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04 juin 2005

Commentaires

fraisouille

Comme quoi le Non Français semble de plus en plus être
un non positif pour l'Europe. 5 jours après le Non Français pro-européen, nos élites semblent retrouver
leur bon sens...

Eolas

fraisouille : il parait que répété 5700 fois, on finit par y croire, oui.

pognac

Toute la condescendance du «Maitre» en 12 mots...

Eolas

pognac : Absolument. La phrase de fraisouille "5 jours après le Non Français pro-européen, nos élites semblent retrouver eur bon sens... " étant une démonstration de modestie, d'ouverture d'esprit et d'analyse fine et percutante.

Rolling Pat

Et si la seule chance de Chirac, c'était la rupture : effectivement, non pas un repli français mais une exigence européenne d'un petit groupe de nations (France, Allemagne, Belgique...) décidées à aller vers une Europe plus structurée, plus protégée, à la fois indépendante et sociale, ce qui rallierait ainsi une part importante du "non" français. Dans ce cas, Chirac met les Britanniques dans une position extrêmement inconfortable puisqu'il les repousse vers le schéma de l'Europe-grand marché et pro-US en ressortant de sa manche un projet encore plus européen que la Constitution, - une "Europe à la française".
Le cas Schröder est intéressant : en très difficile position pour les élections anticipées qu'il a provoquées, pour lui aussi une radicalisation est tentante, là aussi un cas de "tout ou rien" qui relancerait l'idée d'une campagne électorale anti-américaine qui avait marché en septembre 2003.

La situation est extraordinaire, faite d'une addition de rupture et de positions désespérées jusqu'à la radicalisation possible sinon probable.

# Chirac est dans une telle position que sa seule chance de redresser sa position est le tout ou rien de la radicalisation.

# Schröder est dans une position assez similaire, quoique de forme différente.

# Blair est aussi dans une position désespérée, entre une élection illégitime qui a entamé la puissance de son parti et un Gordon Brown qui veut sa tête. Lui aussi est poussé au maximalisme.

# La radicalisation se forme également, en des termes d'affrontement désormais, entre les opinions publiques et les establishment .

Eviv Bulgroz

@Rolling

- Euh je ne veux pas d'une Europe "à la Française". Napoléon is dead. Ni d'une Europe petite, repliée et protégée. L'Europe que je veux est grande, vaste, généreuse, respectueuse des différences, des identités et particularismes. Ouverte sur le Monde. bref celle qui fait horreur à tant de nonistes, bref celles que nous étions en train de construire.

- Blair dans une position désespéré ? Election illégitime ? Pourquoi ?

allala

Djiddy Pibbee

Il est clair qu'avec les systèmes politiques actuels se pose la question de la représentation. Non seulement en France mais dans toute la "vieille Europe". Quel Italien se sent aujourd'hui représenté par son Président du Conseil ? Les votes non, les claques infligées successivement à ce Traité et le refus de certains pays de le soumettre contrairement à ce qui était prévu mais au vu des désaveux des résultats précédents renseigne bien sur ce point. Les Peuples veulent se réapproprier leurs destins confisqués par leurs dirigeants. Le point commun ? Nos institutions ne sont plus aussi démocratiques qu'elles l'auraient du. Ce Traité ne nous apportait que de l'insuffisance en ces termes. C'est sur la base de "plus de démocratie" qu'ils devraient orienter un nouveau texte ou une nouvelle mouture, je suis certain que cela aurait un impact positif sur les opinions.

Jean-Paul Droz

Shröder n'est plus là ds qq mois, Blair qui vient d'être réélu pour la 3ième fois est le seul europhile en GB mais solitaire (Brown ne veut pas de l'Europe), les Pays Bas ont voté NON sur des bases plutôt xénophobe et de repli identitaire, la Pologne lorgne vers la GB....
Le traité a été assassiné et Nice reste et restera notre devenir.

