Le Non fait un tabac
Les partisans du Non viennent de recevoir un renfort qui pourrait s’avérer décisif, à quelques semaines du référendum. Rassemblant déjà les refus des trois mouvements trotskistes, des communistes, des deux factions socialistes critiques, des souverainistes de gauche, des souverainistes de droite, des nationalistes, des lepénistes et des mégrétistes, la coalition des partisans d’une « autre Europe » peut désormais compter sur le soutien des buralistes.
Cette corporation dont l’influence politique est, au même titre que celle des chauffeurs de taxis, particulièrement importante en France, refuse en effet de voir ses membres passer pour « les cocus de l’Europe ». Elle exige donc du gouvernement que plusieurs mesures soient prises dans le sens d’une protection de son activité, comme la création de « zones franches » spécifiques permettant « l’exonération de la taxe professionnelle ou des charges sociales ». Les buralistes préconisent en outre « la limitation de la libre circulation des cigarettes en Europe ».
Inutile de préciser que ces demandes seront prises très au sérieux du côté de l’Elysée et de Matignon. Il y a deux ans, les mouvements d’humeur de cette corporation lui avaient déjà permis d’obtenir un moratoire sur la hausse du prix du tabac ainsi que 150 millions d’euros d’aides compensant la baisse de la consommation.
Les 20 000 adhérents de la Confédération des Débitants de Tabac ont donc rappelé, par la voix de René Le Pape, leur président, leur formidable potentiel de relais d’opinion et leur capacité à peser sur le choix des électeurs. « La Confédération n'a jamais donné de consigne de vote, mais je ne peux que constater que les buralistes frontaliers voteront Non (…) et ils le disent à leurs clients », a prévenu le leader syndical dans une interview au Figaro du 25 mars 2005.
L’Europe est en effet dans le collimateur de ces commerçants, véritables auxiliaires de l’Etat, dont le gouvernement avait d’ailleurs reconnu le rôle de « guichets d’intérêt public » lors du dernier conflit. La concurrence déloyale liée au différentiel de taxation sur le tabac entre la France et ses voisins directs, mais aussi l’hygiénisme liberticide imposé par Bruxelles, sont autant d’incitations à la colère pour les buralistes.
En dépit de leur attachement évident aux principes de l’intégration européenne, ils ne pourront que se retrouver sur l’hostilité au Traité constitutionnel, sauf à obtenir satisfaction de la part des pouvoirs publics. Mais l’entêtement du gouvernement pourrait également être la dynamique d’un « choc salutaire », une victoire assistée par les buralistes forçant les principaux leaders politiques du Non à prendre leurs exigences en considération au moment de la rédaction d’un nouveau traité constitutionnel...
Il sera néanmoins difficile de lancer un débat sérieux sur ce nouveau texte avant d'avoir pris connaissance de la position du Syndicat des bouilleurs de cru, de la Fédération nationale des artisans-taxis et du Groupement interprofessionnel des cafetiers-limonadiers. Des contacts entre Henri Emmanuelli, Philippe de Villiers et ces organisations devraient donc être, espérons-le, initiés assez rapidement.

Personne ne veut de constitution à la sauce Giscard,nous voulons une autre alternative politique,une France sociale, qui partage et qui reconnait le travail des travailleurs,Une France et une Europe de l'emploi et du developpement humain avec des droits elargis pour tous les citoyens.
Oui à une europe sociale , non à cette constitution qui ruinerait les travailleurs; regardons les profits des entreprises,regardez vos salaires!!!!Honte aux patrons!
Rédigé par: Thierry | le 02 avril 2005 à 01:21
Vous avez juridiquement tort : les Non ne s'additionnent pas, contrairement aux Oui.
La personne qui dit oui se dessaisit du pouvoir d'interprétation de son vote au profit de la Cour de Justice (article I-29).
La personne qui dit non conserve ce pouvoir et demeure maître du sens qu'il donne à son choix.
Un peu nerveux, les ouiouistes ?
Rédigé par: lekunique | le 03 avril 2005 à 02:04