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26 mars 2005

Commentaires

fredouil

Je trouve la pillule de voter pour une europe politique alors que dans le meme temps on integre la turquie ce qui jette cette meme europe politique au oubliette de l'histoire.

mais j'avais lu son bouquin sur la Turquie, Mme goulard a une credibilite sur ce theme a mes yeux, je pense donc reconsiderer mon non pour un OUI mais sans enthousiasme.

REMY

Le "camp du Non" n'est pas moins protéiforme que le texte qu'il combat:à constitution tentaculaire opposition touts azimuts. Au chapitre social, le texte entérine le glissement de la notion de services publics à celle de services d'intérêt général (SIG); qu'est ce qu'un service d'intérêt général? D'après les exemples américains ou les préconisations des organisations internationales, il s'agit d'une rétrogradation du service public universel vers le service palliatif et d'usage temporaire:les services d'intérêt général doivent permettre à ceux ne pouvant accéder aux services fournis par le secteur marchand y compris la santé, l'éducation, l'assurance maladie, le logement d'accéder à un service minimum. Dans une optique de réduction des dépenses publiques et parce que, dans la philosophie libérale, le besoin pour un individu de recourir à un service aidé ne peut être que temporaire à l'échelle d'une vie intrinsèquement vouée à l'enrichissement – le nombre de bénéficiaires d'aide étant ontologiquement appelé à décroître – le SIG est un service au rabais chroniquement victime de sous financement et sous investissement, ce qui est même le cas des infrastructures et grands équipements aux Etats-Unis par exemple. Le SIG de la constitution c'est le retour du tiers état.

Au chapitre politique, l'organisation institutionnelle de l'Union européenne consacre une confiscation de la démocratie insupportable aux citoyens d'un continent qui l'a vu y être pensée et naître:au mieux nous avons un étrange système tacite de démocratie transitive:le suffrage national des citoyens européens élisant leurs représentants ou leur président aboutissant par on ne sait quel obscur chemin à la désignation d'une Commission, d'un Monsieur PESC, d'un "ministre" de affaires étrangères, d'un "président" de l'Union, etc. doués d'un pouvoir exorbitant en regard de leur irresponsabilité absolue en face des citoyens sur les vies et le futur desquels ils ont plus d'influences que les exécutifs et les parlements nationaux; au pire une forme de gouvernement impérial est en train de se mettre en place – mais un "empire intérieur", un "tyran domestique" car au plan international ni les Etats-Unis, ni la Chine, ni la Russie et ni l'OMC, ni les Nations unies, ni l'OTAN n'ont rencontré la puissance européenne. Nous sommes, ici, à une croisée des chemins:soit toute instance décisionnelle supranationale est supprimée dans l'Union, le niveau hiérarchique maximal étant celui de chef de Direction générale et toutes les décisions et orientations sont prises par secteur au niveau intergouvernemental conjointement avec le parlement européen, soit un exécutif européen est élu au suffrage universel par l'ensemble des européens. Le découplage du pouvoir et de la responsabilité, la déconnexion du pouvoir politique et de la sanction du suffrage consacrés par la constitution sont inacceptables et portent les germes d'une conclusion austro-hongroise:le retour de la question des nationalités dans moins de cinquante ans et l'éclatement de l'Union. Les futurs Garibaldi, Bismarck, Paderewski, Kossuth, Alexandre Cuza, Benes, Jean de Bragance, Parnell et autres de Gaulle ou Jan Palac sont peut-être déjà nés.

Au chapitre de la défense et de la sécurité, la confiscation est encore mieux avérée: perpétuellement en devenir, la puissance européenne s'ampute, par le maintien de la plupart de ses membres dans l'OTAN, du bras armé inhérent à tout pouvoir réel, le pouvoir des armes:elle se dénie l'élaboration libre de ses choix stratégiques et de sa politique de défense, le libre usage de ses forces; elle s'interdit l'émergence d'une industrie européenne de défense. En refusant de se faire confiance pour sa propre sécurité, en délocalisant à Washington le centre de ses décisions de défense, l'Union européenne de la constitution choisit de s'arrêter au stade adolescent de la croissance d'une puissance.