Rolling Pat

@ Eviv

La vertu du gouvernement et du système britannique est la stabilité. Le problème est qu’aujourd’hui, la stabilité devient une caricature d’elle-même avec l’affrontement Blair-Brown à l’intérieur du parti vainqueur. D’autre part, cette caricature est en train d’avoir raison de la légitimité du système.

Un court et excellent article du Financial Times du 6 mai mesurait l’étendue du problème, qui se lit dans les chiffres du dernier décompte.

# Les travaillistes ont 35,2% des voix et 356 sièges (61% des sièges pour 32,2% des voix).

# Les conservateurs ont 197 sièges pour 32,3% (34% des sièges pour 32,3% des voix).

# Les libéraux ont 60 sièges pour 22% des voix (10% des sièges pour 22% des voix).

Selon la Electoral Reform Society: "this is probably the largest degree of bias the system has ever produced". (En 2001, le Labour avait 67% des sièges pour 41% des voix, établissant le précédent record.)

Le FT observait: "Westminster's system has discriminated against the third-placed Liberal Democrats for decades. Their post-election demands for proportional representation will probably fall on deaf ears. But if, partly as a consequence of rising support for Charles Kennedy's party, Labour and the Conservatives come close in terms of share of the vote, the pressure for reform could become irresistible.

=> Labour could have conceivably won a parliamentary majority on a smaller share of the vote than the Conservatives. “It would be a travesty of democracy,” says Lord Lipsey, the Labour peer and chairman of Make Votes Count. “How do you claim a mandate in that situation?”

La situation de cet écart entre le nombre de voix et la représentation parlementaire, supportable pendant des décennies, atteint aujourd’hui le domaine de l’insupportable lorsque de telles hypothèses (le Labour pouvant être majoritaire en sièges et second en voix derrière les Conservateurs) apparaissent complètement fondées.

Les causes arithmétiques (favorables aux travaillistes) de la crise sont assez techniques ou hasardeuses. Le FT, proche des conservateurs, n’y voit aucun complot des travaillistes mais une meilleure sensibilité à ces questions. Des causes politiques plus larges ont conduit à cette situation de crise :

# Le bipartisme britannique a vécu, à l’image de la stabilité qu’il représentait. Lorsque les libéraux font 22% des voix, les travaillistes et les conservateurs 35% et 32%, le bipartisme est mort et la pression pour changer le système devient irrésistible.

# La crise est aggravée par la soi-disant “popularité” de Tony Blair, essentiellement médiatique et exaltée par les médias. Lorsque cette popularité s’appuie sur les chiffres qu’on voit, elle devient une usurpation (absence de légitimité) et aboutit à des crises de confiance comme celle de l’Irak où le chef du gouvernement est totalement désavoué par la population. Qu’il tienne en place et soit réélu n’est ni un tribut à son courage, ni une preuve de stabilité, comme l’ont glorieusement affirmé tous les médias, y compris les plus sérieux, — c’est une démonstration de son illégitimité et de la crise du système. Le résultat final est l’impuissance politique où se trouve réduit Blair aujourd’hui, à cause de la crise avec Brown dans son gouvernement; et cette impuissance de Blair pourrait devenir celle de Brown, à cause des circonstances extérieures. La stabilité est devenue impuissance.

REMY

Sales Français

"L'esprit partout épars se concentre dans la cocarde de la conscience". Blaise Cendrars

Peureux, ignares, chauvins, racistes, xénophobes, égoïstes, radins, colériques ainsi MM. Hollande, Strauss-Kahn, Lang, Bayrou, Sarkozy, Barnier ont qualifié les français depuis la victoire du Non; peureux, ignares, chauvins, racistes, xénophobes, égoïstes, radins, colériques ainsi intellectuels et éditorialistes ont décrit les français; peureux, ignares, chauvins, racistes, xénophobes, égoïstes, radins, colériques ainsi de nombreux hommes politiques européens ont insulté les français. Quand à Jacques Chirac, il prend acte!

