Là-bas
Le 17 juin 2005, le Parlement Européen était reçu par le Parlatino, c'est à dire, le Parlement latino-américain à Lima. Le Parlatino est une entité qui paraitra probablement un peu étrange à nos yeux, puisqu'il s'agit d'un simple groupe informel dont l'objectif est, je cite "d'intervenir en tant qu'instance politique au plus haut niveau et de promouvoir concrètement le développement et l'intégration (...) Ses objectifs fondamentaux sont la défense de la démocratie, l'intégration latino-américaine, l'égalité juridique des Etats, la résolution pacifique des différends internationaux et le respect des principes du droit international (...) le Parlatino privilégie en particulier la promotion d'un développement économique et social global de la communauté latino-américaine, le respect des droits fondamentaux de l'homme, l'élimination de toutes les formes de discrimination, la lutte en faveur de la coopération internationale, le renforcement des parlements nationaux et sous-régionaux d'Amérique latine et la diffusion des activités parlementaires" (ne jamais oublier ce dernier point, n'oubliera jamais de dire même le plus néophyte des attachés parlementaires). En quelques mots : le Parlatino est une instance qui, bien que ne disposant d'aucune légitimité, n'hésite pas à définir sa position sur les plus grands sujets politiques tout en affirmant sa ferme intention de l'imposer aux autorités concernées. Le Parlatino est donc une institution politique au sens encyclopédique du terme, c'est à dire, sans nécessaire relation avec quelque réflexion préconçue que ce soit sur l'organisation des pouvoirs ou de la société. D'aucuns diraient qu'il s'agit d'un think tank en oubliant qu'à la différence desdits, le Parlatino est composé de députés élus et non pas de personnalités es-qualité.
Cette approche contraste à mon avis quelque peu avec la réduction du politique aux seules logiques de rapports de force et la construction à l'usure d'états de faits s'imposant à tous qu'on nomme généralement "construction européenne" et que l'actualité exprime généralement en énonçant parfois laborieusement l'expression des attentes des marchés financiers, mais passons.
L'Europe et l'Amérique latine ont ceci de comparable qu'elles ont toutes les deux choisi la voie de l'unification à l'échelle continentale, c'est à dire, suivre une stratégie qui consiste à apprendre, avec le temps, à s'accomoder d'autrui son voisin dans l'espoir de fournir aux générations futures les moyens de vivre en bonne intelligence. Le simple bon sens notera que, du fait d'une histoire qui n'est pas exempte d'erreurs, de douleurs et, osons le dire, de regrets restant certes abstraits, mais auxquels une volonté de paix et d'amitié est certainement la meilleure réponse, les actuelles population d'Amérique latine et l'Europe partagent quelques éléments de culture. Pour ces raisons, envisager que ces similitudes puissent constituer des atouts pour une coppération est certainement tout aussi sensée qu'imaginer que des liens existent entre l'Afrique et la France, au simple motif qu'autrefois, nos ancêtres les gaulois leur roulèrent dessus (pardonnez le concision du propos).
J'avoue voir en l'intérêt récent, mais marqué, de notre chère presse quotidienne nationale pour cette région du monde ne fait peut-être que refléter, peut-être tardivement, la prise de conscience des perspectives que pourraient offrir une collaboration plus étroite entre l'europe, notamment latine et ... hé bien, l'amérique latine. Car nous parlons bien ici de gens qui, finalement, n'ont jamais eu d'ambition nucléaire, vivent globalement en paix avec le reste du monde (l'affaire des Malouines semble bien loin, désormais ?)
Il est cependant vrai que la voie pour l'unification choisie par l'Amrique latine, autrement plus libérale, décontractée, et dépassionnée que celle fort institutionnelle inspirée par les Pères fondateurs de l'Unions Européenne, ne s'accomode que de ce sentiment léger témoin de la sincérité de cette ambtion affichée d'apprendre à vivre ensemble. Il est aussi vrai que force est de constater que les orientations choisies par le Parlatino, bien que ne restant que des déclarations, des motions, des intentions, contrastent avec les orientations de l'Union Européenne. Je ne nierai pas qu'il y a des jours où j'ai le sentiment que la paix viendra là-bas plutôt qu'ici.
[note très sévèrement remaniée du fait des récentes grosses polémiques sur la couverture de l'actualité sud-américaine : le repletrage est peut-être très visible par endroits, désolé]

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