Au chapitre de la source philosophique ayant inspiré la main des "conventionnels" – drôles de conventionnels, ceux de 1792 ou ceux de Philadelphie étaient élus, eux – ni la liberté, ni la fraternité, ni l'égalité, ni la paix, ni la quête du bonheur, mais la concurrence – noble origine et but exaltant pour nos enfants. C'est selon ce dogme, dont l'omniprésence a peut être à voir avec la forte empreinte génétique du plan Marshall dans l'ADN du Traité de Rome, que chaque décision, chaque choix, chaque mesure est, et sera constitutionnellement, imaginé, pris, jaugé. Et l'autre carence n'est pas moindre:nulle mention, nulle part, des notions de loyauté entre états membre, d'allégeance unique à un projet et un but communs (bien moins par exemple que dans le traité de l'Atlantique nord): division, impuissance, là encore.

Laissez le confort – les services publics et la justice sociale fondés sur la redistribution et la solidarité y compris intergénérationnelle – pour la puissance, ou l'inverse, passe encore, mais perdre l'un et laisser filer l'autre – évaporé à Bruxelles, non.

En votant non, les européens reprennent possession de leur(s) histoire(s), en votant oui comme le Baron Seillière et le comité de soutien germanopratin fomenté par Jack et Monique Lang, ils l'abandonnent au concile des puissants inconnus.

Jacques-Emmanuel Remy


Media

Beau plaidoyer pour le "Non".

Je commence à croire que le problème du Traité proposé, c'est son origine, la façon dont il a été écrit: entre parlementaires et professionnels de la politique.

Dès lors il semble être une grande avancée sur certains points par rapport aux textes en vigueur, mais il reste bien en deça de ce que veulent les français, et sans doute les citoyens des autres pays si on leur proposait un autre texte, qui reste à écrire.

Frankie

Je sais que ceci n'a rien à voir avec le sujet mais je recherche actuellement des infos sur l'état détaillé des relations entre l'UE et les micro-états d'Europe (Monaco, Liechtenstein, Andorre, Saint-Marin et Vatican). Si qqun connait un site où je trouverai autre chose qu'un amoncellement de traités comme sur le site des institutions européennes, je suis preneur :-).

bravo-chirac

La phrase qui tue...


"Le sort de la France, le sort des Français, comme le sort des Européens en général, se jouent de plus en plus au terme d'une discussion entre les dirigeants"

Jacques CHIRAC (Tokyo, 27 mars 2005)


Chirac a très bien résumé ici la dérive anti-démocratique de la mondialisation politique. Fini les peuples qui, par leurs suffrages, décident de leur avenir. Leur sort est désormais aux mains des vrais décideurs : les dirigeants et autres bureaucrates éclairés.

Chirac ne fait que confirmer ici l'importance démocratique du référendum (une chance unique d'expression du peuple sur un sujet majeur), et la nécessité de dire NON à la globalisation politique qui dilue les démocraties nationales dans un cadre euro-mondialiste de plus en plus large. Plus le cadre politique européen s'élargit, plus les européens se trouvent éloignés des centres de décision et plus leur capacité de décider de leur sort se trouve réduite. La bureaucratie et la globalisation politique européennes tuent la démocratie. Merci à Chirac de l'avoir dit si clairement. On pensait que Bayrou était le OUI-OUI le plus nul, mais à bien y réfléchir Chirac apparaît comme un sérieux challenger... Il sait trouver les mots justes pour convaincre de voter NON à la constitution européenne !

http://www.network54.com/Forum/284117

Damien

Frankie :

Avez-vous essayé ici :
http://europa.eu.int/comm/world/

Vous pouvez choisir les pays qui vous intéressent dans le menu déroulant. Il y a Andorre, San Marin et le Liechtenstein.

Damien

REMY :

Les procédures de nomination de la Commission ou du MAE européen n'ont rien d'obscures. Elles sont détaillées dans le projet de constitution.

D'autre part, sur la scène internationale, je vous ferai remarquer que l'Union européenne possède un siège unique à l'OMC, que George W. Bush lors de son dernier voyage en Europe s'est rendu à Bruxelles (et ce n'était pas pour discuter avec le roi des Belges uniquement), que l'UE et la Russie ont mis en place 4 "espaces communs" de coopération et qu'il y a un sommet UE-Chine une fois par an. Et, pour rebondir sur l'actualité récente, il ne vous aura pas échappé que les discussions pour savoir s'il faut lever l'interdiction des ventes d'armes à la Chine se font au niveau européen et non national.

