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05 mars 2006

Brève: Politiques énergétiques en Europe

Je ne cesserai jamais de m'étonner de voir nos meilleurs commentateurs économiques stigmaster l'échec de la politique de l'Union Européenne dans le secteur de l'énergie trois jours à peine avant l’adoption annoncée par la Commission européenne, le 8 mars, d'un "Livre Vert sur une politique énergétique sûre, concurrentielle et durable pour l’Europe".

Il est vrai que la présentation de ce document aux ministres des états-membres de l'Union n'est programmée que pour le 23 mars, et peut-être s'agit-il d'intervenir dans le débat franco-français, dans la mesure où on peut prédire que les orientations énergétiques affichées par la France depuis 20 ans concorderont assez peu avec ce qu'on s'imagine bientôt trouver dans ce livre vert.

De son côté le groupe parlementaire Verts/ALE annonce pour le 7 mars la publication d'une déclaration formelle que ses auteurs semblent destiner à la plus grande publicité.

(Add.) : On me signale que l'ensemble des documents employés par la Commission à cette occasion est énuméré .

(Add. 9 mars) Le journal "les Echos" reproduit une tribune de José Manuel Barroso et Andris Piebalgs à l'occasion de la parution de ce livre vert énumérant les principales conclusions de la Commission.

(Add. 13 mars) Le journal Libération commente cette affaire en signalant l'existence d'une "une véritable mise en garde du président de la Commission européenne" et en signalant que, selon eux : "Seule solution pour Barroso : il faut que, dans vingt ans, les Etats membres assurent 50 % de leur consommation énergétique sur la base d'énergies renouvelables". On est, on le voit, très éloigné de l'approche choisie par le gouvernement français. Il est cependant clair que les énergies renouvelables restent la seule approche susceptible de convenir aux vingt-cinq, tous démarrant dans des positions infiniment moins inégales que dans le cas de l'atome civil, dont la prolifération reste sévèrement règlementée, cette non-prolifération pouvant être à l'origine de dépendances énergétiques inimaginables sans très grandes avancées en direction du fédéralisme.

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Voici les sites qui parlent de Brève: Politiques énergétiques en Europe:

Commentaires

En fait je crois que Gus veut parler d'un autre livre vert (pas encore fini), plus sur la politique d'approvisionnement énergétique que sur les économies d'énergies elles-mêmes.

Personne ne parle d'europe chez les anti-cpe.. Où sont passées les si diserts orateurs sur la vision européenne des choses ? le pb qu'essiae de résoudre le CPE est un pb européen non ? quelques pays ont déjà mis en place des mesures.. et en France personne n'en parle .. Pourquoi ne pas manifester à Bruxelles pour exiger des cdi à vie dans toute l'europe ? Assiste t on à la renaissance d'un socialisme national ??

J'ignorais que la loi sur l'égalité des chances était une transposition de directives! Encore perdu une bonne occasion de se taire, nounours?

Les anti-CPE n'en parlent pas car c'est hors sujet. Mais si tu veux parler des voisins européens et la flexibilité, je suis ton homme: En Espagne, on parle de la génération actuelle est la "génération à 1000 euros". Ne parlons pas de l'Italie. En Angleterre, il y a un véritable exode (500 000, et le quart de la population obligée de cumuler plusieurs métiers pour gagner assez pour vivre) signe sans doute de la redoutable efficacité du modèle blairiste pour faire chier ceux qui y sont. Je manque de documents pour te faire un vrai tour d'Europe, mais c'est quand même suffisant comme avant-gout du CPE, non?

En parlant d'énergie, à quand un programme européen VIGOUREUX en faveur des carburants verts (je sais que certains textes existents mais ils me semblent un peu légers).

Voila un moyen de (i) régler le problème de l'agriculture européenne et (ii) compenser le fait que nous n'avons pas assez de porte-avions pour accaparer les réserves de pétrole du moyen-orient comme le font les américains.

Barton: Si j'en crois ce que j'ai pu lire (peu, en fait) du livre vert que je citais, j'ai le sentiment que la Commission accepterait volontiers de s'investir et d'investir de l'argent public sur ces sujets si elle avait de la marge (entre la PAC, les fonds structurels, et les revendications assez fondées des nouveaux états-membres, lesquels ne laissent guère passer que quelques flattteuses libues, comme la Google européen et le centre pour l'égalité des hommes et des femmes).

Je pense donc que cette question serait envisageable avec soit une sérieuse remise en cause du budget de l'U.E., soit une nette augmentation de l'apprt des états-membres. L'abandon pur et simple du rabais britannique en échange de l'abandon de la PAC donnerait certainement un énorme bol d'air au budget européen, par exemple.

