se dégagerait à une question referendaire au niveau européen aurait raison ou pas, mais de savoir si la décision de cette majorité aurait assez de légitimité pour s'imposer à des minorités très réfractaires.

Vous estimez que la force de la raison de la majorité imposera sa légitimité à tous de manière naturelle. Je n'en suis précisément pas convaincu. Je pense que vous sous-estimez à quel point certaines références culturelles sont ancrées dans nos peuples européens.

Vous êtes prêt, dites-vous, à accepter que les langues minoritaires puissent être utilisées dans la correspondance avec l'administration, si la majorité européenne en est d'accord. C'est très bien. Moi aussi. Nous y sommes prêts parce que ça ne nous coûte rien de ce qui nous est cher.

Mais essayez d'imaginer ce qu'une telle décision signifierait par exemple pour un flamand, qui voit dans l'exclusivité de l'emploi de sa langue le seul rempart efficace contre l'inexorable étalement démographique du français.

Pour lui, ça serait l'existence même de sa culture qui serait menacée à terme. Et menacée non pas à cause du vote de la minorité francophone de son pays, ce qui aurait une certaine légitimité, mais à cause du vote écrasant en nombre pour de simples raisons de taille des citoyens français, anglais ou allemand, qui ignorent presque tout des problèmes pratiques des nations multilingues.

Pour notre flamand, ce referendum n'aurait aucune légitimité, c'est tout. Qu'il émane d'une majorité ne changerait rien. Que la majorité aie raison dans l'absolu cartésien ou platonicien non plus.

Je ne serai donc pas favorable à votre RIP au niveau européen avant que nous n'ayions atteint un niveau de connaissance mutuel entre les peuples qui me garantisse que l'électeur français (pas que lui, mais c'est celui qui nous intéresse pour l'instant) comprenne spontanément ce genre de situation.

Franchement, nous en sommes encore bien loin, et je dirais même qu'on recule plutôt à cet égard. Je concède volontiers que cet état de fait est un signe d'échec pour la Communauté, et, en particulier, pour l'action de ses institutions.

@Gus,

Si une telle pétition existait, je la signerais sans doute.

Quant à savoir si le non a rendu crédible l'appropriation citoyenne du projet européen, je dirais: peut-être bien que oui.

Mais celà impliquerait que cette appropriation citoyenne se fasse entendre suffisamment vite et de manière suffisamment constructive pour couvrir les bruits de bottes et de clairons du nationalisme sur le retour, contre lequel les institutions européennes, toutes percluses des défauts qu'on leur connait, luttent pour l'instant seules -et en vain.

Burt: Vous en doutez, pour que cette issue heureuse ait lieu cette fois-ci, il faudra bien, lapalissade, dépasser certains clivages.

Bien avant d'imposer par rupture un tel dépassement en imposant à tel instant la présence d'une question en forme de choix, c'est par l'élaboration d'un projet, oserai-je dire, d'un idéal européen qu'il convient de limer, pied à pied, les divergences et les aspérités, sans jamais pointer par avance du doigt qui que ce soit. Ce n'est qu'ainsi que, quel que soit la question qui serait finalement posée, la réponse ne sera plus un choix, mais une simple évidence.

Désormais, les institutions, composées de ces professionnels qui n'ont, par définition, aucun autre objectif à gérer que celui-ci, ont à se positionner face à cette hypothèse. Bien entendu, les états-membres, redevables envers ces citoyens desquels ils tirent leur légitimité du pacte qui les a fait être, n'ont pas cette liberté et ne sauraient se donner d'autre objectif que perpétuer le mandat pour lequel chacun d'eux a été créé. Et à part ceux-ci, sur qui pourrions-nous compter ? La Commission Européenne, et le Parlement Européen, les juges européens ne pouvant ici agir de manière trop visible, bien que leur hardiesse aille avec le temps croissante comme en font de manière de plus en plus visible les frais les commissaires du gouvernement au sein de la justice administrative française.

Sans doute pouvons-nous compter sur de nombreux hommes politiques pour contribuer à une démarche plus audacieuse : parmi les français, je pense notamment à Rocard, Lipietz, ou encore à Sahra Wagenknecht parmi les communistes ou Piia-Noora Kauppi chez les ortho-libéraux. Et s'il a fallu en arriver là, c'est parce bien parce qu'à ce jour, au sein de l'Union Européenne comme dans la Grèce antique il y a deux mille cinq cent ans "le droit ne vaut qu’entre forces égales. Entre le puissant et le faible, c’est la force qui prime". C'est donc bien, hélas, de la force que naîtra le droit, et non pas, comme l'avaient apparemment espéré les fondateurs, l'inverse.

Bonsoir,

Pour mettre la Constitution en perspective avec la campagne qui démarre, on ne peut que regretter la tenace volonté des deux prétendants Ségo et Sarko de faire passer le TCE par petits bouts (ou d'un seul coup peu importe) via le Congrès. Et ce, au mépris des règles les plus élémentaires de la démocratie.

Quelques réflexions à ce sujet :
* une profonde réforme du mode d'élection des députés est indispensable : quand 55% des Français votaient NON, 93% des députés disaient OUI...Il faut évidemment de la proportionnelle, et une bonne dose !

*Ségo et Sarko étaient tous les deux à fond pour le OUI, et aujourd'hui les deux sont adulés par les médias et nos "élites" qui rêvent d'un duel à l'américaine entre les deux vedettes du show biz politique...Et puis, dans le fond, que l'un ou l'autre l'emporte, peu importe, du moment que ce soit bien l'un ou l'autre...quand on est libéral, pro Constitution et qu'on prône l'adaptation à la mondialisation libérale, on a tous les droits dans les médias en France...

* Bref, Ségo/Sarko = débat virtuel. Nous méritons un débat approfondi, un vrai débat. Profitons d'Internet pour le rendre possible et l'alimenter, c'est largement faisable !

Benjamin
www.levraidebat.com

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