Alors, certes, l'Union est un acteur assez récent sur la scène internationale, mais qui s'impose peu à peu. Et le projet de constitution, en réformant pas mal la PESC (c'est un des domaines qui change le plus dans la partie III, j'y reviendrai plus en détail dans une prochaine note) permettra d'accélérer ce mouvement. De même que la reconnaissance de la personnalité juridique pour l'Union lui permettra désormais de signer des accords internationaux par elle-même.

Damien

bravo-chirac :

Vu que vous avez posté le même commentaire sur mon blog perso, je vous ai répondu là-bas :
http://samizdjazz.blogs.com/samizdjazz/2005/03/socit_civile_et.html#c4611255

ercole

Croyez-vous qu'il soit possible d'écrire un texte d'un traité pour une constitution européenne qui puisse avoir une majorité certaine et confortable en France, ...J'en doute, c'est tellement facile d'être contre et pour chacun avec force argument.

Si par hasard cela arriverait que pensez-vous de l'opinion des 24 autres pays, l'accepteront-elle sans sourciller comme étant la meilleure constitution possible ?

Je crois personellement que ce serait un abus d'autorité qu'aucun pays n'accepterait, cette négation de leur souveraineté .

Je crois que les partisans du Non devraient prendre des contacts avec des personnes des autre pays pour mettre en route un vaste débat dans toute l'Union et pas seulement en faire un débat purement nombriliste français.

Sylvain

REMY : Quel talent !
Je suis impressionné par votre capacité à dépeindre l'ensemble du projet européen proposé par le présent TCE en noir. C'est le pessimissme, l'angoisse et la peur du futur incarnés.
Si le non passe, et que l'on confie à des gens comme vous l'établissement d'un nouveau TCE, permettez moi, à mon tour, de craindre le pire !!

"Le "camp du Non" n'est pas moins protéiforme que le texte qu'il combat.à constitution tentaculaire opposition touts azimuts"

Comme si le paysage actuel de l'europe, profondément hétéroclite sur tous les plans (économique, culturel, politique, historique et j'en passe) autorisait un traité limpide clair, et concis (et en plus, consensuel !!)
Cela reflète bien le caractère utopique de l'Europe des nonistes.
Non pas que je doute de votre bonne foi à vouloir améliorer le TCE, mais vos ambitions sont proprement irréalistes au regard de la complexité du problème et de l'enjeu.
N'en déduisez pas que le camps du oui est celui de la résignation. C'est celui du pragmatisme et de la construction (de l'optimisme également, je dois en convenir pour être totalement honnète...mais doit-on en avoir honte ?)

"En votant non, les européens reprennent possession de leur(s) histoire(s)"

Mais de quelle histoire parlez vous ? De celle de l'europe occidentale ? de celle de la France ? Pas de celle de l'europe de 25, en tous cas !!
Pour les nouveaux entrants, on peut se douter du gout amer que laisserait ce non.
Je serais de vous, je n'espèrerais pas trop qu'ils adhèrent à votre soit-disant "bonne volonté" (que je ne nie pas, je le répète). Votre non va être interprété comme une lever de bouclier des français pour protéger leurs privilèges et leurs richesses au détriment des pays les plus pauvres. Tout cela au nom de la solidarité et de la justice sociale. Quel beau paradoxe ! Cela nous promet de belles renegociations, très constructives!

La diabolisation et radicalisation du TCE tel que vous le faîtes est dangereuse. La vérité, complexe et dense, est déformée à outrance pour faire peur.
Quelle que soit la formulation ou le fond choisi pour un TCE bis, le risque de dérive et de destruction du système existera toujours. La progression du non dans les sondages est avant tout l'expression de la peur et la méfiance des français, de ceux en tout cas qui voteront toujours non, quoi qu'on leur propose.

Finalement, la date du référendum aurait du être fixée au 21 avril, cela nous aurait rappelé de (mauvais) souvenirs.
Sylvain

Gus

Sylvain: libre à vous de considérer l'enjeu de fond comme "complexe". Ceci dit, dans la mesure ou chacun des actuels pays de l'Union Européenne dispose (d'ores et déjà) d'une Constitution, doit-on imaginer les l'actuel traité est une "synthèse" desdites constitutions nationales ? Doit-on, au contraire, imaginer qu'il n'existe *rien* de commun entre les différentes constitutions des différents états de l'Union ?