L'intérêt, les intérêts de la France diffèrent donc de ceux des français d'après son président même. Ce n'est pas le Non qu'il faut décortiquer, c'est le oui: comment en est-on arrivé là, est-ce par mimétisme avec le déni de démocratie qui caractérise si bien le fonctionnement de l'Union, est-ce l'aboutissement final de la grande défausse de l'élu sur le fonctionnaire, de la décision sur le règlement, de l'inspiration sur la directive? En soutenant cette constitution, les hommes aux pouvoirs comme ceux y aspirant s'amputent encore davantage de leurs capacités d'imagination et d'action, en la refusant, les français les enjoignent à retrouver le goût de l'initiative et de la responsabilité. Beau défi!

La menace de l'affaiblissement, thème d'extrême droite par excellence, thème pétainiste, a été utilisée à satiété par le camp du oui – faute d'argument. Ce qui affaiblit la France c'est de rabâcher sa prétendue faiblesse, ce qui affaiblit la France c'est la condamnation, c'est le rejet, c'est la dénégation du message des urnes tant par le pouvoir que par l'opposition de gouvernement, ce qui affaiblit la France, c'est que la campagne du oui, comme toutes ses réactions le confirment après la défaite, avait les français pour adversaires, ce qui affaiblit la France, c'est un président de la République qui "prend acte" du résultat du référendum au lieu de le prendre dans ses bras et de le porter et de le défendre à Bruxelles (puisqu'un président élu au suffrage universel doit aller se justifier devant des fonctionnaires inconnus), ce qui affaiblit la France, ce sont des français stigmatisés le 29 au soir par Jacques Chirac et François Hollande, alors que, l'un président, l'autre socialiste, devraient, par devoir pour l'un, par conviction pour l'autre se faire les hérauts de la voix de leur peuple.

Une constitution n'est pas un contrat entre citoyens, c'est un contrat entre les citoyens et le pouvoir décrivant les modalités de l'exercice du pouvoir et du choix de celui-ci par ceux-là. Ni l'un ni l'autre ne sont acceptables dans la constitution européenne:elle ne prévoit ni choix, ni contrôle. Peu d'Européens sont prêts à une organisation du continent en une confédération à la suisse, c'est peut être dommage, mais c'est ainsi. En attendant qu'il puisse être démocratique, tout pouvoir supra national doit être supprimé, le plan B, c'est la suppression de la Commission et tel doit être le message de la France, de Chirac comme du PS, tel doit être le message joint de la France et des Pays-Bas, tel devrait être négocié l'avenir de l'Europe avec les pays du Non à venir et même avec les autres, Allemagne en tête. D'états à états, entre gouvernements légitimes, tout est possible, le projet européen est possible.
Une Constitution est grand texte inspiré, une constitution (américaine, françaises, allemande et japonaise d'après guerre, nouvelles des pays d'Europe centrale et orientale, irakienne à venir) est un texte de rupture mais aussi un texte familier dont de nombreux citoyens connaissent un ou deux articles ou dont il peuvent résumer l'inspiration, le projet soumis au vote était un document maniaque et plat à deux objectifs:consacrer la concurrence, consacrer la Commission. Ni justice sociale, ni volonté de puissance, ni exigence de loyauté, ni contrôle populaire. Les partisans du oui – pour la plupart très attachés à la justice sociale, conscients qu'un état sans puissance n'en est pas un, tous très choqués par l'attitude des nouveaux membres se précipitant sous l'aile de Washington, tous sincères démocrates – le savaient bien: ils n'ont pas convaincu. La rupture qui entraînera le retour en grâce de l'Union chez les européens (la participation aux élections européennes est en baisse constante depuis qu'elles existent, y compris chez les nouveaux membres), c'est la suppression de la Commission.
Bien sur il y a le désarroi, bien sur il a nourri le Non; bien sur l'étroitesse du choix politique: économie de marché avec ou sans palliatifs, ne porte pas à l'enthousiasme, mais le Non n'est ni à l'Europe ni au grand capital, le Non refuse la fin programmée du capitalisme civilisé si laborieusement bâti en trois générations; le Non dit: Laissez le confort pour la puissance, ou l'inverse, passe encore, mais perdre l'un et laisser filer l'autre – évaporée à Bruxelles, non.

