Mes camarades ont déjà dénoncé les arguments ineptes employés par certains des partisans du "non". Pour être tout à fait honnête, il faut remarquer que les ouistes ne sont pas toujours les derniers au petit jeu du "plus c'est gros, mieux ça passe". Au palmarès des arguments les plus stupides, je pensais que personne n'arriverait à battre Jack Lang, qui s'était interrogé, un matin sur RTL, sur l'effet qu'aurait un "non" français sur la candidature de Paris pour l'organisation des J.O. en 2012. En ajoutant que les Espagnols avaient, eux, déjà voté "oui", ce qui conférait un avantage indéniable à la candidature de Madrid. Mais bien sûr...
Je crois pourtant que le député du Pas-de-Calais a été battu. Lundi, dans la Matinale de Canal Plus, le médiatique historien des religions Odon Vallet et le père Patrick Desbois avaient été invités pour parler de la mort du pape. Le débat tournait tranquillement autour du bilan de Jean-Paul II, de l'identité de son successeur et des défis que ce dernier aura à relever quand soudain, c'est le drame :
(journaliste de Canal) : Parce qu'il y a aussi la montée du terrorisme, la montée de l'intégrisme, l'explosion des sectes. Jean-Paul II là-dessus, a été complètement impuissant. Est-ce qu'un nouveau pape peut réussir à changer les choses?
Odon Vallet : Alors d'abord, en ce moment, le non au référendum monte. Et le non au référendum, c'est non à Jean-Paul II. Parce que personne n'a fait autant pour la réunification de l'Europe que Jean-Paul II. Seulement, on veut plus des Polonais, on veut plus des Hongrois, des Tchèques et bientôt des Bulgares et des Roumains à bas salaires.
Patrick Desbois [le coupe] : Si je me permets, je ne connais personne qui dit : "le non à l'Europe c'est le non à Jean-Paul II."
Odon Vallet : Alors moi je le dis!
Edifiant, non?

Vous oubliez l'ineffable Dominco El Perben, selon lequel "l'Europe, c'est la France en plus grand".
Rédigé par : Paxatagore | 06 avril 2005 à 17:53
« le non à l'Europe c'est le non à Jean-Paul II »
Que l'argument est absurde — et indécent —, tout le monde en sera d'accord. Mais est-il vraiment censé faire voter oui ?
Rédigé par : Cobab | 06 avril 2005 à 18:15
Cobab : oui, c'est bien la question que je me posais également. C'est sûr que ça ne marchera pas (du tout!) pour 99% des noniens de gauche. Peut-être pour deux ou trois villiéristes indécis (si ça existe), et encore.
Rédigé par : Emmanuel | 06 avril 2005 à 18:20
Sur le fond, existe t'il un argument pour le oui qui ne soit pas digne d'entrer dans le bétiser?
Rédigé par : fred | 06 avril 2005 à 18:27
Fred : non. Il en existe des dizaines.
Rédigé par : Emmanuel | 06 avril 2005 à 18:30
J'ai encore quelques arguments en faveur du Oui qui valent bien les histoires d'Emmanuelli sur le divorce et l'avortement :
Dire Non au traité, clairement, c'est dire Non à la paix et à la poursuite du développement harmonieux de la civilisation humaine. C'est dire Non au bonheur et à l'amour. C'est être d'accord pour que des petits enfants aux joues roses et aux bras potelés soient dévorés par d'affreux ogres à l'accent rocailleux des Landes.
Et j'en ai d'autres...
Rédigé par : Hugues | 06 avril 2005 à 19:18
Peut-être Odon Vallet a-t-il pris au sérieux (et au pied de la lettre) la menace de Bayrou : si le "non" l'emporte, "il pleuvra plus de quarante jours".
En même temps, si les partisans du "oui" étaient irréprochables et convaincants, à quoi servirait Publius ?
Rédigé par : Damien | 06 avril 2005 à 19:42
Le meilleur bêtisier du OUi serait de ressortir les archives du referendum pour Maastricht et les promesses ou descriptions des partisans du OUi à l'époque ..
Rédigé par : Pierre | 06 avril 2005 à 22:03
Il n'y a pas de promesses avec le OUI. Mais il n'y a pas d'espoirs avec le NON.