à moins bien entendu que vous ne considériez que ce texte ainsi nommé par ceux qui initièrent son processus de rédaction n'a rien à voir avec le nom qu'il se donne : pourriez-vous alors expliquer quel raisonnement certainement "complexe" justifierait cela ?

Pierre

Ne serait-ce que par l'endroit où elle travaille et son occupation, Mme Goulard représente tout ce que à quoi le "peuple" (comme on dit habituellement) ne s'intéresse pas car réservé à des intellectuels qui oublient dans leurs constructions mentales le prix du pain, le coût des études des enfants, l'envie de rester entre voisins, l'intérêt pour la star ac ou la première compagnie .. En quoi son analyse peut être plus juste que celle des dizaines d'analystes de banques qui se trompent régulièrement sur la valeur future du dollar ou de telle ou telle action ? Ce genre d'analyses fait en fait progresser le "non" de principe à tous ces organismes et gourous "je sais ce qui est bon pour vous" que de plus en plus de gens veulent voir se tromper.. Que pensait-elle avant le 21 avril 2002 ?? ;-)

lom

Mathématiquement, il est plus facile d'argumenter contre quelque chose (démontrer l'existence d'une seule objection) que pour (démontrer l'absence de toute objection).

C'est vrai aussi pour ce "machin" dont on ne sait s'il est traité ou constitution ; j'entends parler ici ou là (Badinter, Rocard, DSK et bien d'autres personnes que j'admire et respecte) d'avancées démocratiques par rapport aux traités antérieurs ... admettons, même si elles me semblent filiformes.

Mais ce machin se situe hiérarchiquement au-dessus des constitutions nationales et donc, de la nôtre ; et par rapport à celle-ci, quel évident et dramatique recul !

Une constitution, pour constituer une réelle protection du peuple vis-à-vis de l'arbitraire, ne peut-être qu'au sommet de la hiérarchie normative. Le peuple ne peut alors accepter une norme supérieure que si elle offre des garanties au moins équivallentes.

Je crois que cette contradiction n'échappe pas à la beaucoup de tenants du OUI ; ceci expliquerait-il le recours systématique au ressort de la peur du chaos comme seule justification du OUI ?

lom

Mathématiquement, il est plus facile d'argumenter contre quelque chose (démontrer l'existence d'une seule objection) que pour (démontrer l'absence de toute objection).

C'est vrai aussi pour ce "machin" dont on ne sait s'il est traité ou constitution ; j'entends parler ici ou là (Badinter, Rocard, DSK et bien d'autres personnes que j'admire et respecte) d'avancées démocratiques par rapport aux traités antérieurs ... admettons, même si elles me semblent filiformes.

Mais ce machin se situe hiérarchiquement au-dessus des constitutions nationales et donc, de la nôtre ; et par rapport à celle-ci, quel évident et dramatique recul !

Une constitution, pour constituer une réelle protection du peuple vis-à-vis de l'arbitraire, ne peut-être qu'au sommet de la hiérarchie normative. Le peuple ne peut alors accepter une norme supérieure que si elle offre des garanties au moins équivallentes.

Je crois que cette contradiction n'échappe pas à la beaucoup de tenants du OUI ; ceci expliquerait-il le recours systématique au ressort de la peur du chaos comme seule justification du OUI ?