Ce à quoi il a été dit Non ce n'est pas aux fins de mois difficiles, au prix du kilo de cerises, à Jacques Chirac – et s'il lui a été dit non, le non est tout autant adressé à François Hollande et s'il y a désaveu celui-ci est le premier visé, son camp ne l'a pas suivi, le oui vote UMP et UDF, majoritairement; ce à quoi il a été dit Non c'est au déni d'identité, au déni de puissance, à la honte de l'histoire, aux cinq culpabilités – les croisades, l'esclavage, la colonisation, l'holocauste, le rideau de fer – dont l'Europe s'englue; ce à quoi il a été dit Non c'est à la "désaffiliation" en cours, c'est à la tentative de nouvelle citoyenneté sans suffrage ni territoire qu'élabore sans le savoir un collège de commissaires inconnus, irresponsables, incontrôlables; ce à quoi il a été dit Non c'est à l'onction dont Bruxelles enduit notre destin pour le rendre aussi insaisissable qu'une truite, ce à quoi il a été dit Non c'est au primat de la norme sur l'usage, ce à quoi il a été dit Non c'est à la course éperdue vers la désincarnation.

Sales Hollandais.

Sarajevo, 3 juin 2005

Jacques-Emmanuel Remy

margit

ahhhhh, je me sens très désincarnée, là :-)))))))

briz

eolas et jean-paul droz, continuez à expliquer les victoires du non par des causes uniquement nationales ! C'est le meilleur moyen de ne pas voir ce qui est en train de se passer.

Comme le disent pas mal de monde (dont des oui-tistes), l'Europe est lézardée, l'Europe ne fait plus rêver, il n'y a pas d'unité européenne quand certains pays européens essayent de rafler des emplois à d'autres pays européens au lieu de faire front commun contre le reste du monde.

Vous auriez préféré que nous ayons continuer à vivre sur des illusions, des faux semblants ? Cette crise est salutaire car elle montre que la maison Europe n'était pas bien bâtie et qu'on s'en aperçoit avant qu'elle s'écroule.

Savadesoi

Le titre "étrange" de china radio international

http://fr1.chinabroadcast.cn/1/2005/06/03/49@68970.htm

"L'UE pare en urgence à ce qui anticonstitutionnellement parlant se passe en ce moment"

Eviv Bulgroz

@briz

" certains pays européens essayent de rafler des emplois à d'autres pays européens au lieu de faire front commun contre le reste du monde."

http://egoborone.free.fr/?p=21

Savadesoi

@Eviv

Si nous sommes en guerre contre le reste du monde ces pays doivent être fusillés.

Eviv Bulgroz

@Savadesoi

Eh oui le bon temps des colonies...sniff

Savadesoi

@Eviv

Le bon temps des grandes découvertes de nos hardis navigateurs, de nos ardents missionnaires, de nos bienfaiteurs croisés... vive l'Europe éternelle des lumières.

Jean-Paul Droz

Non Briz, l'europe ne s'écroule pas.
On reste à Nice, c'est tout.
Les libéraux ne peuvent que se réjouir de cette situation.

briz

@Jean-Paul Droz
Je n'ai pas dit qu'elle s'écroule, mais que grâce à cette crise, on a la chance de s'apercevoir que ça déconne (déconnait) avant que ça s'écroule.

@Eviv
S'il y a délocalisation, c'est également à cause des dirigeants d'entreprise de "l'ouest". Et ce n'est pas seulement les emplois peu qualifiés, c'est de plus en plus les services et les cols blancs(cf les centres d'étude informatiques).