Rédigé par : Houille | 06 avril 2005 à 23:34
Merci de m'avoir fait rire ! Einstein avait bel et bien raison, la connerie humaine est infinie ! A moins que ça soit un partisan inavoué du "non" qui ait sorti une telle aberration ...
Rédigé par : Quetzal | 07 avril 2005 à 04:27
oui pour la constitution,c'est oui pour la clareté des décisions européenes .
Aucun lien avec la politique Raffarin ou autre!
VOTEZ O U I POUR ETRE DE TAILLE CONVENABLE FACE A LA MONTEE EN PUISSANCE DES COREENS,CHINOIS...
Rédigé par : manu 08 | 07 avril 2005 à 06:31
Houille: Tu penses qu'il y a plus d'espoir dans des promesses assorties de 220 pages de clauses limitatives que dans l'absence de promesses et de clauses limitatives ?
Rédigé par : Gus | 07 avril 2005 à 07:40
Gus: Où est cette "absence de promesses et de clauses limitatives" ? Puisque les clauses limitatives (la partie III je suppose) sont déjà dans le TUE, et que rejeter le TCE n'est pas rejeter le TUE.
Tu te situes peut-être non pas dans un match "TUE contre TCE", mais "TCE contre TCE++", ce "TCE++" étant le résultat de la réécriture du TCE actuel, après le(s) "non" (français, anglais, hollandais, polonais...).
Mais ce "TCE++" me semble hautement hypothétique : qui enverrait qui autour de la table ? et quelles garanties qu'il soit vraiment "++" ? Les probabilités sont assez fortes, soit qu'on en reste pour pas mal de temps au TUE (dans lequel l'essentiel de la partie III est déjà présent), soit qu'on aboutisse à un nouveau "TCE+-", fruit d'un compromis, puisqu'entre partenaires on est obligé d'aboutir à des compromis ; surtout qu'un "non" anglais sera fortement incompatible avec la plupart des "non" français, donc aboutir à un "TCE++" qui satisfassent à la fois tous les "nonistes" français, de de Villiers à la LCR, de Dupont Aignan à Fabius, et qui satisfassent en plus les anglais, franchement, je ne vois pas comment ce serait possible.
Rédigé par : Bladsurb | 07 avril 2005 à 10:05
Le meilleur bêtisier du OUi serait de ressortir les archives du referendum pour Maastricht et les promesses ou descriptions des partisans du OUi à l'époque ..
La seule promesse était la création et la mise en place de l'euro... Oh ben ça alors ! L'euro est là !
Rédigé par : Laurent | 07 avril 2005 à 10:05
Pour continuer sur les arguments que je trouve absurdre, François Fillon disait hier sur France Info (en gros) : "j'ai voté non à Maastricht car l'Euro dépendait d'une banque centrale européenne indépendante des Etats. C'est corrigé dans la nouvelle constitution".
Je suis résolument pour la constitution, mais cet argument me semble simplement faux. L'article I-30 précise que la BCE "est indépendante dans l'exercice de ses pouvoirs et dans la gestion de ses finances".
Ce n'est pas en avançant des arguments erronés (et je ne doute pas une seule seconde qu'il sache qu'ils le sont) qu'on va faire progresser le oui...
Rédigé par : Julien Bordet | 07 avril 2005 à 10:07
"Personnellement, je suis opposé à tout référendum"
"C'est un mauvais instrument parce qu'on lie tout à tout, dans un référendum."
"Il y a deux formes de démocraties. Il y a les démocraties directes et les démocraties représentatives. Moi je suis partisan de la démocratie représentative et les référendums n'ont pas de place dans cette forme de démocratie (...) Les élus doivent décider. C'est pour cela qu'ils ont été élus."
Frits Bolkestein, 6 avril 2005, sur France Inter
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Il y en a qui ont dû regretter de l’avoir invité… Voilà un techno-bureaucrate qui tient peu de cas de la souveraineté populaire (fondement de la démocratie) ! Quel aveu ! Par ses propos, il illustre à merveille tout le danger de la technocratie bruxelloise pour les démocraties européennes et la liberté des peuples européens.
