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30 septembre 2005

L'impérialisme européen

Le parlement européen vient d'adopter une résolution sur la Turquie, où il pose notamment comme condition à l'adhésion la reconnaissance turque du génocide arménien. Je n'ai rien à redire sur l'importance de la reconnaissance du génocide arménien, mais je trouve que la poser comme condition de l'adhésion est un acte extrêmement impérialiste.

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23 septembre 2005

Le plombier dans l'isoloir

Flag_of_poland_640px_border1En l'espace d'un petit mois les Polonais s'apprêtent à se rendre trois fois aux urnes. Ce dimanche 25 septembre tout d'abord pour les élections législatives, puis les 9 et 23 octobre pour les deux tours de l'élection présidentielle. La Pologne étant une démocratie parlementaire, le rôle politique du Président de la République y est assez faible. Je m'intéresserai par conséquent essentiellement au vote de dimanche et à ses répercussions possibles sur la politique européenne de Varsovie.

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21 septembre 2005

Quand Chirac entretient la confusion

Voilà donc notre président qui vole au secours des emplois de Hewlett Packard. En grand chevalier, celui-ci ne va pas s'entretenir avec les dirigeants de l'entreprise américaine. Non, il en appelle à la commission de Bruxelles, "compte tenu de la portée de ce plan partout en Europe". Simple, non ?

Que pourrait faire la commission ? A peu près rien, tant que Hewlett Packard respecte le droit du travail des Etats membres, qui sont seuls juges sur ce point. Et c'est bien logique, les Etats ne souhaitant pas que l'UE s'occupe de ce domaine. Pour autant, l'UE ne fait pas rien dans le domaine de l'emploi, puisqu'elle tend à harmoniser les éléments qui peuvent faire consensus, comme le dialogue social et l'information des travailleurs, les conditions d'hygiène et de sécurité, ou même sur des sujets plus ardus, comme l'égalité homme-femme, pour laquelle l'UE a été un vrai moteur de changement. Reste que, dans le domaine de l'emploi en général, la commission propose, les Etats disposent. Et que l'UE n'est pas un outil propre à mener des négociations particulières contre une entreprise en particulier, si celle-ci respecte son droit. Pour tout plein de détails, allez voir sur ces pages du site de l'UE.

Que veut donc dire Jean-François Copé, quand il nous dit qu'il souhaite "un examen coordonné des projets de plans sociaux, un dialogue européen avec Hewlett-Packard, et des initiatives à prendre pour renforcer les capacités européennes dans ce secteur" ? A peu près rien (mais on a l'habitude). Des voeux pieux, de saines et saintes inentions, qui resteront lettre morte, c'est bien logique. Que les Etats s'unissent entre eux pour négocier au mieux avec HP serait souhaitable, mais ne donnera sûrement pas grand chose.

Evidemment, cette histoire est regrettable, pour les 1240 salariés qui vont se retrouver sur le coté.
Autant d'emplois détruits d'un coup, sur une zône aussi concentrée, c'est dur, il faut un accompagnement lourd, aider à la recomposition. La chance qu'ont les salariés de Grenoble, c'est de faire partie d'un pôle technologique très dynamique et attractif, de bénéficier, sans doute, de conditions de reclassement favorables, sans doute aidées par le soutien unanime du gouvernement et des élus locaux. Ca n'enlèvera rien au choc que sont ces licenciements, mais celà leur donen plus de chances qu'à d'autres. Souvenons-nous quand même que 1240 emplois, ce sont deux jours de licenciements économiques en France, dans plein de PME, de petites boites, de personnes qui ne voient pas se jeter à leur chevet toute la classe politique. Deux jours. En France, il y a un HP tous les deux jours ! Mais où sont Chirac, Copé et Villepin, qui devraient en appeler à la commission européenne tous les lundi, mercredi, vendredi et dimanche !

Je trouve vraiment déplacée et contre-productive l'attitude de Chirac, encore une fois. Il ne fait aucun bien à l'Europe, ne montre pas où est le vrai sujet de l'emploi, et nous rappelle juste une chose : seul ce qui est médiatisé compte (et ce qui, à l'occasion, peut donner de vous l'image d'un homme en lutte contre l'envahisseur américain).

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Un appel au peuple

Est-ce que quelqu'un pourrait m'expliquer le sens de l'argument de cette très étrange tribune parue hier dans Libération? Le peu que j'arrive à en tirer donne à peu près ceci (oui c'est un shorter) :

Les blogs ont une influence néfaste sur la politique française parce qu'ils favorisent une pensée simpliste et la répétition de clichés partisans. Ah, et tous nos problèmes seraient réglés si seulement nous adoptions point par point les recettes blairistes.

Non, sérieusement, il semble que notre auteur se livre à une attaque en règle contre le rôle des blogs dans le débat sur la constitution européenne et qu'il ne serait pas inutile, en conséquence, que Publius se fendît d'une réponse appropriée. Encore faudrait-il que je comprenne d'abord ce qu'il essaye de dire. D'où mon appel aux lecteurs qui servaient plus versés que moi dans la traduction banquier -> français.