egdltp

Non, mais quelle réglementation Européenne a t elle jamais été refusée pour non conformité à la constitution française ? En quoi la constitution française nous protège plus que le traité actuel ou le TCE sur les problématiques que soulèvent les tenants du NON pour argumenter le refus du TCE ?
Sachons raison garder. Le TCE n'est pas idéal, il est le fruit du compromis entre des participants à l'Union Européenne qui ne voient cet organisme que comme un grand marché, GB par exmeple, et d'autres qui rèvent d'une Europe fédérale, Bénelux, mais je m'avance peut être. Entre des partisants d'un économie dérégulée, nouveaux entrants et GB encore une fois, et des tenants d'une économie mixte, la France par exemple.
Chacun interprétera un refus comme un manque dans la direction qu'il veut imposer, si c'est chez lui, ou comme un refus de la direction imposé par l'autre si c'est l'autre qui refuse, donc pour appuyer sa direction.
Partant de là, nous avons plus à gagner à accepter le compromis qu'à le refuser, sinon nous risquons de nous faire marginalisr par ceux qui acceptent ces règles du jeu. Mais c'est put être ce qu souhaitent les tenants du NON. Le problème est que le TCE est le premier traité européen qui formalise entièrement la sortie de l'Union Européenne, et qu'il est donc plus facile de sortir si le TCE est adopté que s'il est refusé...
Arrêtons de nous cacher derrière le petit doigt. Une analyse cynique de la situation montre que quelque-soit la réponse, nos "elites dirigeantes" seront les gagnantes.
Pour répondre directement : le principe de subsidiarité assure que si le corpus juridique d'un pays est plus protecteur que le corpus juridique Européen, il s'applique a moins d'être invalidé par la plus haute juridiction Européenne qui juge vis a vis des buts de l'Unions, titre I du TCE. Et ces buts sont plus protecteurs le TCE adopté que non adoptés !!! Car entre alors en ligne de compte le volet social alors que jusqu'à maintenant c'était essentiellement la libre circulation des biens et des personnes...

Damien

Iom :

Le traité constitutionnel ne se situe pas au-dessus des constitutions nationales. S'il est au sommet de la hiérarchie normative, c'est au sommet de l'ordre juridique communautaire. Les constitutions nationales restent elles aux sommets de leurs ordres juridiques nationaux respectifs. Il n'y a pas de hiérarchie des normes qui confonde le droit communautaire et les droits nationaux. La primauté du premier sur les seconds signifie juste qu'en cas de conflit c'est le droit communautaire qui s'applique, mais en aucun cas qu'il y a une hiérarchie des normes communes aux différents droits.

lom

Damien :

"Le traité constitutionnel ne se situe pas au-dessus des constitutions nationales."
et
"La primauté du premier sur les seconds signifie juste qu'en cas de conflit c'est le droit communautaire qui s'applique ..."

A n'est pas plus fort que B ... tant qu'ils sont d'accord !
Ouf, je croyais que c'était le contraire de l'inverse !

Damien

La primauté concerne essentiellement les textes législatifs d'application concrète (directive non-transposée contre loi nationale par exemple), pas les textes constitutionnels, c'est ce que je voulais faire remarquer. C'est pourquoi il est abusif de parler de hiérarchie des normes entre le traité constitutionnel et les constitutions nationales. Ces textes ne relèvent pas des mêmes ordres juridiques.

REMY

Un mot, foin de l'agenda social, foin de la concurrence, foin de la défense et de la sécurité, foin de la loyauté des membres; mais je n'ai pas élu Barroso (ni l'inénarrable Solana) ni aucun des membres du concile de Bruxelles, la question de fond est la question démocratique, tout ceux qui s'apprêtent à voter non le sentent confusément, ce qui nourrit le non (comme le désintérêt croissant et les si faibles participation aux élections européennes), en vérité, c'est le refus de la désincarnation (dont les billets de banques aux illustrations virtuelles sont si symboliques) et l'absence total de contrôle populaire sur ceux qui détiennent le pouvoir.
Une Constitution est grand texte inspiré, une constitution (américaine, françaises, allemande et japonaise d'après guerre, nouvelles des pays d'Europe centrale et orientale, irakienne à venir) est un texte de rupture mais aussi un texte familier dont de nombreux citoyens connaissent un ou deux articles ou dont il peuvent résumer l'inspiration, le projet soumis au vote est un document maniaque et plat qui a deux objectifs: consacrer la concurrence, consacrer la Commission. Ni justice sociale, ni volonté de puissance, ni exigence de loyauté, ni contrôle populaire. Les partisans du oui (pour la plupart très attachés à la justice sociale, conscients qu'un état sans puissance n'en est pas un, tous très choqués par l'attitude des nouveaux membres se précipitant sous l'aile de Washington, tous sincères démocrates) le savent bien et sont donc de moins en moins convaincants.
Cette constitution c'est la victoire du plus improbable des mariages: celui de Smith, pour le libéralisme, celui de Marx pour l'absence de démocratie...
Et par quelle perversion un président peut-il menacer son peuple des conséquences de sa possible erreur, des conséquences de la victoire du Non? Le rôle de Chirac, comme le votre, est autant de vous battre pour ce à quoi vous croyez que de dire au français: "si vous votez non, je porterai votre non à Bruxelles (et pas à Canossa!!) et en serai le héraut comme ma charge et mon mandat me le dictent." Genre "Je vous ai compris."

