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27 novembre 2005

Rencontre EuropaNova autour de Gilles Finchelstein et Justine Lacroix

Vendredi dernier (le 25 novembre), EuropaNova réunissait Gilles Finchelstein (directeur des études d'Euro RSCG et délégué général de la fondation Jean Jaurès, le think tank associé au PS) et Justine Lacroix (professeur en sciences politiques à l'ULB).
Le thème était celui de la citoyenneté européenne. On y a parlé de l'étude menée par Euro RSCG (dont un résumé est disponible ici, avec des détails ici). Cette étude, ainsi que le résume bien Gilles Finchelstein, nous apprend que les européens semblent bien partager un modèle de société (des principes d'organisation, précisera Justine Lacroix, plus que des valeurs intimes), même s'ils n'en sont pas encore conscients.

Dans la suite de ce post, une petite interview vidéo de Gilles Finchelstein, suivie de quelques remarques sur les résultats de l'étude. Je reviendrai sur le patriotisme constitutionnel, l'autre sujet de fond du débat, sujet qui m'est assez cher, dans un prochain billet.

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25 novembre 2005

Brève: De Villepin propose de renforcer le rôle du Parlement national en matière européenne

Au Journal Officiel de ce matin, par l'intermédiaire d'une circulaire, le Premier Ministre du gouvernement français Dominique de Villepin propose d'associer davantage le Parlement français aux réflexions européennes.

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24 novembre 2005

Des nouvelles de Bolky

En mars dernier Jacques Chirac assurait que la directive services (dite directive Bolkestein) serait complètement remise à plat, voire même abandonnée, grâce à sa prise de parole sur le sujet lors d'une réunion du Conseil européen. Nos fidèles lecteurs savent depuis longtemps qu'il n'en est rien, et qu'il n'a d'ailleurs jamais été question que la directive services ne suive pas son cours à travers les méandres du processus législatif communautaire. Prenons donc quelques nouvelles du texte le plus polémique du moment.

Première étape au Parlement européen, avant le vote de l'assemblée plénière courant janvier 2006, le débat et le vote au sein de la commission du Parlement en charge du dossier, en l'occurence la commission Marché intérieur et protection des consommateurs. Mardi dernier, ladite commission a adopté par 25 voix pour, 10 contre et 5 abstentions, une version amendée du projet de directive.

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Libre-circule ta cigarette, l'ami (2)

Ce sera peut être une déception pour le lecteur qui nous écrit, mais ce n’est pas le grand principe de libre circulation ci-avant décrit qui s’applique. Pour les cigarettes, c’est une bête question de taxes d’accise, la taxe qui frappe certains produits comme le tabac, l’alcool, et les huiles minérales.

La circulation des marchandises soumises à droits d’accises n’est pas régi par les règles générales, mais est soumis à une directive 92/12 du 25 février 1992.

Il s’agissait, pour la Communauté, de rendre compatibles entre eux et avec les objectifs communautaires les systèmes nationaux de taxes d’accises.

Le principe retenu est celui de la taxation dans le pays de consommation : il permet aux marchandises de circuler en suspension de droits d'accises et sans contrôles aux frontières intracommunautaires. Lacirculation des produits en suspension de droits se fait par le biais d'entrepôts fiscaux et sous le couvert d'un document administratif d'accompagnement, afin d’éviter les fraudes. Les accises sont acquittées lors de la mise à la consommation du produit au taux en vigueur dans l'État de consommation.

Concrètement, pour le revendeur de cigarettes, peu importe s’il achète ses cigarettes à un grossiste polonais ou français, il payera les même taxes d’accises. Il n’y a pas de concurrence possible entre les États membres pour le taux des taxes d’accises.

On a cependant prévu une exception pour les particuliers, pour les produits qu’ils achètent pour leurs besoins propres et transportés par eux-mêmes. Ces produits ne sont pas taxés dans l’État de consommation, mais dans l’État membre où les produits sont acquis.

Or pour éviter des fraudes, il a bien fallu fixer des critères pour déterminer si un produit est acquis pour les besoins propres du consommateur. La directive 92/12 donne les éléments dont il convient de tenir compte :

- le statut commercial et les motifs du détenteur des produits,

- le lieu où ces produits se trouvent ou, le cas échéant, le mode de transport utilisé,

- tout document relatif à ces produits,

- la nature de ces produits,

- la quantité de ces produits.

A titre indicatif, pour l'application du dernier tiret, les États membres peuvent, seulement comme élément de preuve, établir des niveaux indicatifs. Ces niveaux indicatifs ne peuvent pas être inférieurs à 800 pièces pour les cigarettes, ou un kilo pour le tabac à fumer. Pour l’alcool, c’est 10 litres d’alcool fort, et 90 litres de vin. De quoi voir venir.