Maintenant, mythe ou réalité, peu importe : c'est comme ça que les gens le sentent. Et tant qu'il n'y aura pas un message fort des 15 ET des 10 pour construire une politique européenne solidaire de l'emploi, on restera sur cette impression.

Djiddy Pibbee

Je me suis levé, contre mon entourage, contre ma région, contre tous ceux qui me traitaient de raciste, de xénophobe, d'arrière-pensées convergentes avec les extrémistes, je me suis levé et j'ai dit non. J'entame ma reconquête du pouvoir, j'y crois. Avec mon bulletin, avec mes écrits, avec ma colère, avec tous les moyens qui me restent. Je me suis levé contre une machinerie qui veut faire de nous outils réformables. Je ne suis pas "Je", je suis nous. Je suis libre, indépendant de tout pouvoir d'entreprise, d'appareil politique, syndical ou patronal. Je n'ai rien, donc rien à perdre. Je me suis levé contre le système qui m'exclut. Je me suis levé contre nos élites politiques et médiatiques. Je me suis levé contre l'oppression qui est à deux doigts de ma faire descendre dans la rue. Je me suis levé parce qu'on m'a demandé mon avis. Je me suis levé et je n'étais pas seul, 55%. Je me suis levé et je n'étais pas seul, avec nos 55% il y a 62% de Hollandais. Je me suis levé et notre force est celle-là : nous, nous sommes encore debout.

Fraternellement.

margit

Tiens, le bon sens ...ça existe encore!

Une nostalgie de l'hégémonie ?
Quand Paris veut dicter sa loi

PAR FRANÇOIS DE CLOSETS *
[03 juin 2005]


Il ne faisait pas bon être européen, de nationalité pas de convictions, pendant cette campagne et dans les soirées électorales. Les Français discutaient entre eux d'une affaire franco-française et n'avaient de considération ni pour sa dimension communautaire ni pour l'opinion de leurs partenaires. La Constitution dont ils débattaient semblait être celle de la France et non de l'Europe.


Que des souverainistes, hostiles à la construction européenne, aient ignoré l'étranger, il n'est rien de plus naturel. Dès lors qu'ils avaient fait le choix de la France contre l'Europe, ils devaient manifester une opposition de principe à l'idée même de Constitution européenne. Je ne partage pas cette conception mais elle possède sa cohérence, sa légitimité et nos partenaires européens n'avaient pas à s'en offusquer. L'Europe n'est pas obligatoire. Il n'en allait pas de même avec ces avocats d'un non «européen» qui rejetaient ce traité sous prétexte de le renégocier.


Pour clarifier le débat, rendons-leur les armes. Admettons que, du point de vue français, toutes leurs critiques soient fondées. Que la Constitution puisse être améliorée en supprimant ceci, en ajoutant cela. Admettons que la gauche puisse se réunir sur ce projet commun. Admettons même qu'un texte ainsi remanié puisse obtenir l'adhésion d'une majorité de Français. Admettons enfin que nos partenaires acceptent de renégocier sur de telles bases. La France serait-elle gagnante ? Certainement pas.


Le texte qui vient d'être rejeté est considéré par l'Europe comme un produit «made in France». Notre pays en fut le principal inspirateur, Valéry Giscard d'Estaing, le rédacteur en chef. Cette Constitution européenne est la plus française qui se puisse concevoir. D'où l'incompréhension des étrangers qui nous voient jeter aux orties notre propre copie.


Ce texte est d'inspiration française, il n'est pas français pour autant. Il ne l'est pas et il ne peut pas l'être. Il est né d'un compromis entre des pays européens fort différents les uns des autres. Tel qu'il est, il représente la plus française de toutes les Constitutions européennes possibles.


Or cette norme communautaire fut évaluée, critiquée, contestée comme une norme nationale. Elle devait être totalement conforme à la volonté des Français. L'idée ne venait pas que la France ne pouvait pas dicter sa loi à l'Europe, qu'il lui fallait composer avec ses partenaires. Dimanche soir, les partisans du non ne doutaient pas qu'à la suite de ce vote nos voisins s'empresseraient de mettre leurs horloges à l'heure française.