Je ne suis pas certain qu'une mesure en faveur du carburant vert coûterait de l'argent public (sauf le manque à gagner des taxes sur le carburant).

Il s'agirait de passer un règlement communautaire obligeant les constructeurs automobiles à proposer un quota croissant (et important) de moteurs à carburant vert. Je peux vous dire qu'il y a de grosses coopératives agricoles qui n'attendent que ça (et soit dit en passant la France avec son agriculture aurait tout y gagner).

Evidemment faut pas réver. Les lobbies du pétrole et de l'automobile sont puissants.

Moi je suis contre les carburants verts car cela signifie une utilisation importante de surface agricole impliquant une diminution de la surface utilisée pour produire de la nourriture et donc ... un renforcement énorme de la culture intensive et destrcutrice qui trouverait là un alibi rêvé pour mettre définitivement bas toute forme de production à tendance extensive et relevant de petites structures agricoles avec un circuit court de vente des produits.

De plus les carbrants verts c'est la porte ouverte aux OGM : l'argument serait encore une fois trop beau que de dire que comme ce n'est pas pour l'alimentation humaine il speuvent être utilisés (au mépris de la pollution génétique consécutive à la culture en plein air.)

C'est un miroir aux alouettes, le carburant vert, et ce sera récupéré par les industriels et n'impliquera en aucun cas une réduction de la pollution (pour les raison évoquées plus haut).

"diminution de la surface utilisée pour produire de la nourriture" ? Mais nous sommes en Europe dans une situation de surproduction massive. Il serait bien plus intéressant pour tout le monde d'acheter des denrées agricoles aux pays en dévelopement et de cultiver du colza pour moteurs chez nous !

Coté OGM, je crains que -sauf à ce que l'Union et ses Etats Membres quittent l'OMC- nous soyions foutus à moyen terme...

"Il serait bien plus intéressant pour tout le monde d'acheter des denrées agricoles aux pays en dévelopement et de cultiver du colza pour moteurs chez nous !"

Alors, cette phrase me fait réagir sur plusieurs points.

Le premier : spécialiser les productions agricoles (quelles qu'elles soient) en fonction de critères uniquement économiques et ce au niveau géographique mondial me paraît à moi une absurdité. La diversité de production doit être conservée (voire retrouvée) et encouragée partout ; la logique économique et la rationnalité gestionnaire doivent non pas guider la réflexion mais se situer comme outils au service de ce principe de diversité biologique, condition de survie de nombreuses espèces vivantes.

Cela relativise me semble t-il le "tout le monde "de votre phrase "il serait intéressant pour tout le monde"... en fait, ce serait intéressant pour pas grand monde si ce n'est pour ceux qui font métier de vivre d'activités économiques fondamentalement inadéquates à toute perspective pragmatique et intelligemment écologiste.

Deuxièmement : je pense qu'une illusion avec laquelle il convient de rompre est celle qui consiste à penser que tout le monde peut se nourrir de tout ce qui existe sur terre. C'est une aberration qui pousse, au nom de la liberté du consommateur, à des comportements de culture qui ne font que prendre à la terre, sans rien lui rendre, et qui a terme se révèleront catastrophiques...ah pardon, c'est déjà catastrophique en de nombreux endroits où "répondre à la demande occidentale" a conduit à faire n'importe quoi au mépris du bon sens tant au niveau strictement agronomique que social.

"Nous sommes en Europe dans une situation de surproduction massive"

Est-ce à cause des produits de qualité résultats de pratiques agricoles intelligentes et réfléchies ou à cause des millions de quintaux de blé beaucerons qui ne sont même pas panifiables tellement leur qualité est médiocre et la terre méprisée, poussée, presque morte ? Ce qui vous dites est vrai mais n'empêchera pas de voir se produire ce que je disais et à quoi vous répondez.

Et que dire du projet actuel de dénaturer complètement le label de production d'agriculture biologique ? Quel lien tisser entre toutes ces problématiques ?

J'en vois un : le règne sans partage des intérêts industriels (semanciers, chimistes, machinistes... lobbies puissants !!)

Je pense ne pas être d'accord avec ce que je tire de votre post, Barton.

Quant à ceci, que j'ai oublié :

"Coté OGM, je crains que -sauf à ce que l'Union et ses Etats Membres quittent l'OMC- nous soyions foutus à moyen terme..."

j'ai bien conscience, et vous en donnez une preuve éclatante, que l'air du temps est la blême résignation.

Permettez-moi de vous dire que les résignés ne me comptent pas dans leur rang. Tant que l'obligation légale de lister publiquement les essais plein champs d'OGM existera, et même au-delà de cette obligation, il y aura toutours des "terroristes" pour les faucher dès que possible.

Qu'on soit dans la merde, j'en conviens. Foutus, ça non.

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