Avancer masqué
«[Quand], par exemple, on ne sait pas précisément par qui sont
financés ceux qui disent représenter tels ou tels intérêts et [que] nous
n'avons pas les moyens de vérifier la réalité de leurs affirmations», il devient possible de finir par prendre en compte «des informations faussées sur les
éventuelles incidences économiques, sociales ou environnementales de
propositions législatives».
Par ces propos, rapportés par le quotidien Libération et attribués à son porte-parole, le commissaire européen estonien Siim Kallas, chargé
de l'administration et de la lutte antifraude, évoque certainement les nombreuses organisations non-gouvernementales vivant "de charité publique" trouvant leur intérêt à investir ce qu'il convient d'investir pour disposer de personnels qualifiés es-affaires européennes, communication institutionnelle, et si possible pourvus de titres suffisamment clinquants pour assoir d'autorité tel argumentaire arbitraire, ainsi que locaux bien en vue à proximité du siège de l'administration europénne à Bruxelles.
Jusqu'à présent, l'administration européenne, qui n'a jamais réellement cherché à dissimuler le fait que, par souci de bon usage de l'agrent public, elle confiait régulièrement la rédaction des pans entiers de propositions de législation européenne à de telles officines, ne trouvait en effet nulle raison de s'interroger sur l'origine de la charité qui finançait ces honorables associations. Remercions donc le récent élargissement de l'Union d'avoir, par l'octroi de fonctions de commissaires européens issus de nations récemment révolutionnées, apporté à l'administration européenne un peu plus de cette simplicité dans l'analyse de laquelle découle cette nécessaire garante de la bonne conduite des affaires d'une communauté de 400.000.000 d'hommes qu'est la lucidité.
S'il fallait trouver un autre exemple pour évoquer cette autre évidence selon laquelle la pédagogie n'exclut pas, dans l'absolu, l'usage de la violence, peut-être pourrait-on évoquer cette récente découverte du Premier Ministre de ce gouvernement UMP selon laquelle il semblerait imaginable, du moins, dans l'intimité de débats entre Premier Ministres de pays réputés notoirement attardés en matière économiques, que les citoyens européens puissent éventuellement aspirer à un socle européen de droits individuels, éventuellement, non explicitement, définitivement, et totalement soumis à l'ensemble des conventions internationales antérieures, même lorsque celles-ci n'engageaient guère que les représentants de ceux avec lesquels il s'agit éventuellement de revoir les accords de paix et d'amitié entre les peuples.

Tout cela n'est guère étonnant. Les institutions européennes ne constituent pas l'essentiel des préoccupations des gens, et les fonctionnaires, les parlementaires qui y travaillent ont également plein de choses plus passionnantes à faire. Puisque la nature a horreur du vide, il convient alors à toutes sortes de gens de donner quelque consistance à ce grand laboratoire juridique que sont les institutions européennes. C'est forcément la porte ouverte à pas mal de dérives, mais qui s'en soucie ? Rappelons-nous seulement l'affaire de la directive Bolkenstein en France, dont le public n'a eu connaissance qu'à la faveur d'un débat obligatoire...
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Rédigé par: Philippe Gras | le 09 mai 2006 à 22:13
Désolé mais des phrases un chouïa plus courtes auraient rendu votre post bien plus intéressant à lire... ;-)
A.
Rédigé par: Adrienhb | le 16 mai 2006 à 23:50