Revenons-en à la question du lecteur : limiter la quantité de cigarettes « consommation personnelle » à une cartouche (soit 200 cigarettes), est-ce compatible avec le droit communautaire ? La réponse est clairement non. Non pas au regard des règles générales de la libre circulation des marchandises, comme l’a cru le lecteur, mais au regard d’une directive datant de 1992.

Ceux qui se sont plongé dans la lecture des travaux parlementaires auront remarqué que le gouvernement s’est opposé à l’amendement qui a introduit cette limitation, se fondant justement sur les dispositions de ladite directive. Reste que cette opposition a été fort molle, et très peu convaincante. Mais bon, la loi n'est pas encore adoptée.

Quoi qu’il en soit, si jamais vous vous retrouvez à devoir payer les droits d’accises pour l’importation de moins de 800 cigarettes, contestez devant la juridiction nationale compétente, en invoquant la violation de la directive. Et vous gagnerez très probablement … si vous êtes assez patient pour lancer une procédure, mais ça, c’est une autre question.

Dernier point, si vous tenez vraiment à entretenir votre cancer, mais que vous ne voulez pas vous risquer à payer une amende pour pouvoir contester la disposition litigieuse, déposez une plainte à la Commission européenne, pour lui signaler la chose, tout en adressant une pétition au Parlement européen. Attendez quand même que la loi soit votée ...

23 novembre 2005

Libre-circule ta cigarette, l'ami (1)

Un lecteur de Publius nous interroge, citant divers articles du Traité CE relatifs à la libre circulation des marchandises : « Je fais suite aux annonces faites dans les divers journaux concernant la limitation de l'importation par des particuliers du nombre de cigarettes achetées à l'étranger, dans un autre Etat membre. Est-ce que le projet de loi qui doit être voté le 2 novembre n'est pas une violation de nos droits européens ? ».

C’est vrai qu’à l’époque où j’étais un impénitent consommateur de tabac exilé outre-manche, je trouvais particulièrement injuste que je puisse ramener autant de tonnes de camembert que je le souhaitais, mais que je devais me limiter aux 3-4 cartouches autorisées pour ma « consommation personnelle ». Rétrospectivement, je me dis que cela aura retardé de quelques années mon cancer des poumons et celui de mes camarades.

Mais pour en revenir à nos moutons : comment ce fait-il que l’on ne puisse pas librement faire circuler les cigarettes au sein de l’Union européenne ?

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22 novembre 2005

Chronique européenne de Baudoin Bollaert - Chirac-Barroso : à quand la paix des braves ?

Voici la troisième publication de la chronique de Baudoin Bollaert, en partenariat avec EuropaNova. Réactions et débats en fin d'article.

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Il y a quelques années de cela, un Jacques Chirac badin avait déclaré à Wim Kok médusé : « Moins il y a de commissaires et mieux on se porte ! ».

Il s’agissait de justifier auprès du Premier ministre néerlandais la proposition française - cohérente, au demeurant - de limiter le nombre des commissaires européens à une vingtaine au maximum, quel que soit le nombre des Etats membres.

Hélas, le chef de l’Etat avait surtout trahi, en la circonstance, sa profonde méfiance envers le collège bruxellois…

Le temps est passé et cette méfiance ne s’est pas atténuée.

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20 novembre 2005

Europe : Quand le NPS réinvente la roue

S'il faut en croire cette dépêche de l'AP, le congrés du PS du Mans a donc permis d'offrir à l'Europe un plan B ambitieux, réaliste et novateur :

Au-delà des réformes institutionnelles, le porte-parole du "NPS" Benoît Hamon affirme que François Hollande a repris plusieurs idées du courant, dont la demande d'un tarif extérieur commun européen et d'un traité social européen.

Je conçois qu'on puisse diverger sur ce que constituerait ou non un "traité social européen", surtout si l'expression est entendue au sens de "traité européen qui imposerait au niveau européen la politique sociale voulue par le NPS". Mais il faut rappeler néanmoins que, à défaut d'un traité social spécifique, le "social" est déjà dans les traités européens actuels, en particulier aux titres VIII (coordination des politiques de l'emploi) et XI (politique sociale, éducation formation professionnelle et jeunesse) du Traité instituant la communauté européenne. Ces dispositions ont d'ailleurs été pour l'essentiel ajoutées dans les années 1980 et 1990, à l'époque du supposé virage ultralibéral des politiques communautaires.

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12 novembre 2005

REACH: une tentative de décryptage

2005-11-17 Toutes dernières nouvelles : une coalition socialistes / conservateurs au Parlement Européen tranche en première lecture pour une démarche purement déclarative faisant entièrement confiance aux industriels et ne s'appliquant qu'à 10 à 30% des substances susceptibles de faire l'objet d'études toxicologiques.