Un dernier mot: la peur est à oui et pas à non. L'argument des tenants du oui est :"vous n'allez quand même pas faire ça, vous n'oserez pas". La France a beaucoup osé il est temps d'y revenir. Le oui est le nom de la peur.

goumy

Juste pour ceux qui ne le connaîtraient pas, je rappelle une adresse d'où l'on peut télécharger le projet de constitution européenne rédigé par Robert Badinter :

http://register.consilium.eu.int/pdf/fr/02/cv00/00317f2.pdf

Goûtez la différence ...

REMY

Sales Français

"L'esprit partout épars se concentre dans la cocarde de la conscience". Blaise Cendrars

Peureux, ignares, chauvins, racistes, xénophobes, égoïstes, radins, colériques ainsi MM. Hollande, Strauss-Kahn, Lang, Bayrou, Sarkozy, Barnier ont qualifié les français depuis la victoire du Non; peureux, ignares, chauvins, racistes, xénophobes, égoïstes, radins, colériques ainsi intellectuels et éditorialistes ont décrit les français; peureux, ignares, chauvins, racistes, xénophobes, égoïstes, radins, colériques ainsi de nombreux hommes politiques européens ont insulté les français. Quand à Jacques Chirac, il prend acte!

L'intérêt, les intérêts de la France diffèrent donc de ceux des français d'après son président même. Ce n'est pas le Non qu'il faut décortiquer, c'est le oui: comment en est-on arrivé là, est-ce par mimétisme avec le déni de démocratie qui caractérise si bien le fonctionnement de l'Union, est-ce l'aboutissement final de la grande défausse de l'élu sur le fonctionnaire, de la décision sur le règlement, de l'inspiration sur la directive? En soutenant cette constitution, les hommes aux pouvoirs comme ceux y aspirant s'amputent encore davantage de leurs capacités d'imagination et d'action, en la refusant, les français les enjoignent à retrouver le goût de l'initiative et de la responsabilité. Beau défi!

La menace de l'affaiblissement, thème d'extrême droite par excellence, thème pétainiste, a été utilisée à satiété par le camp du oui – faute d'argument. Ce qui affaiblit la France c'est de rabâcher sa prétendue faiblesse, ce qui affaiblit la France c'est la condamnation, c'est le rejet, c'est la dénégation du message des urnes tant par le pouvoir que par l'opposition de gouvernement, ce qui affaiblit la France, c'est que la campagne du oui, comme toutes ses réactions le confirment après la défaite, avait les français pour adversaires, ce qui affaiblit la France, c'est un président de la République qui "prend acte" du résultat du référendum au lieu de le prendre dans ses bras et de le porter et de le défendre à Bruxelles (puisqu'un président élu au suffrage universel doit aller se justifier devant des fonctionnaires inconnus), ce qui affaiblit la France, ce sont des français stigmatisés le 29 au soir par Jacques Chirac et François Hollande, alors que, l'un président, l'autre socialiste, devraient, par devoir pour l'un, par conviction pour l'autre se faire les hérauts de la voix de leur peuple.