14 septembre 2005

Ratification outre-Quiévrain : une histoire belge

Belgique_1A lire les médias français, on pourrait avoir l'impression que le processus de ratification de la constitution européenne s'est brusquement arrêté depuis le référendum de juillet dernier au Luxembourg : le oui luxembourgeois n'a strictement rien changé, les pays membres qui ne se sont pas encore prononcés ont tous repoussé sine die leur référendum ou l'examen du traité par leurs parlements et la pauvre constitution reste dans le coma, en attendant que les dirigeants européens se décident à la tuer pour de bon.

Cette impression est en partie exacte. Mais en partie seulement. D'abord parce que l'Estonie a confirmé la tenue d'un vote au parlement pour l'automne. Et surtout parce que nos amis belges ont décidé de faire durer le plaisir.

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13 septembre 2005

Quelle politique européenne pour l'Allemagne ?

Les élections législatives en Allemagne auront lieu dimanche. Angela Merkel est quasiment assurée de devenir la première femme Chancelière, même si l'écart entre la CDU et le SPD a tendance à se resserrer depuis deux semaines. L'inconnu réside plutôt sur la coalition qui sera portée au pouvoir : une alliance CDU-FDP ou une grande coalition CDU-SPD ? Les conséquences politiques, notamment en matière de politique européenne et étrangère, sont assez divergentes selon que l'un ou l'autre des scénarios se produit.

Traditionnellement, le poste de ministre des affaires étrangères revient en effet au deuxième parti de la coalition. C'est ainsi Joschka Fischer (chef de fil des Grünen) qui est à la tête de la diplomatie allemande depuis 1998. Lors de la première grande coalition de l'histoire (entre 1966 et 1969), le poste était revenu à Willy Brandt (du SDP), alors que le chancelier était Kurt Georg Kiesinger (de la CDU). Même si cela n'est pas une règle constitutionnelle formalisée, il est peu probable qu'Angela Merkel revienne là-dessus. Le poste devrait donc revenir soit à un membre du FDP (Wolfgang Gerhardt, le président du groupe parlementaire FDP au Bundestag est souvent cité) soit à un membre du SPD en cas de grande coalition. Quelles conséquences cela peut-il avoir sur la politique européenne de l'Allemagne ?

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12 septembre 2005

Faire ses études en Autriche aux frais du contribuable autrichien

Une petite note pour illustrer quelques désagréments de l'Union européenne et les implications de ses règles.

Soit un pays A (A comme Autriche) voisin d'un pays A' (A' comme Allemagne).

Postulons que les gens de A parlent la même langue que les gens de A'. (Ceci dit, les gens de A ont un fort accent et chantent parfois des yoddle).

Soit les universités de A. Les jeunes de A' qui parlent la même langue que les jeunes de A se disent : pourquoi n'irai je pas faire mes études en Autriche. Car les universités Autrichiennes sont moins chères.

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10 septembre 2005

Chypre et la Turquie, encore

Je reviens une nouvelle fois sur le sujet. C'est que l'échéance du 3 octobre approche et que tout est encore loin d'être clair. Dans ma note précédente j'indiquais que les ministres des affaires étrangères des 25 devaient se réunir pour statuer sur la reconnaissance de Chypre par la Turquie.

Quels enseignements peuvent être tirés de la réunion du Conseil des 1er et 2 septembre derniers ?

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08 septembre 2005

Eric Dupin - Europe: retrouver l'esprit d'aventure

Le véritable enjeu – car tout n’est heureusement pas encore joué - est de bâtir un cœur européen capable de progresser dans la voie de l’union politique. Dans un premier temps, il ne devrait guère dépasser les frontières de la zone euro. C’est la reprise de la vieille idée d’une Europe à géométrie variable – un deuxième cercle comportant tous les Etats de l’Union et un troisième des pays associés – qui avait été brillamment exposée par Joschka Fischer en mai 2000 et auquel les dirigeants français n’avaient pas daigné répondre.

Eric Dupin, sur son blog, murmure ces propos et plaide pour un nouvel esprit pour l'Europe. Il relance effectivement cette vieille idée de l'Europe à géométrie variable, qui ne date pas seulement de mai 2000, mais qu'on avançait déjà du temps de la campagne référendaire pour Maastricht. Une vieille idée qui a pourtant du plomb dans l'aile avec le résultat du réferendum du 29 mai. Sans rentrer dans l'interprétation à donner au vote du peuple français, on peut penser que les autres membres de l'Union européenne seront sceptiques à l'idée de construire quelque chose de nouveau avec la France.

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07 septembre 2005

Publius : étape 2

Chers lecteurs,

voilà quelques mois que le referendum français sur la constitution européenne a eu lieu. L'été est passé. Publius était au ralenti, la plupart de ses auteurs ayant été rattrapés par les obligations personnelles et professionnelles. Nous nous demandions ce que nous allions faire de ce blog, dont l'unique sujet semblait, comment dire, en perte de vitesse. Quelques nouvelles, donc, sous forme d'un court bilan, et de quelques nouvelles.

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