Le Parlement Européen débat actuellement en première lecture de la proposition de règlement REACH * (Registration, Evaluation, Authorisation (and Restriction..) of Chemicals (produits chimiques) ) qui consiste à déterminer à quelles conditions la vente et la distribution de produits chimiques pourraient être autorisées au sein du marché unique.

Des esprits chagrins parmi lesquels votre serviteur s'étonneront toujours qu'une telle idée ne soit pas venue à l'esprit de la Commission Européenne lors des débats relatifs aux premières mises sur le marché d'OGMs (peut-être les manifestations à ce sujet n'étaient-elles ni assez audibles, ni assez visibles ?). Nous nous retrouvons donc devant cet étrange paradoxe selon lequel des OGMs furent mis sur le marché avec la bénédiction d'une Commission réputée moins libérale que la présente qui, nous dit la presse, semble avoir bien du tracas avec cette directive dont l'objectif semblerait être la protection du consommateur.

Voilà qui mérite bien un petit décryptage, dont l'objectif avoué sera de permettre au lecteur d'évaluer la teneur des discours devenus particulièrement audibles des divers lobbies voisins de la Commission Européenne actuellement actifs sur ce sujet.

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11 novembre 2005

OMC, PAC, Union Européenne : une tentative de décryptage

En complément du précédent billet de Damien sur le thème, et à l'heure où le Commissaire Européen au Commerce se prépare à son grand oral au Conseil, il m'a semblé utile d'essayer de présenter en termes simples les principaux enjeux des actuelles négociations à l'OMC pour l'Union Européenne, avec toute la subjectivité et les approximations qu'une telle approche implique.

Les lecteurs familiers de ces débats savent bien que malgré l'adoption du traité d'Amsterdam, et donc, la création du Comi 133, chargé de la définition du mandat donné par les états-membres à la Commission Européenne pour définir ou négocier les conditions d'entrée sur le marché européen de tout ce qui, d'une manière ou d'une autre, se marchande de par notre vaste monde, les états-membres dans leur ensemble ne se sont jamais accordés sur une définition de ce qui pouvait être ou non marchandable....

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09 novembre 2005

Brèves

 Le journal "Le Monde" signale la mise à l'écart de Peter Carl, directeur de la direction générale du commerce de la Commission Européenne. La direction générale du commerce est notamment la direction qui conçoit et met en place des outils parfois complexes de régulation des échanges comme, par exemple, le STABEX (info) et avait pris position en faveur d'une renégociation avec la Chine lors de la récente crise des importations de textile chinois .

Le député européen Alain Lipietz estime, à l'issue du séminaire du groupe Verts-ALE du 8/11/2005 sur la directive "services" (plus connue sous le nom de directive Bolkestein) qu'un rejet en première lecture au Parlement Européen est très improbable.

Le journal "Armenian News" signale une lecture plus critique qu'à l'ordinaire de la Commission Européenne sur les progrès en Turquie pour l'année en cours (voir aussi cet article du Nouvel Obserateur).

Le Nouvel Observateur rapporte l'existence d'une recommandation officieuse de la Commission Européenne soutenant la candidature de la Macédoine dans le cadre d'une définition de plus en plus explicite de la logique de l'élargissement de l'Union.

Enfin, le compte-rendu de l'entrevue entre ATTAC et Antonin Baudry, conseiller sur les questions OMC du Premier Ministre confirme l'actuel isolement de la France sur ce sujet et laisse planer l'hypothèse d'un débat parlementaire sur ces questions.

Enfin, le Nouvel Observateur signale un récent rapprochement franco-espagnol sur la question du chèque britannique. On se souviendra de l'accueil chaleureux qui avait été reservé à José-Luis Zapatero lors de sa venue en France à l'occasion de la campagne pour le TCE.

03 novembre 2005

Agenda européen de Baudoin Bollaert : Tony Blair au pied du mur

Voici le deuxième agenda européen de Baudoin Bollaert, en partenariat avec EuropaNova. Bonne lecture et commentaires.

In vino veritas : en offrant à ses hôtes, le 27 octobre dernier dans le château d’Hampton Court, un Pomerol Le Pin millésimé 1986, cru prestigieux à plus de mille euros la bouteille, Tony Blair voulait peut-être vérifier la pertinence du vieil adage latin…

Hélas pour lui, l’unique vérité qui a jailli de ce « brainstorming » européen ressemble à un camouflet pour la présidence britannique. En quatre mois, son bilan s’est limité au lancement des négociations d’adhésion avec la Turquie. C’est un peu mince.

A Hampton Court, dans la banlieue londonienne, les discussions au coin du feu sur les défis de la mondialisation et les modèles sociaux les plus pertinents en Europe ont sûrement été très intéressantes. Mais on attendait davantage de Tony Blair et des Anglais qui ont toujours préféré le pragmatisme aux débats fumeux.

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