Non à leur « démocratie » à la sauce Frankenstein. Non à leur constitution européenne !
http://www.network54.com/Realm/constitution_europeenne/bolkestein.jpg
Rédigé par : fritz | 07 avril 2005 à 10:53
L'intervention sur France Inter de Bolkestein est intéressante car symptomatique ; il n'a fait qu'avouer tout haut (grosse bévue mais qui a le mérite de la sincérité) ce que les technocrates de Bruxelles pensent tout bas ; "rien à faire de la liberté des peuples européens, des référendums, de la souveraineté populaire ; c'est nous eurocrates qui décidons !"
Eh bien de telles conceptions il faut leur dire NON ! et renvoyer la constitution qui les entérine dans les oubliettes de l'Histoire européenne.
Rédigé par : isa | 07 avril 2005 à 15:09
Fritz, isa > Débarrassons-nous donc de l'assemblée nationale et du sénat, tous ces techno-bureaucrates qui votent les lois en méprisant le peuple français ! (puisqu'il s'agit là de l'autre possibilité : soit la voie référendaire, soit la voie parlementaire ; sans référendum, ce serait le parlement qui aurait décidé du TCE, pas d'obscurs "technocrates bruxellois", sans douter des alliés des "plombiers polonais"...).
Tous les textes de lois devraient être acceptés par référendum, puisque seule la démocratie directe a de la valeur !
Voilà un modèle de fonctionnement démocratique efficace...
Rédigé par : Bladsurb | 07 avril 2005 à 15:42
Une caricature digne du bêtisier du OUI (Bladsurb vous êtes en plein dans le sujet) Eh oui dommage ; c'eût été si simple de ratifier cette constitution par le Parlement. Un OUI sûr à 100% hein (dommage pour vous les referendumophobes bolkesteinophiles)... Alors cher Bladsurb vous qui allez dire OUI à une constitution européenne laquelle ne propose évidemment pas le référendum, c'est avec plaisir que je vous rappelle les dispositions de votre propre constitution :
>
Rédigé par : Article-Onze | 07 avril 2005 à 16:26
Article 11. -
Le Président de la République, sur proposition du Gouvernement pendant la durée des sessions ou sur proposition conjointe des deux assemblées, publiées au Journal Officiel, peut soumettre au référendum tout projet de loi portant sur ... ... ... ou tendant à autoriser la ratification d'un traité qui, sans être contraire à la Constitution, aurait des incidences sur le fonctionnement des institutions.
Rédigé par : Article-Onze | 07 avril 2005 à 16:29
Article-Onze : so what? La Constitution ouvre la possibilité du référendum pour une loi autorisant la ratification d'un traité. Elle n'oblige pas à le faire.
Rédigé par : Emmanuel | 07 avril 2005 à 17:00
Bladsurb : tu me demandais : Gus: Où est cette "absence de promesses et de clauses limitatives" ? Puisque les clauses limitatives (la partie III je suppose) sont déjà dans le TUE, et que rejeter le TCE n'est pas rejeter le TUE.
à l'évidence, ton raisonnement revient à considérer que le TUE est "gravé dans le marbre". Dans ce cas, peut-on considérer que le TCE n'est pas gravé dans le marbre alors que le TUE l'est, et, si oui, pourquoi ?
Rédigé par : Gus | 07 avril 2005 à 21:29
Gus : il faudrait vraiment trouver un autre acronyme pour le "Traité établissant une Constitution pour l'Europe" que "TCE". Parce que, traditionnellement, le TCE renvoie au Traité instituant la Communauté européenne.
J'attends les propositions des lecteurs...
Rédigé par : Emmanuel | 07 avril 2005 à 21:44
J'en ai relevé un excellent l'autre jour (la semaine dernière, excusez pour l'imprécision) sur France-Info :
Le partisan du oui interrogé nous dit en substance : "C'est déjà en soi tellement formidable que les Européens se mettent d'accord sur un projet commun de Constitution qu'à la limite, la constitution, moi je me fiche de savoir ce qu'il y a dedans, je signe pour le principe !".
Alors ça c'est de l'argument béton de chez béton, non ??
C'est signé Maurice Leroy, député UDF du Loir-et-Cher !
Rédigé par : LIENS Ltd | 07 avril 2005 à 21:47
Je dois dire que je suis parfaitement d'accord avec cet argument.
Rédigé par : Paxatagore | 07 avril 2005 à 21:54