Taxe carbone : une occasion rare passe
On peut ou non soutenir le principe d'une taxe carbone. Mais, généralement, l'électorat vert, auquel s'adresse particulièrement ce billet, soutient et connait ce procédé.
La Suède, devenue présidente de l'Union au début du mois, a toujours été le seul état membre de l'Union prêt à soutenir en nom propre l'idée d'une taxe carbone harmonisée dès sa création à l'échelle européenne : le graal du vert pro-européen.
En Europe, on le sait, la Commission a l'exclusivité des initiatives : ce n'est donc que d'elle que pourrait provenir le détail d'une telle proposition. Et pour que celle-ci entre dans l'agenda européen, il faut que la Présidence (tournante) du Conseil l'y inscrive.
Autrement dit, c'est précisément alors que le seul état européen prêt à prendre le risque politique d'une taxe carbone est à la Présidence de l'Union que les verts européens, menés par Cohn-Bendit, décident de retarder la mise en place de la Commission Européenne sans laquelle une telle proposition n'a aucune chance d'aboutir.
Même s'ils avaient souhaité faire mieux, les grands industriels allemands et français, farouchement opposés au principe d'une telle taxe, n'y seraient pas parvenus. Quand aux libéraux, partisans des marchés de droits à polluer (par opposition aux taxes carbones), et soutenus sur ce point par l'industrie de la finance (qui voit dans le marché des droits à polluer des sources de profit dont la simple mise en place de taxes les priverait), on ne voit vraiment pas ce qu'ils pourraient trouver à redire à la manoeuvre.

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