Une constitution n'est pas un contrat entre citoyens, c'est un contrat entre les citoyens et le pouvoir décrivant les modalités de l'exercice du pouvoir et du choix de celui-ci par ceux-là. Ni l'un ni l'autre ne sont acceptables dans la constitution européenne:elle ne prévoit ni choix, ni contrôle. Peu d'Européens sont prêts à une organisation du continent en une confédération à la suisse, c'est peut être dommage, mais c'est ainsi. En attendant qu'il puisse être démocratique, tout pouvoir supra national doit être supprimé, le plan B, c'est la suppression de la Commission et tel doit être le message de la France, de Chirac comme du PS, tel doit être le message joint de la France et des Pays-Bas, tel devrait être négocié l'avenir de l'Europe avec les pays du Non à venir et même avec les autres, Allemagne en tête. D'états à états, entre gouvernements légitimes, tout est possible, le projet européen est possible.
Une Constitution est grand texte inspiré, une constitution (américaine, françaises, allemande et japonaise d'après guerre, nouvelles des pays d'Europe centrale et orientale, irakienne à venir) est un texte de rupture mais aussi un texte familier dont de nombreux citoyens connaissent un ou deux articles ou dont il peuvent résumer l'inspiration, le projet soumis au vote était un document maniaque et plat à deux objectifs:consacrer la concurrence, consacrer la Commission. Ni justice sociale, ni volonté de puissance, ni exigence de loyauté, ni contrôle populaire. Les partisans du oui – pour la plupart très attachés à la justice sociale, conscients qu'un état sans puissance n'en est pas un, tous très choqués par l'attitude des nouveaux membres se précipitant sous l'aile de Washington, tous sincères démocrates – le savaient bien: ils n'ont pas convaincu. La rupture qui entraînera le retour en grâce de l'Union chez les européens (la participation aux élections européennes est en baisse constante depuis qu'elles existent, y compris chez les nouveaux membres), c'est la suppression de la Commission.
Bien sur il y a le désarroi, bien sur il a nourri le Non; bien sur l'étroitesse du choix politique: économie de marché avec ou sans palliatifs, ne porte pas à l'enthousiasme, mais le Non n'est ni à l'Europe ni au grand capital, le Non refuse la fin programmée du capitalisme civilisé si laborieusement bâti en trois générations; le Non dit: Laissez le confort pour la puissance, ou l'inverse, passe encore, mais perdre l'un et laisser filer l'autre – évaporée à Bruxelles, non.

Ce à quoi il a été dit Non ce n'est pas aux fins de mois difficiles, au prix du kilo de cerises, à Jacques Chirac – et s'il lui a été dit non, le non est tout autant adressé à François Hollande et s'il y a désaveu celui-ci est le premier visé, son camp ne l'a pas suivi, le oui vote UMP et UDF, majoritairement; ce à quoi il a été dit Non c'est au déni d'identité, au déni de puissance, à la honte de l'histoire, aux cinq culpabilités – les croisades, l'esclavage, la colonisation, l'holocauste, le rideau de fer – dont l'Europe s'englue; ce à quoi il a été dit Non c'est à la "désaffiliation" en cours, c'est à la tentative de nouvelle citoyenneté sans suffrage ni territoire qu'élabore sans le savoir un collège de commissaires inconnus, irresponsables, incontrôlables; ce à quoi il a été dit Non c'est à l'onction dont Bruxelles enduit notre destin pour le rendre aussi insaisissable qu'une truite, ce à quoi il a été dit Non c'est au primat de la norme sur l'usage, ce à quoi il a été dit Non c'est à la course éperdue vers la désincarnation.

Sales Hollandais.

Sarajevo, 3 juin 2005

Jacques-Emmanuel Remy

MeenceimpeseE
lafttopyday

Two new studies show why some people are more attractive for members of the opposite sex than others.

The University of Florida, Florida State University found that physically attractive people almost instantly attract the attention of the interlocutor, sobesednitsy with them, literally, it is difficult to make eye. This conclusion was reached by a series of psychological experiments, which were determined by the people who believe in sending the first seconds after the acquaintance. Here, a curious feature: single, unmarried experimental preferred to look at the guys, beauty opposite sex, and family, people most often by representatives of their sex.

The authors believe that this feature developed a behavior as a result of the evolution: a man trying to find a decent pair to acquire offspring. If this is resolved, he wondered potential rivals. Detailed information about this magazine will be published Journal of Personality and Social Psychology.

In turn, a joint study of the Rockefeller University, Rockefeller University and Duke University, Duke University in North Carolina revealed that women are perceived differently by men smell. During experiments studied the perception of women one of the ingredients of male pheromone-androstenona smell, which is contained in urine or sweat.

The results were startling: women are part of this repugnant odor, and the other part is very attractive, resembling the smell of vanilla, and the third group have not felt any smell. The authors argue that the reason is that the differences in the receptor responsible for the olfactory system, from different people are different.

It has long been proven that mammals (including human) odor is one way of attracting the attention of representatives of the opposite sex. A detailed article about the journal Nature will publish.

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