L'évolution de notre pays au cours des vingt dernières années autorise-t-elle une telle arrogance ? Voit-on que les politiques que nous avons suivies et les résultats auxquels nous sommes parvenus puissent emporter l'adhésion de nos partenaires ? A l'évidence, si une gauche élargie se rassemblait sur un projet constitutionnel, il ne s'agirait jamais que d'un texte français sans la moindre chance de devenir européen. En revanche, si les pays de l'Union cherchent un nouveau dénominateur commun, on sait déjà qu'ils le trouveront à bonne distance des positions françaises. Que cela plaise ou non, la France ne domine plus l'Europe.


Les Français ont décidément bien du mal à suivre le train de l'histoire. Non contents de s'accrocher à l'illusion communiste, ils cultivent maintenant la nostalgie de l'hégémonie napoléonienne.

* Journaliste, écrivain.

margit

http://fr.news.yahoo.com/050604/290/4g5mx.html

Sommes-nous à la veille de la naisance d'un parti social-démocrate enfin débarassé de ses vieux démons ? J'ose l'espérer!

pikipoki

Pour ma part je suis plus que favorable à une poursuite du processus de ratification,et même si d'aventure d'autres pays devaient encore dire non et faire dépasser la barre fatidique de 5 pays rejetant le traité.

En fait on va avoir deux cas:
1. Moins de 5 pays rejettent le traité. Dans ce cas je ne vois pas pourquoi on appliquerait pas la règle qui veut que pour ceux qui n'ont pas accepté le texte le Conseil se "saisisse de la question" et voit avec eux ce qui est envisageable. Il est tout de même plus que normal que les autres puissent faire valoir leur acceptation du traité, sans pâtir de la décision des autres.

2. Plus de 5 pays rejetent le TCE et alors il me semble très important de mesurer le plus précisément possible où les peuples en sont de l'acceptation de l'Europe telle qu'elle se construit. Car enterrer le processus de ratification par peur qu'il soulève trop de non serait à mon avis faire l'autruche. Au contraire, si on doit constater que le refus est large, il est primordial de mesurer la mesure exacte de ce refus, sans quoi il sera bien difficile d'y apporter les réponses adéquates. Ce n'est qu'en connaissance juste et précise de la situation, à l'échelle européenne et donc avec l'expression de tous les états membres, qu'on pourra réagir avec pertinence au problème posé. Ce point me mène d'ailleurs a remarquer pourquoi il aurait été meilleur que le processus de ratification se fasse par référendum dans tous les états membres: pour ne pas mettre le couvercle sur d'éventuels comportements de rejet des peuples. C'est un peu une logique psychanalytique quand on y songe bien. Plus on couve et on feint d'ignorer un problème plus les conséquences sont importantes le jour où il éclate.

Du coup je trouve très intéressante la proposition du député européenn britannique.

Jean-Paul Droz

Margit a bien raison, il y a longtemps que personne en Europe ne souhaite notre modèle social (d'alleurs probablement ce ne fut jamais le cas.)
Que souhaitent-ils ? Un monde où l'initiative individuelle est récompensée, un monde de la responsabilité et de l'autonomie des personnes.
Les polonais (et les tchèques, les lettons ....)se souviennent que nous n'avons rien fait pour les aider à faire tomber le mur.
Depuis dimanche, l'Europe sera libérale.

Soiperdu

Faire un referendum europeen ou du moins dans des dates resserrees auraient fait du bien a l'europe. On n'aurait pu comparer les questions que nous nous posions a celles de nos voisins. Durant le debat en France c'est ce qui ma le plus manqué: je voyais bien les arguments de part et d'autres, mais je n'arrivais pas a voir si c'était purement franco-francais ou si les soucis des autres peuples d'europe étaient proches.

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